Sociologie ; n°4 ; vol.9, pg 585-600

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Revue française de sociologie - Année 1968 - Volume 9 - Numéro 4 - Pages 585-600
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Publié le 01 janvier 1968
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Langue Français
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Jean-Claude Darbois
J. Estela
C. Mougin
B. de Peyret
François Picard
D. Poitou
I. Sociologie
In: Revue française de sociologie. 1968, 9-4. pp. 585-600.
Citer ce document / Cite this document :
Darbois Jean-Claude, Estela J., Mougin C., de Peyret B., Picard François, Poitou D. I. Sociologie. In: Revue française de
sociologie. 1968, 9-4. pp. 585-600.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1968_num_9_4_1456REVUE DES REVUES 1968-4
1. - SOCIOLOGIE
ANNALES [Paris] 23 (3), Mai-Juin 1968.
576. Suratteau, Jean-René : « Heurs et malheurs de la sociologie électorale pour
l'époque de la Révolution française » (pp. 556-580) . — L'article porte sur la
période qui suit la Révolution et la signification politique des premières
consultatives, celles-ci ayant pour but la formation d'assemblées primaires
en premier lieu, dont les élus formeront les assemblées électorales de dépar
tements. Les premières élections au suffrage universel en 1793 ne font pas
apparaître de transformation dans les opinions, fait dû sans doute au carac
tère restreint du corps électoral. La difficulté de l'étude provient non de
l'absence de documents, mais des lacunes ou des tares qu'ils présentent. Il
est dès lors difficile de se prononcer sur des problèmes tels que la repré
sentativité électorale éminemment variable selon les documents et surtout
les régions; de même en ce qui concerne le problème de la participation ou
des abstentions (celles-ci provenant de la difficulté d'assistance aux assemb
lées de par l'éloignement ou encore d'attitudes défensives, ou de problèmes
de langues). Quant à l'évolution du corps électoral, les renseignements sont
incomplets pour l'évaluer; d'où la nécessité en dernière analyse, de disposer
de sources géographiques pour pallier aux lacunes de documentation.
Elections - Suffrage universel - Révolution française - Recherche
• Révolution française - Elections - Recherche
France - Politique - 1793
ANNALES MAROCAINES DE SOCIOLOGIE [Rabat] 1968.
577. Gabel, Joseph : « Le problème de la médiation en sociologie de la connais
sance (pp. 59-87). — Etude systématique du concept de médiation dans le
cadre de la sociologie de la connaissance, basée sur la distinction, d'une
part, entre de la connaissance et critique idéologique et de l'autre
entre superstructures et idéologies; à partir de cette l'auteur
retient les facteurs de médiation selon qu'ils possèdent les caractères de la
sociologie de la connaissance; par exemple, le facteur religion est bien,
d'après les analyses de Durkheim, médiateur entre la connaissance et la
réalité sociale; au contraire l'intérêt de classe y joue un rôle restreint de par
la déformation idéologique dont il s'accompagne, de plus il s'oppose à une
prise de conscience du caractère dialectique de la réalité, or dialectique et
réification sont pour l'auteur les facteurs de médiation par excellence en
sociologie de la connaissance. Les types idéaux de Weber naissent d'une
méthode anti- dialectique, de même la notion de rôle est le reflet théorique
d'une réalité sociale réifiée, le conformisme américain. Les divers facteurs
de médiation que l'auteur passe en revue — égocentrisme (Weber), dialec
tique, réification, langage — permettent de se poser entre réalité sociale et
585 Revue française de sociologie
connaissance, mais ne peuvent jamais être que des aspects abstraits d'une
médiation concrète.
Dialectique - Connaissance - Sociologie de la connaissance - Rôle
• Idéologie - Sociologie de la connaissance - Rapport • Sociologie
de la connaissance - Concept - Médiation
578. Chombart de Lauwe, Paul-Henry : « Evolution des besoins et transformat
ion de l'habitat» (pp. 89-97). — L'auteur tente de replacer les problèmes
propres à l'habitat dans le contexte global de la société dont ils sont issus;
le problème des besoins en matière d'habitat ne peut être éclairé qu'à partir
d'une vision globale de la société, des structures sociales qui y existent, de
même la transformation de l'habitat nécessite une connaissance approfondie
des besoins spécifiques d'une société donnée. Dans les sociétés traditionnelles
les fonctions utilitaire et symbolique sont liées, les structures sociales rigides,
les jeux des rôles freinent une éventuelle évolution des besoins en matière
d'habitat; dans les sociétés industrielles, de nouveaux apparaissent»
mais les aspirations sont négligées, l'insatisfaction croît, la ville devient une
« machine à habiter » et non la réalisation du citadin, tandis que le besoin -
obligation une fois satisfait, devrait permettre la naissance du besoin-
aspiration; on voit que le progrès technique loin d'entraîner le progrès
social peut parfois le retarder. L'étude conjointe des besoins et de la réalité
sociale permet seule d'échapper, d'une part à l'excès et aux limites du fonc
tionnalisme, d'autre part au structuralisme et de trouver des solutions non
seulement aux problèmes de l'habitat mais à ceux que pose l'urbanisme en
général.
Besoins — Habitat — Evolution — Société industrielle • Habitat —
Logement — Politique
Signalons aussi :
579. Fakkar, Rouchdi : « Sociologie pré-marxiste. L'influence du saint- simonisme
en Russie » (pp. 15-29) .
Histoire des idées - Saint-simonisme - Influence - Russie • Idéo
logie - Saint-simonisme - Diffusion - Russie • Socialisme - Pré
curseurs - Saint-Simon - Influence
Russie - - • Saint-Simon - Théorie -
Influence
580. Charnay, Jean-Paul : « Les cadres moyens dans les pays musulmans »
(pp. 31-57).
Cadre moyen - Typologie - Islam • Classe sociale - Classe moyenne
-Cadre - Islam islam • Typologie iypologie - exemple Exemple - Cadre moyen
Islam - Structure sociale - Cadre moyen - Rôle
BULLETIN DU CENTRE D'ÉTUDES ET DE RECHERCHES PSYCHOTECH
NIQUES [Paris] 17 (1-2), Janvier-Juin 1968.
581. Lherbier, Ph. : « Comportements et attitudes de promotion : le passage
ouvriers -techniciens » (pp. 9-44). — L'article analyse divers types de stratégies
de progression professionnelle réalisées par des titulaires de diplômes de l'e
nseignement technique. Une enquête a été menée dans une perspective psy
cho-sociologique à l'aide de quatre critères : mobilité inter-entreprises, chan
gement de secteur industriel ou technologique, réalisation d'une formation
complémentaire à la formation d'origine, existence d'un projet professionnel.
Ces critères, qui renvoient tous à l'activité personnelle de promotion du
sujet, donnent lieu à des comparaisons systématiques entre trois types ou
586 Revue des Revues
niveaux de formation et permettent la mise en évidence d'ensembles signi
ficatifs de comportements, exprimant des attitudes différentes à l'égard de
la promotion. La principale conclusion reste que le poids des origines
sociales paraît être un déterminant fondamental des attitudes à l'égard de
la promotion et de la mobilité socio-professionnelle.
Enquête - Mobilité socio-professionnelle - Ouvriers - Stratégie •
Mobilité socio-professionnelle - Enquête - - Attitude
(envers) • Ouvriers - Mobilité professionnelle - Attitude (envers) •
Profession - Promotion - Attitude (envers) - Stratégie - Enquête •
Professions - Technicien - Promotion - Stratégie
BULLETIN DE L'INSTITUT INTERNATIONAL D'ÉTUDES SOCIALES
[Genève] (4), Février 1968.
582. Reynaud, Jean-Daniel : « L'avenir des relations professionnelles en Europe
occidentale. Perspectives et Hypothèses ». (pp. 76-141) . — Conférence pu
blique suivie d'un débat, ce texte cherche à prévoir l'évolution future dans
le domaine social et dans celui du travail. Pour l'auteur l'avenir est à une
transformation très profonde des objectifs et du cadre des relations profes
sionnelles, dans le sens d'une décentralisation, d'un assouplissement et d'une
diversification de la protection de la vie de travail, mais aussi d'une centrali
sation et d'une « politisation » des problèmes économiques majeurs (en ce
sens qu'une politique économique nationale relève bien de choix politiques) :
La seconde partie, critique, souligne trois points délicats dans l'avenir des
relations professionnelles, à savoir les problèmes touchant l'intégration,
l'efficacité et l'autonomie.
Attitudes professionnelles - Valeurs - Evolution • Relations pro
fessionnelles - Avenir - Europe
CAHIERS DE L'INSTITUT D'AMÉNAGEMENT ET D'URBANISME DE LA
RÉGION PARISIENNE [Paris] 11, Mai 1968.
583. « Modèles d'urbanisation. Analyse bibliographique » (72 p.) . — Depuis une
dizaine d'années, la croissance urbaine accélérée et les conditions de circu
lation, ont conduit à entreprendre de vastes études globales visant à prévoir
l'évolution de la cité à partir d'un modèle. Les concernant les modèles
d'urbanisation connaissent aujourd'hui un grand développement, et en dis
tinguent plusieurs types : prospectifs ou explicatifs, descriptifs, stochastiques,
partiels. Mais au terme de cette analyse bibliographique sur les recherches
les plus caractéristiques, une première conclusion se dégage, depuis cinq à
dix ans, de l'expérience américaine : c'est que seuls les recherches de « mod
èles partiels » ont donné des résultats satisfaisants. Le modèle appliqué-
aux recherches d'urbanisme apparaît donc surtout comme un outil d'étude
permettant de comprendre les règles qui régissent l'intervention des fac
teurs agissant sur la croissance.
Modèle - Urbanisation - Simulation • Modèle mathématique - économique - Croissance • Probabilité - Modèle mathémat
ique - Modèle stochastique - Urbanisme • Théorie - - Urban
isation • - Aménagement du territoire - Modèles •
Ville - Croissance - Modèle
CAHIERS DE L'INSTITUT DE SCIENCE ÉCONOMIQUE APPLIQUÉE [Paris]
2 (4), Avril 1968.
584. « L'économie d'oblation » (173 p.) . — Ce numéro est consacré à un secteur
de l'économie généralement peu étudié, le quaternaire, caractérisé par la
587 française de sociologie Revue
destruction, la consumation de biens et non plus la production et consom
mation. Les auteurs, analysant successivement des cas concrets d'économie
ostentatoire (Madagascar, les griots d'Afrique Noire...) concluent à l'existence
d'un phénomène économico-religieux, à explication hyper- économique : soit social total (la Kula), soit plus restreint (le potlach), le circuit
dans lequel entrent les prestations économiques est accompagné et prend tout
son sens par le caractère social dont il est aussitôt revêtu. Avoir moins c'est
également et surtout, être plus, tout mouvement de richesse n'est que la base
d'une relation sociale nouvelle axée sur le prestige; le don oblige, entraînant
le contre-don supérieur au don et pour le donataire la création de plus-
value sociale. Le système et les statuts sociaux découlent ainsi des prestat
ions, du gaspillage ou de la gratuité qui leur sont attachés. On peut s'inte
rroger sur les fonctions latentes de cette économie. N'est-elle que mécanisme
de régulation sociale ou répond-elle à un besoin, une insatisfaction incons
ciente, puisqu'on observe la création de nouvelles valeurs. Ce phénomène,
enfin, n'est pas spécifique des sociétés dites primitives, le surplus économique
créé dans les sociétés développées aide à satisfaire le besoin de « nutrition
psychique » sous forme de gaspillage, consommation ostentatoire, ou compor
tement gratuit. Ont collaboré à ce numéro : Raymond Ruyer, Claude Meil-
xassoux, Pierre Etienne, Claude Robineau, Rakotonirina Manandafy, René
Potier, Jean Poirier et Hocein Malek.
(Pour l'ensemble :)
Consommation - Consommation ostentatoire - Destruction • Echange
- Potlach - Valeur sociale - Afrique • Economie traditionnelle -
Don - Afrique • Economie primitive - Consommation ostentatoire -
Exemples • Statut social - Prestige - Ostentation - Afrique
Iran - Economie de prestige • Madagascar - Economie primitive -
Ostentation • Polynésie - Economie de prestige - Dépenses osten
tatoires
ÉCONOMIES ET SOCIÉTÉS. CAHIERS DE L'INSTITUT DE SCIENCE
ÉCONOMIQUE APPLIQUÉE [Paris] 2 (6), Juin 1968.
585. « Problèmes urbains » (pp. 1213-1316) . — Sous ce titre sont réunis dix
articles groupés en deux parties, l'une de schématisation théorique, l'autre
d'analyse appliquée. M. Mercadal et A. Danet présentent de façon très
claire la notion de modèle appliquée au développement spatial urbain.
R. Boudeville s'attache aux problèmes de l'urbanisation à long terme (quinze
ans), dans le cadre de l'évolution du Bassin parisien. J. Le Pas définit et
classe les avantages de toute nature qu'un producteur trouve dans l'env
ironnement industriel. F. Saget étudie les processus d'urbanisation et les
réseaux urbains dans la région du Centre (Orléans-Tours), et présente une
observation concrète de l'évolution à long terme (1851-1962) des villes de
plus de 20.000 habitants dans cette région. Ph. Pinchemel met ensuite en
lumière les liens nouveaux qui unissent l'industrie et la ville, en soulignant
la fonction d'urbanisation qui appartient à l'usine. E. Moatti aborde les
problèmes pratiques du financement des zones industrielles en France.
G. Worms souligne la cohérence nécessaire des programmes d'emploi et
d'habitat, dans le cadre de l'aménagement du territoire. M. Flichy passe en
revue les principaux aspects du problème des transports et leurs consé
quences sur la localisation de l'industrie. Enfin J. Paelinck analyse la notion
de complexe industriel et les services qu'elle peut rendre à la politique
d'implantation des nouveaux établissements.
Industrie - Ville - Rapport • Région - Centre - Evolution - Viïles
• Transports - Entreprise - Rapport • Urbanisme - Tendances
actuelles • Ville - Croissance - Modèle - Urbanisation - Bassin
parisien
588 Revue des Revues
ÉPISTÉMOLOGE SOCIOLOGIQUE [Paris] 5, Décembre 1967.
586. Laxjtman, Jacques : « Un problème d'analyse des organisations à propos des
notions de fin et d'environnement » (pp. 1-15) . — Une enquête menée dans
deux ministères ouvre la voie à un essai de systématisation de l'étude des
organisations. L'auteur envisage celles-ci comme des systèmes ouverts et
repousse la possibilité d'en cerner l'étude par la seule analyse des institu
tions; au contraire de cette analyse purement formelle, il faut distinguer
et étudier un deuxième niveau, celui des relations internes de l'administrat
ion. Le problème des fins de l'organisation est étroitement lié à la maîtrise
de l'environnement, aux relations de l'organisme avec l'extérieur. La con
naissance de ces relations permet de saisir ces fins. Suit une discussion, en
particulier sur la validité du terme « environnement », à laquelle participent :
Pierre NavHle, Haroun Jamous, Viviane Isambert, P. H. Maucorps et Jacques
Lautman.
Ecologie humaine - Espace - Organisations - Rapport • Organisa
tions - Fonction
587. Isambert- Jamati, Viviane : « Etude diachronique des fins manifestes d'une
institution : les objectifs de l'enseignement secondaire français depuis cent
ans » (pp. 14-34) . — II s'agit de déceler, à travers l'analyse du contenu des
discours prononcés depuis cent ans dans les lycées, les variations possibles,
les changements dans les objectifs de l'institution. Deux sortes de thèmes
sont retenus : d'une part, l'évolution objective (ce qui est prescrit, le côté
institutionnel-administratif), de l'autre, ce qui est visé de façon plus infor
melle, la finalité de l'enseignement. Après un bref exposé de la méthode
d'analyse de contenu, la lecture des résultats (présence ou absence de cer
tains thèmes, leur fréquence...) permet d'obtenir une typologie d'object
ifs. Les termes retenus sont ensuite mis en rapport avec les objectifs de
l'ensemble, les buts de l'enseignement. On note, dans la lecture des résultats,
un décalage entre ce qui est prescrit dans l'institution et ce qui est visé, à
travers le matériel étudié.
Enseignement secondaire - Evolution - 1863-1968 - France • Tech
niques de recherche - Analyse de contenu - Exemple
France - Education - Enseignement secondaire - Evolution
588. Maître, Jacques : « Problèmes épistémologiques posés par une sociologie
du baptême » (pp. 35-64) . — L'auteur vise à étudier une pratique religieuse,
non en s'appuyant sur la doctrine catholique, mais en prenant comme base
la théorie sociologique. Les documents retenus sont uniquement les registres
baptismaux et dans ceux-ci trois éléments : le taux des baptisés, l'âge au
baptême et les prénoms. Le premier taux est élevé, ce qui, par une compar
aison avec d'autres taux (par exemple les messalisants) exclut qu'il y ait
liaison directe entre la pratique du baptême et la pratique religieuse; l'âge
au baptême détermine la distance sociale par rapport à l'Eglise, les prénoms
se révèlent ne pas être uniquement un code sacral : ils ont une fonction
familiale, sociale, religieuse. Le baptême paraît bien être, plutôt qu'un
« rite de passage », une cérémonie d'entrée dans l'Eglise ou même dans la
société.
Catholicisme - Baptême - Recherche • Pratique religieuse - Ca
tholicisme — - • Rites - Cérémonie - Baptême
589. Naville, Pierre : « L'importance de la notion de fréquence en sociologie »
(pp. 65-78). — II s'agit ici, de rechercher la signification sociale de la notion
de fréquence, au-delà de son utilisation mathématique. Deux catégories de
situation échappent à l'emprise de la valeur accordée à la fréquence de tel
phénomène, ce sont : les cas cliniques, signalant un phénomène isolé, nou-
589 Revue française de sociologie
veau, ce qui forme le contenu des monographies, des études de cas... et les
modèles. On peut distinguer divers types de fréquences (absolue, relative,
par répétition, accumulation, fréquence « au hasard », nécessaires...) L'au
teur signale les problèmes sociaux posés par l'interprétation des fréquences;
des valeurs auxquelles on accorde une plus grande signification ont souvent
une fréquence minima, au contraire des fréquences maxima peuvent carac
tériser des situations médiocres ou neutres; de même, pourquoi accorde-t-on
une valeur aux plus grandes fréquences, sinon peut-être par une certaine
obsession de la maximisation.
Sociologie - Concept - Fréquence • Statistique - Concept - Fré
quence
HOMME (V) ET LA SOCIÉTÉ [Paris] 8, Avril-Mai-Juin 1968.
590. «Pourquoi les étudiants?» (pp. 3-43). — Une table ronde, réunissant en
particulier des théoriciens d'inspiration marxiste ainsi que des professeurs
de Nanterre, tentent d'analyser les causes profondes et la signification des
événements de mai. Une seconde discussion replace le mouvement dans une
perspective historique et pose le problème des idéologies ayant joué un rôle
dans le déclenchement des événements, ainsi que le rôle des syndicats étu
diants qui n'apparaît pas, lui, décisif quant à la mobilisation des étudiants.
Ont participé à cette table ronde : Jacques Berque, Frédéric Bon, Emile
Botticelli, Jean Chesneaux, Bernard Conein, Henri Fournie, Christiane
Gluksmann, Lucien Goldmann, Serge Jonas, Henri Lefebvre, René Loureau,
Jean-Pierre Peter, Jean Pronteau, Jean Sanvoisin, Jean-Marie Vincent.
Etudiant - Mouvement étudiant - France - Mai 1968 • Idéologie - - Mai 1968 • Mouvement social - Mouvement étudiant -
Mai 1968 • Révolution - étudiant - France - Mai 1968
Socialisme - Autogestion - de mai -
France - Mouvement social - Mai 1968
591. Lefebvre, Henri : « L'irruption, de Nanterre au sommet » (pp. 49-99) . —
Texte intégral du livre du même titre, à paraître aux Editions Anthropos,
consacré aux événements de mai.
Etudiant - Mouvement étudiant - Nanterre - 1968 • Idéologie -
Mouvement social - Rapport - Mai 1968 - France • Marxisme - politique - - France - Mai 1968 • Mouvement
social - Mouvement étudiant - Mai 1968
France - social - Mai 1968
Signalons aussi :
592. Birnbaum, Norman: «Le colosse qui vacille» (pp. 101-121).
Mouvement social - Mouvement étudiant - Sociétés industrielles -
1968 • Révolution - de masse - - • Société industrielle - Equilibre social - Crise - 1968
593. Charnay, Jean-Paul : « Tuez les sociologues. Profil prospectif du sociologue »
(pp. 213-220).
Epistemologie - Critique de la connaissance • Professions - Socio
logue - Formation • Recherche - Sociologie - Recherche interdisci
plinaire
594. Jonas, Serge : « Problématique d'une sociologie de la créativité » (pp. 221-
227).
Pensée - Créativité - Sociologie de la connaissance • Sociologie de
la connaissance - Concept - Créativité
590 Revue des Revues
LANGAGES [Paris] 20, Juin 1968.
595. «Pratiques et langages gestuels» (pp. 3-149). Notons du point de vue socio
logique :
Greimas, A. J. : « Conditions d'une sémiotique du monde naturel » (pp. 3-
35). — Interrogation sur les possibilités d'une théorie sémiotique généralisée,
responsable de toutes les formes et de toutes les manifestations de la signi
fication. Partant des observations sur le monde visible et sur le sens qu'il
peut avoir pour l'homme, l'auteur se préoccupe successivement de l'homme
lui-même en tant que corps, considéré d'abord comme une certaine figure
du monde, examiné ensuite comme un mécanisme complexe réunissant,
grâce à sa mobilité les conditions nécessaires pour la production d'écarts
différentiels du signifiant à partir desquels peut surgir la signification. Vient
ensuite l'introduction de la dimension proprement humaine à l'intérieur du
monde naturel. Mais une recherche sémiotique dans le domaine de la ges-
tualité nécessite un code de transposition graphique satisfaisant. Et ce n'est
qu'en disposant d'une notation symbolique appropriée qu'on pourra penser
sérieusement à la constitution d'une sémiotique du monde naturel.
Koechlin, B. : « Techniques corporelles et leur notation symbolique » (pp.
36-47). Souligne le caractère socialement appris et transmis des gestes tech
niques et, par là, leur degré de spécificité ethnique. Des études systématiques
sur les comportements moteurs socialisés du corps humain permettraient
d'établir le fond gestuel dont chaque population est pourvue. En recon
naissant que tout objet technique est un véritable capital de mouvements
corporels traditionnels et d'attitudes, on mesure l'importance que revêtent
les études sur les comportements moteurs socialisés pour le traitement
des problèmes d'emprunt ou d'inertie technique. Outre l'intérêt des mou
vements pour les études de technologie comparée, l'auteur
montre la prééminence de la fonction pragmatique (efficacité technique)
dans l'activité gestuelle. Il termine en se demandant si les principes méthodol
ogiques de la phonologie moderne, ne seraient pas de quelque rendement
dans la recherche sur le fonctionnement des comportements moteurs socia
lisés des peuples.
Kristeva, J. : « Le geste, pratique ou communication » (pp. 48-64) . — L'art
icle a pour but de rappeler que si la linguistique a longuement lutté pour
annexer les sons de la parole et incorporer les significations linguistiques, le
temps est venu peut-être d'annexer les gestes et d'incorporer la productivité
à la science sémiotique. L'état actuel de la science de la gestualité telle qu'elle
se présente sous sa forme la plus élaborée dans la kinésique américaine est
loin d'une telle acception. Mais sans être une démarche décisive pour la
construction d'une sémiotique générale, la kinésique nous intéressera pour
tant dans la mesure où elle tend à être indépendante des schémas de la lin
guistique verbale. L'étude du comportement corporel en tant que message
(communication) s'inscrit dans le stock des données de base la kiné
sique, spécialisée comme une anthropologie linguistique, structure et inter
prète comme un code spécifique. Mais deux problèmes principaux se posent
à la kinésique en train de se constituer comme science : 1) l'utilisation qu'elle
fera des modèles linguistiques; 2) la définition de ses propres unités de base
et de leur articulation. Sans une révision préalable des modèles de base de
la linguistique phonétique, il est impossible de rompre « l'assujettissement
intellectuel au langage, en donnant le sens d'une intellectualité nouvelle et
plus profonde, qui se cache sous tous les gestes et sous toute pratique sémiot
ique ».
Fabbri, P. : « Considérations sur la proxémique » (pp. 65-75) . — La proxé-
mique est une branche nouvelle de la sémiotique qui a pour objet la struc
turation signifiante de l'espace humain. L'acte proxémique est un acte
591 Revue française de sociologie
sémiotique dans la direction translinguistique que cette discipline poursuit,
et qui se fonde sur l'axiome premier : culture = communication. La culture,
c'est-à-dire la façon dont l'homme donne du sens au monde qui l'environne
et se donne du sens en rapport avec les autres, consisterait en la somme
des répertoires de coded behaviour, accomplis et interprétés par les membres
de l'organisation sociale des situations communicatives. Ces modèles de
comportement, très structurés, sont organisés en séquences, articulées de
façon différente selon les différentes cultures. La structuration inconsciente
de micro-espace, la façon dont l'homme évalue la distance entre lui et les
autres dans la vie quotidienne a fourni jusqu'à maintenant la majeure partie
des résultats de la proxémique. La proxémique américaine, issue d'une
sémiotique de la communication croit possible de décrire les comportements
explicités, pour en faire ressortir l'inconsciente dimension symbolique.
Encore faut-il au préalable effectuer une analyse sémantique des structures
de signification. Ceci pour l'auteur semble la seule possibilité valable pour
articuler un modèle spatial qui soit la projection des catégories sémantiques
universelles et d'un atlas proxémique qui dresserait une configuration sémio
tique du monde en y localisant l'homme.
(pour l'ensemble :)
Communication - Geste - Kinésique • Comportement - Culture -
Signification • Culture - Comportement - Signification - Proxé
mique • Langage - Communication - non verbal •
Presse - Bandes dessinées - Analyse de contenu • Religion - Ordre
religieux - Trappistes - • Sémantique - Sémiologie
- Signification - Théorie • Technologie - Culture - Rapport
MOUVEMENT SOCIAL (LE) [Paris] 63, Avril-Juin 1968.
596. « Production industrielle, salaires, réactions et représentations ouvrières »
(pp. 11-163). — Ce numéro spécial regroupe six articles qui envisagent trois
plans d'analyse successifs : les mouvements de la production industrielle,
les mouvements de salaires ouvriers et l'observation du mouvement ouvrier
dans ses diverses réactions et les représentations qu'il se forge du système
capitaliste dont il est solidaire. De 1815 à 1900, l'indice de la production
industrielle a été multiplié par neuf. Si le salaire (nominal, réel) du xixe
siècle a connu une montée fondamentale, les salaires du xxe (nominal, réel,
global) apparaissent comme plus chaotiques, plus sensibles à la conjoncture.
Le salaire global, le plus caractéristique socialement, subit les contre-coups
des grands accidents de l'économie. Ceci marque d'une façon décisive la
conscience que le monde ouvrier a prise de son destin. Les structures éco
nomiques agissent sur les grèves dans le long terme, la conjoncture joue
davantage dans le court terme. La grève en tant que phénomène social grand
it des années 1860 à 1914, car, dans un certain type de relations professionn
elles, elle est la seule réponse ouvrière possible. Mais à l'intérieur de
données objectives économiques fondamentalement contraignantes, les com
portements des masses conservent un certain degré d'autonomie relative.
L'analyse de la place du travail des femmes dans l'industrie confirme la per
sistance de l'image traditionnelle du rôle des femmes. Un dernier problème
est enfin abordé, celui de l'adaptation du mouvement ouvrier dans ses dé
marches et ses méthodes à la situation réelle d'un capitalisme dont il était à
la fois reposant et nécessaire de sous-estimer les éléments de force.
Ont participé à ce numéro : Markovitch, T. J. : « Les cycles industriels en
France » (pp. 11-40) . Lhomme, Jean : « Le pouvoir d'achat de l'ouvrier fran
çais au cours d'un siècle : 1840-1940 » (pp. 41-70) . Rougerie, Jacques : « Re
marques sur l'histoire des salaires à Paris au xixe siècle» (pp. 71-109). Per-
rot, Michèle : « Grèves, grévistes et conjoncture. Vieux problème, travaux
neufs » (pp. 110-123) . Guilbert, Madeleine : « La présence des femmes dans
592 Revue des Revues
les professions : incidences sur l'action syndicale avant 1914 » (pp. 124-141) .
Gras, Christian: « Merrheim et le capitalisme» (pp. 143-163).
(pour l'ensemble :)
Conjoncture - Economie - Indices industriels - xixe siècle • Eco
nomie - Crise économique - xrxe siècle • Femme - Travail féminin
- Syndicalisme - Participation - Rapport • Grève - Mouvement
ouvrier - Facteurs - France - xixe siècle • Mouvement ouvrier -
Capitalisme - Merrheim - xxe siècle • Pouvoir d'achat - Salaire -
1840-1940 • Profession - Femme - Participation syndicale •
- Histoire - Paris - xixe siècle
POPULATION [Paris] 23 (3), Mai-Juin 1968.
597. Debeauvais, Michel et Maes, Pierre : « Une méthode de calcul du stock d'en
seignement» (pp. 415-436). — Exposé d'une nouvelle de calcul du
stock d'éducation à partir du taux de scolarisation. On appelle stock d'édu
cation d'un pays donné, à un moment donné, la somme des années d'études
qui ont été accomplies par l'ensemble de la population. L'originalité de la
méthode présentée réside dans le passage du taux de scolarisation par âge
et par sexe, à la durée des études pour une même génération. On obtient
une série de tableaux où chaque génération caractérisée par son année de
naissance, est découpée en une série de pourcentages, correspondant aux
différentes durées possibles des études accomplies, comptés en années en
tières. A partir de ces tableaux on peut calculer le stock d'éducation, selon
deux procédés possibles : le premier fournit un indice de culture, qui cor
respond pour chaque génération à la durée moyenne des études. Le second,
plus complexe, ne fait entrer dans le stock d'éducation que les personnes
actives.
Capital - Investissement intellectuel - Mesure • Démographie -
Techniques de recherche • Techniques de recherche -
Signalons aussi :
598. Garlot, Elisabeth : « L'enseignement de la démographie en France » (pp.
499-508).
Démographie - Enseignement - Historique - France • Enseignement
supérieur - Démographie - France
France - Enseignement
599. Vimont, Claude : « Conditions de vie et d'emploi des jeunes travailleurs.
Résultats de deux enquêtes» (pp. 535-538).
Emploi - Jeunesse - Adaptation - Enquête • Jeunesse - Travail -
Enquête • Travail - - Jeunesse - Enquête
2e trimestre 1968. PRÉSENCE AFRICAINE [Paris] (66),
600. Bastide, Roger : « Religions africaines et structures de civilisation » (pp. 98-
111) . — L'auteur analyse ici les oppositions les plus générales de « civilisa
tions » occidentales et africaines, dans leurs liaisons avec les religions. L'idée
centrale est que si la civilisation occidentale a pu devenir prométhéenne,
c'est parce que l'homme s'est détaché de l'ordre cosmique, pour ne voir dans
les choses environnantes que du pur matériel sur lequel il peut agir pour
les faire servir à son seul intérêt, sans sentiment de culpabilité ou de sacri
lège. Pour l'Africain, tout est symbole et manifestation du sacré. Pour nous
au contraire, le monde n'est qu'un ensemble de signes liés par des règles
fixes. L'auteur relève aussi les différences fondamentales qui existent entre
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