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Le sacrifice en Afrique noire: Première Partie - article ; n°2 ; vol.50, pg 145-248

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Journal des africanistes - Année 1980 - Volume 50 - Numéro 2 - Pages 145-248
104 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié par
Publié le 01 janvier 1980
Nombre de lectures 124
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Florence Heymann
Rosita de Selva
Le sacrifice en Afrique noire: Première Partie
In: Journal des africanistes. 1980, tome 50 fascicule 2. pp. 145-248.
Citer ce document / Cite this document :
Heymann Florence, de Selva Rosita. Le sacrifice en Afrique noire: Première Partie. In: Journal des africanistes. 1980, tome 50
fascicule 2. pp. 145-248.
doi : 10.3406/jafr.1980.2012
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jafr_0399-0346_1980_num_50_2_2012Bibliographie spécialisée
FLORENCE HEYMANN, ROSITA DE SELVA
LE SACRIFICE EN AFRIQUE NOIRE : BIBLIOGRAPHIE ANAL YT/QUE
PREMIERE PARTIE
Sources .Africa (Londres)
(Journal of the International Institute)
Cette bibliographie est le résultat d'un travail commencé en 1976 dans le cadre d'une
recherche collective sur le thème du sacrifice en Afrique Noire effectuée entre 1975 et
1981 par les chercheurs du LA 221 , «Systèmes de Pensée en Afrique Noire» (Laboratoire de
l'E.P.H.E. - Vème section - associé au CNRS).
FI. Heymann a entrepris le dépouillement de quelques ouvrages de base portant sur les
religions africaines, ainsi que celui des grandes revues africanistes anglaises et françaises
(Africa, Anthropos, Archives des sciences sociales des religions, African studies, Bantu
studies, Bulletin du comité d'études historiques et scientifiques de l'A.O.F., Bulletin de
П FAN, Cahiers des religions africaines, Etudes dahoméennes, L'Homme, Journal de la
Société des Africanistes, Journal of religion in Africa, Man, Notes africaines, Présence
africaine, Revue de l'histoire des religions, Sudan notes and records, Tanganyika notes and
records, Uganda journal).
Parallèlement, FI. Heymann et 0. Ducret ont procédé à l'établissement d'une grille
thématique permettant une étude plus fine des catégories et des rites liés à la notion de
sacrifice. Cette grille a été utilisée pour l'analyse d'ouvrages et d'articles portant sur le
sacrifice dans l'aire voltaïque. Environ 400 fiches perforées ont été ainsi établies, permettant
aux utilisateurs d'accéder rapidement à l'information et d'établir des relations entre des
séries de faits (par exemple : relation entre les caractéristiques de la victime et la nature des
divinités à qui l'on offre ; ou entre les techniques de mise à mort et la finatité du sacrifice,
etc.).
Sur la base de ces premières recherches et des travaux publiés par le LA 221 (voir
«Systèmes de Pensée en Afrique Noire», cahiers 1976, 1978, 1979 et 1981), R. de Selva
a entrepris en 1981 la révision systématique de ces éléments bibliographiques et leur mise
en forme (fiches détaillée, index, introduction) en vue de la présente publication.
Le lecteur trouvera ici un dépouillement complet du périodique AFRICA (Londres),
de 1928 (1ère année de sa publication) à 1980 inclus, ainsi qu'un index géographique et
thématique devant permettre, dès cette première livraison, d'utiliser ce travail. L'ensemble
représente 156 fiches, chaque fiche correspondant à un article. Les articles retenus sont
présentés par ordre alphabétique d'auteur. La publication de cette bibliographie sera pours
uivie dans les prochains numéros du Journal de la Société des Africanistes ; chaque livraison
présentera le dépouillement d'un ou de plusieurs périodiques. Au terme du travail, un index
récapitulatif permettra de regrouper l'ensemble des informations parues dans les différents
fascicules. Ce mode de présentation par revue a été adopté pour des raisons de commodité
et d'avancement chronologique des travaux.
Cette bibliographie n'a pas pour but de présenter une documentation exhaustive sur les
rites sacrificiels en Afrique Noire, mais plutôt de faire apparaître, à travers la diversité des
/. des Africanistes, 50, 2, (1980) pp. 145-248 JOURNAL DES AFRICANISTES 146
approches, des doctrines et des terrains, les axes et les thèmes importants des recherches
effectuées autour de la notion de sacrifice depuis le début du siècle.
Pour notre dépouillement, nous n'avons pas seulement consulté les index et les tables
thématiques, lorsqu'ils existaient, aux entrées : sacrifice, offrandes, animal, libation, rituel,
divination, etc., mais nous avons aussi systématiquement passé en revue tous les articles.
En effet, le sacrifice n'est pas une institution qui se laisse reconnaître au moyen de critères
empiriques ou à l'aide d'une définition simple. Il ne suffit pas de reconnaître qu'une mise à
mort rituelle a servi à établir une communication avec des «divinités» ou des ancêtres pour
être assuré qu'on a affaire à un sacrifice. Il y a peut-être une logique du sacrifice qui s'é-
"tend au-delà de la sphère des rites de mise à mort d'animaux, et inversement, il y probable
ment des mises à mort rituelles qui relèvent d'une logique différente.
Ainsi nous avons été frappé par la variabilité ou l'imprécision du vocabulaire utilisé.
Pour un même traitement rituel (ou apparemment semblable), un auteur parlera de mise
à mort rituelle, un autre de sacrifice ou d'abattage, un troisième ne qualifiera pas l'ensemble
des rites qu'il décrit. Par ailleurs, les articles sont jalonnés de termes tels que «esprits»,
«fétiches», «objets sacrés», «autels», «génies», etc., qui ne sont pas expliqués et qui ren
voient à des concepts et des notions très flous. Dans la mesure où ces notions sont employées
par les auteurs et qu'elles ont un rapport avec le sacrifice, nous avons pris le parti, bien que
ce rapport n'ait pas été élucidé, de les noter telles quelles dans les fiches et dans l'index.
En fait, ces fluctuations des concepts et du vocabulaire renvoient à la problématique mê
me du sacrifice.
Nous avons donc essayé de rester le plus «ouvert» possible dans notre lecture. Des lacunes
peuvent néanmoins subsister.
Nous nous sommes donné pour règle générale :
a) de relever systématiquement les articles où l'auteur parle explicitement de sacrifice.
b) de rechercher tout ce qui, dans la littérature, apparaît sous le terme d'offrandes (animaux
vivants, offrandes végétales, diverses formes de libations, etc.).
c) de rester attentif aux articles ne portant pas directement sur le sacrifice mais comportant
d'intéressantes notations sur des problèmes pouvant s'y rattacher, tels que le partage de la
viande effectué lors de manifestations sociales importantes (funérailles, mariages, naissances,
etc.). Nous avons lu également avec attention les articles décrivant des chasses rituelles, des
rites de mise à mort d'animaux (non nécessairement qualifiées de sacrifices par l'auteur,
et quelle que soit la forme qu'ils prennent : rites sur le thème du bouc émissaire, rite de
désacralisation, sacrifice expiatoire, etc.), ainsi que des rites mettant en scène des animaux
ou faisant état de «sacrifice humain» lors de l'intronisation d'un roi ou d'un chef.
Dans la mesure du possible, nous avons toujours essayé de conserver pour chaque r
ésumé le langage de l'auteur. Ainsi, les termes de sacrifice, sacrifiant, sacrificateur, etc..
n'ont été utilisés dans nos fiches que lorsque les auteurs les avaient eux-mêmes employés.
Les textes de nos résumés sont tous des textes originaux. Chaque article a été l'objet d'une
lecture visant à resituer les informations dans le contexte ethnographique et sociologique
donné par l'auteur. Quand cela nous est apparu nécessaire, nous avons donné des indications
sur l'orientation théorique de l'auteur.
Les articles passés en revue étant de qualité très inégale, il nous a semblé utile de donner
parfois une indication sur leur valeur informative eu égard à notre sujet. Lorsqu'un article
comportait de nombreux détails et pouvait être intéressant à consulter, nous l'avons ment
ionné. De même, lorsque tous les éléments importants d'un article avaient pu être reportés
sur la fiche, nous l'avons également signalé.
Nous n'avons pas pu lire les quelques articles en allemand intéressant notre sujet. Nous
les avons toutefois signalés, sur la base des résumés donnés en français à la fin de ces articles. BIBLIOGRAPHIE SPÉCIALISÉE 147
Indications pratiques pour la lecture des fiches
— les articles sans nom d'auteur sont classés sous la rubrique «Anonyme».
— les noms d'auteurs qui comprennent une particule sont classés à l'initiale de leur nom,
la particule étant rejetée après.
— les articles signés de plusieurs auteurs sont classés au nom de chaque auteur.
— chaque fiche comporte :
. un numéro d'ordre, qui permet l'utilisation des index.
. en bas à gauche, des indications sur l'aire géographique, sur l'état (avec, entre paren
thèses, les anciennes appellations de l'état) et sur l'ethnie (ou les ethnies et les sous-
groupes ethniques) mentionnés dans la fiche..
. en bas à droite, l'initiale des auteurs de la fiche, F H pour Florence Heymann, RdS
pour Rosita de Selva.
— Les mots en langue vernaculaire sont en italique.
— Les chiffres entre parenthèses correspondent au numéro des pages de revue dont l'info
rmation est tirée.
Indications concernant l'index
De chaque fiche, nous avons retenu un certain nombre de mots-clés ou «descripteurs» :
— descripteurs géographiques, qui permettent de localiser l'information : grande aire géo
graphique et culturelle ; état ; ethnie (et sous-groupe ethnique quand il est indiqué par
l'auteur), groupe linguistique1 .
— descripteurs thématiques, qui indiquent une relation entre le sacrifice et le descripteur
retenu. Nous avons fait suivre certains d'entre eux d'une parenthèse, qui indique la nature
du rapport entre ce mot et le sacrifice.
L'ensemble de ces descripteurs forment l'index ; les chiffres qui les suivent renvoient aux
fiches dont ils sont tirés.
Nous avons fait un index aussi détaillé que possible. Par ailleurs, nous avons esquissé une
première mise en forme de notre travail de réflexion, en travaillant de manière plus appro
fondie sur certains mots-clés ; nous avons ainsi opéré certains regroupements, ou au contraire,
fait des subdivisions. Nous avons porté une attention particulière aux descripteurs associés
à des problèmes qui ont retenu l'attention des chercheurs du LA 221 : statut symbolique
ou valeur rituelle de l'animal ; choix des espèces d'animaux ; détermination des animaux
en fonction de leur couleur, de leur sexe ou de leurs caractéristiques anatomiques ; rapport
divination/sacrifice ; mode de mise à mort ; découpe, partage et utilisation des différentes
parties de l'animal ; mode de cuisson sacrificielle ; position des acteurs dans le rite.
1. ABIODUN,R.
1976 A reconsideration of the function of Ako, second burial effigy in Owo, Africa,
XLVI,pp.4-20.
Description et analyse de Vako, cérémonie effectuée par les Yorubas jusqu'en
1920 environ (informations basées sur des récits d'anciens).
Traditionnellement, Vako était une deuxième cérémonie d'inhumation, faite
pour les défunts d'un rang social élevé ayant eu des enfants, 9 jours après le
1er enterrement. Une effigie (ako) était façonnée à l'image du défunt et cérémo-
niellement inhumée.
— Courte description de la cérémonie de 1er enterrement, qui comprend, à
l'ouverture, le sacrifice de 2 vaches appelées eren-la-ugbo * 2 autres vaches
{eren-la-oton et eren/a osin) +• 4 chèvres, ces dernières destinées à «supporter» JOURNAL DES AFRICANISTES 148
chaque vache et à leur «laver les pieds» (5). Au moment de l'inhumation du
corps, sacrifice d'une volaille qui assure un bon «voyage» au défunt (6).
— Description de la cérémonie ako, comprenant :
Une longue préparation, s'ouvrant par le sacrifice d'au moins 10 vaches et 10
chèvres pour «laver les pieds». Confection d'un tissu spécial et d'une effigie
en bois (9-10). Avant d'abattre l'arbre devant servir à cette effigie : sacrifice
d'une chèvre à son pied afin d'apaiser les esprits et d'assurer un bon travail. La
tête de la chèvre est laissée dans la forêt, le reste est rôti sur un feu couvert et
mangé sur place. Tant que dure le travail de sculpture, l'artisan demande chaque
jour une calebasse d'ignames, une chèvre, du vin de palme et plusieurs calebasses
de noix de cola (10). La statue est ensuite exposée pendant 9 jours, au cours
desquels ont lieu de nombreux sacrifices de vaches, chèvres et moutons, + gran
de consommation d'ignames. L'ako est promené dans le village et s'arrête de
vant chaque maison ayant célébré Vako dans le passé ; à chaque maison, sacri
fice d'une chèvre. Enfin, inhumation de Vako, qui est enterré avec plusieurs
vaches et autrefois des esclaves (12).
OUEST AFRICAIN.
Yoruba RdS
2. ABRAHAMS, R. G.,
1965 Neighbourhood organization : a major subsystem among the Northern Nyam-
wezi, Africa, XXXV, 2, pp. 168-186.
L'article montre «l'importance des relations de voisinage dans la structure
sociale des Nyamwezi du Nord, et leurs interactions avec d'autres ensembles
de liens sociaux comme la parenté, les groupes domestiques, la participation à
des sociétés secrètes» .
En ce qui concerne le sacrifice, l'auteur note seulement que, bien que non re
liés agnatiquement, les voisins assistent régulièrement aux sacrifices aux ancêtres
faits par les uns et les autres (173).
EST AFRICAIN. TANZANIE (TANGANYIKA) FH, RdS
Nyamwezi
ADAMS, R. F. G.,
1934 Ibo texts, Africa, VII, 4, pp. 452-463.
Les textes présentés sont des descriptions, en prose, de différentes cérémonies
ibos. Aucune indication sur l'origine de ces textes.
1. «célébration de naissance» : description de la fête célébrée à l'occasion d'une
naissance. Le lendemain du 1er jour de fête, le père achète une chèvre et la tue
pour ses beaux-parents. Avant le sacrifice, les hommes de la classe d'âge du
père abattent un figuier, le plante en terre et l'animal est sacrifié à son pied.
La peau, la patte avant, la selle et la graisse sont données à la jeune mère ; le
jeune père a une patte arrière, le cou et les abats ; les parents de la mère, la
carcasse et toutes les autres personnes présentes cassent la tête et la mangent. BIBLIOGRAPHIE SPÉCIALISÉE 149
2. «festival de Voru owerh : le jour de Voru (l'auteur ne donne aucune indica
tion sur le sens de cette fête), sacrifices de chèvres et de nombreux autres an
imaux domestiques devant l'autel de l'esprit protecteur (chaque ibo possède un
autel dédié à ses esprits protecteurs et doit lui sacrifier en ce jour). Le sang et
les poils sont répandus sur l'autel ; la viande des animaux et la chair des pois
sons sont mangées, puis la tête et les os sont gardés pour être placés devant
l'autel. Les filles prennent les parties graisseuses des animaux sacrifiés par leur
père, s'en entourent le cou et partent faire le tour du village en chantant.
OUEST AFRICAIN RdS
Ibo
4. ALAGOA, E.J.
1964 /du, a creator festival at Okpoma (brass) in the Niger delta, Africa, XXXIV, 1,
pp. 1-8.
La fête, célébrée tous les 7, 14 ou 21 ans par les Nembe ou Brass (sous-groupe
des Ijo, delta Niger), dure 3 jours ; elle est appelée couramment «la fête où
l'on coupe le bananier» (l'acte important du rite consiste à couper un bananier).
Préliminaires : visite aux villages voisins, où le prêtre d'Okpoma fait des offrandes
d'une boule d'argile blanche, d'une graine de cola amère et de poivre (alligator
pepper) au bord de l'eau. Offrande renouvelée au retour à Okpoma, dans la
hutte dédiée au dieu créateur (suotugu), offrande de vin de palme aux autels
des grands ancêtres et à l'autel d'oruyai (divinité Nembe) (4).
1er jour : Offrandes de nourriture et de boisson au bord de la rivière, avec
invocation à tous les esprits et dieux. Prières adressées à suo (dieu créateur).
Ces cérémonies sont accompagnées de danses rituelles particulières.
2ème jour : Danse rituelle, au cours de laquelle le prêtre doit, tout en dansant,
couper un bananier d'un seul coup. Si le bananier tombe vers l'est, le créateur
accepte les offrandes et la prospérité régnera sur la ville.
3ème jour : Avant le lever du soleil, un des prêtres part couper un manglier en
dehors du village. Avant de le couper, il lui fait des offrandes de biscuits, plan
tain, cola amêre, «alligator pepper», laine de bélier, épices et vin. Il lui adresse
une prière expliquant au nom du créateur, qu'il est destiné à «régner sur le
village». Le manglier est ramené et placé comme poteau dans la hutte du dieu
créateur. Prières pour demander prospérité et fertilité des terres et des femmes.
On attache au poteau un coq et un poisson séché. Avec les dernières libations,
on demande aux dieux de retourner à leur séjour habituel.
OUEST AFRICAIN. NIGERIA Rds
Nembe, Ijo
ANONYME
1 935 Divine kings in A frica, A frica, V 1 1 1 , 3 , pp . 373-375.
Bref article comparatif sur le sacrifice du roi divin en Egypte et en Afrique
(notamment : souverains divins des tribus nilotiques, roi divin des Konde —
tribu bantoue près du lac Nyasa —, roi des Jukun — Ouest africain), basé sur les 150 JOURNAL DES AFRICANISTES
écrits de différents auteurs (Seligman, Mackenzie, Meek, Tauxier, Macklin).
Dans l'Egypte pré-dynastique, on pense que le roi, vieillissant, effectuait sur
lui-même le suprême sacrifice, offrant sa vie afin de conserver le bien-être de son
pays et de son peuple. En effet, la personne du roi est le garant du pouvoir
de la nation et de l'abondance des récoltes. La fête du Sed avait pour but de
rajeunir et redonner des pouvoirs au roi.
La coutume du sacrifice du roi est largement répandue dans toute l'Afrique,
chez les agriculteurs comme chez les pasteurs, et concerne le leader tribal,
qu'il soit le «faiseur de pluie», le chef ou le roi. Les nombreux rites de rajeuniss
ement et de «soins» du roi doivent se comprendre dans cette optique.
Un autre trait commun aux cérémonies de revigoration : le roi doit envoyer
des flèches (ou faire un autre acte agressif) en direction des 4 points cardinaux,
signe de sa puissance sur le monde, et marquer cette puissance en tuant un hom
me (quelquefois le propre fils du roi, ou un esclave, ou un ennemi).
A consulter pour plus d'informations.
EGYPTE FH.RdS
Ethnies diverses
6. ANONYME
1938 Initiation of f и lani boys in Adamawa, Africa, XI, 2, pp. 226-228 (notes and
news) (communication faite par Dr L. MAIR).
Chez les Fulani, après la circoncision, les garçons demeurent à l'extérieur du
village sous un arbre appelé «grand-mère». Chaque jour, une partie de la nourri
ture des nouveaux circoncis est répandue sur le tronc, et à la fin de la période
de réclusion, les pagnes des initiés sont suspendus à ses branches. Il semble
que les offrande de nourriture ne soient pas faites à l'arbre lui-même, mais à un
esprit appelé mbulu, dans le but de l'apaiser. A la fin de l'initiation, le père de cha
que initié tue un taureau de son troupeau.
Communication courte ; pas d'autres informations.
OUEST AFRICAIN. CAMEROUN RdS
Fulani. Peul
7. BEATTIE,J. H. M.
1959 Rituals of Nyoro Kingship, Africa, XXIX, 2, pp. 134-145.
Présentation et analyse des rites associés à la royauté (bukama) chez les Bu-
nyoro (Ouganda) d'après les textes parus à ce sujet.
Ces rites comprennent plusieurs sacrifices d'animaux. L'auteur les divise en 4
grandes catégories :
1. Ensemble de rites liés au mythe sur la royauté et sur la naissance de l'état
nyoro.
2. Rites exprimant la nature «divine» ou sacrée de la royauté, c'est-à-dire le fait
que le roi soit identifié à son bétail (rôle important du lait dans le rituel) et SPÉCIALISÉE 151 BIBLIOGRAPHIE
à son pays tout entier. Rites de purification et de médication quotidiens du
roi et du troupeau royal ; un animal malade, comme un roi malade ou invalide,
est tué ou empoisonné (37).
3. Rites de l'accession au trône, mettant en évidence 2 aspects importants de la
royauté : prise d'un nouvel état rituel et accession au pouvoir politique. Ces
rites comprennent le sacrifice d'un taureau et d'un coq blanc. Par ailleurs, pour
protéger le roi de toute impureté possible, un «roi pour rire» est placé sur le
trône puis immolé par strangulation et enterré dans la salle du trône. Il semblait
aussi nécessaire de faire régulièrement des sacrifices humains pour fortifier le
roi, le sacrifice ayant lieu à la nouvelle lune, et le sang des victimes répandu
sur certains regalia royaux (140). Le nouveau roi doit marquer son pouvoir en
tuant un ennemi et en lançant des flèches dans les 4 directions.
Lors de la mort d'un roi, un de ses serviteurs doit annoncer sa mort en disant :
«le lait est répandu», puis il est mis à mort.
4. Délégation de l'autorité royale. Le mukama (roi) doit valider toute accession
à des fonctions d'autorité dans l'état ; cet accès à l'autorité est marqué par une
cérémonie appelée «boire le lait».
Informations sur le rôle et la nature de certaines femmes liées au pouvoir royal,
considérées comme des épouses, non du roi mais de sa fonction, et comme
manifestation féminine de la royauté. Ces femmes peuvent avoir des relations
sexuelles avec le roi, mais ne doivent pas en avoir d'enfants.
EST AFRICAIN. OUGANDA RdS
Bunyoro (Nyoro).
8. BEECHER,L.J.,
1 938 The stories of the Kikuyu, A frica, X 1 , 1 , pp. 80-87.
Un des mythes Kikuyu relatés raconte le sacrifice d'une fille pour faire venir la.
pluie (82).
Les aînés maintiennent la fille au milieu d'un étang jusqu'à ce que les pluies le
remplissent. Après ce sacrifice, l'esprit de la fille hanta l'endroit et c'est en fai
sant un nouveau sacrifice que son père put libérer le lieu en réclamant sa fille
à l'étang et en la ramenant chez lui.
Pas d'autres informations.
EST AFRICAIN. KENYA RdS
Kikuyu
à. BEIDELMAN,T. 0.,
1963 The blood covenant and the concept of blood in Ukaguru, Africa, XXXIII,
4, pp. 321-342.
Description d'une cérémonie engageant deux hommes comme frères de sang
chez les Kaguru du centre-est Tanganyika. Parents et voisins sont présents.
Sacrifice d'un mouton donné par celui qui a le premier demandé la cérémonie. 152 JOURNAL DES AFRICANISTES
Chaque homme verse un peu de son propre sang sur le foie de l'animal, qui a
été rôti. Le foie est ensuite partagé et consommé par les deux hommes (325).
EST AFRICAIN. TANZANIE (TANGANYKA) RdS
Kaguru
10. BEIDELMAN,T.O.,
1 966 Swazi royal ritual, A frica, 36, 4, pp. 373405.
A partir des données ethnographiques rassemblées par H. Kuper chez les Swazi
(cf. cette fiche), l'auteur présente un essai d'interprétation des rites royaux
annuels swazi (petit et grand Incwala) qui diffère de celle de M. Gluckman
(exprimée en termes d'agression et de conflit social). Beidelman montre com
ment ces rites mettent le roi swazi dans une situation particulière qui lui permet
d'assurer la charge et les pouvoirs supernaturels de prêtre-roi de la nation entière.
Cette place particulière du roi est mise en évidence à travers l'analyse des £ éta
pes successives des rites : 1. séparation du roi d'avec le monde social et mise en
situation d'anomalie et d'ambiguité «quasi monstrueuse». 2. rites de «purgation»
et accomplissement de devoirs rituels. 3. retour à la normalité et transformation
de l'état de souillure.
L'article commence par l'étude de certaines notions-clés de la cosmologie swazi,
qui permettent de comprendre les rites royaux ; cette étude comprend de
nombreuses références au sacrifice et débouche sur une théorie du sacrifice
qui prend appui sur la théorie de Hubert et Mauss (sacrifice comme médiation
entre deux mondes séparés, monde des vivants et mondes des esprits). La 2ème
partie de l'article porte sur l'analyse du Grand Incwala proprement dit.
Etude des notions liées à Г Incwala
Espace et ciel (378) : rapport au masculin/féminin ; rôle de la lune ; opposition
entre clan royal et clan pouvant fournir des devins ; identification roi/pleine
lune ; sens-sexe-orientation comme attribus élémentaires (379) : symbolisme
des couleurs (notamment couleur des animaux sacrifiés) ; référence à un
sacrifice humain désigné par le terme de «céphalophe noir» ; utilisation par
ticulière de certaines parties des animaux sacrifiés selon les occasions de sacri
fices ; enterrement du roi défunt avec une chèvre noire vivante ; traitement du
roi et sacrifices effectués à sa puberté (380). Identification roi/taureau ; signi
fication symbolique de la vésicule biliaire (connotant la lourdeur, l'impénétrab
ilité, et aussi la dignité, l'importance sociale).
.signification de la classification en gauche/droite (381) : traitement du côté
gauche du corps de la mariée avec l'animal sacrifié. Les animaux doivent être
tués d'un coup de lance porté au côté droit. Les hommes mangent les pattes
avant, les femmes les pattes arrières des animaux sacrifiés (382).
. nature de la pluie et de l'eau : associations symboliques liées à la pluie, notam
ment pluie / utérus humain. Traitement rituel d'animaux gravides aux rites
pour obtenir la pluie. Production d'un feu et de fumée, ainsi que sacrifice
d'une vache noire, pour les rites de pluie ; la viande est consommée par les
hommes et les femmes âgés. SPÉCIALISÉE 153 BIBLIOGRAPHIE
Nature de l'action rituelle et de l'objet sacrifié (à partir de la théorie d'Hubert et
Mauss) :
1 . l'objet ou animal sacrifié est un médiateur entre la sphère du naturel et du
surnaturel, permettant aux hommes d'atteindre les êtres supernaturels pendant
un temps très court.
2. Pour être médiateur, l'objet sacrifié doit lui-même subir une «séparation»,
chaque partie étant alors efficace, étant dans un état idéal. L'objet sacrifié
devient «monstre sacré». Cet état est lié au concept d'évitement (ou respect), et
de souillure (ce qui entraîne des rites de purification).
Etude de quelques catégories singulières et de leur rapport avec la théorie du
sacrifice : le cousin croisé (qui est toujours un étranger au sein de la parenté),
la reine rituelle, première épouse du roi, qui ne peut avoir de descendance avec
le roi.
Interprétation des rites de l'Incwala :
Etude de la position du roi et de la reine dans la société swazi, qui comprend
quelques indications générales sur le sacrifice : pour les swazi, la terre est com
me une vache qui doit être partagée entre les hommes (392). La mère, ou épouse
principale du père d'un homme, a une place importante dans le modèle sacrifi
ciel car elle est un des éléments déterminants qui servent à désigner l'héritier ;
c'est au-dessus de sa hutte que sont accrochés les cornes et les crânes des an
imaux sacrifiés (393).
Interprétation des rites :
1. rites de séparation : analyse du rôle symbolique de l'animal sacrifié, qui est
idéalement toujours un taureau castré. Etude des éléments mettant le roi dans
une position d'intermédiaire (nudité, médication particulière, sacrifice d'un
taureau noir, rôle rituel de certains personnages (enfant, épouse principale),
identification du roi à certains animaux sauvages (lion, singe).
2. rites de purgation, suivis d'un rapport sexuel obligatoire avec la reine.
3. retour à la normalité et transformation de l'état de danger et d'impureté en
état de fécondité, grâce à certains actes et acteurs rituels (notamment reine et
faiseurs de pluie)». «La souillure du monde est échangée contre la pluie» (401).
Article à consulter pour plus d'informations.
EST AFRICAIN. SWAZILAND RdS
Swazi
11. BEIDELMAN.T.O..
1968 Some nuer notions of nakedness, nudity and sexuality, Africa, 38, 2, pp. 1 13-131 .
Dans cet article, l'auteur fait un rapprochement entre les notions qui sont au
centre de la problématique du sacrifice et celles qui nous permettent de comprend
re l'idée de nudité chez les Nuer.
Chez les Nuer, l'animal sacrifié «peut être considéré de deux façons contradict
oires» : 1. il incarne certains attributs moraux idéaux. 2. par ailleurs il présente
une ambiguité sexuelle (il est appelé «taureau» et cependant c'est toujours un
animal castré) ; «situé en dehors des catégories ordinaires, il lie deux sphères
de la cosmologie nuer : l'«Esprit (ideal of Spirit) et la manifestation de la Créa
tion». Cette position et cette notion d'ambiguité renvoie à un concept plus