Les Chapiteaux Romans. Cathédrale St Vincent, Chalon s/saône
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1 SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE DE CHALON-SUR-SAÔNE de la Cathédrale Saint-Vincent Chapiteau du bas-côté Nord Le drame de Caïn et Abel Vue de face -Cliché Raoul Lacoste -1961 Gilbert Prieur - Version complétée en 2010 2 AVANT-PROPOS AVANT-PROPOS Depuis plus de trente cinq ans, je hante la cathédrale Saint-Vincent, en fidèle, et en curieux qui n'a jamais terminé ses investigations, aiguisées par les questions diverses que posent les visiteurs que j'ai eu le plaisir de guider. Ma curiosité active m'a conduit depuis longtemps à rechercher les informations les plus diverses, d'Olivier Beigbeder au chanoine André Salis, et bien d'autres encore. D'autres interlocuteurs, à la Société d'Histoire et aux Amis de la cathédrale, ont échangé maintes observations, que je n'ai pas manqué d'enregistrer et d'approfondir. En annexe, et souvent au cours de cet exposé, je cite mes sources, diverses, nombreuses, et des notes référencées, que j'ai accumulées et qui restent à ma portée, dès que j'éprouve le besoin de les consulter à nouveau. Sans doute, certaines précisions, qui m'ont été utiles, feront-elles sourire les initiés, tant pis : est-on jamais certain d'avoir des idées exactes sur tout ? Très souvent, dans le public, j'ai entendu cette invitation : vous devriez écrire ce que vous nous dites. Certes, pour que cela ne soit pas perdu.

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Publié le 29 novembre 2013
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Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Extrait

1
SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE
DE CHALON-SUR-SAÔNE









de la Cathédrale Saint-Vincent

Chapiteau du bas-côté Nord
Le drame de Caïn et Abel
Vue de face -Cliché Raoul Lacoste -1961

Gilbert Prieur - Version complétée en 2010


2
AVANT-PROPOS AVANT-PROPOS

Depuis plus de trente cinq ans, je hante la cathédrale Saint-Vincent, en fidèle, et en
curieux qui n'a jamais terminé ses investigations, aiguisées par les questions diverses que
posent les visiteurs que j'ai eu le plaisir de guider.
Ma curiosité active m'a conduit depuis longtemps à rechercher les informations les plus
diverses, d'Olivier Beigbeder au chanoine André Salis, et bien d'autres encore. D'autres
interlocuteurs, à la Société d'Histoire et aux Amis de la cathédrale, ont échangé maintes
observations, que je n'ai pas manqué d'enregistrer et d'approfondir.

En annexe, et souvent au cours de cet exposé, je cite mes sources, diverses, nombreuses, et
des notes référencées, que j'ai accumulées et qui restent à ma portée, dès que j'éprouve le
besoin de les consulter à nouveau. Sans doute, certaines précisions, qui m'ont été utiles,
feront-elles sourire les initiés, tant pis : est-on jamais certain d'avoir des idées exactes sur
tout ?

Très souvent, dans le public, j'ai entendu cette invitation : vous devriez écrire ce que vous
nous dites. Certes, pour que cela ne soit pas perdu. Il existe depuis 1965 un excellent
document illustré dont le texte est d'André Salis et l'iconographie de Raoul Lacoste, nous le
remettons à jour périodiquement. C'est une base accessible à tous.

Jeter sur le papier des notes et rédiger un mémoire solide, argumenté, précis, c'est autre
chose. Cela exige le souci toujours en éveil de ne rapporter que des faits bien établis, ou à
défaut les versions différentes connues, quand il est délicat de faire une sélection. C'est aussi
s'exposer à un jugement : tout est passé au peigne fin par des partenaires critiques, qui ne
manquent pas de démolir les apports à un édifice fragile, sans charité le plus souvent. Et puis,
pire que tout, il y a ce scepticisme latent, de ceux qui n'ont pas pu ou pas fait l'effort de
s'imprégner de cette culture médiévale, riche, prodigieuse, où domine la spiritualité, et sans
laquelle on ne peut pas, à l'approche de l'an 2.000 comprendre le message livré par ce
patrimoine que nous examinons superficiellement, sous un angle esthétique exclusivement,
alors que le sens profond de ces témoins d'un passé révolu est ailleurs.

Nous sommes ici dans une église, donc un espace sacré. Il convient d'essayer de restituer
ici l'ambiance d'un des moments fondamentaux de notre culture ancestrale, chrétienne et
1française, que fut le Moyen Âge , une époque extraordinaire, et d'y retrouver nos racines,
qu'instinctivement nous recherchons, dans ce monde moderne où rien n'est fixe, où tout
s'accélère, où nous nous sentons bien déboussolés. L'oublier, c'est dévier dans la démarche
d'une visite sérieuse.

Bien entendu, cette étude n’a pas la prétention de répondre aux interrogations que chacun
se posera. Mais elle peut inciter à ce retour sur soi, à cet approfondissement qui font la
richesse d’une vie intérieure.
Gilbert PRIEUR
Ex-président des Amis de la Cathédrale Saint-Vincent
1997
tirage de l’auteur - ©

1 Le terme de Moyen Âge apparaît vers 1640, et c'est une adaptation du latin de la Renaissance medium ævum,
comme c'est aussi le cas pour les termes en anglais et en allemand. Actuellement, la période chronologiquement
retenue pour ce terme va de la chute de l'Empire romain, vers 476, à la prise de Constantinople par les Turcs en
1453, un millénaire. Pour le qualificatif, il faut préférer médiéval à moyenâgeux, ce dernier ayant une
connotation péjorative [d'après le Dictionnaire historique de la Langue Française - Le Robert - 1992].
3
Avant-propos de la nouvelle mouture

Il fallait s'y attendre, la première version de ce travail a attiré l'attention critique de
lecteurs intéressés et connaisseurs, mais ces échos loin d'être négatifs ont été la source de
réflexions, d'amendements et de compléments qui ont été intégrés dans cette nouvelle
mouture.

C'est à Marc Rodarie que je dois l'essentiel de ces apports, qui, insérés, ne contredisent
pas la version originale mais l'enrichissent et je lui dois mes plus sincères remerciements, en
particulier sur trois points qu'il a particulièrement développés : l'étude approfondie du
chapiteau d'Alexandre et celle des disciples d'Emmaüs, et une approche insistante sur la riche
spiritualité médiévale, l'enseignement de l'Église ne se réduisant pas à celui d'une morale.
D'autres lecteurs ont relevé des points de détail qui méritaient un éclairage plus important,
je les en remercie également.

Un travail de ce genre n'est jamais parfait, ni complet. Il avait pour souci d'aborder cette
découverte en essayant de s'extraire du contexte dans lequel nous vivons et de tenter de se
emouler dans celui des bâtisseurs du XII siècle. Car comme toute étude d'histoire, il convient
de ne pas voir les choses avec nos regards d'aujourd'hui. Sinon, le lecteur a tendance à croire
qu'il est invité à une démonstration, l'exposé de l'avis de l'auteur, ce qui n'est pas son
intention qui reste celle du respect et de la liberté des lecteurs.

Gilbert PRIEUR
Janvier 2006

Le Christ bénissant
Chapiteau des disciples d'Emmaüs
4
LE MONDE MÉDIÉVAL LE MONDE MÉDIÉVAL

es chapiteaux romans de cette Cathédrale présentent la particularité L exceptionnelle, sinon unique, de tracer un cheminement spirituel pour le fidèle qui
entre dans l'édifice par les portails de la façade principale. Nous verrons pourquoi et nous
allons découvrir cet itinéraire singulier.
e Comment aborder cette question, nous, hommes de la fin du XX siècle, imprégnés du
besoin de raisonner, et trop vite tournés vers les aspects matérialistes ? Empruntons à Daniel
Rops (in l'Église de la Cathédrale et des Croisades, p.45) :

“C'est se condamner à ne rien comprendre aux hommes et aux événements du Moyen
Âge que perdre de vue, un seul instant, que tout et tous n'existent qu'en fonction de la
foi chrétienne ”.

Il y a plus. Les valeurs de cette époque révolue n'ayant plus cours, il est dangereux de
2déformer l'évocation de cette époque par nos conceptions et mentalités . Il faut éviter de la
comparer à la vie de l'homme actuel, qui est troublé par l'accélération de l'évolution des
connaissances et des techniques, et de leurs répercussions dans la vie individuelle, familiale,
sociale, et amputé de la notion de l'imminence de la mort. Car nous ne faisons ici-bas qu'un
court passage au regard de l'éternité.
Sous le seul angle esthétique, René Huyghes, dans son Histoire de l'Art (Larousse éditeur),
a écrit :

“ Tout désir de compréhension de l'art d'une époque exige de notre part de
changer de mode de pensée, d'être disponible, d'user de sympathie pour les
œuvres à découvrir ”.

Essayons de nous imprégner de l'état d'esprit médiéval, au temps des Cathédrales.
L'orbis christianus, l'univers chrétien du Moyen Âge, a tendance à tout ramener à l'Église,
3reducere ad unum, puisque l'Église régente tout : son chef est le représentant de Dieu sur
terre, la langue universelle est le latin, la loi est immuable. L'Église ne reconnaît pas les
injustices, dans cette société figée, il y a ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui
travaillent, elle les explique et c'est une vertu de les supporter, puisque c'est le chemin du
paradis.
Toute l'éducation se résume dans l'ars moriendi, autrement dit une préparation à la mort,
dans des exercices de pièté exigeant beaucoup de temps, l'esprit étant captivé par la crainte de
Dieu, un Dieu terrible et implacable. Il convient de subir sans protester.
Le Moyen-Âge n'avait pas le sens du temps, ignorait le prix du temps. Le temp

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