Les problèmes rencontrés par des adultes de bas niveau de qualification pour lire et exécuter des figures planes et des dessins en perspective - article ; n°1 ; vol.92, pg 59-79

Les problèmes rencontrés par des adultes de bas niveau de qualification pour lire et exécuter des figures planes et des dessins en perspective - article ; n°1 ; vol.92, pg 59-79

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Description

L'année psychologique - Année 1992 - Volume 92 - Numéro 1 - Pages 59-79
Summary : Problems encountered by adults with low levels of qualification in reading and executing plane geometrical figures and drawings in perspective.
Problems encountered by subjects in reading and executing a drawing are the origin of many blockages in many fields. This is especially the case with adults of low level of qualifications. Do these problems corne specifically from the processing of projective ratios (perspective, point of view) or from a deficit in graphic space representation more generally ? The aim of this work is to bring some answers to these questions. We compared the performance of 24 subjects in two drawing tasks. In the first one they had to reproduce a plane geometrical figure, in the second one a drawing in perspective. The performance is better in the first lask than in the second one. The results are consistent with an explanalion in terms of deficit in projective ratios processing.
Key-words : space representation, geometrical figure, drawing in perspective, adult.
Les problèmes que rencontrent les sujets, et notamment les sujets dits de bas niveau de qualification, pour lire et exécuter des dessins constituent une source de blocage dans de nombreux domaines. Proviennent-ils spécifiquement du traitement des rapports projectifs (perspective, point de vue...), ou d'un déficit dans la représentation de Vespace graphique en général ? Le travail présenté tente d'apporter des éléments de réponse à cette question. Nous comparons les performances obtenues par un groupe de sujets dans deux tâches de dessins : la première consiste à reproduire une figure géométrique plane, la seconde consiste à reproduire un dessin en perspective. On observe que le dessin en perspective est généralement moins bien réussi que la figure géométrique. Les procédés d'exécution sont analysés de manière à interpréter les différences entre les dessins de copie et de mémoire et entre figure plane et dessin en perspective.
Mots clés : représentation de l'espace, figure géométrique, dessin en perspective, adulte.

21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1992
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Langue Français
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René Baldy
Jean-Francisque Chatillon
Marielle Cadopi
Véronique Gausserand
Les problèmes rencontrés par des adultes de bas niveau de
qualification pour lire et exécuter des figures planes et des
dessins en perspective
In: L'année psychologique. 1992 vol. 92, n°1. pp. 59-79.
Abstract
Summary : Problems encountered by adults with low levels of qualification in reading and executing plane geometrical figures
and drawings in perspective.
Problems encountered by subjects in reading and executing a drawing are the origin of many blockages in many fields. This is
especially the case with adults of low level of qualifications. Do these problems corne specifically from the processing of
projective ratios (perspective, point of view) or from a deficit in graphic space representation more generally ? The aim of this
work is to bring some answers to these questions. We compared the performance of 24 subjects in two drawing tasks. In the first
one they had to reproduce a plane geometrical figure, in the second one a drawing in perspective. The performance is better in
the first lask than in the second one. The results are consistent with an explanalion in terms of deficit in projective ratios
processing.
Key-words : space representation, geometrical figure, drawing in perspective, adult.
Résumé
Les problèmes que rencontrent les sujets, et notamment les sujets dits de bas niveau de qualification, pour lire et exécuter des
dessins constituent une source de blocage dans de nombreux domaines. Proviennent-ils spécifiquement du traitement des
rapports projectifs (perspective, point de vue...), ou d'un déficit dans la représentation de Vespace graphique en général ? Le
travail présenté tente d'apporter des éléments de réponse à cette question. Nous comparons les performances obtenues par un
groupe de sujets dans deux tâches de dessins : la première consiste à reproduire une figure géométrique plane, la seconde
consiste à reproduire un dessin en perspective. On observe que le dessin en perspective est généralement moins bien réussi
que la figure géométrique. Les procédés d'exécution sont analysés de manière à interpréter les différences entre les dessins de
copie et de mémoire et entre figure plane et dessin en perspective.
Mots clés : représentation de l'espace, figure géométrique, dessin en perspective, adulte.
Citer ce document / Cite this document :
Baldy René, Chatillon Jean-Francisque, Cadopi Marielle, Gausserand Véronique. Les problèmes rencontrés par des adultes de
bas niveau de qualification pour lire et exécuter des figures planes et des dessins en perspective. In: L'année psychologique.
1992 vol. 92, n°1. pp. 59-79.
doi : 10.3406/psy.1992.29489
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1992_num_92_1_29489L'Année Psychologique, 1992, 02, 59-79
Jeune Equipe Psychologie du développement cognitif
Université Paul Valéry Montpellier III1*
Jeune Equipe Sport, Education, Santé
Université I2**
LES PROBLÈMES RENCONTRÉS
PAR DES ADULTES
DE BAS NIVEAU DE QUALIFICATION
POUR LIRE ET EXÉCUTER
DES FIGURES PLANES
ET DES DESSINS EN PERSPECTIVE
par René Baldy*, Jean-Francisque Chatillon*,
Marielle Cadopi** et Véronique Gausserand*
SUMMARY : Problems encountered by adults with low levels of quali
fication in reading and executing plane geometrical figures and drawings
in perspective.
Problems encountered by subjects in reading and executing a drawing
are the origin of many blockages in many fields. Tkis is especially the
case with adults of low level of qualifications. Do these problems come
specifically from the processing of protective ratios (perspective, point of
view) or from a deficit in graphic space representation more generally ?
The aim of this work is to bring some answers to these questions. We com
pared the performance of 24 subjects in two drawing tasks. In the first
one they had to reproduce a plane geometrical figure, in the second one a
drawing in perspective . The performance is better in the first task than
in the second one. The results are consistent with an explanation in terms
of deficit in projective ratios processing.
Key-words : space representation, geometrical figure, drawing in
perspective, adult.
1. Arts, Lettres, Langues et Sciences humaines, bp 5043, Route de
Mende, 34032 Montpellier Cedex 1.
2. uFR STAPS de Montpellier, 700 Avenue du Pic Saint-Loup, 34090 Montp
ellier. 60 R. Baldy, J.-F. Chalillon, M. Cadopi el V. Gausserand
1. INTRODUCTION
Les enseignants utilisent très largement des dessins pour
présenter les contenus à enseigner. Ceux-ci sont très divers. Ils
peuvent porter sur l'espace, comme par exemple le dessin d'un
triangle ou d'un cube en perspective, ou sur d'autres aspects
du réel, comme par exemple les relations mathématiques. On
sait que lire ou exécuter des dessins pose des problèmes impor
tants aussi bien aux enfants (Piaget et Inhelder, 1947) qu'aux
adultes. On peut citer à l'appui de ce constat les travaux sur
l'apprentissage et l'utilisation du dessin technique (Rabardel et
Weill-Fassina, 1987) et ceux sur la didactique de la géométrie
(Vergnaud, Brousseau et Hulin, 1988). Ces problèmes deviennent
cruciaux dans le secteur de la formation d'adultes dits de « bas
niveau de qualification » (Pailhous et Vergnaud, 1989). On peut
considérer en effet qu'ils engendrent dans certains cas une inca
pacité d'apprendre dans plusieurs domaines tels que les tâches
de fabrication ou la géométrie du dessin technique par exemple.
Dans ce travail, nous analyserons les performances produites
par des adultes en stage de préformation dans des tâches de
lecture et d'exécution de dessins. Ce travail est motivé par une
question de terrain. Les moniteurs d'un centre de préformation
avaient pour objectif pédagogique d'actualiser et de compléter
les connaissances des stagiaires, afin que ces derniers puissent
entrer en formation professionnelle pour adultes. Les contenus
dispensés donnaient une grande place aux exercices destinés à
entraîner les stagiaires à se représenter les propriétés spatiales
des objets dessinés. Pour cela, ils utilisaient beaucoup les tâches
de reconnaissance de dessins. Par exemple, on proposait aux
stagiaires de trouver parmi un ensemble de volumes dessinés
en perspective cavalière celui qui correspond à un dessin modèle
également en perspective cavalière. A un moment de leur pra
tique, les formateurs se sont interrogés sur le statut et l'intérêt
de ce type d'exercices dans le contexte de la préformation
d'adultes. Ils se demandaient notamment comment analyser
l'activité de représentation des propriétés spatiales d'objets des
sinés, comment la former et comment résoudre les problèmes
d'apprentissage qu'elle engendre. Pour apporter quelques él
éments de réponse à ces questions, nous avons analysé ce que font
les stagiaires dans ce type de tâches. Exécution de figures et de dessins 61
Les résultats montrent que si certains sujets interprètent et
exécutent convenablement les tâches qui leur sont proposées,
d'autres n'y parviennent pas. Ceux-là ne distinguent pas nette
ment dans le dessin son statut d'objet autonome (c'est un
ensemble de traits et de surfaces qui constitue un graphisme ou
un objet graphique) de celui de substitut renvoyant à un autre
objet (l'espace du dessin renvoie alors à l'espace de l'objet des
siné, il a le statut de figuration graphique). Les sujets assimilent
les dessins en perspective à des figures géométriques planes.
Ainsi, la tâche de comparaisons de volumes dessinés est inter
prétée et exécutée effectivement comme une tâche de compar
aisons de dessins (Baldy et Ghatillon, 1985 ; Baldy, 1986). Le
sujet travaille dans l'espace de la page par comparaisons dessin-
dessin médiatisées ou non par une représentation des dessins,
et non dans l'espace des objets par objet-objet
portant sur les représentations des objets dessinés. Les trans
formations attendues telles que les coordinations de points de vue
définies par Piaget et Inhelder (1947) et les rotations mentales par exemple par Shepard et Metzler (1971) sont absentes.
Il ne semble pas que les performances produites par les sujets
dans ces tâches puissent être attribuées simplement à un effet
de la variable culturelle. Des adultes exclusivement métropolit
ains en stage de préformation dans un centre de formation
professionnelle pour adultes se comportent de la même façon
dans ces tâches (Baldy, 1985).
Cette approche est complétée par la prise en compte de ce
que font les stagiaires dans des tâches de comparaisons de des
sins en perspective avec un objet réel ou de reproduction en
copie ou de mémoire de dessins en perspective.
Nous avons demandé par exemple à un groupe de sujets de
rechercher parmi un ensemble de petits objets en bois celui qui
correspond à un dessin en perspective cavalière. Les résultats
montrent (Baldy, 1988) que : soit l'inférence sur l'objet n'est
pas effectuée du tout (le sujet choisit un objet plat de type
« dessin en bois »), soit le l'effectue sur un objet familier
qu'il peut nommer (escalier, meuble, par exemple, qui n'appart
ient pas à la classe des objets en bois présentés).
Ainsi, lorsque le sujet est engagé dans une tâche de compar
aisons d'objets dessinés avec un objet réel, ses possibilités
d'exploiter sa présence sont limitées. Dans la tâche étudiée, le
sujet dispose d'un ensemble de dessins d'objets en perspective 62 B. Baldy, J.-F. Chatillon, M. Cadopi el V. Gausserand
placés sur chacune des pages d'un cahier, et d'un objet en bois
servant de modèle. Le sujet doit décider si chaque dessin figure
ou non le même objet que le modèle. On observe (Baldy, 1989)
que la présence de l'objet réel n'aide pas les sujets à mieux
reconnaître les dessins, notamment ceux qui ont subi une rota
tion dans le plan de la feuille. Dans ce dernier cas, les résultats
sont significativement moins bons que lorsque les dessins sont
comparés à un dessin modèle.
Nous avons aussi demandé aux sujets, à la fin de la tâche
de comparaisons, de reproduire le dessin utilisé comme modèle.
L'analyse de leur procédé d'exécution nous permet d'inférer
l'organisation représentative qu'ils ont faite des propriétés gra
phiques du dessin ou à travers elles des propriétés spatiales de
l'objet dessiné. Cet ensemble de données (Baldy et Duval, 1988)
montre qu'une partie des sujets, et notamment les moins per
formants dans la tâche de comparaisons, exécute le dessin en
perspective comme s'il s'agissait du dessin d'une figure de géo
métrie plane. Ils tracent le contour général du dessin qu'ils
tentent de remplir ou juxtaposent des traits et des surfaces sans
organisation apparente.
Ces résultats sont dans l'ensemble conformes à ceux que
l'on trouve dans la littérature. Il semble toutefois que le niveau
de formation soit déterminant. Cooper (1990) propose à des
étudiants (ingénieurs mécaniciens sélectionnés notamment sur
des tâches spatiales) de résoudre des problèmes spatiaux diffi
ciles. Il s'agit par exemple à partir de deux vues orthogonales
d'un objet de tracer la troisième, puis d'identifier son dessin
en perspective isométrique. Elle observe des taux de réussite
élevés. L'analyse détaillée des conduites montre que la plupart
des sujets construisent une représentation en trois dimensions
de la structure de l'objet, même quand on ne le leur demande
pas et quand le problème peut être résolu dans l'espace à deux
dimensions. Ces résultats vont dans le même sens que ceux que
nous avons obtenus avec des étudiants en section de techniciens
supérieurs de mécanique (Baldy et Chatillon, 1985).
Les observations faites avec des sujets débutants sont de
toute autre nature. Weill-Fassina et Vermersch (1985) leur
demandent par exemple de tracer une vue latérale à partir d'une
vue en perspective de la forme. Ils observent que certains sta
giaires n'exécutent pas les transformations nécessaires en tenant
compte du changement de point de vue, mais procèdent par Exécution de figures et de dessins 63
« analogies figurales et par juxtaposition d'éléments non coor
donnés » (p. 356). Leutner et Kretzschmar (1988) observent
avec des sujets de même niveau (élèves de l'enseignement tech
nique) que les manipulations réelles ou simulées des objets ne
constituent pas une aide efficace pour exécuter la tâche de
dessin technique. Elles le deviennent si le professeur les exploite.
Davies (1973) constate que l'un des obstacles à l'apprentissage
de la géométrie du dessin technique vient de l'incapacité des
sujets à se représenter en trois dimensions les propriétés spatiales
des objets dessinés en perspective. Quant à la lecture de dessins
en vues orthogonales, il considère que les opérations mentales
exigées pour synthétiser les données débordent les compétences
de la plupart des sujets. Il attribue ces difficultés à « une fai
blesse fondamentale dans le domaine graphique » (Davies, 1985,
p. 327) dont font preuve certains sujets, notamment ceux origi
naires de cultures différentes de la nôtre dans lesquelles les
jeux spatiaux tels que les puzzles, les pliages... sont peu valor
isés. Bishop (1983) a proposé à des sujets (étudiants de Nouvelle-
Guinée Papouasie) des tâches d'identification de points de vue
à partir de photographies, de fabrication d'objets à partir de
leur dessin (en utilisant par exemple des cure-dents et de la
plasticine), des tâches d'exécution de dessins à partir d'objets...
Il constate que beaucoup de sujets ne parviennent pas à inter
préter l'information codée dans les dessins. Ils ne savent pas
utiliser convenablement la convention de l'oblique ni identifier
un point de vue et le coordonner avec un autre... Dans une
tâche de complément d'image, il remarque que même lorsque
les objets sont familiers (personnages, maisons par exemple)
leur représentation graphique ne l'est pas. C'est à une conclusion
de ce type que parviennent Deregowski et Dziurawiec (1986)
quand ils analysent les résultats obtenus par des sujets (étu
diants, apprentis, travailleurs d'Afrique du Sud) dans des tâches
de lecture de figures impossibles ou de dessins géométriques.
Ils interprètent les faibles résultats obtenus par les sujets non
comme une incapacité à percevoir qu'un ensemble de lignes
représente un objet solide, mais comme une incapacité à cons
truire une représentation adéquate de l'espace de l'objet figuré
par le dessin.
L'examen rapide de ces travaux conduit à se demander si les problèmes
qu'ont certains sujets pour lire ou exécuter des dessins d'objets proviennent
spécifiquement du traitement des rapports projectifs (perspective, point 64 R. Baldy, J.-F. Chalillon, M. Cadopi el V. Gausserand
de vue...) ou d'un déficit dans la représentation de l'espace graphique en
général.
Le bref travail expérimental qui suit a pour objectif d'apporter quelques
éléments de réponse. Nous procéderons en comparant les résultats obtenus
par un groupe de sujets dans deux tâches de dessins : la première consiste
à reproduire une figure géométrique plane (tâche graphique n'exigeant
pas le traitement de rapports projectifs), la seconde consiste à reproduire
un dessin en perspective.
2. MÉTHODE ET HYPOTHÈSES :
2.1. Tâche
On utilise deux dessins :
a I La figure complexe proposée par Rey (1941), présentée aux sujets
dans la position verticale, comme sur la figure 1.
Illustration non autorisée à la diffusion
F« 1. — La figure complexe de Rey
Eey's figure
Cette figure réunit les propriétés suivantes : inscrite dans l'espace
de la page, elle ne représente pas autre chose qu'un ensemble de traits
et de surfaces. Elle n'a pas de signification évidente, même si le sujef
peut toujours lui en attribuer une, globale ou partielle. Son traitement
repose sur les rapports spatiaux internes à la figure. Elle est cependant
assez complexe pour obliger le sujet à organiser la lecture qu'il en fait.
b I Un dessin en perspective construit pour « ressembler » à la figure
de Rey. Il comporte par définition des fuyantes. Il est présenté dans la
figure 2.
La figure de Rey et le dessin en perspective ont la même complexité
figurale estimée parle nombre de traits et d'angles (Weill-Fassina, 1988). Exécution de figures et de dessins 65
Fig. 2. — Le dessin en perspective
The drawing in
Inscrit dans l'espace de la page, il représente autre chose qu'un
ensemble de traits et de surfaces. C'est un codage graphique, convent
ionnel des propriétés spatiales d'un objet réel ou virtuel auquel il renvoie.
Son traitement habituel suppose la prise en compte d'un point de vue
sur l'objet dans l'espace à trois dimensions. Il est présenté dans la même
position que la figure de Rey.
On demande aux sujets de reproduire successivement les deux
modèles, d'abord en copie, ensuite de mémoire. La même consigne
introduit l'ensemble des situations : « Vous voyez ce dessin, copiez-le
bien en faisant attention de ne rien oublier. »
2.2. Sujets et déroulement
24 sujets adultes en stage de préformation participent à l'expérience.
Ils possèdent un niveau scolaire de classe préparatoire à l'apprentissage
ou de section d'éducation spécialisée.
La présentation des tâches est contrebalancée : 12 sujets commencent
par la reproduction de la figure de Rey (copie puis mémoire), et te
rminent parla reproduction du dessin en perspective (copie puis mémoire).
12 sujets commencent par la reproduction du dessin en perspective
(copie puis mémoire) et terminent par la figure de Rey (copie puis
mémoire).
2.3. Les types de procédés d'exécution
La performance est le produit observable de la coordination de
différentes sources de contrôle (Chatillon, 1988). Chaque source est
AP — 3 66 H. Baldy, J.-F. Chatillon, M. Cadopi el V. Gausserand
un ensemble organisé d'informations qui contribue de manière variable
à ce contrôle (Beaubaton, 1983). Le modèle est un gisement de données
que le sujet peut exploiter visuellement. Il en va ainsi de la partie du
dessin déjà exécutée. Cette source de contrôle joue en permanence et
en temps réel pendant l'exécution. Les données visuelles participent
aussi à la sémiotisation de la tâche et à la construction par le sujet
d'une référence représentée (Chatillon, 1988) pour exécuter le dessin
immédiatement ou ultérieurement. Le contrôle visuel se double alors
d'un contrôle représentatif. L'importance de ces différentes sources
de varie en fonction de la difficulté du dessin à exécuter et des
conditions de cette exécution. Le contrôle représentatif devient essentiel
quand le dessin est exécuté de mémoire. Son efficacité dépend de ce que
les sujets lisent sur les dessins modèles. S'ils prennent principalement
en compte les relations topologiques, ils donnent la priorité aux rapports
de voisinage et de proximité pour repérer les éléments. Dans ce cas,
ils exécutent les dessins de proche en proche, par juxtaposition de
détails reliés entre eux sans coordination d'ensemble. Par contre ils
peuvent aussi prendre en compte les autres rapports spatiaux pour
structurer leur exécution. Dans ce cas, pour la figure de Rey, ils privi
légient notamment la symétrie du grand rectangle et de ses diagonales
et médianes (rapports euclidiens). Leur procédé d'exécution de la
figure est nécessairement plus structuré. Dans le cas du dessin en pers
pective, la prise en compte du point de vue structure les relations
internes au dessin. Ce traitement des rapports projectifs inscrits conven-
tionnellement dans le dessin (statut particulier de la vue de face, signi
fication des lignes obliques...) munit ce dernier d'une organisation d'en
semble que le sujet exploite dans son exécution.
Cette analyse permet de regrouper les procédés d'exécution de chaque
dessin en deux classes.
a I Les reproductions de la figure de Rey
Classe 1 : elle comprend les sujets qui organisent leur exécution
autour du grand rectangle central éventuellement surmonté du triangle
qu'ils érigent en armature. Celle-ci leur sert de point de départ et de
repère auquel ils rapportent tous les autres éléments de la figure. On
acceptera que les sujets débutent leur dessin par un détail s'ils l'enchaî
nent immédiatement à l'armature.
Classe 2 : elle comprend les sujets qui procèdent de proche en proche,
en juxtaposant des parties de dessin sans élément directeur décelable.
On remarquera que ces deux classes résument les différents types
de reproduction distingués par Osterrieth (1945) et Rey (1959).
b j Les reproductions du dessin en perspective
Classe 1 : elle comprend les sujets qui exécutent le dessin en commenç
ant par la vue de face à laquelle ils ajustent les fuyantes, et ceux qui