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Psychophysiologie - compte-rendu ; n°2 ; vol.34, pg 694-722

De
30 pages
L'année psychologique - Année 1933 - Volume 34 - Numéro 2 - Pages 694-722
29 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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IV. Psychophysiologie
In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°2. pp. 694-722.
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IV. Psychophysiologie. In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°2. pp. 694-722.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1933_num_34_2_29922ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 694
quand il n'y a pas de connaissance, la perplexité est complète.
La mélodie en elle-même ne possède aucune éthique.
Il nous semble que la méthode suivie qui consistait à faire lire des
mélodies n'est pas très objective. Avec un phonographe, par exemple,
une telle expérience aurait été plus significative, étant donné qu'on
aurait pu en même temps y adjoindre les appréciations des non-
musiciens — appréciations qui auraient été beaucoup plus fertiles.
B. C. F.
968. — E. E. FOLGMANN. — An experimental study of composer-
preferences of four outstanding symphony orchestras (Une étude
expérimentale des compositeurs préférés par quatre grands orchestres
symphoniques). — J. of exp. Ps., XVI, 1933, p. 709-724.
Par la méthode des comparaisons par paires, on a fait classer
par les musiciens des orchestres symphoniques de New-York, Boston,
Philadelphie et Minneapolis une vingtaine de compositeurs célèbres.
Les différences sensibles d'un orchestre à l'autre traduisent sans doute
l'influence de la nationalité et des études des musiciens et les goûts
personnels du chef d'orchestre. P. G.
IV. — Psychophysiologie
1° Généralités, interactions
Influences physiques, chimiques, cosmiques, etc.1
969. — W. BURRIDGE. — A New Physiological Psychology (Une
nouvelle psychophysiologie) , avec un avant-propos de Sir Leo
nard Hill. — Pet. in-8° de 158 p. Londres, E. Arnold, 1933.
Prix, relié : 7,6 sh.
Le livre comporte exclusivement un exposé des vues personnelles
de l'auteur, qui a déjà publié un livre sur une nouvelle physiologie
de la sensation, et qui enseigne la physiologie à l'Université de
Lacknow.
Alors qu'on envisage classiquement les organes terminaux et
neurones centraux, nous dit-il, comme des structures normalement
inactives et mises en activité par un stimulus, possédant une exci
tabilité, du fait de la présence de substances excitables, B. admet
qu'il y a une activité rythmique continue des éléments nerveux,
la sensation naissant d'un accroissement de cette activité par la
stimulation (avec maintien passager d'une augmentation « hystéré-
siale »), le mécanisme d'activité relevant du jeu, de l'interaction de
deux « kinésiphores » (dont l'existence serait démontrée par les
actions antagonistes que peut exercer un même type de drogue, par
l'influence de divers liquides perfuses sur l'activité cardiaque, etc.).
Une « responsivité » est définie, comme capacité d'un « tissu
rythmique » à présenter une modification d'activité, comme réaction
à un changement de milieu, et rattachée au jeu de deux facteurs,
l'équilibre des deux kinésiphores, l'un favorable, l'autre défavorable,
1. V. aussi les n°<> 1232, 1285. PSYCHOPHYSIOLOGIE. GÉNÉRALITÉS, INTERACTIONS 695
et l'amplitude du « battement » (à laquelle la responsivité est inver
sement proportionnelle).
De ces principes (qui sont sous bien des aspects, moins «nouveaux»
que ne le pense l'auteur, la notion de rythmicité, l'appel à un phéno
mène antagoniste, apparaissant dans bien des travaux que B. paraît
ignorer complètement), l'auteur passe, par un saut, qui ne laisse
guère au lecteur la possibilité de voir la jonction, à des explications de
l'hérédité, de la démence précoce, de l'émotion, etc., avec un schéma
de l'esprit, comportant les étages de Pinfra-connaissable, de l'hypo-
phasique, de l'eucritique, du paracritique, de l'ultracritique, et de
l'ultra-connaissable, qui est beaucoup plus proche de la pure méta
physique que de la physiologie nerveuse.
L'étroite juxtaposition de ces points de vue hétérogènes, qui
s'entremêlent dans l'esprit de l'auteur, et dans les pages de son livre,
ne laisse pas de donner une forte impression d'incohérence.
H. P.
970. — L. DONTGHEFF et GH. KAYSER. — Mécanisme physiolo
gique du rythme nycthéméral des mouvements d'énergie chez le
pigeon. — B. B., CXII, 3, 1933, p. 229-301.
Les auteurs ont montré que le rythme nycthéméral de la ther
mogenèse, chez le pigeon, était dû à l'existence de réflexes conditionn
els d'origine visuelle (et se renversait avec l'alternance des heures
d'éclairement et d'obscurité).
Garter ayant admis (1925) que les stimuli froids déterminaient
une moindre réaction des centres thermorégulateurs pendant la nuit,
chez l'homme, les auteurs ont recherché ]e fait chez le pigeon, avec
résultat négatif. Le hérissement nocturne des plumes n'intervient
pas dans le rythme, qui persiste en cas d'ablation des hémisphères
(laquelle est suivie d'un permanent). En revanche l'abo
lition du tonus postural par section des plexus brachiaux abolit le
rythme. La réduction des échanges à l'obscurité serait donc due à
la diminution du tonus postural, en l'absence d'excitations sensorielles.
H. P.
971. — R. BONNARDEL et W. LIBERSON. — Recherehes sur
la physiologie de l'homme aux hautes altitudes. — Tr. hum.,
I 4, 1933, p. 432-444.
Mesures comparatives faites à Paris, et à la station scientifique
du Jungfraujoch (3.457 mètres), portant sur les échanges respirat
oires, l'appareil circulatoire et les réactions psychomotrices. Sur
les deux premiers points, d'un intérêt purement physiologique,
signalons seulement que le métabolisme de base a augmenté de 7 %
et que la pression maxima a augmenté au début du séjour en
altitude (13 contre 11) tandis que la pression moyenne ne montrait
pas de variations bien notables, la minima étant également
restée sensiblement la même. L'augmentation de la maxima a
rapidement disparu, au bout d'une dizaine de jours son taux était
celui de la plaine. L'augmentation de pression due à un effort phy
sique a été la même à Paris et à l'altitude. Le pouls s'est élevé de
12 pulsations environ, l'augmentation persistant, tandis que cédait .
696 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'accroissement de la pression. L'accélération après travail, rapportée
au pouls de repos a été plus petite à l'altitude (22 %) qu'à Paris (28 %.)
En ce qui concerne les temps de réaction, on sait que Stem
(en contradiction d'ailleurs avec d'autres auteurs) travaillant à
Davos, avait noté un allongement des temps de réaction auditifs.
Les A. sur plusieurs centaines de mesures, pour les temps de réaction/
visuels et auditifs, n'ont pu noter aucune variation systématique
(temps visuels 16,65 avec v. m. de 1,4, à Paris, et 15,85 avec v. m.
de 0,95 en altitude, chez un sujet, 17,5 et 1,5 contre 16 et 0.98 chez
l'autre, temps auditifs, 13 et 0,86 contre 13 et 0,87 chez l'un, 12,5
et 0,88 contre 13 et 1,04 chez l'autre). Une série de temps de réaction
poursuivie pendant une heure, au rythme de 6 à la minute,
n'a pas montré non plus de différence dans son évolution en compar
ant les graphiques obtenus à Paris et à l'altitude... Mais il ne faut
pas oublier, avant de tirer des conclusions définitives que les A.
n'ont pu opérer que sur 2 sujets qui étaient eux-mêmes. M. F.
972. — A. LŒWY et WITTKOWER. — Weitere Untersuchungen
zur Physiologie des Höhenklimas (Nouvelles recherches sur la
physiologie du climat d'altitude). — Pf. A., CCXXXIII, 5, 1933,
p. 622-644.
Recherches, à Davos, sur l'effet d'un changement d'altitude
(élévation passive de 1550 à 2.450 ou 2.650 mètres). Le réflexe patel-
laire est diminué dans 35 % des cas (il n'est à peu près jamais aug
menté). L'élévation de la pression sanguine est plus fréquente que
l'abaissement. Il y a augmentation de l'excitabilité nerveuse méca
nique d'après le phénomène de Chwostek et Trousseau chez 6 sujets
sur 12. Enfin la discrimination cutanée serait diminuée (seuils au
compas passant de 2,2 à 3 mm., de 13 à 15 mm.). Tout cela paraît
peu significatif. H. P.
973. — R. KOST, G. KUNZE et L. SCHULZ. — Studien über die
Witterungseinflüsse auf die sportliche Leistungsfähigkeit (Études
sur V influence des facteurs atmosphériques sur le rendement sportif).
— Arb. Physiol., VII, 1933, p. 134-142.
L'étude de 14 étudiants de l'Institut d'Éducation Physique à
Berlin a montré que les conditions atmosphériques peuvent influencer
le rendement sportif de l'individu. Ainsi, les jours de vent, ou la
veille de ces jours, le rendement sportif de la course, des soulève
ments de poids et lancement de balles était inférieur aux autres
jours. Les variations de la pression atmosphérique par contre ne
semblent pas produire d'effet sur le rendement sportif. B. N.
974. — HANS ROH DEN. — Einflusz des Fœhns auf das körperlich
seelische Befinden (Influence du fœhn sur Vétat physique et
psychique). — A. f. ges. Ps., LXXXIX, 3-4, 1933, p. 605-658.
Un intéressant travail géopsychologique précédé d'une introduct
ion du Pr Erismann qui contient un exposé complet du problème :
l'influence psycho-physiologique du vent qu'on appelle le fœhn
et l'intérêt qu'il présente du point de vue de la psychologie de « la PSYCHOPHYSIOLOGIE. GÉNÉRALITÉS, INTERACTIONS 697
genèse des convictions populaires et de leur répercussion sur le
comportement ».
A Innsbruck, capitale du Tyrol, on se plaint beaucoup de la
mauvaise influence du fœhn sur l'état général. L'acclimatation y
semble être négative : au lieu de s'adapter au fœhn, l'organisme y
devient de plus en plus sensible. Sans nier l'existence de certaines
influences physiologiques et donc psychologiques du fœhn, cette
longue enquête poursuivie en été 1931 et en hiver 1931-1932 sur
164 sujets (100 hommes et 64 femmes) — tous étudiants de l'Univers
ité d'Innsbruck), cherche à mesurer et à délimiter ces influences.
L'A. s'est efforcé de répondre aux questions suivantes : La sensibilité
au fœhn est-elle généralisée ? Les effets psychiques sont-ils directs
ou indirects ? Toutes les fonctions psychiques sont-elles également
troublées ou certaines, sont-elles plus influencées que d'autres ?
La sensibilité au fœhn est-elle acquise par un long séjour ? (Compar
aison des indigènes avec les étrangers) . Les femmes y sont-elles plus-
sensibles que les hommes ? La méthode suivie est l'introspection.
L'enquête a confirmé la sensibilité générale au fœhn : pendant les
jours de fœhn on a trouvé une certaine diminution de l'état de
santé physique et psychique et même des « troubles » fonctionnels.
Dans le tableau ci-joint est indiquée la répartition dès « troubles » :
Nombre des sujets troublés dans les fonctions particulières :
(54 sujets ont éprouvé des aggravations pendant les 5 jours de fœhn
15-19 mai 1931 au sujet de) :
54 sujets 34 hommes 20 femmes (hommes et femmes)
1. Fatigue mentale . . . 17 28 11
2. physique . . 25 12 13
3. Dépression 19 10 9
4. Coût du travail . . . 10 17 7
12 5. Qualité du sommeil. 15 3
6. Soif 15 11 4
7. Énergie psychique . 6 14 8
8. État moral 13 8 5
9. 8 13 5
10. Énergie physique.. 13 8 5
11. Nervosité 12 7 5
12. Maux de tête 5 10 5
13. Appétit 5 2 3
14. Troubles digestifs. . 4 2 2
15. Alcool 1 3 2
16. Durée du sommeil. 3 2 1
17. Fumer 2 0 2
18. Nombre d'heures de
travail 1 1 0
Ce tableau, qui tient compte des 18 questions de l'enquête,
montre que les différentes fonctions ne sont pas également troublées
et qu'il y a une différence marquée entre les sexes quant à la réparti
tion dés « troubles », les femmes ressentant plus souvent une fatigue
physique et moins souvent une fatigue mentale, les hommes au
contraire sont le plus touchés dans leur état psychique. 698 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'A. conclut qu'à rencontre de ce que l'on pouvait attendre de
l'observation générale de la vie à Innsbruck l'influence du fœhn, bien
qu'elle soit généralement répandue, est très faible ou bien elle se
limite à un pourcentage relativement peu considérable de personnes.
Plus longtemps les personnes ont séjourné à Innsbruck et plus âgées
elles sont, plus leur sensibilité au fœhn augmente, mais cette augment
ation n'est en grande partie qu' « apparente », c'est-à-dire qu'il n'y
a pas de justification objective de leurs affirmations : ces personnes
s'emparent de cette explication commode et courante en se persua
dant que la plupart des maux psycho-physiologiques sont causés par
le fœhn — ce trouble-fête et bouc émissaire.
Si les résultats obtenus ne sont pas très nets, c'est vraisemblable
ment en raison du recrutement des sujets parmi lesquels prédomin
ait l'élément jeune et sportif. L'auteur préconise des recherches
supplémentaires sur un plus grand nombre de sujets plus âgés. Il
envisage aussi d'établir, en collaboration avec un météorologue, des
corrélations entre l'état général et les éléments météorologiques.
A la fin il y a 46 annotations critiques qui contiennent de très
utiles références et comparaisons avec les résultats obtenus dans
les recherches de Trabert, Hellpach et Petschacher. B. C. F.
975. — G. SCHUBERT. — Das Verhalten des Zentralnervensystems
bei rascher Rückkehr aus kritischen Unterdruck (Le comporte
ment du système nerveux central dans le retour rapide de la pression
après une dépression critique). — Pf. A., CCXXXI, 1, 1932, p. 1-19.
Après une (correspondant à une ascension à une alt
itude donnée), on note chez les animaux une phase d'hyperexcitabilité
nerveuse. Chez l'homme on note le même fait en examinant la
réflectivité, et même le degré de l'excitabilité sensorielle, examiné
d'après la sensibilité lumineuse différentielle, au disque de Masson
(mesures chez 3 sujets). Voici par exemple, dans une série faite sur un
sujet, la valeur du seuil différentiel : 1/103 au départ et jusqu'à
4.000 mètres, avec baisse au delà jusqu'à 1/30 à 7.000 mètres;
puis au retour de la pression, on a 1/172 à 5.000 mètres, 1/122 à la
pression atmosphérique, et retour à 1/103 au bout de 5 minutes.
H. P.
976. — R. JONNARD et Mlle L. MAIRE. — Influence de quelques
substances usuelles sur les temps de réaction visuels à signal
auditif. — Paris Médical, XXIII, 40, 1933, p. 273-278.
A un signal auditif se déclenche un chronoscope, et, au bout
d'un temps donné se déclenche un second chronoscope dont le sujet
fixe l'aiguille, réagissant pour l'arrêter, dès qu'il en perçoit le départ.
Les mesures furent faites avant et après action de la substance
d'épreuve (2 cigarettes fumées, pour le tabac ; 75 ce. de thé conte
nant 2 % de thé de Ceylan ; 150 ce. de café fort ; 10 ce. de rhum
dans 75 ce. d'eau ; 250 ce. de champagne). Les temps déterminés
représentent des moyennes fondées en général sur une centaine de
mesures.
Voici les valeurs obtenues, en centièmes de seconde : .
.
PSYCHOPHYSIOLOGIE. GENERALITES, INTERACTIONS 699
45' 10 à 15' Après 2 à 5' 20 à 30' 50 à 55' Avant
Tabac . . . 17,5 17,0 18,0 17,5
Thé . 17,8 16,9 16,8
Café 17,5 15,4 16.3 17,0
16,8 16,9 17,0 16,8 Rhum Champag . . .
ne 15,7 16,0 16,1
La variation moyenne étant généralement comprise entre 0,8
et 1,3 centième, les différences (sauf pour l'effet immédiat du café)
ne sont guère significatives. H. P.
977. — W. BROMBERG. — Tactual perception in alcoholism (Per
ception tactile dans V alcoolisme). - — Ar. of N., XXVIII, 1932.
p. 37-51.
Les impressions consécutives d'ordre tactile ont, chez les alcoo
liques (d'après l'examen de 6 psychoses alcooliques), une intensité
et une durée très notablement augmentées, avec décroissance au
fur et à mesure de l'amélioration de leur état.
Les sensations persistantes sont souvent perçues comme sous-
cutanées et associées à des mouvements, elles ^'organisent en per
ceptions (Gestalt).
Il y a tendance à la coalescence de deux points touchés à la fois,
et des modifications désintégrantes des perceptions analogues à celles
que produit chez les normaux une irritation vestibulaire, ce qui
favorise l'intervention imaginative et l'apparition des hallucinations
tactiles.
En revanche, chez les schizophrènes examinés (au nombre de 10)
on ne note pas de changements qualitatifs de la perception (même
dans 2 cas où il y avait des hallucinations tactiles, d'origine purement
mentale sans participation perceptive). H. P.
978. — A. WINSOR et E. I. STRONGIN. — The effect of alcohol
on the rate of parotid secretion (L'effet de V alcool sur le taux de
la sécrétion parotidienne). — A Study of the development Of
tolerance for caffeinated beverages (Étude sur le développement
de la tolérance pour des boissons à base de caféine). — J. of exp.
Ps., XVI, 1933, p. 589-597 et 725-734.
La sécrétion parotidienne est recueillie au moyen d'une ampoule
fixée par un disque adhésif à l'orifice du canal de Stenon. Un quart
d'heure après le commencement des mesures le sujet prend une boisson
contenant de l'alcool ou de la caféine. Après quelques minutes de
latence, la sécrétion augmente beaucoup et cet accroissement peut
durer une heure. Mais, si on poursuit les expériences, une accoutu
mance ne tarde pas à se produire et la sécrétion diminue. C'est par
cette accoutumance que s'expliquent les divergences observées dans
les résultats de l'étude des drogues. P. G. 700 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
979. — G. MAYERHOFER. — Recherches psychotechniques concer
nant l'effet de l'alcool sur le comportement des conducteurs
d'automobile. — Tr. hum., I, 3, 1933, p. 257-277.
Ce travail fait suite à ceux que l'A. a déjà publiés dans V Indust
rielle Psychotechnik, dont il a été rendu compte ici. (V. An. Ps.,
XXXIII, n° 856.) Il reprend et complète ses expériences sur le
temps de réaction, montrant l'allongement considérable de la
moyenne et de la v. m. sous l'influence de l'alcool, ainsi que le
rétrécissement du champ de l'attention. Le' point le plus intéressant
est qu'il a pu expérimenter récemment sur des sujets alcooliques
chroniques, qu'il a étudiés naturellement sans ingestion préalable
d'alcool. Ceux-ci montrent des différences au moins aussi marquées
par rapport aux normaux, que les sujets non alcooliques, ayant pris
de l'alcool avant l'expérience. Il n'y a donc aucune accoutumance,
aucun effet compensateur de l'habitude, comme certains sont tentés
de le croire, et l'alcoolique chronique à l'état normal, se révèle un
conducteur aussi dangereux que le sujet sobre au cours d'une crise
alcoolique accidentelle. La grande instabilité est surtout la caracté
ristique de ces chroniques, certains se révèlent même inaptes,
malgré un apprentissage prolongé, à subir 'l'épreuve de la réaction
disjunctive. A l'appareil de Bourdon (attention) alors que le rende
ment des normaux oscille entre 85 et 95 %il est pour les chroniques
aux environs de 40 à 50 %.
Quelques indications techniques sur l'appareil de Forster que l'A.
utilise maintenant à la place de celui de Moede-Piorkowski pour la
mesure des temps de réaction, complètent ce très intéressant travail.
M. F.
980. — W. MALAMUD, E. LINDEMANN et H. H. JASPER. —
Effects of alcohol on the chronaxie of the motor system (Effets de
V alcool sur la chronaxie du système moteur). — Ar. of N., XXI X,
1933, p. 790-801.
Expériences sur 9 étudiants ingérant 200 ce. d'une solution
à 25 % d'alcool à 95°, dans de la bière, à des intervalles de 30 à
45 minutes.
Dans les 2/3 des cas, on a observé, pour certaines doses élevées,
une égalisation des chronaxies des extenseurs et des fléchisseurs
(avec parfois même renversement du rapport normal), corrélativ
ement à des troubles notables de coordination, sans modifications
mentales appréciables.
Dans l'autre tiers, il y avait tout au contraire exagération du
sens de la différence normale des chronaxies des antagonistes, sans
troubles de coordination, mais avec des modifications mentales
nettement prédominantes. H. P.
981. — H. G. O. HOLCK. — Effect of caffeine upon chess problem
solving (Effet de la caféine sur la solution de problèmes d'échecs). —
J. of comp. Ps., XV, 1933, p. 301-312
L'auteur a résolu 255 problèmes d'échecs en 17 séances dans des
conditions aussi semblables que possible, mais il recevait avant
chaque séance une injection soit d'une solution contenant 0 mgr. 4 de PSYCHOPHYSIOLOGIE. GÉNÉRALITÉS, INTERACTIONS 701
caféine, soit d'une solution de liquide de Ringer. Ne ressentant
aucun effet caractéristique, il ignorait quelle injection avait été
faite. Il y a un très faible accroissement de la vitesse moyenne les
jours où le sujet est sous l'influence de la drogue ; il résoud 9,5 pro
blèmes au lieu de 9. Notons que les problèmes d'échecs ont une
valeur de test mental ; leur difficulté peut être graduée par le nombre
des pièces en jeu et la nature de la pièce qui joue le rôle principal.
P. G.
982. — G. MARINESCO. — Visions colorées produites par la mescal
ine. — Presse Médicale, 1933, n° 92, p. 1864-1866.
Exposé des résultats de deux expériences d'intoxication mescali-
nique chez des peintres, avec quelques reproductions en couleur
effectuées par ceux-ci de leurs visions.
Chez le premier artiste (45 ans) en 1 h. 20, 4 injections sont
faites de 0 gr. 33 de sulfate de mescaline ; il y a des phosphènes, des
troubles cœnesthésiques (légèreté, euphorie, agitation, frilosité, puis
nausées, ivresse légère, exhilaration) et une baisse de tension. Au
bout de 2 heures apparaissent les visions colorées, mais en général
les yeux clos seulement, suscitées surtout par la musique (arabesques,
personnages). Les extrémités sont froides, la sensation de langue
énorme accompagne celle de rapetissement du corps ; il y a des
réactions pilo-motrices, une douleur à la nuque, des trémulations,
des sensations voluptueuses erotiques (en particulier par action
d'une odeur de muguet). La chronaxie du nerf optique est diminuée.
Les phénomènes disparaissent en 5 heures.
Les manifestations ne laissent pas d'être assez différentes dans le
second cas, où Fon note aussi de l'euphorie ; il y a des bouffées de
chaleur. Après 2 heures viennent des visions en bleu ef violet (lignes,
fleurs). Le violon fait voir des ornements colorés puis viennent des
tableaux variés en transformations incessantes (villes, forte
resses, etc.). Les hallucinations sont en général de caractère agréable.
H. P.
983. — R. DI MARCO. — Azione délia chinina, délia picrotossina e
dell'atropina sopra l'attivita neuro muscolare studiata mediante
i riflessi sonori. — Âzione délia caffeina, délia cocaina, délia
stricnina e délia morpina sopra... (Action de la quinine, de la
picrotoxine et de Vatropine sur l'activité musculaire étudiée au
moyen des réflexes sonores. — Action de la caféine, de la cocaïne,
de la strychnine, et de la morphine sur... etc.). — Ar. di Fis.,
XXXII, 3, 1933, p. 405-413 et 414-420.
Après ouverture d'un canal postérieur dans le labyrinthe du
pigeon, un stimulus sonore (sifflet d'Edelmann) provoque un mou
vement d'abaissement de la tête. Ce réflexe est augmenté par la
quinine et la picrotoxine (plus et plus longtemps à doses plus fortes,
par la caféine à peu près immédiatement, par la cocaïne, après une
certaine latence, par la strychnine au bout de 10 à 15 minutes,
tandis que l'atropine et la morphine n'ont pas d'influence appréciable.
L'auteur se contente de signaler ces faits. H. P. 702 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
984. — I. S. ROSENTHAL. — Sur l'effet de différentes doses de
Na Br sur l'activité nerveuse supérieure du chien (en russe). —
Tr. L. P., V, 1933, p. 167-170.
L'auteur fit ses recherches sur un chien du type légèrement exci
table. Il étudia l'effet de différentes doses de Na Br — 1, 2 et
4 grammes par jour — sur le cours de l'extinction ininterrompue du
réflexe conditionnel au son d'une sonnette électrique. Cette extinc
tion représente les procédés suivants : on fait durer plusieurs minutes
l'excitant (sonnette) jusqu'au moment où la salivation
conditionnelle cesse, malgré que l'excitant continue d'agir.
Ces épreuves de l'extinction ininterrompue furent pratiquées au
commencement, au milieu et au bout des expériences, avec et sans
administration de Na Br. Le remède fut introduit pei' rectum,
une demi-heure avant le commencement de l'expérience.
L'expérimentateur nota minutieusement toute la quantité de la
salive sécrétée, la durée de Faction de l'excitant conditionnel, néces
saire pour produire une extinction totale du réflexe conditionnel,
aussi bien que la durée de la salivation.
La sécrétion moyenne fut la suivante :
Pour les expériences de contrôle 28 gouttes ;
Pour les où figurait une dose d'un gramme 21 gouttes ; une dose de 2 grammes 25 gouttes, et
Pour une de 4 48,5 gouttes.
Les conclusions, tirées de ces recherches par l'auteur se limitent
à deux séries d'expériences : avec une dose d'un gramme et de
4 grammes et peuvent être formulées de la façon suivante :
1) Une dose d'un gramme de Na Br exerce un effet nettement
inhibiteur sur l'activité nerveuse supérieure du chien ;
2) Une dose de 4 grammes produit un effet excitateur évident.
L'auteur explique du même point de vue l'action de petites et de
larges doses de bromure sur les parties supérieures du système nerveux
central : dans tous les cas le bromure produit un effet inhibiteur.
Mais l'inhibition évoquée par une petite dose, étant insignifiante,
s'irradie et s'adjoint à l'inhibition interne amenée par l'extinction
du réflexe conditionnel, tandis que l'action de larges doses de bro
mure, étant forte, provoque la concentration du processus inhibiteur.
Cette concentration se manifeste par l'apparition de l'induction
positive, qui résulte en une intensification du excitateur.
N. P.
985. — F. B. MAIOROV. — Élimination de l'état hypnotique chez
les chiens à l'aide du bromure (en russe). — Tr. L. P., V, 1933,
p. 133-146.
Sous l'influence de la monotonie de l'entourage expérimental
deux chiens tombèrent dans un état hypnotique. Toute une série
de moyens, généralement pratiqués avec succès dans les labo
ratoires du Pr Pavlov pour éliminer l'inhibition hypnotique (tels
que 1) l'application de réflexes conditionnels avec une action isolée
de très courte durée ; 2) la famine ou 3) la carence prolongée ; 4) l'appli
cation de la différenciation devant chaque réflexe conditionnel
positif pendant une période plus ou moins prolongée), furent appli-