These - Analyse du vécu de l

These - Analyse du vécu de l'hypnose

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CHAPITRE 6ANALYSE DU VECU DE L’HYPNOSE- 471 -6.1.- PRESENTATION DES DONNEES. 6.11.- Sensations physiques pendant l’hypnose : l’image du corps soushypnose. 6.111.- Présentation des résultats. L’étude des sensations physiques du sujet hypnotisé a étémenée à l’aide de deux types de questions. Les questions dupremier type devaient permettre au sujet d’évoquer de façonpersonnelle les sensations physiques ressenties pendantl’hypnose. Ces questions étaient les suivantes : 1- Avez-vousressenti des perturbations massives au niveau spatial? 2- Avez-vous ressenti des perturbations massives au niveau sensoriel?3- Avez-vous ressenti des “déformations” au niveau de votrecorps? 5- Avez-vous ressenti des sensations physiquesdésagréables? Nous présentons, dans le tableau ci-dessous, les réponsesapportées à ces différentes questions par nos sujets, enprécisant le pourcentage de réponses positives et lescoefficients de corrélation avec la note de suggestibilitéhypnotique.- 472 -au 6-01 : SENSATIONS PHYSIQUES PENDANT L’HYPNOSE : RESULTATS, CODIFICATION ET CORRELATION AVEC LA SUGGESTIBILITE.Corrélation avecla suggestibilitéCode Nom de la variable N %hypnotique (C.34)B.52.- Perturbations massives au niveau spatial.B.521.- Non 32 67 f = .21 B.522.- Oui 16 33 B.53.- Perturbations massives au niveau sensoriel.B.531.- Non 32 67 f = -.06 B.532.- Oui 16 33 B.17.- Déformations du corps.B.171.- Non 30 63 f = -.05 B.172.- Oui 18 37 - Intensité des ...

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CHAPITRE 6
ANALYSE DU VECU DE L’HYPNOSE- 471 -
6.1.- PRESENTATION DES DONNEES.
6.11.- Sensations physiques pendant l’hypnose : l’image du corps sous
hypnose.
6.111.- Présentation des résultats.
L’étude des sensations physiques du sujet hypnotisé a été
menée à l’aide de deux types de questions. Les questions du
premier type devaient permettre au sujet d’évoquer de façon
personnelle les sensations physiques ressenties pendant
l’hypnose. Ces questions étaient les suivantes : 1- Avez-vous
ressenti des perturbations massives au niveau spatial? 2- Avez-
vous ressenti des perturbations massives au niveau sensoriel?
3- Avez-vous ressenti des “déformations” au niveau de votre
corps? 5- Avez-vous ressenti des sensations physiques
désagréables?
Nous présentons, dans le tableau ci-dessous, les réponses
apportées à ces différentes questions par nos sujets, en
précisant le pourcentage de réponses positives et les
coefficients de corrélation avec la note de suggestibilité
hypnotique.- 472 -
au 6-01 : SENSATIONS PHYSIQUES PENDANT L’HYPNOSE : RESULTATS,
CODIFICATION ET CORRELATION AVEC LA SUGGESTIBILITE.
Corrélation avec
la suggestibilitéCode Nom de la variable N %
hypnotique (C.34)
B.52.- Perturbations massives au niveau spatial.
B.521.- Non 32 67 f = .21
B.522.- Oui 16 33
B.53.- Perturbations massives au niveau sensoriel.
B.531.- Non 32 67 f = -.06
B.532.- Oui 16 33
B.17.- Déformations du corps.
B.171.- Non 30 63 f = -.05
B.172.- Oui 18 37
- Intensité des déformations du corps.
- Fortes 11s
- Légères 7s
B.18.- Réalité des déformations du corps.
B.18.- Réelles
- Ficitves 5s 12 67
-autres 1s
- Inquiétude produite par ces déformations
- Non 0s
- Oui 18s
B.23.- Etre engourdi.
B.231.- Non 29 60 f = .33
B.232.- Oui 19 40
B.27.- Avoir chaud.
B.271.- Non 31 65 f = .34
B.272.- Oui 17 35
B.32.- Avoir la bouche sèche.
B.321.- Non 32 67 f = .29
B.322.- Oui 16 33
B.24.- Avoir des fourmis dans les jambes.
B.241.- Non 33 69 f = .07
B.242.- Oui 15 31
B.33.- Manquer de salive.
B.331.- Non 35 73 f = -.12
B.332.- Oui 13 27
B.26.- Avoir froid.
B.261.- Non 39 81 f = -.14
B.262.- Oui 9 19- 473 -
Corrélation avec
la suggestibilitéCode Nom de la variable N %
hypnotique (C.34)
B.22.- Etre chancelant, avoir des vertiges.
B.221.- Non 35 73 f = .24
B.222.- Oui 13 27
B.28.- Transpirer.
B.281.- Non 41 85 f = -.04
B.282.- Oui 7 15
- Avoir des frissons.
- Non 45s
- Oui 3s
- Pression dans les oreilles, bourdonnement.
- Non 46s
- Oui 2s
- Goût dans la bouche.
- Non 47s
- Oui 1s
- Odeurs amplifiées.
- Impression de nausée.
- Non 48s
- Oui 0s
- Autres sensations.
- Non 30s
- Oui 18s- 474 -
6.111.1.- Description des variables présentées dans le tableau.
Dans la plupart des cas, les sujets ont précisé la nature
des perturbations spatiales ou sensorielles, la nature des
déformations du corps et le type de sensations physiques
désagréables. Dans ce paragraphe, nous essaierons de décrire la
nature de ces sensations, en faisant une analyse des contenus.
6.111.11.- Perturbations massives au niveau spatial (B.52).
Sur les 16 sujets qui affirment avoir ressenti de telles
perturbations au niveau spatial, 15 précisent la nature de ces
perturbations. A partir de ces commentaires, on peut distinguer
quatre grandes catégories de perturbations spatiales : a-
Mouvements du corps dans l’espace, b- Modifications statiques
de la position du corps dans l’espace, c- Disparition
progressive de la relation du corps à l’espace qui l’entoure,
d- Modification de l’espace lui-même.
a- Mouvements du corps dans l’espace :
Cette catégorie est celle qui apparaît le plus fréquemment
chez nos sujets (7 témoignages sur 15); les sujets ont alors
l’illusion que leur corps est animé de mouvements : “tourner
sur soi-même” (S. ), “corps flottait” (S. ), “Impression de15 26
tomber dans un trou” (S. ), “tanguer” (S. ), “décollage à la29 32
verticale” (S. ), “monter” (S. ), “impression de bouger27 41
d’avant en arrière, tout le corps en même temps” (S. ). 50
b- Modifications statiques de la position du corps dans l’espace :
Dans cette catégorie, moins importante numériquement (4 cas
sur 15), on constate l’apparition de distorsions relatives au
schéma corporel et plus particulièrement à la position du corps
dans l’espace : “impression d’être comme couchée dans mon lit”
(S. ), “physiquement impression d’être de travers” (S. ), “je30 38
me sentais tordu, j’avais une scoliose” (S. ), “je n’avais plus49
la sensation exacte de la position de mon corps” (S. ), “pas19
une idée exacte de l’endroit où mon bras se trouvait par rapport
à mon corps et jusqu’à quand il allait tomber” (S. ). 18- 475 -
c- Disparition progressive de la relation du corps à l’espace qui
l’entoure :
Les trois sujets qui évoquent ce genre d’impression
semblent décrire une perte de la conscience de l’environnement
soit au niveau de la représentation : “perte du schéma de la
salle et de votre position” (S.4), soit au niveau plus
généralisé des représentations et des sensations : “plus aucune
notion de ce qui m’entourait... j’étais dans le vide” (S.11).
d- Modification de l’espace lui-même :
Cette dernière catégorie, de loin la plus rare (un sujet
seulement), semble liée au maintien d’une relation visuelle
avec l’environnement. Or, rappelons-le, seuls 5 sujets sur 48
ont gardé les yeux ouverts pendant toute la séance.
Pour le sujet concerné, l’impression de modification
visuelle de l’espace est verbalisée ainsi : “mes jambes et la
porte m’ont paru très loin de moi”.
Dans leur ensemble, on doit donc remarquer que les
modifications du vécu spatial sont surtout axées sur des
illusions de mouvement qui ne sont pas sans évoquer les
(1)mouvements perçus par le nourrisson à un moment où sa
relation à l’environnement reste mal définie et sur une
oblitération régressive, qu’on serait tenté de dire
narcissique, de l’univers physique externe au sujet.
Par ailleurs, chez une minorité de sujets, c’est l’image du
corps même qui est perturbée, mal maîtrisée, véhiculant parfois
un vécu négatif, la résistance s’exprimant à travers la
distorsion du corps.
Il semble donc qu’on puisse, en général, interpréter les
modifications du sujet à l’espace comme le signe d’un vécu
profondément régressif.
(1) : Cet aspect de la relation nourrisson-mère est particulièrement souligné par
WINNICOTT (1960). Pour WINNICOTT, le “holding” (maintien) est un élément
fondamental de la relation affective mère-enfant, intervenant à un stade où le
self et les soins maternels ne sont pas encore différenciés. De la qualité du
“holding” dépend pour WINNICOTT (1962) la capacité d’intégration du sujet :
“l’intégration est étroitement liée à la fonction de maintien (“holding”), exercée
par l’environnement. Une intégration réussie est l’unité. Tout d’abord, vient le
“Je”, ce qui inclut que tout ce qui est autre n’est pas moi”. Puis vient : “Je
suis, j’existe, j’accumule des expériences vécues, je m’enrichis, j’ai une
interaction d’introspection et de projections avec le non-moi, le vrai monde de la
réalité partagée” p.16.- 476 -
6.111.12.- Perturbations massives au niveau sensoriel (B.53).
Trois thèmes majeurs sont développés par les 12 sujets qui
ont précisé leur réponse à la question (16 sujets avaient
répondu “oui”) : a- sensations physiques inhabituelles, b-
disparition du corps ou de ses parties, c- déformations du
corps.
a- Sensations physiques inhabituelles :
Cette catégorie, la plus courante (6 témoignages sur 12),
regroupe un ensemble très divers de sensations physiques
inhabituelles et non suggérées : “ressenti une barre au front”
(S.15), “tremblements du visage” (S.28), “fourmillements dans
la main gauche” (S.35), “impression d’être dans la vase”
(S.34)... On remarquera que, généralement, ces impressions
physiques évoquent des sensations de relatif malaise et
semblent donc constituer l’expression sur un mode très primitif
des résistances du sujet.
b- Disparition du corps ou de ses parties :
La seconde catégorie (4 témoignages sur 12) relève non de
la focalisation sur une impression physique désagréable mais
d’une perte plus ou moins accentuée des perceptions en
provenance du corps : “je ne sentais plus mes jambes” (S.22),
“je ne sentais plus du tout mon corps sauf la partie mise en
avant par la suggestion” (S.29), “rupture esprit-corps, plus de
perception du corps” (S.47)...
c- Déformation du corps :
Dans cette dernière catégorie (2 témoignages sur 12), on
retrouve un vécu comparable à celui qui concerne les sensations
physiques inhabituelles, à la différence près que ces
sensations concernent la perception même de l’image du corps du
sujet : “colonne vertébrale en boule” (S.2), “bras perçu pendant
quelques secondes comme une tige de fer très fine” (S.46).
Ainsi donc, dans leur majorité, les perturbations massives
au niveau sensoriel recouvrent un ensemble de sensations
physiques plutôt désagréables, exprimant probablement les
résistances du sujet, mais elles peuvent également, dans
certains cas, correspondre à une diminution de la conscience du
corps et marquent alors l’abandon du sujet à l’hypnose : la
conscience du sujet se ferme à tout ce qui ne lui vient pas de
l’hypnotiseur. - 477 -
6.111.13.- Déformations du corps (B.17).
Les déformations du corps, sans être courantes, sont assez
fréquentes : 18 sujets sur 48. Le plus souvent, elles sont
perçues non comme des “impressions” mais comme des
modifications “réelles du corps” (66%) et dans tous les cas
elles inquiètent les sujets (100%).
Ces déformations, qui recoupent parfois les deux catégories
précédentes (perturbations massives au niveau spatial et au
niveau sensoriel), sont décomposables en trois grands groupes :
a- déformation du corps ou de ses parties, b- illusions
kinesthésiques (mouvements fantômes), c- perte du corps.
a- Déformation du corps ou de ses parties :
Cette catégorie est la plus fréquente (50%). Les
déformations peuvent apparaître au niveau de la perception de
la position du corps : “colonne vertébrale en boule” (S. ),2
“impression de zigzag sur la colonne vertébrale pendant 2 ou 3
minutes” (S. ), “impression d’avoir les mains complètement14
tordues” (S. ), “bras un peu déformés” (S. )... 28 41
Elles peuvent aussi concerner la taille et le volume du
corps ou de ses parties : “les bras un peu courts... raccourcis”
(S.4), “impression d’être immense” (S. ), “impression d’avoir15
de gros avant-bras” (S. ), “une barre de fer très très longue34
à la place de mes mains” (S. ). 46- 478 -
Enfin, dans un cas extrême, la déformation porte sur la
matière même du corps : “impression que toutes les cellules de
mon corps sont diffuses, spongieuses” (S. ). 8
b- Illusions kinesthésiques : mouvements ou positions fantômes :
On trouve ce type d’illusions chez 5 des sujets qui évoquent
une impression de déformation du corps. Les sujets perçoivent
alors des mouvements ou des positions imaginaires : “impression
d’avoir la paume gauche tournée en l’air” (S. , “je me sentais38
à la fois tomber et droite” (S. ), “impression d’entrer comme7
dans un entonnoir” (S. )... 44
c- Disparition du corps :
Trois sujets évoquent spontanément une disparition
progressive du corps ou de ses parties : “je ne sentais plus
les formes de mon corps” (S. ), “perte de la sensation de mon8
corps, au niveau surtout du tronc et des jambes” (S. ), “senti22
la main comme morte... comme si elle ne faisait plus partie de
mon corps (S. )... 6
En passant ainsi en revue les différents thèmes qui
apparaissent à propos de l’image du corps, on doit remarquer
qu’il existe certains chevauchements entre ces thèmes et
certains de ceux qui sont évoqués dans le cadre des réponses
aux deux questions précédentes. C’est le cas tout
particulièrement pour deux des contenus mineurs évoqués à
propos des perturbations au niveau sensoriel : - disparition du
corps ou de ses parties, - déformation du corps et des contenus
relatifs à l’image du corps. Nous verrons cependant un peu plus
loin que, malgré ces chevauchements de contenus, ces trois
variables restent distinctes et ne sont que très faiblement
corrélées (cf. p.484).