Quelques restes humains immatures, des niveaux moustériens de la grotte du Fossellone (Monte Circeo, Italie) : Fossellone 3 (Olim Circeo IV) - article ; n°1 ; vol.4, pg 21-32

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Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris - Année 1992 - Volume 4 - Numéro 1 - Pages 21-32
Résumé — Il s'agit de l'étude de quatre pièces humaines trouvées en 1953-54 dans les niveaux moustériens de la grotte du Fossellone au Monte Circeo avec des ossements de faune qui comprennent Rhinoceros Merkii, Hyaena crocuta spaelea, Panthera pardus et Cervus elaphus. Ces pièces ont appartenu presque sûrement au même sujet jeune (9-10 ans environ). Le fragment de mandibule et les trois dents montrent quelques traits archaïques (ou plésiomorphes) qu'on retrouve en général sur d'autres pièces d'Homo s. neanderthalensis, au moins en Europe. Sur le fragment mandibulaire on peut observer le torus transversus superior et quelques traits qu'on note aussi sur les mandibules Guattari 2 et Guarrari 3. Les dents ont uncfovea anterior (PI, Ml et M2), un schéma dryopitheciné sur la surface occlusale et une structure sur la couronne, près du collet, qui peut être interprétée comme un rudiment de cingulum (Ml et M2). Les diamètres sont petits et comparables à ceux des dents des Néandertaliens les plus récents du Bassin de la Méditerranée occidentale.
Abstract — A metric, morphological and comparative analysis of a few remains ( — fragment mandibular — second premolar, and lower first and second molars) belonging to a single individual (about 9 years old) are presented. The remains were found by A. C. Blanc in 1 953- 1954 in the Obermeier entry of the Grotta del Fossellone, Monte Circeo (Italy), in a Mousterian stratum along with remains of Hyaena crocuta spaelea, Panthera pardus, Rhinoceros Merkii and Cervus elaphus. The study shows clear affinities with Guattari 2 and Guattari 3 specimens. All the remains are definable as Neandertalians. In particular, the teeth show some plesiomorphic features :fovea anterior (PI, Ml and M2), dryopithecoid pattern and rudiment of cingulum (Ml and M2). These characteristics are present on other European neanderthal specimens. Also notheworthy is the tendency towards metric gracilization shown by the Fossellone and Guattari teeth, which is shared with other Neandertal remains from late Middle Palaeolithic sites near the Mediterranean coasts.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1992
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Francesco Mallegni
Quelques restes humains immatures, des niveaux moustériens
de la grotte du Fossellone (Monte Circeo, Italie) : Fossellone 3
(Olim Circeo IV)
In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, Nouvelle Série, tome 4 fascicule 1-2, 1992. pp. 21-
32.
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Mallegni Francesco. Quelques restes humains immatures, des niveaux moustériens de la grotte du Fossellone (Monte Circeo,
Italie) : Fossellone 3 (Olim Circeo IV). In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, Nouvelle Série, tome 4
fascicule 1-2, 1992. pp. 21-32.
doi : 10.3406/bmsap.1992.2301
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1992_num_4_1_2301Résumé
Résumé — Il s'agit de l'étude de quatre pièces humaines trouvées en 1953-54 dans les niveaux
moustériens de la grotte du Fossellone au Monte Circeo avec des ossements de faune qui
comprennent Rhinoceros Merkii, Hyaena crocuta spaelea, Panthera pardus et Cervus elaphus. Ces
pièces ont appartenu presque sûrement au même sujet jeune (9-10 ans environ). Le fragment de
mandibule et les trois dents montrent quelques traits archaïques (ou plésiomorphes) qu'on retrouve en
général sur d'autres pièces d'Homo s. neanderthalensis, au moins en Europe. Sur le fragment
mandibulaire on peut observer le torus transversus superior et quelques traits qu'on note aussi sur les
mandibules Guattari 2 et Guarrari 3. Les dents ont uncfovea anterior (PI, Ml et M2), un schéma
dryopitheciné sur la surface occlusale et une structure sur la couronne, près du collet, qui peut être
interprétée comme un rudiment de cingulum (Ml et M2). Les diamètres sont petits et comparables à
ceux des dents des Néandertaliens les plus récents du Bassin de la Méditerranée occidentale.
Abstract — A metric, morphological and comparative analysis of a few remains ( — fragment
mandibular — second premolar, and lower first and second molars) belonging to a single individual
(about 9 years old) are presented. The remains were found by A. C. Blanc in 1 953- 1954 in the
Obermeier entry of the Grotta del Fossellone, Monte Circeo (Italy), in a Mousterian stratum along with
remains of Hyaena crocuta spaelea, Panthera pardus, Rhinoceros Merkii and Cervus elaphus. The
study shows clear affinities with Guattari 2 and Guattari 3 specimens. All the remains are definable as
Neandertalians. In particular, the teeth show some plesiomorphic features :fovea anterior (PI, Ml and
M2), dryopithecoid pattern and rudiment of cingulum (Ml and M2). These characteristics are present on
other European neanderthal specimens. Also notheworthy is the tendency towards metric gracilization
shown by the Fossellone and Guattari teeth, which is shared with other Neandertal remains from late
Middle Palaeolithic sites near the Mediterranean coasts.Bull, et Mém. de la Société d'Anthropologie de Paris, n.s., t. 4, 1992, 1-2, pp. 21-32
QUELQUES RESTES HUMAINS IMMATURES, DES NIVEAUX
MOUSTERIENS DE LA GROTTE DU FOSSELLONE (MONTE
CIRCEO, ITALIE) : FOSSELLONE 3 (OLIM CIRCEO IV).
Francesco Mallegni *
Abstract — A metric, morphological and comparative analysis of a few remains ( — frag
ment mandibular — second premolar, and lower first and second molars) belonging to a single
individual (about 9 years old) are presented. The remains were found by A. C. Blanc in 1 953-
1954 in the Obermeier entry of the Grotta del Fossellone, Monte Circeo (Italy), in a
Mousterian stratum along with remains of Hyaena crocuta spaelea, Panthera pardus,
Rhinoceros Merkii and Cervus elaphus. The study shows clear affinities with Guattari 2 and
Guattari 3 specimens. All the remains are definable as Neandertalians. In particular, the teeth
show some plesiomorphic features :fovea anterior (PI, Ml and M2), dryopithecoid pattern
and rudiment of cingulum (Ml and M2). These characteristics are present on other European
neanderthal specimens. Also notheworthy is the tendency towards metric gracilization shown
by the Fossellone and Guattari teeth, which is shared with other Neandertal remains from late
Middle Palaeolithic sites near the Mediterranean coasts.
Résumé — H s'agit de l'étude de quatre pièces humaines trouvées en 1953-54 dans les
niveaux moustériens de la grotte du Fossellone au Monte Circeo avec des ossements de faune
qui comprennent Rhinoceros Merkii, Hyaena crocuta spaelea, Panthera pardus et Cervus
elaphus. Ces pièces ont appartenu presque sûrement au même sujet jeune (9-10 ans environ).
Le fragment de mandibule et les trois dents montrent quelques traits archaïques (ou
plésiomorphes) qu'on retrouve en général sur d'autres pièces d'Homo s. neanderthalensis, au
moins en Europe. Sur le fragment mandibulaire on peut observer le torus transversus superior
et quelques traits qu'on note aussi sur les mandibules Guattari 2 et Guarrari 3. Les dents ont
uncfovea anterior (PI, Ml et M2), un schéma dryopitheciné sur la surface occlusale et une
structure sur la couronne, près du collet, qui peut être interprétée comme un rudiment de
cingulum (Ml et M2). Les diamètres sont petits et comparables à ceux des dents des
Néandertaliens les plus récents du Bassin Je la Méditerranée occidentale.
INTRODUCTION
Les pièces humaines, qui font l'objet de cette étude, ont été trouvées dans un gisement
fouillé par Blanc dès 1937 (Blanc, 1954). Ce gisement était constitué d'une série de
niveaux moustériens, aurignaciens et périgordiens, assez riches en industrie et en faune.
* Dipartimento di Scienze Archeologiche, Universita degli Studi. via s. Maria S3 56100 Pisa Italie. 22 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS
En 1953-1954, Blanc fouilla une partie de la grotte, nommée Antro Obermaier, qui est une
des cavités secondaires de la grotte du Fossellone. Une portion bien abritée de cette cavité
a permis la conservation d'un morceau intact de l'ancien remplissage de la grotte. Le
remplissage est formé par cinq niveaux numérotés de 1 à 5 du haut en bas. Le niveau 1
a donné une faune qui comprend les ossements de Equus hydruntinus, Equus caballus,
Capra ibex, Panthera pardus et une industrie de type Périgordien supérieur.
Le niveau 2 contient en plus des os de Hyena crocuta spelaea. L'industrie corresponde
à une Aurignacien moyen (= Circeano).
Le niveau 3 a livré une faune identique et une industrie moustérienne (= Pontiniano).
Dans le niveau 4, à la déjà citée s'ajoutent les restes de Rhinoceros Merckii et
de Cervus elaphus ; l'industrie est moustérienne avec peu d'outils. Quelques ossements
de nouveau-nés de Hyena et des coprolithes semblent indiquer uen fréquentation active
de cet animal dans la grotte. Le 2 avril 1953, Blanc trouva au soummet de ce niveau deux
molaires inférieures humaines associées à une industrie moustérienne. Les 8 et 9 octobre
1954, à quelques centimètres du secteur qui avait donné les molaires, ont été trouvés une
deuxième prémolaire inférieure et un frangment de mandibule humaine. Ces pièces
étaient accompagnées de sept morceaux dentaires de Rhinoceros Merkii, un fémur de
Panthera pardus et de quelques dents de Hyaena crocuta spaelea avec des coprolithes.
Quelques éclats moustériens en silex et une vertèbre cervicale de Balaenula indiquer
aient, selon Blanc, d'évidents apports anthropiques (Blanc, 1954). Le fait que les pièces
humaines se trouvaient assez près l'une de l'autre et dans une épaisseur de quelques
centimètres a conduit Blanc à considérer les quatre éléments comme appartenant au même
individu.
Blanc rassembla les pièces sous le nom de Circeo IV (Blanc, 1954 : 171-175), qui est
le nom sous lequel ces ossements ont été connu jusqu'à nos jours.
Pendant l'International Symposium «The fossil of Monte Circeo, fifty years of studies
on the Neandertals in Latium» il a été proposé d'attribuer à chaque reste humain trouvé
dans les différentes grottes du promontoire du Monte Circeo le nom du site de découverte
(Quaternaria Nova 1, 1992 ; 47-48). Le crâne et les mandibules trouvés dans la grotte
Guattari, connus respectivement comme Circeo 1, 2 et 3, seront dorénavant nommés
Guattari 1, 2 et 3. Pour les restes humains qui font l'objet de cette étude nous proposons
de les appeler Fossellone 3, olim Circeo IV, étant donné qu'avant leur découverte, ont en
effet été trouvés un maxillaire (Fossellone 1) et une scapula (Fossellone 2) dans des
niveaux caractérisés par une industrie aurignacienne (Mallegni et Naldini-Segre, 1992).
I — DESCRIPTION DES RESTES HUMAINS
Etant donné l'état très fragmentaire du morceau de mandibule, nous avons préféré
en présenter la description anatomique en soulignant ses caractères les plus saillants et
limiter les comparaisons aux mandibules adultes Guattari 2 et Guattari 3.
En ce qui concerne les dents les diamètres mésio-distal (MD) et Bucco lingual (BL)
ont été mesurés avec un compas Helios digit E 2056 ; la description morphologique suit
les schémas habituels du relevé des caractères (Weindenreich, 1937 : Tillier, 1979). Nous
analyserons également quelques traits sur les couronnes dentaires qui peuvent être
interprétés comme des indicateurs probables des stress pendant la vie du sujet. QUELQUES RESTES HUMAINS IMMATURES. DES NIVEAUX MOUSTÉRIENS DE LA GROTTE DU FOSSELLONE 23
1) La mandibule (Fig. 1, a et b).
Le fragment est compris entre le bord alvéolaire et le torus transversus superior, allant
de l'alvéole de la canine gauche à celui de la deuxième incisive droite. La paroi
postérieure, ou linguale, de la région symphysaire est presque complète (Fig. 1, a et b).
Des alvéoles des incisives sont conservées les parois mésio-latérales, tandis que l'alvéole
de la canine n'est représentée que par un rudiment qui sert justement à reconnaître sa
position. Aucune mesure n'est possible sur la pièce en raison de son état fragmentaire ;
Fig. 1. — Le fragment de
mandibule de Fossellone
3 (a) vue postérieure ;
(b) vue antérieure ;
(agrandissement 2/1) ;
О 1 2 (c) paroi linguale de
Fossellone 3 (A) et
Guattari (B). 24 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS
revanche il est possible d'observer quelques traits morphologiques. La paroi postérieure
est verticale et on observe un léger renflement median débutant près du bord alvéolaire
au niveau de la cloison interincisive, qui se prolonge vers le bas en s'élargissant pour
former un triangle et s'estompe au niveau du bord supérieur transversal. De part et d'autre
on note deux petites dépressions qui se prolongent juste au-delà de la paroi buccale des
incisives latérales.
Il s'agit manifestement d'une mandibule peu robuste (voir le paragraphe des compar
aisons) qui pourrait appartenir à un sujet masculin gracile, une femme, ou à un individu
n'ayant pas atteint sa maturité osseuse. Les bords supérieurs des alvéoles ont conservé un
aspect tranchant ; or chez les sujets adultes, le processus de parodontose entraîne géné
ralement une résorption qui donne au bord alvéolaire un aspect émoussé ; cet aspect ferait
penser plutôt à un sujet jeune, mais la diagnose demeure incertaine. La preuve que la
mandibule a appartenu au même sujet que les trois dents reste surtout archéologique ; la
proximité des vestiges dans la grotte réduit la probabilité qu'ils se rapportent à plusieurs
individus.
Fig. 2. —
La deuxième
prémolaire inférieure
gauche en vue :
supérieure (a),
mésiale (b),
distale (c) et
buccale (d).
la face mésiale b
porte l'inscription
correspondant
à l'ancienne
dénomination.
(agrandissement 2/1) QUELQUES RESTES HUMAINS IMMATURES, DES NIVEAUX MOUSTÉRIENS DE LA GROTTE DU FOSSELLONE 25
2) La deuxième prémolaire inférieure (Fig. 2, a, b, c, d).
La racine de cette prémolaire gauche est développée au delà de la moitié de sa
longueur. D'après les schémas de Ubelaker (1978), ce stade de maturation dans
les populations actuelles correspond à un âge moyen de 9 ans ± 24 mois. Les cuspides ne
montrent aucune usure. Le protoconide possède une large base et il tend à former du côté
distal une seconde cuspide, sensiblement moins haute que 1 première (Fig. 2 a). Le
métaconide est légèrement déplacé vers le bord mésial ; on note une petite/ovea anterior
et , vers le bord distal, deux cuspides accessoires, dont la plus développée pourrait être
l'entoconide. En vue occlusale le sillon principal est disposé en X mais ne rejoint pas la
fovea anterior. La face mésiale est convexe. La face vestibulaire est à peu près trapézoïdale
et relativement bombée ; elle devient plate et très inclinée vers la partie occlusale ; sa
surface porte des crêtes mousses subverticales qui divergent en éventail vers le bord
occlusal. La face distale est tut à fait plate. La face linguale, très étroite et bombée forme
un véritable bord vertical. La face distale de la racine a tendance à se diviser en deux ; sa
face mésiale est uniformément convexe.
Les diamètres mésio-distal et bucco-lingal de la couronne sont respectivement de
7,4 mm et de 8,5 mm ; l'indice de la robustesse a une valeur de 62,9.
3) La première molaire permanente inférieure (Fig. 3, a, b, c, d, e).
Cette première molaire gauche est presque complète ; seuls les deux apex de la racine
mésiale sont ébréchés. Le protoconide et le métaconide montrent une usure modeste, plus
marquée sur le métaconide ans toutefois que la dentine apparaisse. L'usure est presque
imperceptible sur les autres cuspides. Ces observations semblent confirmer le jeune âge
de l'individu auquel la dent a appartenu. L'ordre décroissant des tubercules estle suivant :
protoconide > métaconide > hypoconide > entoconide > hypoconulide. Le trigonide est plus élevé
et moins étendu que le talonide. Le système des sillons est fondamentalement de type Y5
de Hellman (Hillson, 1986). On note umfovea anterior développée. Sur les faces mésiale
et vestibulaire un gros bourrelet horizontal peut être interprété comme un véritable cingu-
lum. On note une facette, de contact, déplacée vers le métaconide, pour la dent qui la pré
cède. Si cette dent a appartenu au même sujet que la prémolaire l'usure interdentaire doit
avoir été causée par une deuxième molaire déciduale, car la prémolaire était encore in
cluse étant donné son stade de développement. La face mésiale est peu bombée. La racine
mésiale est divisée par un sillon central, alors que la racine distale a une surface plane.
Les diamètres mesio-distal et bucco-lingual sont respectivement de 1 0,8 et de 9,7 mm
(indice de robustesse : 104,8).
4) La deuxième molaire permanente inférieure (Fig. 4, a, b, c, d, e).
La seconde gauche est bien conservée. Le plan occlusal ne montre pas
d'usure. Les racines ne sont formée que sur la moitié de leur hauteur, ce qui correspond,
selon Ubelaker (1978), à un âge de 10 ans (± 30 mois). Les cuspides se classent de la
manière suivante par ordre de grandeur : protoconide > métaconide > entoconide > hypo
conide > hypoconulide. La forme et le développement du trigonide, du talonide et de la
fovea anterior sont analogues à ceux que nous avons décrits sur la première molaire. Les
sillons ont la même disposition ; cependant, sur la M2 le sillon principal pénètre dans la
fovea qui est intacte, les faces mésiale, buccale et distale possèdent un cingulum. La face 26 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS
Ь
Fig. 3. — La première molaire inférieure gauche en vue :
supérieure (a), mésiale (b), distale (c), linguale (d) et buccale (e).
La face mésiale b porte l'inscription correspondant à l'ancienne dénomination.
(agrandissement 2/1) QUELQUES RESTES HUMAINS IMMATURES, DES NIVEAUX MOUSTÉRIENS DE LA GROTTE DU FOSSELLONE 27
buccale présente deux profonds sillons verticaux près de la surface occlusale, qui se
prolongent sur celle-ci l'un entre le métaconide et l'entoconide, l'autre entre l'entoconide
et l'hypoconulide. La face distale est très bombée, alors que la face linguale est peu
convexe.
Les diamètres mésio-distal et bucco lingual sont respectivement de 1 1 ,5 et de 10,0 mm
(indice de robustesse : 115,0).
b
Fig. 4. — La deuxième molaire inférieure gauche en vue :
supérieure (a), mésiale (b), distale (c), linguale (d) et buccale (e).
La vue mésiale porte l'inscription correspondant à la vieille dénomination.
(agrandissement 2/1) 28 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS
Comparaisons.
Comme nous l'avons indiqué, l'état très fragmentaire de la pièce mandibulaire nous
a conduit à limiter les comparaisons aux autres pièces découvertes au Monte Circeo, c'est-
à-dire les mandibules de Guattari 2 et Guattari 3 (Mallegni, 1991).
Les petites dépressions que nous avons notées sur Fossellone 3 de part et d'autre de
la linea sagittalis mediána se retrouvent sur Guattari 2 où elles atteignent la région sous-
canine. Sur Guattari 3 cette région est très fragmentaire mais on peut y voir les rudiments
de ces dépressions qui, comme sur Fossellone 3, se prolongent un peu au-delà de l'espace
situé au-dessous des incisives latérales. Le torus transversal supérieur de Fossellone 3 est
peu marqué comme sur Guattari 2 et le plan alvéolaire a la même inclinaison (Fig. 1, с).
Sur Guattari 3 cette région est détruite. La distance entre les bords supérieurs internes des
alvéoles des incisives centrales de Fossellone 3 est identique (9 mm) à celles de Guattari
2 et Guattari 3.
Ces caractères, certes relativement limités nous permettent cenpendant de rapprocher
Fossellone 3 des pièces de Guattari et donc de proposer son appartenance au même groupe
néandertalien qui montre une persistance d'un caractère archaïque, le torus transversal
supérieur.
En ce qui concerne les trois dents de Fossellone 3, nous considérons leurs aspects
métriques et morphométrique en comparaison avec les dents des Néandertaliens. Du point
de vue morphologique la petite/ovea que nous observons sur la seconde prémolaire de
Fossellone 3 existe également sur quelques dents de Krapina, ainsi que la disposition des
cuspides linguales en particulier (Gorjanovic-Kranberger, 1906, p. 191, fig. 39).
La face vestibulaire de la deuxième prémolaire de Fossellone 3 rappelle la morphol
ogie décrite par Martin (1923) sur La Quina 5. La tendance à la division des racines
signalée sur Fossellone 3 est semblable à celle que Boule (1912) signale sur la deuxième
prémolaire gauche de la Chapelle-aux-Saints. Une comparaison minutieuse entre les deux
molaires de 3 et celles des Néandertaliens est plus problématique, étant donnée
la variabilité considérable des molaires dans cette sous-espèce.
Lafovea anterior, toujours présente sur les molaires du Monte Circeo, se retrouve, bien
que son développement soit variable : lafovea posterior manque sur les molaires du Monte
Circeo mais on sait que sa présence sur les molaires néandertaliennes est variable (Patte,
1959).
Le schéma dryopitheciné des sillons, présent àFossellone 3 (type Y5), existe sur beau
coup de dents néandertaliennes : on le trouve par exemple au Moustier et à La Chaise
(Piveteau, 1 954) mais également sur les molaires de Guattari 2 et de Guattari 3 (Mallegni,
sous presse).
Nous avons comparé les données des dents du Fossellone 3 avec celles des Néandert
aliens \
1. Le Placard (Genet- Varcin, 1972) ; Monsempron (Vallois, 1952) ; Chateauneuf (Tillier, 1979) ; Agût
(de Lumley, 1973) ; Arcy-sur-Cure (Leroi-Gourhan, 1958) ; Hortus (de Lumley, 1973) ; Bau de
l'Aubisier (deLumley, 1976) ; La Quina (Martin, 1912 ; mesures du soussigné) ; Combe Grenal (Genet-
Varcin, 1982) ; Le Moustier (Twiesselman, 1973) ; Peyrards (de Lumley, 1973) ; Abri de Merveilles
(Trinkaus, 1976) ; Petit Puymoyen (Siffre, 1908) ; Montgaudier (Duport et Vandermeersch, 1976) ;
Malarnaud (Filhol, 1889 ; Tillier, 1979) ; La Chaise (Tillier et Genet- Varcin, 1980) ; Maccassargues
(Pivetau, 1951) ; Bombarral (Ferembach, 1964-65) ; Krapina (Wolpoff, 1979) ; Zaskalnaya (Kolossov
et al. 1976) ; Ochoz (Vlček, 1969) ; Subalyuk (Wolpoff et al., 1981) ; Vindija (Wolpoff et al., 1981) ;
Spy (Hrdlička, 1930 ; Twiesselman, 1973).