On pardonne tout à son quartier sauf... linsécurité, les dégradations, le bruit
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Description

Dans leur immense majorité, les Français trouvent leur quartier agréable à vivre. Pourtant, cela ne les empêche pas d’émettre des critiques : dangers de la circulation, difficultés pour garer sa voiture, manque d’animation, de commerces, pollution, bruit... La délinquance n’est pas la préoccupation la plus fréquemment citée mais passe en première position quand les habitants sont insatisfaits de leur quartier. Le sentiment d’insécurité est plus courant dans les quartiers où les revenus sont faibles. Les habitants des zones urbaines sensibles, particulièrement confrontés à ces problèmes, déplorent cependant souvent la mauvaise réputation de leur quartier. Les Français plébiscitent leur quartier Qui aime bien... critique bien L’insécurité au cœur des préoccupations des insatisfaits La ville à la campagne... et réciproquement ! Insécurité et problèmes de drogue contribuent à la mauvaise réputation des Zus Encadré Lien entre sentiment d’insécurité et délinquance subie : fort mais pas systématique

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Nombre de lectures 25
Langue Français

Extrait

N° 1133 - MAI 2007
Prix: 2,30€
On pardonne tout à son quartier
sauf... l’insécurité,
les dégradations, le bruit
Thomas Le Jeannic, division Conditions de vie des ménages, Insee
ans leur immense majorité, les installer et la plupart du temps, elles y vivent
depuis de nombreuses années. C’est ce queFrançais trouvent leur quartier
déclarent 93 % des femmes et 95 % des hom-Dagréable à vivre. Pourtant, cela ne
mes de plus de 70 ans. Chez les jeunes, cet atta-
les empêche pas d’émettre des critiques :
chement est un peu moindre mais reste très
dangers de la circulation, difficultés pour majoritaire : 85 % des 14-24 ans ont répondu
garer sa voiture, manque d’animation, de positivement.
commerces, pollution, bruit... L’opinion favorable sur le quartier où l’on vit va
croissante avec le revenu du ménage mais égale-La délinquance n’est pas la préoccupa-
ment avec le revenu moyen des habitants dution la plus fréquemment citée mais
quartier (graphique 1), et ces deux effets se conju-
passe en première position quand les ha-
guent. Ainsi, pour les ménages appartenant à la
bitants sont insatisfaits de leur quartier. même tranche de revenu, l’opinion favorable aug-
Le sentiment d’insécurité est plus cou- mente avec le revenu médian du quartier, et pour
rant dans les quartiers où les revenus un même revenu médian du quartier, les habitants
sont d’autant plus satisfaits qu’ils sont plus aisés.sont faibles. Les habitants des zones ur-
Les habitants des quartiers les plus modestesbaines sensibles, particulièrement con-
erappartenant au 1 quartile de revenus sont ainsi
frontés à ces problèmes, déplorent
trois fois plus nombreux que leurs homologues
cependant souvent la mauvaise réputa- des quartiers aisés à ne pas aimer leur quartier.
tion de leur quartier.
Qui aime bien... critique bien
À la question « Votre quartier ou votre village
est-il agréable à vivre ? », 91 % de la population Pour autant, les Français émettent un certain
de plus de 14 ans ont répondu « oui tout à fait » nombre de critiques à l’encontre de leur quar-
ou « oui plutôt » en 2005-2006. tier ou de leur village. Leur principal souci est
Les personnes âgées sont les plus attachées à lié à la circulation et à l’utilisation de la voiture.
leur quartier. Elles ont souvent choisi de s’y En 2005 comme en 2006, 45 % des personnes
1 Personnes trouvant leur quartier agréable à vivre, selon le revenu du ménage
(quartiles) et celui des habitants du quartier
%
100
80
60
Quartier modeste Quartier intermédiaire Quartier aisé Rural et petites agglomérations
er e e e1 quartile 2 quartile 3 quartile 4 quartile
1. Les ménages sont classés en quatre quartiles selon leurs revenus déclarés à l'enquête, dans l'ensemble des ménages résidant en France. Les
quartiers sont classés selon la médiane des revenus des habitants en 2001. Quartier modeste : médiane < 18 000€. Quartier intermédiaire : mé-
diane de 18 000€ à25000€. Quartier aisé : médiane≥ 25 000€.
erLecture : dans les quartiers modestes, 69 % des personnes appartenant au quart des ménages français ayant les revenus les plus faibles (1 quar-
etile) considèrent que leur quartier est agréable à vivre, contre 81 % des personnes du 4 quartile.
Champ : population de 14 ans ou plus résidant dans les agglomérations de plus de 10 000 habitants.
Source : enquêtes permanentes sur les conditions de vie «Cadre de vie et sécurité» 2005-2006 empilées, Insee.
INSEE
PREMIEREconsidèrent que les dangers de la circu- des raisons de sécurité, 12 % se sentent moitié de cette population considère que
lation sont un problème pour leur quar- en insécurité dans le quartier, 9 % à l’in- l’environnement du quartier est dégradé
tier ou village (graphique 2). Gênés par térieur même du domicile. et, pour une personne sur deux, la mau-
les véhicules des autres, les Français vaise réputation de leur quartier est un
n’en sont pas moins préoccupés par l’uti- problème.
L’insécurité au cœur deslisation du leur : 39 % se plaignent du Par ailleurs le bruit et le manque d’espa-
manque de places de stationnement. Le ces verts les gênent deux fois plus quepréoccupations des insatisfaits de transports en commun, les autres, la moitié notamment se plaint
moins souvent cité puisqu’en dixième Un peu moins d’une personne sur dix ne de ce que leur quartier est trop bruyant.
position, concerne tout de même un trouve pas son quartier agréable à Le manque d’équipements (équipe-
quart de la population. vivre. La plupart des critiques, et particu- ments sportifs, de la petite enfance, ser-
Le manque d’animation, de commerces lièrement celles touchant à la sécurité, vices médicaux, écoles, commerces) est
et d’activités pour les jeunes font partie rencontrent plus d’écho chez ces insatis- un peu plus souvent cité mais reste à
du deuxième groupe de critiques (28 à faits. La délinquance est citée comme des niveaux très proches de ceux de
30 % de la population). une préoccupation par près des deux l’ensemble de la population, voire plus
À peu près au même niveau avec 28 %, tiers de ces personnes, c’est-à-dire 2,2 faibles comme pour les transports en
la délinquance et les incivilités n’arrivent fois plus que dans l’ensemble de la commun.
qu’en sixième position des préoccupa- population ; elle arrive ainsi au premier
tions, juste devant la pollution, le manque rang des critiques devant les dangers de
d’équipements sportifs et le bruit. la circulation.
La ville à la campagne...
Dans des proportions de critiques supé- Plus du tiers de ces personnes insatisfai-
et réciproquement !rieures à 20 % apparaissent également tes se sentent en insécurité dans leur
le manque d’équipements liés à la petite quartier, c’est trois fois plus que la
Les habitants des zones périurbaines,enfance, le manque d’espaces verts, ou moyenne ; 18 % d’entre elles renoncent à
des pôles ruraux et du rural isolé sontencore l’environnement du quartier sortir seules parfois ou souvent à cause
unanimes quant à l’appréciation de leurdégradé par la saleté et le manque de la présence de groupes de personnes
cadre de vie : 94 % en sont satisfaits.d’entretien. qu’elles jugent inquiétants, soit près de
(tableau). Délinquance, sentiment d’in-Le sentiment d’insécurité, plus assimi- quatre fois plus que dans l’ensemble de la
sécurité, drogue, alcool, bruit, pollutionlable à de la peur, est moins prégnant : population. Elles sont plus souvent gênées
et... manque d’espaces verts ne sont16 % des personnes interrogées disent par des consommateurs d’alcool (28 %)
pas leur préoccupation principale. Enrenoncer parfois ou souvent à sortir pour ou de drogue (23 %). Un peu plus de la
revanche, ils se plaignent d’être « loin
de tout » et du manque d’équipements Critiques sur le quartier
que l’on pourrait qualifier d’urbains :La population insatisfaite de son quartier par rapport à l'ensemble de la population
commerces, activités pour les jeunes et
Dangers de la circulation
surtout transports en commun.Manque de places de stationnement
Si le sentiment d’insécurité dans le quar-Manque d'animation
tier ou le village y est moins fréquent,Manque de commerces
Manque d'activités pour les jeunes avoir peur chez soi est aussi fréquent
Préoccupé par délinquance, incivilités qu’à Paris (8 %). Il est vrai que cela
Pollution dépend beaucoup du type d’habitat.
Manque d'équipements sportifs Toutes choses égales par ailleurs, ce
Bruit sentiment est plus élevé dans les mai-
Manque de transports en commun sons isolées, et plus encore lorsqu’elles
Manque d'équipements pour la petite enfance sont situées en dehors des
Environnement dégradé
agglomérations.
Manque d'espaces verts
Préoccupation pour la délinquance et
Manque de lieux de rencontre
sentiment d’insécurité dans son quartier
Quartier loin de tout
augmentent nettement avec la densitéRenoncer à sortir seul par insécurité
urbaine. Les habitants de Paris et deManque de services médicaux
sa banlieue sont particulièrement sen-Mauvaise réputation
sibilisés à ces q

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