Substrat préromain / Sostrato preromano ; n°1 ; vol.109, pg 308-337

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Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité - Année 1997 - Volume 109 - Numéro 1 - Pages 308-337
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Publié le 01 janvier 1997
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Jean-Luc Lamboley
K. Bursi - Matijaši
P. Càssola Guida
M.-C. d'Ercole
Substrat préromain / Sostrato preromano
In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité T. 109, N°1. 1997. pp. 308-337.
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Lamboley Jean-Luc, Bursić - Matijašić K., Càssola Guida P., d'Ercole M.-C. Substrat préromain / Sostrato preromano. In:
Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité T. 109, N°1. 1997. pp. 308-337.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-5102_1997_num_109_1_7780308 RECHERCHES SUR L'ADRIATIQUE ANTIQUE
Alcuni lavori presentano in particolare considerazioni preliminari a ta
luni progetti cartografici260 ο proposte di individuazione topografica di cent
ri antichi261. Un utile strumento è un repertorio di cartografia abruzzese
del XVI secolo262.
Infine merita ricordare i volumi, su argomenti specifici legati alla to
pografia e all'ambiente antichi, della collana Atlante tematico di Topografia
antica2^.
3 - Substrat préromain / Sostrato preromano
(K. Bursic-Matijasic, P. Cassola Guida, M. Chelotti, M. C. d'Ercole,
J.-L. Lamboley)
3.1 - Albanie / Albania (J.-L. L.)
La parution des Actes du deuxième colloque international sur l'Illyrie
méridionale et l'Épire dans l'antiquité [190], ainsi que de la Table ronde de
Clermont-Ferrand sur les Grecs et les Illyriens dans les inscriptions
grecques d'Apollonie et Epidamnos [190] - déjà annoncée dans la chro
nique précédente (MEFRA, 105, 1993/2 p. 1078-1079) -, la sortie du premier
volume des inscriptions grecques d'Albanie consacré à Epidamnos264, trois
romana al medioevo, dans La valle dell'alto Vomano e i Monti della Laga, DAT, III, 1,
1991, p. 189-267.
260 Zaccaria C, Toneatto L., Prenc F., Boschian G., Maggi P., Cividini T., Egidi
P., Per una carta archeologica del Friuli in età romana, dans Tipologia di insedia
mento, p. 179-212.
261 Katic M., Prilog ubikaciji Decimina (A Contribution to the Location of Deci-
min), dans Obavijesti HAD-a, 24, 3, 1992, 49-52 (res. ang. p. 52); Carroccia M.,
Contributo topografico all'identificazione di Buca nel territorio fremano, dans Athe
naeum, 80, 1, 1992, p. 199-206.
262 Maestri D., Centofanti M., Dentoni Litta Α., Immagini di un territorio, L'Aquil
a, 1992.
263 Di cui sono usciti Tecnica stradale [185]; Quilici L., Quilici Gigli S. (éd.),
Strade romane : percorsi e infra strutture, Atlante storico di topografia antica 2, Roma,
1994, 252 p.; lid. (éd.), Opere di assetto territoriale e urbano, Atlante tematico di topo
grafia antica 3, Roma, 1995, 246 p.; Interventi di bonifica agraria nell'Italia romana,
Atlante tematico di topografia antica 4, Roma, 1995, 252 p. Cfr. anche il supplemento
Agricoltura e commerci nell'Italia antica, Atlante tematico di topografia antica. Supple
mento 1, Roma, 1995, 300 p.
264 Cabanes P., Drini F., Corpus des Inscriptions grecques d'Illyrie méridionale et
d'Êpire. Tome LA. Inscriptions d'Epidamne-Dyrrhachion, Athènes 1996. Le tome l.B.
des inscriptions d'Apollonia est sous presse. RECHERCHES SUR L'ADRIATCQUE ANTIQUE 309
numéros de la revue Ilirìa et deux numéros de la revue Monumentet , consti
tuent l'essentiel des publications dépouillées concernant l'Albanie.
Par ailleurs, plusieurs missions étrangères ont ouvert des chantiers ar
chéologiques, et dans le domaine de l'archéologie classique, il faut relever
depuis 1993 la présence de la mission épigraphique et archéologique fran
çaise à Apollonia, dirigée par P. Cabanes. Les premiers comptes rendus ont
été donnés dans les BCH de 1994265 et 1995266, et un bilan a eu lieu en octo
bre 1996 à l'occasion du troisième colloque international sur l'Illyrie méri
dionale et l'Épire dans l'Antiquité. Quatre équipes franco-albanaises sont
engagées sur le site dì Apollonia. Des géographes étudient la morphologie
du site et l'évolution de la plaine littorale dans l'espoir de pouvoir localiser
l'emplacement du port fluvial ou lagunaire de la ville; les architectes ont
entrepris le relevé systématique de toutes les structures existantes pour un
plan topographique précis et détaillé de l'ensemble du site; un petit groupe
travaille sur les fortifications pour en dégager le tracé et en préciser la
chronologie; enfin la dernière équipe a entrepris la fouille du secteur situé
dans le prolongement du portique aux 17 niches fouillé par L. Rey. Une
équipe grecque dirigée par C. Hadzis en collaboration avec A. Nanaj a tra
vaillé sur l'acropole de Bouthrôtos. Pour les autres activités de fouilles alba
naises, on ne dispose que de la chronique pour l'année 1990 publiée dans
Ilirìa261.
Quelques prospections conduites par des équipes albanaises ont about
i à la publication de cartes archéologiques. C'est le cas pour la région de
Kukes268, de Librazhd269, et pour le parcours de la Via Egnatia dans la vallée
du Shkumbin270.
Les travaux concernant l'urbanisme des grands centres n'ont pas ap
porté de résultats radicalement nouveaux par rapport aux publications pré
cédentes (cf. MEFRA, 105, 1993/2, p. 1082-1083). Il faut relever cependant
265 Cabanes P. et alii, Apollonia d'Illyrie (Albanie), dans BCH, 118, 1994, p. 521-
529.
266 Iid., Apollonia d'Illyrie (Albanie), dans BCH, 119, 1995, p. 551-571.
267Aa.Vv., Gërmitet arkeologjike të vitit 1990 (Fouilles archéologiques en 1990),
dans Iliria, 1990, 2, p. 249-277.
268 Bela M., Përzhita L., Harta arkeologjike e krahinës se Hasit dhe rrafshit të Lû
mes (rrheti i Kukësit), dans Iliria, 1990, 2, p. 227-248.
269 Papajani Α., Ndihmësë për harten arkeologjike të rrethit të Librazhdet (Contri
bution à la carte archéologique du district de Librazhd), dans Iliria, 1991, p. 1-2.
270 Shtylla V., Papajani L., Të dhëna teknike mbi rrugën e luginës se Shkumbinit
ne Antikitet dhe Mesjetë (Données techniques sur la route de la vallée du Shkumbin en
Antiquité et au Moyen-Age) , dans Monumentet, 1990, 1, p. 57-73 (rés. fr.). 310 RECHERCHES SUR L'ADRIATCQUE AOTIQUE
la synthèse de N. Ceka qui propose une étude comparative des fortifica
tions, plans urbains, théâtres, portiques, hypogées, de plusieurs centres
d'Illyrie méridionale et Épire aux Ve-IIIe siècles av. J.-C.271. Le même auteur
consacre également un long article sur les fortifications du koinon des Byl-
liones; il distingue les centres principaux (Byllis, Klos et Gurzeze) et les
forteresses contrôlant les lieux de passage (Margëllic, Belishova, Rabia, Ka-
livaç); trois phases chronologiques sont identifiées selon un schéma déter
ministe distinguant phase protourbaine à l'époque archaïque, et phase ur
baine à partir du début du IVe siècle; la dernière phase est marquée par l'e
ssor urbanistique de Byllis au milieu du IVe siècle272. On a également
quelques précisions concernant l'urbanisme hellénistique d'Antigonea273 .
Les recherches ont beaucoup progressé en épigraphie grâce à la publi
cation systématique des inscriptions grecques et illyriennes dont on vient
de signaler la parution du premier volume [264]. À noter que la sortie du
volume sur Apollonia est imminente. Plus de 950 inscriptions ont été recen
sées pour les deux colonies corinthiennes. Leur chronologie a fait l'objet
d'une étude de N. Ceka274. Les inscriptions archaïques sont rares (quatre
pour les deux centres); l'époque classique n'est représentée que par quel
ques stèles attiques à Dyrrhachion; les inscriptions des IVe et IIIe siècles au
contraire sont attestées surtout à Apollonia; l'essentiel des témoignages
sont des inscriptions funéraires d'époque romaine impériale. La typologie
des supports, avec notamment les columéllae de Dyrrhachion apparues
pour la première fois entre 166 et la Guerre sociale, et leur rapport avec les
formules dont la plus employée est le nom + patronyme + Χαίρε, reflètent,
selon Fraser dans Grecs et Illyrìens [190], une crise économique et sociale
dans une région isolée du reste du monde grec. Les actes d'affra
nchissement de Bouthrôtos ont permis d'établir l'existence d'un régime de
copropriété dans la société des Prasaiboi275. Dans une approche plus syn
thétique, les apports de l'épigraphie à l'histoire dì Apollonia et d'Epidamnos,
ont été bien exploités dans la communication de P. Cabanes, où l'on trou
vera notamment une étude intéressante du monument des Apolloniates à
271 Ceka N., La Koinè illyrico-épirote dans le domaine de l'architecture, dans Illyrie
2, p. 123-133.
272 Id., Fortifikimet antike të bashkësisë Byline (Les fortifications antiques du koi
non des Byttions), dans Iliria, 1990, 1, p. 99-146 (rés. fr. p. 144-146).
273 Budina D., Antigonea d'Épire et son système urbain, dans Illyrie 2, p. 111-122.
274 Ceka N., La datation des inscriptions en langue grecque d'Apollonia et de Dyr
rhachion, dans Grecs et Illyriens, p. 21-33.
275 Drini F., Remise en question du caractère de la propriété chez les Prasaiboi aux
IHe-Ier siècles avant notre ère sur la base des nouvelles données fournies par les actes
d'affranchissement de Bouthrôtos, dans Illyrie 2, p. 219-223. RECHERCHES SUR L'ADRIATIQUE ANTIQUE 311
Olympie en relation avec le mythe troyen276. On retiendra enfin la commun
ication de S. Dakaris faisant état de plusieurs lamelles oraculaires retro
uvées à Apollonia, Epidamnos, Byllis, Onchesmos, Chemara, Oricos, ainsi
qu'en Chaonie277.
Les études onomastiques ont le plus profité de l'apport épigraphique :
étude des noms non grecs278, des noms illyriens279, comparaisons entre
noms grecs et noms illyriens280, entre l'onomastique des deux colonies
grecques et celle de l'arrière-pays illyrien281 ou de la zone dalmate282. Les
conclusions, parfois divergentes, font apparaître que Dyrrhachion est
beaucoup plus ouverte aux Illyriens et aux étrangers qu' Apollonia; cela
confirme le caractère cosmopolite de la «taverne de l'Adriatique» par oppos
ition au plus xénophobe d'Apollonia. D'autre part, les Illyriens
restent très minoritaires parmi les élites citadines, ce qui contredit des af
firmations antérieures283; ils cherchent plutôt fortune dans le reste du
monde grec nord-occidental, ce qui pourrait s'expliquer par l'essor démog
raphique des IVe-IIIe siècles et les possibilités qu'offrent les armées macéd
oniennes284. Les timbres sur tuile témoignent, eux, de la diffusion des
noms grecs dans l'arrière-pays illyrien. Une étude spécifique, s'appuyant
sur les données de l'onomastique et de la culture matérielle, affirme que les
276 Cabanes P., Apollonie et Épidamne-Dyrrahchion : épigraphie et histoire, dans
Illyrie 2, p. 145-153.
277 Dakaris S. et alii, Les lamelles oraculaires de Dodone et les villes de l'Êpire du
nord, dans Illyrie 2, p. 55-60.
278 De Simone C, L'elemento non greco nelle iscrizioni di Durazzo ed Apollonia,
dans Grecs et Illyriens, p. 35-76.
279 Mansaku S., Un regard sur les noms illyriens dans les inscriptions grecques de
Dyrrhachion et d'Apollonia, dans Grecs et Illyriens, p. 89-93.
280 Hatzopoulos M., Anthroponymie grecque et non-grecque dans les inscriptions
de et dans Grecs et Illyriens, p. 81-87; Masson O., Encore les
noms grecs et les noms illyriens à Apollonia et Dyrrhachion, dans Grecs et Illyriens,
p. 77-80.
281 Anamali S., Aperçu comparatif entre l'onomastique dyrrhachienne et Apollo-
niate et celle des centres de l'arrière-pays illyrien, dans Grecs et Illyriens, p. 113-117.
282 Rendic-Miooevié D., Epidamnos-Dyrrhachion, itaier-Municipium Riditarum
(Dalmatie) et leurs fonds épigraphiques comme sources de l'onomastique illyrienne,
dans Grecs et Illyriens, p. 119-125.
283 Ainsi l'ouvrage collectif albanais paru à Tirana en 1985 {Les Illyriens. Aperçu
historique) affirmait que les Illyriens occupaient une place de plus en plus import
ante dans les deux cités grecques à partir du IIIe siècle av. J.-C.
284 Anamali S., Les Illyriens et les villes d'Illyrie du sud dans les inscriptions de la
Grèce, dans Illyrie 2, p. 164-166. 312 RECHERCHES SUR L'ADRIATCQUE ANTIQUE
Enchéléens et les Dassarètes ne sont pas des Illyriens285. L'onomastique
d'Apollonie et d'Epidamnos a été également étudiée à partir des données
littéraires, somme toute assez pauvres (11 noms pour Epidamnos et 6 seul
ement pour Apollonia)2*6 , et des données numismatiques qui montrent que,
sur les légendes, les noms illyriens restent très minoritaires287. À noter que
le troisième volume du Lexicon of Greek Personal Names concerne l'Epire et
l'Illyrie méridionale; une première présentation en a été faite, et annonce
pas moins de 4622 entrées288.
En numismatique, des progrès très importants ont eu lieu durant ces
cinq dernières années. Plusieurs trésors ont été publiés. Celui de Hoxhare
découvert en 1979 dans le nord de l'Albanie est composé de monnaies répu
blicaines datables entre 199 et 111 av. J.-C; il a été enterré vers l'an 100 en
viron, et l'absence de monnaies d'Epidamnos ou d'Apollonia fait penser
qu'il s'agit du trésor d'un marchand romain de passage289. Le trésor de Dër-
mish, découvert en 1954, comprend 64 monnaies d'argent de Corinthe et 9
d'Histiea. Le trésor d'Antigonea est composé de 206 monnaies de Corinthe,
1 de Sicyone, 4 de Halkis, et 2 d'Ambracie; ces deux trésors enterrés entre
169 et 168 montrent l'importance des monnaies corinthiennes, statères et
drachmes, encore à cette époque290. Dans le village de Koshovice, ont été
retrouvées une monnaie d'argent des Epirotes et une monnaie de bronze de
Corcyre, datables entre 234 et 168 av. J.-C.291. Grâce à une convention s
ignée entre l'Académie des sciences de Tirana et l'École Française d'A
thènes, l'ensemble des monnaies découvertes en Albanie va faire l'objet
d'une publication systématique de la part d'O. Picard et S. Gjoncgecaj; le
travail est déjà bien avancé pour les monnaies d'Apollonia.
Pour les problèmes de circulation monétaire, on retiendra la commun
ication de A. Stazio sur la diffusion des monnaies corinthiennes en Oc-
., Enchélens, Dassarètes, Illyriens. Sources littéraires, épigraphiques et
archéologiques, dans Illyrie 2, p. 191-199.
286 Cabanes P., L'apport des sources littéraires à l'onomastique d'Épidamne-Dyr-
rhachion et Apollonia d'Illyrie, dans Grecs et Illyriens, p. 7-20.
287 Beauregard M., L'apport des monnaies à l'étude de l'onomastique d'Apollonia
et d'Épidamne-Dyrrhachion, dans Grecs et Illyriens, p. 95-111.
288 Matthews E., Epiros and Southern Illyria in the Lexicon of Greek Personal
Names : an interim report, dans Illyrie 2, p. 175-181.
289 Gjongecaj S., Thesari i Hoxharës (le trésor de Hoxhare), dans Iliria, 1990, 2,
p. 207-226 (avec résumé en français).
290 Id., Dy thesare monedhash antike (deux trésors de monnaies antiques), dans
Iliria, 1990, 1, p. 147-167 (rés. fr. p. 159-160).
291 Komata D., Gjette rasti nag fshati Koshovice (Trouvailles fortuites provenant
du village de Koshovice), dans Iliria, 1991, 1-2, p. 265-267 (pas de rés.). RECHERCHES SUR L'ADRIATIQUE ANTIQUE 313
rident292, et l'article de G. Papageorgiadou étudiant l'aire de diffusion des
monnaies émises en territoire illyrien293; l'auteur montre qu'elles circulent
surtout à partir du milieu du IVe siècle av. J.-C, avec une forte prédomi
nance de Dyrrhachion; on les retrouve en Roumanie, Bulgarie, ex- Yougosl
avie, mais aussi en Sicile, et beaucoup moins en Grèce. Pour terminer avec
cette rubrique, on signalera la communication de A. Sasianu sur le symbol
isme des types monétaires d'Apollonia et d'Epidamnos , où l'on devine l'i
nfluence de Corcyre et l'importance des divinités comme Apollon, Demeter
et Dionysos294.
Quelques travaux d'histoire politique et sociale apportent leur contri
bution à une meilleure connaissance du monde illyrien. Le gros article de
S. Anamali est une tentative de synthèse pour articuler l'Antiquité illy-
rienne avec le Moyen Âge albanais295. S. Islami tente d'établir que les colo
nies grecques d'Apollonia et d'Epidamnos ne sont pas passées sous le
contrôle de Pyrrhus, mais ont maintenu leurs relations avec le roi illyrien
Glaucias et son successeur Monounios296. Plus ponctuelles et précises sont
les communications de J. Ducat montrant l'existence d'un esclavage collect
if chez les Ardéens et les Dardaniens297, de F. Drini établissant l'existence
d'un régime de copropriété chez les Prasaiboi [275] et de C. Hadzis sur la
nature et la fonction des péripolarques à partir des témoignages épigra-
phiques298. La localisation des tribus illyriennes retient toujours l'attention
des spécialistes; ainsi M. Hatzopoulos déplace les Atintanes vers le bassin
de Permet, très à l'intérieur des terres, alors que la thèse traditionnelle est
292 Stazio Α., La documentazione numismatica, dans ACT, 34, 1994 (sous presse).
293 Papageorgiadou C, Contribution à l'étude de la circulation des monnaies de
l'Illyrie, dans Illyrie 2, p. 251-253.
294 Sasianu Α., Symbolism on Dyrrhachian and Apollonian Drachms, dans Illyrie
2, p. 241-249.
295 Anamali S., Ilirët dhe Shqiptarët (Les Illyriens et les Albanais), dans Iliria,
1990, 1, p. 5-26 (rés. fr. p. 21-26).
296 Islami S., L'État illyrien et les colonies grecques sous la dynastie de Glaucias,
dans Illyrie 2, p. 155-161.
297 Ducat J., L'esclavage collectif en Illyrie. A la recherche d'un hilotisme barbare,
dans Illyrie 2, p. 211-217.
298 Hadzis C, Les Amphiniens à Corcyre et la dédicace du péripolarque à l'Ash-
molean Museum, dans Illyrie 2, p. 201-209; question reprise par P. Cabanes, Re
cherches épigraphiques en Albanie : péripolarques et peripoloi en Grèce du Nord-Ouest
et en Illyrie à l'époque hellénistique, dans CRAI, 1991, p. 197-221, qui définit aussi par
ailleurs le statut de l'étranger à Epidamnos et Apollonia : L'étranger dans les cités
d'Epidamne-Dyrrhachion et d'Apollonia d'Illyrie, dans L'étranger dans le monde grec,
II, Nancy, 1992, p. 87-105. 314 RECHERCHES SUR L'ADRIATIQUE AKTIQUE
d'en faire un peuple limitrophe du territoire d'Apollonia299. L'idée reçue se
lon laquelle les Illyriens, de tradition guerrière, s'engagent en masse
comme mercenaires dans les armées macédoniennes [284], est remise en
question par l'étude de S. Le Bohec qui établit que ces mercenaires sont au
contraire peu nombreux, qu'ils sont lourdement armés, et que certains ont
reçu des terres en Macédoine pour récompense de leurs services300. Enfin,
les nécropoles de Dyrrhachion ont fait l'objet d'un long article301; l'inhuma
tion (48 tombes) est attestée dès le début de la nécropole, mais l'incinéra(75 disparaît vers le milieu du IIIe siècle. Les typologies des
tombes sont variées, depuis la simple urne en argile jusqu'au sarcophage
de marbre, en fonction du statut social et des rites; la nécropole révèle une
population dense qui, selon l'auteur, serait homogène comme à Apollonia,
ce qui peut apparaître discutable.
L'histoire religieuse n'a guère retenu l'attention des chercheurs. À cô
té de l'étude consacrée au symbolisme religieux des types monétaires
[294], on relèvera seulement la communication de C. Tzouvara-Souli sur
les cultes communs à l'Épire et à l'Albanie302. L'auteur montre la forte in
fluence corinthienne qui se manifeste par la prédominance des cultes
d' Artemis et d'Athéna Chalinitis; ensuite on note l'id'Apollon Agyieus,
nfluence d'Athènes, puis de la politique religieuse de Pyrrhus; les cultes
dodonéens de Zeus et Dionè sont également partout répandus dans ces
régions.
On terminera cette chronique avec les travaux concernant la culture
matérielle et les échanges. kAntigonea ont été récupérés les restes d'une sta
tue équestre en bronze cachée intentionnellement au moment de la destruc
tion de la ville par les Romains303. Le matériel provenant de diverses fouilles
a été l'objet de publications304. Particulièrement intéressantes sont les
299 Hatzopoulos M., Le problème des Atintanes et le peuplement de la vallée de
l'Aoos, dans Illyrie 2, p. 183-190.
300 Le Bohec S., Les soldats illyriens au service des rois de Macédoine, dans Illyrie
2, p. 225-230.
301 Tartari F., Rite dhe forma varresh nga varreza e Dyrrahut e shek. I-V e sonë
(Rites d'inhumation et types de tombes de la nécropole de Dyrrachium), dans Iliria,
1991, 1-2, p. 187-201 (rés. fr.)
302 Tzouvara-Souli C, Common cults in Epirus and Albania, dans Illyrie 2, p. 65-
82.
303 Budina D., Starnati F., Disa objekte bronsinga Antigonea (Quelques objets en
bronze à Antigonea), dans Monumentet, 1989, 2, p. 134-135 (rés. fr.).
304 Materiel provenant des fouilles de nécropoles : Damko P., Gjete rasti nga
Vithkuqi (Trouvailles fortuites provenant de Vithkuq), dans Iliria, 1991, 1-2, p. 275-277 RECHERCHES SUR L'ADRLVTIQUE ANTIQUE 315
fouilles des tumulus 6 et 7 de la nécropole d'Apollonia, conduites entre 1981
et 1988 : les vases les plus anciens, d'importation corinthienne, remontent à
la fin du VIIe siècle av. J.-C. ; les catégories de matériel les plus représentées
sont les céramiques des IVe-IIIe siècles apulienne et d'imita
tion locale305. La nécropole de Dyrrhacchion présente une situation iden
tique pour la période archaïque : importations corinthiennes et imitations
locales, vases attiques, laconiens et micrasiatiques306. Le problème de la cir
culation des objets en provenance de Corinthe a suscité plusieurs communic
ations à l'occasion du Congrès de Tarente de 1994 (Corinto, [189]); le cadre
général, pour l'époque archaïque, a été fixé par P. de Fidio307, et du point de
vue des relations internationales par L. Picirilli308; la communication de N.
Ceka concernait spécifiquement les produits corinthiens retrouvés en Alban
ie309, mais il ne faut pas la dissocier de celle de F. D'Andria qui traitait de la
côte adriatique italienne310. Il arrive souvent, en effet, qu'on oublie de repla
cer les faciès régionaux dans des unités géographiques et socio-écono-
(pas de rés.); ce site du district de Korça a livré du matériel des IVe-IIIe siècles, sans
doute en contexte funéraire, qui comprenait des fibules d'argent. Jubani B., Gërmine
ne tumat nr 2 dhr 3 te Fushes se Shtojit (fouilles des tumulus 2 et 3 de la plaine de
Shtoj), dans Ilirìa, 1992, 1-2, p. 23-58 (rés. fr. p. 45-47); la vingtaine de tombes fouil
lées a livré du matériel allant de l'âge du Bronze au 1er siècle av. J.-C.
Matériel amphorique : Lahi B., Amfora transporti të shek. ll-lp.e. sonë të zbulu-
ra ne qytetin e Shkodrës (amphores de transport des IIe-Ier siècles av. n. ère, découvertes
dans la ville de Skhodra), dans Iliria, 1992, 1-2, p. 97-128 (rés. fr. p. 114-115); Bereti V.,
Amfora transporti të zbulura ne vendbanimin e Treportit (Amphores de transport dé
couvertes dans l'habitat de Tréport), dans Iliria, 1992, 1-2, p. 129-147 (rés. fr. p. 143).
Ces études sur les amphores permettent de compléter utilement le cadre des product
ions et circulations de ces vases containers : jusqu'au IIIe siècle av. J.-C, les types
dominants sont les corinthiennes et les gréco-italiques, mais avec de nomb
reuses productions locales, à Apollonia notamment; à partir du IIe siècle on voit les
liens devenir plus forts avec la région de Blindes, puis les importations avec l'E
spagne s'intensifient pendant le Ier siècle.
305 Dimo V., Qeramika korintike, atike me figura të zeza dhe ajo me figura të kuqe
të gjetura ne nekropolion e Apolonisë (Les céramiques corinthiennes, attiques à f.n. et à
f.r. découvertes à la nécropole d'Apollonia, dans Iliria, 1991, 1-2, p. 65-90 (rés. fr.)
306 Hidri H., Qeramika arkaike e Dyrrahut (La céramique archaïque de Dyrra-
chium), dans Iliria, 1990, 2, p. 161-206 (rés. fr. p. 189).
307 De Fidio P., Corinto e le sue relazioni con l'Occidente in età arcaica, dans ACT,
34, 1994 (sous presse).
308 picirilli L.; Corinto e l'Occidente : aspetti di politica internazionale, dans ACT,
34, 1994 (sous presse).
309 Ceka Ν., Corinto e : l'odierna Albania, dans ACT, 34, 1994 (sous
presse).
310 D'Andria F., Corinto e l'Occidente : la costa adriatica, dans ACT, 34, 1994 (sous
presse). 316 RECHERCHES SUR L'ADRIATIQUE ANTIQUE
miques plus vastes, comme semble l'être le bassin sud-adriatique311. Pour la
période hellénistique, la mosaïque à tête féminine de Dyrrhacchion montre
que l'Illyrie méridionale et l'Épire appartiennent à une koinè artistique dont
le foyer en Grèce s'est déplacé en Macédoine; cette mosaïque de la fin du IVe
siècle se situe en effet dans la tradition artistique de Sicyone, et semble être
le produit d'un atelier de Pella312.
On voit que, malgré les difficultés que connaît leur pays, nos collègues
albanais ont réussi à maintenir leurs activités, et le ralentissement des pu
blications n'a pas empêché le renforcement des liens avec la communauté
internationale grâce à la signature de plusieurs conventions. On peut ainsi
espérer que les prochaines années à venir seront riches de nouvelles dé
couvertes dont notre prochaine chronique ne manquera pas de se faire l'
écho.
3.2 - Croatie et Slovénie / Croatia e Slovenia (Κ. Β. -M.)
Se prendiamo per inizio della nostra trattazione del «sostrato prer
omano» nelle regioni croate e slovene, quelle che si affacciano sull'Adriatico
settentrionale, è certamente doveroso aprire con lo studio monumentale
sul Bronzo medio, di T. Urban313, il quale prende in esame anche il Carso
Triestino e le zone limitrofe di Slovenia e Istria. Tra i pochi contributi allo
studio dell'età del Bronzo in Istria segnaliamo una revisione del castelliere
di Vrcin (Monte Orsino) nell'Istria meridionale314.
Per quanto riguarda, invece, l'età del ferro, il numero di lavori è pro
porzionale all'avvicinamento all'epoca storica. Non si può non menzionare
la riedizione degli scritti di Carlo Marchesetti sulla necropoli di Santa Lu
cia di Tolmino [12], con un'ampia introduzione di Gino Bandelli, mentre i
siti paradigmatici sloveni (in particolare San Canziano - Skocjan, S. Lucia,
Nesazio) sono regolarmente menzionati in altri lavori di sintesi sul perio
do, anche in senso geografico molto più ampio315.
311 Lamboley J.-L., Etat de la recherche sur les relations sud-adriatiques. Bilan et
perspectives, dans Illyrìe 2, p. 231-237.
312 Guimier-Sorbets A.-M., La mosaïque hellénistique de Dyrrhachion et sa piace
dans la série des mosaïques grecques à décor végétal, dans Illyrie 2, p. 135-141.
313 Urban T., Studien zur mittleren Bronzezeit in Norditalien, Universitätsfor
schungen zur prähistorischen Archäologie 14, Bonn, 1993, 672 p.
314 Bursic MatijaSic K., Gradina Vrcin u okviru broncanog doba Istre (Der Ring
wall Vrcin im Rahmen der Bronzezeit Istriens), dans AVest, 39-40, 1988-1989, p. 475-
489.
315 Bergonzi G., L'offerta votiva in Italia settentrionale durante l'età del ferro, dans
Anathema, p. 415-436; Delpino F., Siderugia e protostoria italiana, dans SE, 56, 1989-
1990, p. 3-9; Egg M., Urgeschichtliche Bronzehelme aus dem Schweizerischen Alpen-