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Polarisation socio-spatiale et stratégies de survie dans deux quartiers bruxellois. - article ; n°3 ; vol.13, pg 277-290

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Description

Espace, populations, sociétés - Année 1995 - Volume 13 - Numéro 3 - Pages 277-290
La polarisation socio-spatiale de la région urbaine de Bruxelles peut se décomposer en trois niveaux qui mettent en jeu différents processus spatiaux. Le premier niveau, résultat de la croissance économique et de la suburbanisation des années soixante, se joue entre la ville et sa périphérie. Le second s'opère à l'intérieur de Bruxelles, par les mécanismes du marché du logement et l'impact de la crise économique sur celui-ci. Enfin, dans certains quartiers de Bruxelles apparaît une dégradation en spirale, tant sur le plan de l'environnement que sur le plan social. Ils se rapprochent alors des 'no go areas' des cités américaines.
Dans ce contexte, deux quartiers défavorisés seront présentés. Ils sont l'un et l'autre proches du centre- ville, de l'ancien axe industriel et offrent une forte concentration d'étrangers. Apparemment similaires, ils présentent des possibilités d'organisation et d'insertion sociale très différentes, essentiellement liés à la mixité de l'environnement et à la cohésion sociale de la population.
Socio-Spatial Polarisation and Survival Strategies in two Brussels' Neighbourhoods.
Socio-spatial polarisation in the Brussels urban region can be dealt with at three levels at which different spatial processes are operating. The first level operates to distinguish the city from its periphery and results from the economic growth and suburbanisation of the 1960s. The second level of polarisation occurs within Brussels itself and relates to mechanisms in the housing market and the impact of economic crisis on these. Thirdly, in certain districts of Brussels there is a spiral of degradation, both in environmental and in social terms. They are becoming something like the 'no go areas' of American cities. Two such disadvantaged areas are examined here. Both are close to the city centre, on the old industrial axis, and both have strong concentrations of foreigners. Although apparently similar, the two areas actually offer very different opportunities for community development and social integration, essentially related to the heterogeneity of the environment and the social cohesion of the populations concerned.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 01 janvier 1995
Nombre de lectures 66
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Extrait

Pascale Mistiaen
Henk Meert
Christian Kesteloot
Polarisation socio-spatiale et stratégies de survie dans deux
quartiers bruxellois.
In: Espace, populations, sociétés, 1995-3. Les marginalités urbaines. pp. 277-290.
Citer ce document / Cite this document :
Mistiaen Pascale, Meert Henk, Kesteloot Christian. Polarisation socio-spatiale et stratégies de survie dans deux quartiers
bruxellois. In: Espace, populations, sociétés, 1995-3. Les marginalités urbaines. pp. 277-290.
doi : 10.3406/espos.1995.1703
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/espos_0755-7809_1995_num_13_3_1703Résumé
La polarisation socio-spatiale de la région urbaine de Bruxelles peut se décomposer en trois niveaux qui
mettent en jeu différents processus spatiaux. Le premier niveau, résultat de la croissance économique
et de la suburbanisation des années soixante, se joue entre la ville et sa périphérie. Le second s'opère
à l'intérieur de Bruxelles, par les mécanismes du marché du logement et l'impact de la crise
économique sur celui-ci. Enfin, dans certains quartiers de Bruxelles apparaît une dégradation en
spirale, tant sur le plan de l'environnement que sur le plan social. Ils se rapprochent alors des 'no go
areas' des cités américaines.
Dans ce contexte, deux quartiers défavorisés seront présentés. Ils sont l'un et l'autre proches du centre-
ville, de l'ancien axe industriel et offrent une forte concentration d'étrangers. Apparemment similaires, ils
présentent des possibilités d'organisation et d'insertion sociale très différentes, essentiellement liés à la
mixité de l'environnement et à la cohésion sociale de la population.
Abstract
Socio-Spatial Polarisation and Survival Strategies in two Brussels' Neighbourhoods.
Socio-spatial polarisation in the Brussels urban region can be dealt with at three levels at which different
spatial processes are operating. The first level operates to distinguish the city from its periphery and
results from the economic growth and suburbanisation of the 1960s. The second level of polarisation
occurs within Brussels itself and relates to mechanisms in the housing market and the impact of
economic crisis on these. Thirdly, in certain districts of Brussels there is a spiral of degradation, both in
environmental and in social terms. They are becoming something like the 'no go areas' of American
cities. Two such disadvantaged areas are examined here. Both are close to the city centre, on the old
industrial axis, and both have strong concentrations of foreigners. Although apparently similar, the two
areas actually offer very different opportunities for community development and social integration,
essentially related to the heterogeneity of the environment and the social cohesion of the populations
concerned.vi ions, sum
Katholieke Universiteit Leuven Pascale MISTIAEN
Instituut van Sociale en Economische Geografie Henk MEERT De Croylaan 42 Christian KESTELOOT B 3030 Leuven-Heverlee
Belgique
socio- spatiale et Polarisation
stratégies de survie dans deux
quartiers bruxellois
INTRODUCTION
L'exclusion sociale se réalise par une relé ne sont pas présents ou accessibles de façon
gation dans différents domaines tels que la équivalente partout dans la ville et certains
quartiers offrent des possibilités d'insertion scolarité, l'emploi, le revenu, la culture, le
logement, la santé. Cependant, elle ne peut plus limitées que les autres.
être réduite à l'un ou l'autre de ces critères. Dans le cas bruxellois, cette polarisation spa
La pauvreté doit plutôt se comprendre tiale est complexe. Son origine ne se situe
comme le résultat d'un processus qui dimi pas seulement dans l'ampleur des mécanis
nue les possibilités d'intégration sociale et mes d'exclusion sociale actuels, mais aussi
de participation des individus (voir dans la structuration antérieure de l'espace
Mingione, 1991; Zajczyk & Mingione, urbain et dans les mécanismes de ségrégat
ion spatiale engendrés par le marché du l1994). Dans la mesure où les victimes de
l'exclusion sociale se concentrent dans des ogement (Kesteloot, 1994).
zones urbaines précises, l'exclusion sociale La première partie de l'article sera consa
se marque dans l'espace urbain. Plus part crée à trois niveaux de polarisation spatiale
iculièrement, la polarisation entre quartiers qui se superposent à Bruxelles. Dans la s
riches et quartiers pauvres s'accentue à econde partie, nous décrirons brièvement
Bruxelles (1). Les ressources urbaines de deux quartiers défavorisés du centre-ville et
pour terminer, nous analyserons les stratéqualité (logements, infrastructures, services,
etc) et leurs dérivés (relations, informations) gies d'intégration qui y sont liées.
mune centrale de la Région bruxelloise est Bruxelles- (1) La région urbaine de Bruxelles, définie par des cri
tères géographiques, comprend 59 communes. Les 19 ville. Dans ce texte le terme Bruxelles se réfère à la
communes centrales de la Région de Bruxelles-Capit Région bruxelloise et ses 19 communes, la région ur
ale forment une des trois régions du pays. La baine aux 59 communes. 278
Carte 1. Population de 0 à 24 ans - 1991
Région urbaine bruxelloise
PART DES BELGES PARMI LES JEUNES
Moins d'un tiers de jeunes
dans la population totale
ou moins de 200 habitants
60 * Belges ou plus
Moins de 60 * Belges
Région de Bruxelles-Capitale
0 2 4 «KM
C. KosMoot K.U.Uuvm - I.S.E.6. Soureo : R*c«ns«m*nt d* la population 1991 Cartography : G. Juchtmans 279
TROIS NIVEAUX DE POLARISATION SOCIO-SPATIALE
La suburbanisation comme processus de Durant la seconde moitié des années
polarisation spatiale soixante ils ont été rejoints par les tra
La est le premier élément vailleurs immigrés. Leur arrivée est direct
déterminant des différenciations spatiales ement liée à l'amélioration du niveau de vie
entre Bruxelles et sa périphérie. Principale et d'éducation des premiers. Autrement dit,
forme spatiale de la croissance économique les travailleurs immigrés ont occupé en
durant les 'Golden Sixties', elle a produit même temps la position socio-économique
une différenciation socio-économique, eth et l'espace urbain abandonnés par les clas
nique mais aussi démographique dans la ré ses montantes.
gion urbaine. La périphérie urbaine est dominée par des
La croissance, basée sur le partage des gains familles aisées belges avec enfants (et de
de productivité entre profit et salaire, a per riches étrangers), contrairement à la ville
mis une constante expansion de la consom centrale où l'on retrouve une composition
mation de masse, débouché indispensable à démographique plus diversifiée mais en tous
la production de masse. Le logement, la voi cas plus pauvre, avec une dominance de
ture et les biens de consommation durables, ménages d'une personne (jeunes et vieux)
tous les trois consommateurs d'espace, ont et de familles nombreuses d'origine étran
eu un rôle central dans ce processus. Ils se gère (carte 1). La polarisation entre la ville
sont concrétisés à travers l'accès à la pro et sa périphérie urbaine s'est renforcée par
priété privée dans la périphérie urbaine, l'adjonction d'un mouvement de délocal
l'achat de la voiture permettant les déplace isation industrielle, également vers la péri
ments quotidiens vers la ville, et l'accumul phérie. La croissance ne s'y exprime donc
ation de bien de consommation durables pas seulement en terme de population mais
dans le logement. aussi en termes d'emplois et de revenus (2).
Ce processus a été freiné par la crise des Si la suburbanisation est la résultante, d'un
point de vue économique, de la croissance années soixante-dix et spécialement durant
des salaires et de l'amélioration du niveau la première moitié de celles-ci, quand le
de vie, d'un point de vue spatial, elle a gouvernement de centre-droit lançait une po
amorcé le déclin de Bruxelles en encoura litique déflationniste. Pendant la seconde
geant une migration sélective des plus riches moitié des années quatre-vingt et quatre-
vers sa périphérie, introduisant une nouvelle vingt-dix, le processus de suburbanisation a
division sociale de l'espace urbain. Le départ repris, pas seulement à cause des meilleures
des riches d'abord, suivis par les strates suc perspectives économiques, mais aussi à
cessives des classes mo

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