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Des milliards d'importation plus ou moins coûteux - article ; n°1 ; vol.159, pg 49-61

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Economie et statistique - Année 1983 - Volume 159 - Numéro 1 - Pages 49-61
Selon les produits, importer un milliard nous coûte plus ou moins. Une même réduction des importations serait inégalement favorable à la croissance, à l'emploi et à la balance commerciale. L'ampleur de la relance qu'elle provoquerait dépend en effet de l'évolution des prix, de la place du produit dans l'appareil de production, du niveau de productivité de la branche et de son exposition à la concurrence étrangère. Le modèle PROPAGE cherche à rendre compte de toutes ces déterminations. Le gain final en devises serait, selon les produits, inférieur de 30 % à 70 % à la réduction initiale, car la relance de la production nécessite des importations nouvelles et modifie la compétitivité. Seuls les biens d'équipement ménager permettraient un gain plus important. C'est aussi pour cette branche, ainsi que pour le verre, la presse ou le matériel électrique que les créations d'emploi seraient les plus nombreuses. Elles seraient beaucoup plus limitées si la réduction d'importations portait sur les produits non ferreux, la construction navale et aéronautique ou la sidérurgie. Les résultats obtenus ne prennent pas en compte d'éventuelles réactions des fournisseurs étrangers. Ils risquent de ce fait de pécher par optimisme.
Billions of francs imports-some more some less expensive - According to the product, importing a billion francs worth of a given product can be more or less expensive. The same reduction of a given import will be unequally favorable to overall growth, to employment and to the commercial balance. The size of the recovery that follows depends upon the evolution of prices, of the place of the product in the production mechanism, of the level of productivity of the sector, and of its exposure to foreign competition. The Model PROPAGE tries to take into account all of these elements. The final gain in foreign currency will be, according to the product, below between 30 and 70 % of the initial reduction, because the rise in production will require new imports and it will modify competitivity. Only household goods would allow a more important gain. It is also in this sector, as well as that of glass, press or electronic material that the creation of new jobs will be the most evident. It would be much more limited if the reduction in imports were in the sector of non-ferrous goods, ship building, aeronautics or steel. The results that have been obtained do not take into consideration the possible reactions of foreign suppliers; the former may be too optimistic for that reason.
Miles de millones de importaciones mas o menos onerosos - Según productos, el importar mil millones nos cuesta mis o menos caro. La misma reducción de las importaciones seria desigualmente provechosa para el crecimiento, el empleo y la balanza comercial. La magnitud de la reactivación que acarrearía depende, en efecto, de la evolución de los precios, del lugar que ocupa el producto en el aparato productive del nivel de productividad de la rama y de lo expuesta que se encuentra ante la competitividad extranjera. El modelo PROPAGE intenta dar cuenta de todas estas determinaciones. La ganancia final en divisas sería, según productos, inferior en un 30 a 70 % de la reducción inicial, pues la reactivación de la producción requiere nuevas importaciones y modifica la competitividad. Los bienes de equipo domesticos tan solo facilitarían una ganancia más importante. Es también para esta rama, así como para el vidrio, la prensa o el material eléetrico que las creaciones de empleos serían más numerosas. Serían mucho más limitadas si el reducir las importaciones abarcase los productos no férreos, los astilleros, la aeronáutica o la siderurgía. Los resultados conseguidos no toman en cuenta eventuates reacciones de proveedores extranjeros. Corren peligro, por lo tanto, de mostrarse demasiado optimistas.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1983
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Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Monsieur Hervé Passeron
Madame Catherine Zaidman
Des milliards d'importation plus ou moins coûteux
In: Economie et statistique, N°159, Octobre 1983. pp. 49-61.
Citer ce document / Cite this document :
Passeron Hervé, Zaidman Catherine. Des milliards d'importation plus ou moins coûteux. In: Economie et statistique, N°159,
Octobre 1983. pp. 49-61.
doi : 10.3406/estat.1983.4793
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/estat_0336-1454_1983_num_159_1_4793Résumé
Selon les produits, importer un milliard nous coûte plus ou moins. Une même réduction des
importations serait inégalement favorable à la croissance, à l'emploi et à la balance commerciale.
L'ampleur de la relance qu'elle provoquerait dépend en effet de l'évolution des prix, de la place du
produit dans l'appareil de production, du niveau de productivité de la branche et de son exposition à la
concurrence étrangère. Le modèle PROPAGE cherche à rendre compte de toutes ces déterminations.
Le gain final en devises serait, selon les produits, inférieur de 30 % à 70 % à la réduction initiale, car la
relance de la production nécessite des importations nouvelles et modifie la compétitivité. Seuls les
biens d'équipement ménager permettraient un gain plus important. C'est aussi pour cette branche, ainsi
que pour le verre, la presse ou le matériel électrique que les créations d'emploi seraient les plus
nombreuses. Elles seraient beaucoup plus limitées si la réduction d'importations portait sur les produits
non ferreux, la construction navale et aéronautique ou la sidérurgie. Les résultats obtenus ne prennent
pas en compte d'éventuelles réactions des fournisseurs étrangers. Ils risquent de ce fait de pécher par
optimisme.
Abstract
Billions of francs imports-some more some less expensive - According to the product, importing a billion
francs worth of a given product can be more or less expensive. The same reduction of a given import
will be unequally favorable to overall growth, to employment and to the commercial balance. The size of
the recovery that follows depends upon the evolution of prices, of the place of the product in the
production mechanism, of the level of productivity of the sector, and of its exposure to foreign
competition. The Model PROPAGE tries to take into account all of these elements. The final gain in
foreign currency will be, according to the product, below between 30 and 70 % of the initial reduction,
because the rise in production will require new imports and it will modify competitivity. Only household
goods would allow a more important gain. It is also in this sector, as well as that of glass, press or
electronic material that the creation of new jobs will be the most evident. It would be much more limited
if the reduction in imports were in the sector of non-ferrous goods, ship building, aeronautics or steel.
The results that have been obtained do not take into consideration the possible reactions of foreign
suppliers; the former may be too optimistic for that reason.
Resumen
Miles de millones de importaciones mas o menos onerosos - Según productos, el importar mil millones
nos cuesta mis o menos caro. La misma reducción de las importaciones seria desigualmente
provechosa para el crecimiento, el empleo y la balanza comercial. La magnitud de la reactivación que
acarrearía depende, en efecto, de la evolución de los precios, del lugar que ocupa el producto en el
aparato productive del nivel de productividad de la rama y de lo expuesta que se encuentra ante la
competitividad extranjera. El modelo PROPAGE intenta dar cuenta de todas estas determinaciones. La
ganancia final en divisas sería, según productos, inferior en un 30 a 70 % de la reducción inicial, pues
la reactivación de la producción requiere nuevas importaciones y modifica la competitividad. Los bienes
de equipo domesticos tan solo facilitarían una ganancia más importante. Es también para esta rama,
así como para el vidrio, la prensa o el material eléetrico que las creaciones de empleos serían más
numerosas. Serían mucho más limitadas si el reducir las importaciones abarcase los productos no
férreos, los astilleros, la aeronáutica o la siderurgía. Los resultados conseguidos no toman en cuenta
eventuates reacciones de proveedores extranjeros. Corren peligro, por lo tanto, de mostrarse
demasiado optimistas.DOSSIER INDUSTRIE
Des milliards d'importations
plus ou moins coûteux
par Hervé Passeron et Catherine Zaidman
Selon les produits, importer un milliard nous coûte plus fie la compétitivité. Seuls les biens d'équipement ménager
ou moins. Une même réduction des importations serait permettraient un gain plus important. C'est aussi pour
inégalement favorable à la croissance, à l'emploi et à la cette branche, ainsi que pour le verre, la presse ou le
balance commerciale. L'ampleur de la relance qu'elle matériel électrique que les créations d'emploi seraient
provoquerait dépend en effet de l'évolution des prix, de les plus nombreuses. Elles seraient beaucoup plus limitées la place du produit dans l'appareil de production, du si la réduction d'importation portait sur les produits non niveau de productivité de la branche et de son exposition ferreux, la construction navale et aéronautique ou la à la concurrence étrangère. Le modèle PROPAGE cher sidérurgie. che à rendre compte de toutes ces déterminations.
Les résultats obtenus ne prennent pas en compte d'éventLe gain final en devises serait selon les produits inférieur
uelles réactions des fournisseurs étrangers. Ils risquent de 30 à 70 % à la réduction initiale, car la relance de la
production nécessite des importations nouvelles et de ce fait de pêcher par^optimisme.
Grâce au modèle PROPAGE, une réduction autonome des La réduction n'a lieu qu'une année, en 1983. De cette
importations de 1 milliard de F a été simulée successivement manière, les effets à moyen terme peuvent être isolés et
pour chacun des vingt produits industriels du « niveau 40 » donner du phénomène étudié une vue plus complète que
de la Nomenclature des activités et des produits. Si cette si l'on s'en tenait aux seuls effets immédiats. Mais si l'on
réduction est identique en niveau, elle ne l'est plus expr voulait se faire une idée d'une réduction prolongée, il suffi
imée en pourcentage des importations de chaque produit. Les rait de cumuler les résultats sur plusieurs années. Le modèle
mécanismes mis en jeu ne seront pas tout à fait de même utilisé est suffisamment linéaire pour autoriser cette approxi
nature : marginal pour la mécanique (1,4 % des importat mation.
ions) le choc est considérable pour le verre (25 %). Les
raisons de cette réduction peuvent être diverses : comporte
ment des entreprises et des ménages plus favorable aux
produits français, meilleure adaptation de ces produits à la
demande interne, ou même mesures transitoires de sauve * Hervé Passeron et Catherine Zaidman font partie de la
garde. On suppose que les équipements sont suffisants pour division « Étude des entreprises » du département « Entreprises »
qu'une production nationale puisse se substituer aux pro de l'INSEE.
duits qui ne sont plus importés. Le modèle PROPAGE est présenté p. 69.
49
8. Graphique I
Effets cumulés sur le solde extérieur et l'emploi*
A Solde extérieur cumulé
I en millions de francs Equipement
ménager
.Verre
9000 10000
Sidérurgie
* Les effets sont ici cumulés sur 6 ans, mais les variations ultérieures sont négligeables.
En termes de solde commercial, les gains cumulés sur ration de l'emploi. Dans ce domaine, les résultats sont plus
six ans sont inférieurs au milliard initial pour presque tous dispersés. Les meilleurs sont obtenus dans le matériel
les produits (graphique I). Ils varient le plus souvent entre électrique professionnel, où ils dépassent 10 000 années-
300 millions et 750 millions. travail sur six ans. Autrement dit, une baisse de 1 milliard
des importations de ce produit permettrait en six ans Trois produits s'écartent toutefois des autres. Pour les
d'employer l'équivalent de 10 000 personnes pendant un an biens d'équipement ménager, l'amélioration cumulée serait
dans l'ensemble de l'économie. Proches de ce chiffre, supérieure à 1 milliard : un processus « vertueux » s'enclenche
viennent ensuite le verre, la presse-édition, l'équipement entre augmentation de la production, baisse des prix et
ménager. Parmi les créations les moins nombreuses, on gains de parts de marché. A l'inverse, le gain ne serait que
retrouve la sidérurgie et les industries de la viande et du lait, de 150 millions pour les industries de la viande et du lait,
mais aussi la construction navale et aéronautique. la baisse des importations induisant une relance de la pro
duction qui se fait au détriment des exportations de produits Tous ces résultats ne prennent pas en compte les éventagricoles. Enfin pour les produits de la sidérurgie, le résultat uelles réactions des pays importateurs à la réduction opércumulé serait même négatif du fait d'une perte de compétit ée. En cas de contingentement de certaines de nos importivité, résultat qu'il conviendra de nuancer. ations, ces réactions pourraient prendre la forme de me
En dehors de ces cas, les meilleurs résultats sont obtenus sures de rétorsion à l'égard de l'ensemble de nos export
dans la construction navale, les matériaux de construction ations, ou d'une hausse de prix des produits importés
et le verre, les moins bons dans la fonderie, le papier-carton concernés. De telles réactions sont certes possibles, mais
et le textile. elles sont difficiles à prévoir, et encore plus à quantifier.
Les effets d'une baisse des importations sont attendus non On sait toutefois que les ignorer ne peut que conduire à
seulement sur le solde extérieur, mais aussi sur exagérer les améliorations obtenues.
50 Un développement autonome des exportations aurait
des résultats assez analogues à ceux induits par la réduction ÉCONOMIE ET
des importations étudiée ici. Ils pourraient toutefois dif
férer quelque peu, pour deux raisons. D'une part, les prix
des produits exportés ne sont pas les mêmes que ceux des STATISTIQUES
produits importés, ce qui influence les équilibres en valeur.
D'autre part, les importations dépendent directement du
niveau des exportations pour certains produits, comme les AVANCÉES
non-ferreux, le caoutchouc, les produits de la mécanique.
Fondés sur une longue expérience de l'e
nseignement supérieur en économie et en
statistique, les cours de l'École Nationale
de la Statistique et de l'Administration Éco
nomique (E.N.S.A.E.) ainsi que ceux du La première année Centre d'Études des Programmes Écono
miques (C.E.P.E.) sont maintenant disponi
bles sous la forme d'une collection intitu
lée « Économie et Statistiques avancées »
publiée par Économica. Ces cours forment
un ensemble cohérent et original utile aux
étudiants en mathématiques et en écono
La relance dans la branche mie de l'université ou d'autres grandes
écoles. varie du simple au double
Dans la branche directement concernée la réduction L'INSEE a sélectionné cette série d'ouvraautonome des importations provoque la première année ges que vous pouvez vous procurer dans une relance de la production, mais l'importance de celle-ci les Observatoires Économiques Région'est pas partout la même. Le rapport de l'augmentation naux : de la production à la réduction initiale des importations
Théorie microéconomique (J.-J. Laffont, mesure un effet multiplicateur pour la branche. Légèrement
volume I : Fondements de l'Économie inférieur à l'unité dans le verre, la parachimie et le bois-
Publique, 1982, 95 F) meuble, ce serait supérieur à 1,5 dans le
matériel électrique, la construction navale et aéronautique Théorie des sondages (C. Gouriéroux,
et surtout les non ferreux (tableau 3). 1981,95 F)
Cours de probabilités (A. Montfort, 1982, Pour comprendre ces différences, il convient de dissocier
95 F) les effets sur les prix et les effets sur les volumes, même
s'ils sont de fait interdépendants. Cours de statistique mathématique, (A.
Montfort, 1982, 95 F) Par hypothèse, le prix des importations n'est pas affecté Monnaie, institutions financières et politex-ante par la réduction de leur volume. S'agissant de l'évo ique monétaire (J.-P. Patat, 1981, 95 F) lution des prix de production, trois composantes peuvent
L'analyse des données (M. Voile, 2e édiêtre distinguées : les évolutions du coût salarial par unité
tion, 1980, 95 F) produite, du prix des consommations intermédiaires et du
profit brut par unité produite; chacune de ces composantes L'économie française (G. Michel, 1982,
est pondérée par la part des postes correspondants dans la 120 F)
valeur de la production.
Le coût salarial par unité produite est réduit grâce aux
gains de productivité transitoires générés par les délais
d'embauché. Cet effet est d'autant plus net que le choc CONSULTATION, VENTE : P. 484 initial sur la production est important. Le coût salarial uni Dans les Observatoires Économiques Régionaux de taire contribuera donc fortement à la baisse des prix dans l'INSEE (adresses en fin de publication).
les branches de taille réduite, où les délais d'ajustement
de l'emploi à la production sont assez longs et où la masse
salariale a un poids important dans la production. C'est
institut national de la statistique et des études économiques le cas du verre, du cuir-chaussure, de la presse-édition et
de l'équipement ménager (tableau 1).
DOSSIER INDUSTRIE 51 Tableau î En%
Écarts sur les prix de production
Contribut Dont : de la branche où est réalisée Variation
la réduction d'importation Produit sur lequel est réalisée des prix ion du (Effet Tannée où est obtenue ion du coût ion du consommatprix des la réduction d'importation) de la réduction d'importation salarial profit brut
ions interproduction unitaire unitaire médiaires
— s Viande-lait 0 c c
— 0,1 — e — 0.1 Autres industries agro-alimentaires.. e
Sidérurgie — 0.2 0.3 + 0.1 e
— 0,4 Non ferreux 0 0.5 + 0,9
— 0,4 0.4 — e Matériaux de construction + e
— 2,2 Verre 2.8 + 0.2 + 0,4
Chimie + 0.1 0.2 + 0,1 + 0.2 1.1 Contribut— 0.2 0,2 e Fonderie
— 0,9 — 0,3 — 0,2 Papier-carton 0.4
Caoutchouc -0,1 0,4 + 0.1 + 0.2
— 0,3 Mécanique 0,3 + e
— 0,1 — 0.1 ContributMatériel électrique 0.4 + 0,1 + 0,2
— 1,0 — e équipement ménager 1.0 + e
— 0,1 — e Automobile 0.1 «■*• g
Construction navale et aéronaut
ique, armement 0 0,5 + 0.1 + 0.4
Parachimie — 0.3 0,1 — 0,1
— 0,1 Textile-habillement 0.3 + 0.2 e
— 2,1 — 0,6 2.2 + 0,7 Cuir-chaussure
— 0,1 — e Bois-meuble 0.2 + 0.1
— 1,9 — 0,7 Presse-édition
La modification du prix des consommations intermé ger, le papier-carton et la presse-édition, et à une baisse beau
diaires s'explique par deux facteurs, d'une part la modifi coup plus limitée dans les autres branches, voire même à
cation du prix de production du produit, d'autre part une légère hausse dans la chimie.
le nouveau partage entre produits d'origine nationale et Les mouvements de prix modifient la compétitivité des produits importés. En effet, un nouveau partage peut produits français et donc les échanges extérieurs. Mais conduire à un nouveau prix moyen des ressources et donc d'autres déterminants expliquent également la relance des emplois intermédiaires. C'est en particulier le cas pour finale de la production. le cuir où le fait de substituer des produits nationaux aux
La relance initiale induit une consommation du produit produits étrangers renchérit le prix des ressources et donc
lui-même — intraconsommation — qu'il faudra produire de la consommation de cuir par la branche elle-même.
ou importer. Dans certaines branches, l'intraconsommation Les profits subissent en général deux incitations à la est très forte. C'est le cas pour la sidérurgie, les non ferreux, hausse : la baisse des coûts salariaux unitaires, et les ten le textile-habillement ou le papier-carton (tableau 2). Dans sions accrues sur les capacités de production. Mais cette ces quatre branches, le multiplicateur, c'est-à-dire le rapport hausse des profits n'impliquera pas un effet à la hausse de l'augmentation de la production à la réduction initiale sur les prix si elle reste inférieure à la hausse de la pro des importations, est très élevé. Il est de 1,5 pour la sidéduction. C'est notamment le cas dans le cuir et la presse- rurgie, 1,9 pour les non ferreux et 1,3 pour le textile-habiédition. A l'inverse, les profits pèseraient sur les prix dans llement et le papier-carton (tableau 3). Par contre dans la les non ferreux et le verre. chimie où l'intraconsommation est élevée (26 %), le multi
Au total ces différents éléments contribuent à une baisse plicateur est faible (1,07). Dans cette branche la relance
sensible des prix dans le verre, le cuir, l'équipement de la demande interne entraîne en effet une forte
52 Tableau 2 plicateur. Cette perte de compétitivité joue également sur
le papier-carton, mais le multiplicateur reste élevé compte
tenu de la très forte intraconsommation. Les éléments explicatifs
du multiplicateur de production A l'opposé de la chimie, pour le matériel électrique et
électronique professionnel, l'intraconsommation est rela-
(Effet Tannée où est obtenue la réduction d'importation) tivement réduite (13 %) et le multiplicateur élevé (1,5).
C'est que Fauto-équipement est très important : les trois
quarts environ de l'investissement de la branche sont consti
Ecarts Contenu tués de matériel produit par la branche elle-même. La révicient Produit sur lequel est réalisée marginal sur les sion en hausse des investissements par le jeu de l'accélérateur d'intra-
consom- prix importaen profite donc essentiellement à la branche. Le surcroît de la réduction d'importation mation tion1 (en %) production est en outre encore accentué par deux postes (en %) qui lui sont directement liés, les variations de stocks et les
transferts de produits fatals, composés de logiciels. Les
exportations croissent également un peu grâce aux gains Viande-lait 9.5 0 de compétitivité engendrés par les gains de productivité Autres industries agro-aliment transitoires dus aux délais d'embauché. Au total la product— 0.1 aires 12,5 0,19 ion est très fortement relancée, de même que les import— 0.2 Sidérurgie 0,36 28,9 ations : c'est la branche pour laquelle la différence entre
Non ferreux 44,4 0 0,30 importations ex-ante et ex-post est la plus grande, malgré
Matériaux de construction — 0,4 0,22 13.7 les gains de compétitivité.
— 2.2 Verre 0 0 Dans la mécanique également, la production ex-post est
Chimie 25,9 0.1 0,59 plus forte que la production ex-ante, malgré une intraco
— 0,2 Fonderie 0,23 nsommation réduite. L'explication tient cette fois essentie8,8
llement à la relance des exportations, devenues plus compétit— 0,9 Papier-carton 42,1 0.52
ives du fait des gains de productivité transitoires générés Caoutchouc — 0,1 0,07 9.2 par les délais d'embauché. — 0,3 Mécanique 10,0 0,56
Dans l'automobile intraconsommation et développement Matériel électrique — 0,1 0,52 Presse-édition Coeffi12,8
des exportations et des stocks expliquent le niveau élevé i - 1.0 Équipement ménager 0 du multiplicateur. — 0,1 Automobile 17.1 0,32
Enfin, le multiplicateur est faible, voire légèrement inféConstruction navale et aéronaut
rieur à l'unité dans certaines branches où les intraconsom- ique, armement 0 0 13,3
mations sont faibles (bois-meuble, fonderie, caoutchouc) — 0,3 Parachimie 0,5 0,25
ou mêmes nulles (verre, parachimie) et les exportations - 0,1 Textile-habillement 0,40 35,7 pénalisées par l'accroissement des tensions sur les capacités — 2,1 Cuir-chaussure 16.0 0,35 de production, et ce malgré des gains de compétitivité
— 0,1 Bois-meuble 10,4 0,20 parfois importants (verre).
— 1.9 8,6
La relance se propage 1. Le contenu marginal en importations est id mesuré par le
rapport entre l'accroissement induit d'importations et l'accroiss
ement de demande intérieure.
2. Pour les branches biens d'équipement ménager et presse-édit La relance ayant son origine dans une branche se diffuse
ion, la baisse des prix induit, malgré une relance de la demande dans l'ensemble de l'appareil productif à travers la demande intérieure, une baisse des importations plus forte que celle calculée supplémentaire adressée aux autres branches, tant en conex-ante.
sommation intermédiaire qu'en investissement.
L'importance relative de la demande de consommations
intermédiaires adressée aux autres branches est proportionn
elle à la somme des coefficients techniques hors intr
aconsommation; quant au supplément de demande d'invesdes importations qui ne laisse subsister que 20 % de la tissements, il est proportionnel à l'investissement réalisé réduction initiale (tableau 3). Il semble légitime de laisser dès la première année, hors auto-équipement. L'influence jouer ce mécanisme dans la mesure où la relance des import des consommations intermédiaires est particulièrement ations porte sur des matières premières indispensables importante dans les industries agro-alimentaires, dans la à la production, alors que les économies d'importations parachimie, la presse-édition, l'équipement ménager et le prises en compte porteraient plutôt sur des produits finis. bois-meuble. De plus, à la relance des importations vient s'ajouter une
L'influence de l'investissement dépend des fonctions légère perte de compétitivité, qui freine également les
retenues dans le modèle. Dans quatre branches, les inves- exportations, et contribue donc à la faiblesse du multi-
DOSSIER INDUSTRIE 53 ,
Tableau 3
Le multiplicateur de production dans la branche elle-même *
(Effet l'année où est obtenu la réduction d'importation)
Multiplicateur
de Multiplicateur Multiplicateur consommations Multiplicateur d'import Multiplicateur d'exportProduit sur lequel est réalisée la réduction d'importation de intermédiaires de
stocks d'investiet ations ations production
ssements
0,04 0,11 1,00 0 Viande-lait 1.19
Autres industries agro-alimentaires 0,10 0,16 0,95 0 1.26
0,11 0,45 0,80 Sidérurgie + 0.05 1,49
Non ferreux 0,38 0,90 0,62 0 1.92
0,20 Matériaux construction 0,03 0,95 + 0,02 1.20
— 0,04 Verre 0 0 1,00 0,97
0,28 — 0.09 Chimie 0,06 0,80 1,07
Fonderie 0 0,13 0,97 — 0,10 1,03
— 0.01 Papier-Carton 0,09 0,58 0,65 1.30
— 0,07 Caoutchouc , . . . 0,04 0,10 0,99 1,06
Mécanique 0,12 0,20 0,82 + 0,18 1,33
Matériel électrique 0,17 0,45 0,68 + 0,05 1.52
Équipement ménager , .. 0,05 0 1,13 + 0,06 1,26
Automobile 0,09 0,28 0,88 + 0.10 1,37
Construction navale et aéronautique, armement 0,37 0,16 1,00 0 1,65
— 0,11 Parachimie 0,04 0 0,99 0,96
Textile-habillement 0,13 0,49 0,75 + 0,02 1,34
Cuir-chaussure 0,05 0,21 0,91 + 0,04 1,22
— 0,22 Bois-meuble 0 0,10 0,98 0,97
— 0,06 Presse-édition 0,04 0,14 1,08 1,25
* Les calculs sont faits aux prix de 1970. Le multiplicateur est égal à l'écart simulé sur le poste par rapport à la réduction
d'importation ex-ante. Ainsi une augmentation de la production sidérurgique de 1 franc se substituant à des importations conduit
ex-post à un accroissement de 0,56 franc de la demande intérieure du produit se décomposant entre les stocks et les consommations
intermédiaires. Elle provoque aussi 0,05 franc d'exportations supplémentaires et une augmentation de 0,20 franc d'importations.
Finalement, les importations ne se réduisent donc que de 0,80 franc et la production augmente de 1,49 franc (compte-tenu d'effets
marginaux sur les marges commerciales et les transferts; pour d'autres branches, la consommation des ménages s'accroît également
un peu).
tigations économétriques n'ont pas pu établir de lien direct sement est réalisé dès la première année. Dans le verre, le
entre les fluctuations de la production et les décisions d'i caoutchouc et l'automobile les décisions d'investissement
nvestissement : sidérurgie, non ferreux, chimie et construction sont également sensibles à une modification de la demande.
navale et aéronautique. Aussi a-t-il été supposé pour ces A l'opposé, pour les industries de la viande et du lait, les
branches qu'une relance de la production de l'ordre de révisions d'anticipation ou les délais de réalisation sont plus
celle étudiée n'entraînerait pas d'investissements supplé longs, et l'investissement n'est pas modifié dès la première
mentaires. Dans toutes les autres branches la relance de la année, mais seulement les années ultérieures.
production nécessite de nouveaux investissements, plus ou Il faut souligner qu'il s'agit là du montant des investi
moins importants, et ceci plus ou moins rapidement. Cet ssements nécessaires, selon le modèle, en cas de réduction des
effet est fort pour le papier-carton, et surtout pour les maté importations. Mais rien ne permet d'affirmer que la seule
riaux de construction où de plus l'essentiel de réalisation de ces investissements permettrait à l'inverse
54 4 Tableau
De la production dans la branche à la production dans les autres branches *
(Effet l'année où est obtenue la réduction d'importation)
Demande Multiplicateur Importation Production initiale de production dans Produit sur lequel est réalisée la réduction d'importation adressée des autres les autres dans aux autres branches la branche1 branches branches
Viande-lait 1,19 0,80 0,14 0,05
0,31 0,79 Autres industries agro-alimentaires 1,26 0,74
Sidérurgie 1,49 0,46 0,24 0,65
1,92 1,08 Non ferreux 0,44 0,23
Matériaux de construction 1,20 1,28 0,75 1,93
0.97 0,57 0,75 Verre 0,35
Chimie 1.07 0,32 0,12 0,41
Fonderie 1.03 0,44 0,28 0,62
Papier-carton 1,30 0,66 0,40 1,11
Caoutchouc 1,06 0,66 0,41 0,58
Mécanique 1,33 0,60 0,39 1.06
Matériel électrique 1,52 0,49 0,24 0,45
1,26 0,67 0,48 0,96 Équipement ménager.
Automobile 1.37 0,73 0,46 1,09
Construction navale et aéronautique, armement 1,65 0,66 0,39 0,79
Parachimie 0,96 0,58 0,29 0,86
1,34 0,38 0,24 0,61 Textile-habillement
Cuir-chaussure 1,22 0,55 0,33 0,83
0,97 0,49 0,23 0,46 Bois-meuble
Presse-édition , 1,25 0,80 0,45 1.37
1. Dernière colonne du tableau 3.
* Les calculs sont faits aux prix de 1970. Le supplément de production sidérurgique de 1,49 franc nécessite des investissements
et des consommations intermédiaires dans les autres produits d'un montant de 0,46 franc. Cette demande de 0,46 franc induit un
accroissement des importations et de la production dans les branches autres que la sidérurgie et donc un supplément de consommations
intermédiaires et de biens d'équipement. Finalement la demande supplémentaire cumulée qui s'adresse aux branches autres que la
sidérurgie se répartit en 0,65 franc de et 0,24 franc d'importation.
d'importations. Entre la demande initiale adressée aux d'obtenir spontanément un même effet sur les importat
ions : ces investissements sont nécessaires mais pas fo autres branches, qu'elle concerne les consommations inter
rcément suffisants. médiaires ou les investissements, et le sucroît de production
qui y sera finalement réalisé interviennent évidemment tous La relance induite dans les autres branches y entraîne
également une révision à la hausse des programmes d'inves les multiplicateurs habituels, ceux dûs en particulier au
tissement et l'investissement global s'accroît finalement un partage entre producteurs nationaux et étrangers. Au total
peu plus que celui de la seule branche où est réalisée la la diffusion de la relance s'avère très importante à partir des
réduction d'importation. Interviennent en outre des effets matériaux de construction et de la presse-édition, qui appar
secondaires qui résultent de la diffusion des modifications aissent donc comme des branches très extraverties. Elle
de prix, et du supplément de revenu procuré aux ménages est très faible à partir de la chimie, du matériel électrique
par l'embauche dans la branche où se réalise la réduction et du bois-meuble (tableau 4).
DOSSIER INDUSTRIE 55 Le recours aux importations d'autres produits dépend
Le bilan d'une année d'une part du contenu en importation de cette relance
induite, d'autre part de son importance. Ce contenu en de vie économique importation serait supérieur à 50 % dans le cas du caout
chouc-matières plastiques (importations de produits chi
miques), du matériel électrique professionnel (importation
de métaux non ferreux) ainsi que pour l'équipement ménager
(importation de matériel électrique) et le bois (importations
RAPPORT diverses). Le contenu en importation de la relance induite
dans d'autres branches est au contraire faible pour les non
ferreux, la presse-édition ou la chimie. Mais compte tenu SUR LES COMPTES de l'importance inégale de cette relance hors de la branche,
le niveau des importations d'autres produits se trouverait DE LA NATION en fait le plus fort quand la réduction initiale d'importation
concernerait les matériaux de construction (il faudrait alors
importer des biens d'équipements), l'équipement ménager
ou l'automobile (produits sidérurgiques, caoutchouc et
biens d'équipement) et la presse-édition (papier).
Les industries de la viande et du lait présentent une confi
guration tout à fait particulière. La relance de la production
dans la branche entraîne un surcroît considérable de con
Ce volume se compose de quatre tomes corre sommation intermédiaire de produits agricoles. Mais comme
spondant à quatre types d'utilisation. la production agricole est supposée donnée, cette consommat
ion accrue de produits agricoles se fait au détriment des
possibilités d'exportation. • Tome I - LE RAPPORT - Document d'actualité
qui retrace l'évolution économique au cours de La réduction initiale d'importation a sur le Produit inté
l'année 1982 et présente les principaux résultats rieur brut un effet qui découle des effets sur la branche
des comptes annuels. elle-même, et sur le reste de l'économie. Il est très faible
dans les industries de la viande et du lait pour les raisons
qui viennent d'être exposées (tableau 5). A l'opposé la plus • Tome II - LES TABLEAUX COMMENTÉS - Docu forte relance de la croissance s'observe pour les branches ment de référence, regroupant par domaine d'i où se conjuguent des multiplicateurs importants sur la nformation les données chiffrées détaillées accom
branche elle-même et sur les autres branches : matériaux pagnées de notes techniques et de commentaires
économiques succincts. de construction, automobile, équipement ménager, non fer
reux, mécanique. La construction navale et aéronautique
présente également un fort multiplicateur essentiellement
• Tome III - LES COMPTES ET AGRÉGATS - Do localisé dans la branche elle-même, ainsi que la presse-
cumentation de base indispensable pour toute édition, où l'effet induit est au contraire étude économique sur la France entre 1975 et localisé dans les autres branches. 1982.
Enfin pour certaines branches où le multiplicateur est
important dans la branche elle-même, l'effet global de • Tome IV - DOCUMENTS - Les guides (index, relance reste limitée car le recours aux autres produits, ou lexiques, nomenclatures) - Les tableaux d'entrées en tout cas aux produits d'origine nationale, est faible : - sorties.
sidérurgie, textile-habillement, cuir-chaussure. C'est sur
tout le cas du matériel électrique professionnel qui apparaît
très introverti : 80 % de la relance du Produit intérieur brut
s'explique par la valeur ajoutée de la branche elle-même.
Les « Collections de l'INSEE », série C « Comptes
Le textile pour l'emploi, et planification », n03 108-109, 200 F.
l'équipement ménager pour les devises
CONSULTATION, VENTE : P503
Dans les observatoires économiques régionaux de l'I Les résultats en termes d'emploi reflètent bien entendu NSEE (adresses en fin de publication) et chez les libraires assez directement ceux constatés sur le Produit intérieur spécialisés. brut. Le nombre d'emplois créés dès la première année
s'avère ainsi très élevé dans les branches où l'effet sur le
Produit intérieur brut est important : matériaux de consInstitut National de la Statistique et des Études Économiques truction (4 500 emplois), mécanique (3 400), presse-édition
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