Tocayo ; n°2 ; vol.13, pg 338-339

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Journal de la Société des Américanistes - Année 1921 - Volume 13 - Numéro 2 - Pages 338-339
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Publié le 01 janvier 1921
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Paul Rivet
Tocayo
In: Journal de la Société des Américanistes. Tome 13 n°2, 1921. pp. 338-339.
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Rivet Paul. Tocayo. In: Journal de la Société des Américanistes. Tome 13 n°2, 1921. pp. 338-339.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jsa_0037-9174_1921_num_13_2_3249338 SOCIÉTÉ DES AMERICAN ISTES DE PARIS
des nombreuses familles que Fauteur passe en revue, mais encore pour l'étude
de la survivance des idées et des coutumes françaises.
Trente-sept des chapitres de cet ouvrage portent les nomsd'autanl de vieilles
familles créoles. La première notice est consacrée aux Marigny de Man-
deville dont un membre débarqua en Louisiane dès Tannée 1 704 et dont la
lignée s'est perpétuée pendant deux siècles sur les bords du Mississipi. Bernard
de Marigny (1785-1868) restera longtemps le type d'un des derniers créoles
alliant aux manières de l'ancien régime les façons d'un dandy de la Restauration ;
fin gourmet et grand joueur, aussi prodigue que brave et galant, ses équipages,
ses réceptions, ses duels sont restés légendaires et firent de lui longtemps le
prototype, un peu conventionnel, du vieux Créole français. Dans le chapitre
consacré aux Ponlalba, famille aussi connue en France qu'en Louisiane, signa
lons de nombreux extraits de la correspondance de Joseph-Xavier de Pontalba
qui fournit d'intéressants renseignements sur la vie des créoles en 1795.
Louis de Villeré qui, en 1705, fut un des chefs les plus ardents de la révolte
des Français contre les Espagnols et fut exécuté par ordre d'O'Reilly, a laissé
de nombreux descendants qui ont toujours occupé de hautes situations en Loui
siane. L'un d'eux M. Paul Villeré, qui vint à Paris représenter la Nouvelle-
Orléans lors de la célébration du deuxième centenaire de la fondation de cette
ville, me disait : « Ma mère n'aurait jamais permis que ses enfants lui
adressent la parole en anglais ». Il y a encore en Louisiane quelques familles
qui ont deux patries, l'Amérique et la Fiance; nous ne devons jamais l'oublier,
et c'est pour cela que nous devons remercier M"e King de nous avoir
mieux fait connaître ces vieilles familles devenues sincèrement américaines,
mais conservant un amour ardent pour leur patrie d'origine.
Bien d'autres notices seraient encore à citer comme celles des Coulon de
Villiers et de Jumonville, des de la Ronde, de Livandais, Macarty, Soniat du
Fossat. dont l'un rédigea à la fin du xviu6 siècle un intéressant Mémoire his-
tnncfue, et celle de la famille Cruzat à laquelle appartenait l'érudit William Cruz
at, dont M"'e Iléloïse Cruzat poursuit les belles études sur la Louisiane.
Enh'n, pour terminer, signalons une excellente biographie de Charles Gayasré,
le premier véritable hi.storùen de la Louisiane, et une notice sur M. Alcée For-
lie r, mort en 1914, l'auteur de Y History of Louisiana publiée en 1894 si magni
fiquement par Manzi et Joyant.
Ajoutons que l'ouvrage de M11'' King est illustre de jolis croquis représen
tant d'anciennes demeures créoles ou de vieux meubles louisianais.
M. de Villiers.
Tocayo. — Notre savant collègue, M. Ph. Marcou, vient de donner, dans le
Bulletin de la Société de Linguistique de Paris (t. XXII, 1920-1921, p. 36-37),
l'étymologie nahuatl de ce mot espagnol qui a le sens de « personne portant
le même prénom que la personne qui parle ». Tocayo dérive de locayotl, qui,
en mexicain, signifie le nom considéré comme faisant partie d'une personne,
tandis que Locaitl veut dire simplement le nom qu'on possède. Après la MÉLANGES ET NOUVELLES AMÉRICAIN [STES 339
conquête de Mexico, un grand nombre de chefs indiens, ayant reçu en bap
tême les prénoms de leurs parrains espagnols, ont dû appliquer le mot tocayoll
à leur nouveau prénom chrétien, comme taisant partie de la personne du
parrain qui le leur avait donné; puis le mot désigna la personne même du par
rain et finalement toute personne ayant le même prénom que la personne qui
parle. Les Espagnols adoptèrent ce mot et 1 acclimatèrent dans leur pays, où
son origine américaine avait été méconnue jusqu'à ce jour.
P. R.
Une nouvelle classification des langues indiennes du Centre-Amérique. — De
1907 à 1917, le Dr Lehmann a parcouru la Jamaïque, Panama, Costa-Rica. Nica
ragua, Honduras, San-Salvador, Guatemala et le Mexique,' d'où il a regagné
l'Europe en passant par les Etats-Unis ; sur ce laps de temps, il a consacré près
de deux ans à des travaux archéologiques dans le Costa-Rica. lia recueilli aussi
de nombreux documents linguistiques. Ses travaux ont été subventionnés par
la Bœssler-Stiftung et, par le duc de Loubat. Le résultat de ses études linguis
tiques est présenté dans deux magnifiques volumes qui viennent de paraître1.
Il divise les langues de l'Amérique centrale en deux branches principales :
branche Atlantique et branche Pacifique, sans compter le caraïbe (parlé au
Honduras britannique)! Dans le premier volume, et dans la première moitié
du second, il étudie la branche Atlantique, qu'il divise en 10 groupes :
1° Barbacoa (Colorado, Cavapa, Cuaiquer, Telembi, Goconuco, Paniquita,
etc.), parlé dans le nord de l'Equateur et l'extrême sud de la Colombie;
2° Esmeralda (Equateur), langue qui présente des mots communs avec le
Mochica ;
3n Chibcha, se subdivisant en nombreux dialectes et auquel se rattache le
Dmi (Colombie) ;
4° Stnsiga, langue apparentée au Chibcha (Colombie, à l'est de Bogota^. ;
f>c Arruaho, groupe de dialectes, intermédiaires entre le Chibcha et les dia
lectes de Panama et Darien, parlés dans la Sierra Nevada de Santa Marta ;
0° Choeo, groupe de dialectes depuis les golfes de San Miguel et d'Uraba
N" jusqu'à Antioquia (Sud-Panama et W de Colombie);
' 9" 7° 8° 10° Panama Costa- Cuna-Cueva Nicaragua, Hica, occidental (sous-groupes (Panama), Honduras, (Veragua, au Salvador Talmnanca, nord Chiriqui); et et à l'ouest Sud-Est Brihri, des du Terraba, Choco Guatemala. ; Bnruca) ;
Ce dernier groupe est peut-être le plus considérable par le nombre des sous-
groupes et des dialectes, il déborde même sur le nord de Costa Rica, où le
Guatuso est encore parle. Il se divise en 3 sous-groupes :
a) Nicaragua Oriental (familles guatuso; miskito-sumo-ulua ; matagalpa :
1. Lehmann (Wallher). Zenlral-Amerika, lerTei! : Die Sprachen Zcnlral-Amerikas.
1er volume, xii-5'J.s pages ^avec 1 carlo; hors texte). 2me volume, xii-iož pages i avec
l carte hors-texte). Berlin, Dielrich Reimer, 1921, in-4°.