Les Seize Arhat dans la peinture chinoise (VIIIe-Xe s.) et les collections japonaises : prémices iconographiques et stylistiques - article ; n°1 ; vol.54, pg 66-84

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Arts asiatiques - Année 1999 - Volume 54 - Numéro 1 - Pages 66-84
On the basis of written sources and the analyses of painted scrolls selected from Chinese and Japanese collections, this article seeks to define the stylistic and iconographie origins of the Sixteen Arhat motif in Buddhist painting between the eighth and tenth centuries. From the work of Lu Lengjia it can be seen that paintings of arhats in series of sixteen, treated in the genre of portraits of eminent Buddhist monks, are attested already in the middle of eighth century. Because of intense demand and whidespread diffusion of the genre, primarily for religious reasons, arhat paintings become very diversified by the beginning of the tenth century. Two separate traditions dominate : the non-narrative current is characterized by minimalist composition and the narrative one by a detailed environment containing arhats of a very human type, as painted in the work of Zhang Xuan (active ca 910). The monk Guanxiu (839-912), who in the following centuries became the major reference in the field of arhat painting, developed three styles : realist, but above all grotesque and simplified, as we can see in the complete series kept in the Japanese Imperial Household collections. Steles, xylographies and literary descriptions all contributed to the transmission of Guanxiu's styles. The similarity of detail between his arhat and those of Seiryoji and Kodaiji, as well as those of Liu Songnian (ca 1207), show his enduring influence throughout the Song. The addition of two arhats would appear to be a simple incoherence rather than a deliberate creation : a result of the copying process stimulated by the magical function attributed to Guanxiu's paintings.
A l'appui des sources écrites et de l'analyse de rouleaux peints conservés dans les collections chinoises et japonaises, cet article propose de définir la genèse stylistique et iconographique des Seize Arhat dans la peinture bouddhique du VIIIe siècle au Xe siècle. A travers l'œuvre de Lu Lengjia, la prédominance des arhat en séries de seize, traités à la façon des portraits de moines éminents, est attestée dès le milieu du VIIIe siècle. Sous l'impulsion d'un marché intense et d'une large diffusion, notamment pour des raisons religieuses, la peinture d'arhat apparaît, au début du Xe siècle, extrêmement diversifiée. Deux courants iconographiques se partagent alors l'inspiration : le courant « atemporel » de composition minimaliste et le courant « anecdotique » à l'environnement détaillé relevant des arhat à l'aspect humain de Zhang Xuan (actif ca 908- 910). Devenu aux siècles suivants la référence en matière de peinture d'arhat, le moine Guanxiu (839-912) en développa trois styles : réaliste, mais surtout grotesque et simplifié, tous trois perceptibles dans la série complète de la collection impériale japonaise. Stèles, xylographies et descriptions littéraires ont contribué à la transmission de la tradition picturale des arhat selon Guanxiu. La similitude de certains détails de ses arhat avec ceux du Seiryoji et du Kodaiji et avec ceux peints par Liu Songnian (ca 1207) montre l'influence durable de Guanxiu sous les Song. Plutôt qu'une création délibérée, l'addition de deux arhat supplémentaires dans certaines séries apparaît comme une incohérence. Celle-ci résulterait du processus de copies stimulé par la fonction magique que l'on prêtait aux œuvres de Guanxiu.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1999
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Evelyne Mesnil
Les Seize Arhat dans la peinture chinoise (VIIIe-Xe s.) et les
collections japonaises : prémices iconographiques et stylistiques
In: Arts asiatiques. Tome 54, 1999. pp. 66-84.
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Mesnil Evelyne. Les Seize Arhat dans la peinture chinoise (VIIIe-Xe s.) et les collections japonaises : prémices iconographiques
et stylistiques. In: Arts asiatiques. Tome 54, 1999. pp. 66-84.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arasi_0004-3958_1999_num_54_1_1433Abstract
On the basis of written sources and the analyses of painted scrolls selected from Chinese and
Japanese collections, this article seeks to define the stylistic and iconographie origins of the Sixteen
Arhat motif in Buddhist painting between the eighth and tenth centuries. From the work of Lu Lengjia it
can be seen that paintings of arhats in series of sixteen, treated in the genre of portraits of eminent
Buddhist monks, are attested already in the middle of eighth century. Because of intense demand and
whidespread diffusion of the genre, primarily for religious reasons, arhat paintings become very
diversified by the beginning of the tenth century. Two separate traditions dominate : the "non-narrative"
current is characterized by minimalist composition and the "narrative" one by a detailed environment
containing arhats of a very human type, as painted in the work of Zhang Xuan (active ca 910). The
monk Guanxiu (839-912), who in the following centuries became the major reference in the field of arhat
painting, developed three styles : realist, but above all grotesque and simplified, as we can see in the
complete series kept in the Japanese Imperial Household collections. Steles, xylographies and literary
descriptions all contributed to the transmission of Guanxiu's styles. The similarity of detail between his
arhat and those of Seiryoji and Kodaiji, as well as those of Liu Songnian (ca 1207), show his enduring
influence throughout the Song. The addition of two arhats would appear to be a simple incoherence
rather than a deliberate creation : a result of the copying process stimulated by the magical function
attributed to Guanxiu's paintings.
Résumé
A l'appui des sources écrites et de l'analyse de rouleaux peints conservés dans les collections chinoises
et japonaises, cet article propose de définir la genèse stylistique et iconographique des Seize Arhat
dans la peinture bouddhique du VIIIe siècle au Xe siècle. A travers l'œuvre de Lu Lengjia, la
prédominance des arhat en séries de seize, traités à la façon des portraits de moines éminents, est
attestée dès le milieu du VIIIe siècle. Sous l'impulsion d'un marché intense et d'une large diffusion,
notamment pour des raisons religieuses, la peinture d'arhat apparaît, au début du Xe siècle,
extrêmement diversifiée. Deux courants iconographiques se partagent alors l'inspiration : le courant «
atemporel » de composition minimaliste et le courant « anecdotique » à l'environnement détaillé
relevant des arhat à l'aspect humain de Zhang Xuan (actif ca 908- 910). Devenu aux siècles suivants la
référence en matière de peinture d'arhat, le moine Guanxiu (839-912) en développa trois styles :
réaliste, mais surtout grotesque et simplifié, tous trois perceptibles dans la série complète de la
collection impériale japonaise. Stèles, xylographies et descriptions littéraires ont contribué à la
transmission de la tradition picturale des arhat selon Guanxiu. La similitude de certains détails de ses
arhat avec ceux du Seiryoji et du Kodaiji et avec ceux peints par Liu Songnian (ca 1207) montre
l'influence durable de Guanxiu sous les Song. Plutôt qu'une création délibérée, l'addition de deux arhat
supplémentaires dans certaines séries apparaît comme une incohérence. Celle-ci résulterait du
processus de copies stimulé par la fonction magique que l'on prêtait aux œuvres de Guanxiu.Evelyne Mesnil
Kyoto
Les Seize Arhat dans la peinture chinoise (vine-xes.)
et les collections japonaises :
Prémices iconographiques et stylistiques
Parmi les thèmes en faveur dans la peinture chinoise boud textes et les peintures, dont le seul point commun est de se
dhique à partir du milieu des Tang (618-907), celui des arhat conformer au nombre de seize arhat, mais dont la liste varie.
En Chine, Yarhat Pindola a bénéficié dès le Ve siècle d'un se distingue par une pérennité iconographique et stylistique
mise en place sous les Cinq Dynasties (908-965) et par une culte individuel propice à la création d'un support iconogra
phique. Le Fayuan zhulin (4) atteste d'une première icône de large transmission dans les pays d'Extrême-Orient dont les
effets sont encore perceptibles de nos jours. L'examen des rou cet arhat utilisée dans le cadre du rituel d'invitation à Pindola
leaux peints conservés attribués à des artistes de cette époque dans les années 465-471. L'empereur Wu des Liang (r. 502-
met en relief une grande diversité technique, l'apparition de 548) aurait ainsi obtenu une guérison miraculeuse en 4904. Le
nouveaux courants ainsi que la place privilégiée de Guanxiu(1) culte de Pindola ainsi que celui de moines thaumaturges a pu
(832-912), peintre d' arhat retenu comme référence à travers contribuer au développement de celui des seize arhat en génér
les siècles. A l'appui des sources écrites et de l'analyse des al. Trois siècles plus tard, le contexte était favorable. La rel
matériaux picturaux, cet article propose de définir les lignes igion dépassait alors le cadre d'une élite intellectuelle et domi
principales de la genèse de la peinture des Seize Arhat {luohan nante, et pénétrait dans toute sa diversité les classes
tu (2)) dans un cadre chronologique préliminaire. populaires, friandes d'images pieuses et de miracles. Compar
és aux entités telles que les buddha cosmiques, les bodhi-
sattva, les vidyârâja, et autres figures bouddhiques, les arhat
présentaient en effet un aspect plus humain, quoique sous des
Du concept indien aux premières représent traits exceptionnels, qui correspondait davantage au goût de
la société chinoise du vme au xe siècle. ations chinoises
La première série de peintures des seize arhat cataloguée
D'origine indienne, le concept d'arhat désigne les disciples du est l'œuvre de Zhang Sengyou(5) (actif vers 500-550). Elle n'est
Buddha Sâkyamuni, garants de la transmission du Dharma et, toutefois pas mentionnée dans des sources antérieures au
par extension, tout saint personnage aux qualités requises Xuanhe huapum, catalogue des collections impériales Song de
l'ère Xuanhe(7) daté de 11205. Ce peintre, actif sous l'empereur pour cette mission. En Chine et au Tibet, les arhat se voient
rassemblés en groupe de seize, nombre fixé pour quelque Wu des Liang, s'était spécialisé dans les thèmes religieux
temps, et dont la liste la plus ancienne figure dans le texte inti taoïstes et bouddhiques. La peinture des seize arhat de Zhang
tulé Relation sur la durée de la Loi, énoncée par le Grand Sengyou accompagne dans ce catalogue d'autres peintures de
Arhat Nandimitra, traduit en chinois par Xuanzang(3) (602- thèmes bouddhiques dont les dix disciples du Buddha et dix
moines éminents. Quelle que soit l'authenticité de ces attribu664)1. Le texte, dans un registre dogmatique du Mahâyâna,
insiste sur les mérites de chacun et sur la répartition cosmolo tions, celles-ci codifiaient d'une certaine manière l'influence
gique de leur rayonnement mais ne fait apparaître de ces per de Zhang Sengyou, qui fut grande. De nombreux peintres de
sonnages aucune particularité concrète physique ou anecdo- sujets religieux se réclamaient de son style et par là même de
tique propre à la représentation. Le nombre seize et le choix l'iconographie qui lui était rattachée. Le thème des dix dis
de la liste demeure sans explication satisfaisante autre que le ciples du Buddha semble avoir précédé celui des seize arhat.
carré des quatre orients, hypothèse avancée par Edouard En effet, tandis qu'aucune peinture des seize arhat n'est cata
loguée avant les Tang, deux peintres actifs au Ve siècle, Xie Chavannes2. Un groupe de quatre arhat, pouvant préfigurer
Zhi{8) et Mao Huixiu(9), se voient attribuer des illustrations des les Seize arhat protecteurs de la Loi sur les quatre continents,
était en effet déjà mentionné dans des textes plus anciens3. dix disciples du Buddha dans le Lidai minghuaji{m (847)6. Les
arhat en série de cinq apparaissent en revanche dès le IVe Mais seuls Râhula, le fils du Buddha, et Pindola figurent sur
les deux listes. Il est donc difficile d'établir un lien entre ces siècle, avec l'œuvre de Dai Kui(11) (?-396), peintre, calligraphe
66 Arts Asiatiques, tome 54-1999 sculpteur7. Les cinq grands arhat formaient probablement Lu Lengjia des œuvres plus variées, dont deux séries d'arhat, et
l'une de seize, l'autre au nombre non précisé9. Les rouleaux une variante de la série fondamentale qui correspond aux
de Lu Lengjia recensés à la même époque sont beaucoup plus points cardinaux incluant le centre, dans une phase anté
nombreux. Le Xuanhe huapui6) en compte cent cinquante, rieure au nombre seize. Aucune précision iconographique ou
stylistique ne permet toutefois de décrire ni d'analyser ces dont cent trente et un arhat répartis en deux séries de seize,
deux séries de quarante-huit (soit trois séries de seize) et trois œuvres.
peintures miniatures d'une série de seize incomplète10. Ces
rouleaux d'arhat côtoient des représentations de buddha, de
Problématique autour du cas de Lu Lengjia(12) bodhisattva, mais aussi quatre portraits de «Moines émi
nents». Le cas de Lu Lengjia tel qu'il est présenté dans les
II faut attendre la pleine production de peintures A' arhat à textes laisse percevoir une forte proportion de peintures
partir du milieu du vme siècle pour être en mesure de complét d'arhat dans le répertoire de l'un des peintres de sujets boud
dhiques les plus renommés au milieu du vme siècle. La préer les données textuelles par l'analyse des quelques peintures
éminence est dans un premier temps donnée aux arhat en conservées. Parmi les peintres mentionnés comme auteurs
d'arhat, dont le nombre désormais indique l'essor de ce thème série de seize. Le total de ses peintures d'arhat répertoriées
quatre siècles plus tard augmente de plus du double. dans la peinture bouddhique, Lu Lengjia fut l'un des plus
anciens et des plus prolifiques. Ce peintre, spécialisé dans les L'analyse des «Six vénérables» attribués à Lu Lengjia,
conservés au Musée du Palais à Pékin, permet d'affiner la prosujets bouddhiques et les illustrations de sûtra, fut actif à
Chang'an et suivit l'empereur Xuanzong(13) (712-756) en exil à blématique relative à la chronologie et à l'évolution de la pein
Shu(14) (Sichuan) en 756. A Chengdu(15), qui devint jusqu'au ture d'arhat. Ces œuvres peintes sur soie se présentent actuel
Xe siècle l'un des principaux centres artistiques, Lu Lengjia fut lement en six feuillets d'un album probablement dissocié
le premier peintre à exécuter plusieurs panneaux muraux (H. 30 cm; L. 53 cm, chacun). Sur chaque feuillet un person
dans le monastère Dashengci (16) fondé en 757. Selon le Yizhou nage portant la robe monastique est assis entouré d'orants,
minghua lu{17), chronique datée de 1006 des peintures dans un environnement ornementé de meubles, de tapis, d'ac
cessoires et de rochers (fig. 1 à 3). Deux de ces arhat sont flancélèbres réalisées à Shu de 756 à 965 environ, ces œuvres,
situées dans les galeries ouest et est adjacentes à l'édifice qués respectivement d'un dragon et d'un tigre. Chaque feuillet
porte en bas à droite le nom de Lu Lengjia. En haut vers le principal, représentaient des «Moines éminents propageant le
Dharma»8. milieu deux inscriptions, l'une en chinois l'autre en tibétain,
donnent le nom et le numéro de chacun des personnages. Il Le Chengdu gusi mingbi ji{l&), catalogue des peintures
murales du Dashengci si subsistantes au xne siècle, attribue à s'agit des troisième, huitième, onzième, quinzième, dix-sep-
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Gugong Pékin, IL (in Encre 30 Zhongguo Musée assis Album Iîenmin bowuyuan Attribué cm, (actif et couleurs dans l. Quinzième du de 53 vers meishu, Palais, lidai à six cm, un zang Lu 730-760). feuillets. fauteuil. I.p.64). sur chacun. huihua: Lengjia arhat huaji, Fig. Pékin 1978, soie. 1 ***■ Èpj ',' ". '.t-ll-ii
M. te!
Arts Asiatiques, tome 54-1999 67 it- 1 j
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Fig. 2
Huitième arhat
près d'un bouquet
de pivoines.
Attribué à Lu Lengjia.
Album de six feuillets.
Encre et couleurs
sur soie.
H. 30 cm, l. 53 cm, chacun.
Musée du Palais, Pékin
(in Zhongguo lidai huihua:
Gugong bowuyuan zang
huaji, Pékin, Renmin
meishu, 1978, l, p. 60)
dix-septième et du dix-huitième arhat constitue un élément tième et dix-huitième arhat11. Leurs noms divergent de la liste
de Nandimitra et se conforment à la liste établie selon la trans insolite qui sera abordé plus loin.
cription tibétaine par l'empereur Qianlong(19) (1736-1795)12. Ces œuvres respectent toutefois le style de Lu Lengjia tel
qu'il est défini dans les sources écrites, tout en introduisant De vingt-six à trente-sept sceaux sont apposés sur chaque
feuillet. Ces sceaux comprennent le sceau Xuanhe[7), nom des éléments iconographiques et techniques nouveaux. Les
arhat sont traités ici à la façon des portraits de moines, l'une d'ère (1119-1125) sous l'empereur Huizong (1100-1125) des
des spécialités de Lu Lengjia. Deux caractéristiques, a priori Song du Nord, et le sceau Shaoxing(m, nom d'ère (1131-1162)
contradictoires, semblent avoir été retenues. Tout d'abord, le sous Gaozong (1127-1162) des Song du Sud. Ils sont apposés
tracé vigoureux et souple des plis du vêtement, «aériens», à la en négatif sur fond rouge. La partie supérieure de ces deux
manière de Wu Daozi(21) (actif: 710-760). «Les moines émi- sceaux pourrait avoir été retouchée ultérieurement, après un
nents propageant le Dharma» peints dans le Dashengci si sont changement de monture. Figurent aussi le sceau Huangzi
tushu{82) de la collection de la princesse Xianggelaji(83) (ca cités dans le Yizhou minghua lu comme l'illustration parfaite
de ce style. A l'exception des vêtements du troisième et du 1283-1331), sœur des empereurs Wuzong (r. 1307-1310) et
quinzième arhat (fig. I) plus statiques dans la tradition du porRenzong (r. 1311-1320) des Yuan13, ceux de plusieurs grandes
familles de la cour impériale des Ming et des Qing (1644- trait des moines sous les Tang, les robes des autres arhat qui
forment des plis souples répondent à cette définition. La tech1911), ainsi que les sceaux Qianlong yulan zhi baom\ Tianzi
guxim) et Bazheng maonian zhi bao{m du trésor impérial de nique de Wu Daozi se perçoit davantage dans la robe du jeune
l'ère Qianlong. Ces sceaux, s'ils sont authentiques, permettent moine devant le dix-septième arhat, qui semble s'envoler
(fig. 3). La deuxième caractéristique du style de Lu Lengjia de situer la datation de ces peintures au plus tard au début du
xiie siècle, et attestent leur transmission dans les collections réside dans une technique minutieuse et un sens du détail,
évoqués dans le Lidai minghua ji (10) 15. Elle apparaît notamimpériales des Song du Nord (960-1127) jusqu'aux Qing
ment dans les traits des visages. (1644-1911). Cet album, qui pourrait provenir de l'une des
séries recensées sous les Song dans le Xuanhe huapu, était Le huitième (fig. 2) et le dix-huitième arhat présentent tou
déjà au xvme siècle dissocié en six feuillets catalogués sous le tefois un aspect grotesque avec un crâne bosselé jusqu'alors
inconnu. De nombreux détails dans la représentation des titre de «Six vénérables»14. La mention du nom de Lu Lengjia
ne saurait suffire pourtant à lui attribuer ces œuvres. Deux accessoires, les fauteuils, les consoles, les repose-pieds, les
brûle-parfums, les aiguières et les présentations florales, éléments incitent à la prudence: l'absence de sceaux anté
rieurs aux Song du Nord - extrêmement rares, il est vrai - et montrent aussi des anachronismes, et semblent plus
la présence du dix-septième et du dix-huitième arhat. Sous les conformes au goût des Song, comme par exemple la console
laquée de noir et incrustée de nacre du quinzième arhat Tang, seul le groupe des seize arhat est attesté. L'existence du
68 Arts Asiatiques, tome 54-1999 1
:' 1
î
Fig. 3
Dix-septième arhat,
accompagné d'un dragon.
Attribué à Lu Lengjia.
Album de six feuillets.
Encre et couleurs sur soie.
H. 30 cm, l. 53 cm, chacun.
Musée du Palais, Pékin
(in Zhongguo lidai huihua :
Gugong bowuyuan zang
huaji, Pékin, Renmin
meishu, 1978, 1, p. 66)
(fig. 1), davantage encore la table aux pieds courbés et aux Chengdu. Il peignait exclusivement des arhat, au point qu'il
bords relevés et laquée de noir du dix-huitième arhat, enfin le reçut le sobriquet de YArhat Zhang et que ses arhat furent
vase de pivoines près du huitième arhat (fig. 2). Le style des appelés les Arhat de Jinshui. Huang Xiufu(24), l'auteur de l'ou
meubles chinois conservés au Shôsôin(81) à Nara, datant au vrage, recense de lui une série de seize arhat réalisée sur les
plus tard du milieu du vme siècle, période d'activité de Lu murs du Hall des Arhat d'un sous-ensemble monastique du
Lengjia, est plus sobre16. Ces anachronismes tant iconogra Dashengci si. Ses rouleaux d'arhat étaient, précise-t-il, très
phiques que stylistiques ne permettent pas de faire état de prisés et faisaient l'objet d'un marché intense jusque dans la
manière certaine d'oeuvres authentiques de Lu Lengjia. Ces vallée du bas Yangzi17. Ceci indique à la fois l'engouement
peintures résument néanmoins les caractéristiques fonda pour ses œuvres et leur diffusion dans un large périmètre géo
mentales du maître tout en montrant leur évolution dans la graphique. Ses descendants, initiés à sa technique picturale,
phase suivante. Associant l'archaïsme du portrait des moines continuèrent pendant plusieurs générations de peindre ce
thème et par là même contribuèrent aussi à la propagation sous les Tang et une certaine sophistication des éléments di
sparates de l'environnement, elles constituent par là même le des arhat à la manière de Zhang Xuan18.
témoignage d'une période transitoire sous les Song du Nord Tandis que Huang Xiufu situe les arhat de Zhang Xuan
(960-1127). Elles résument à elles seules les problèmes de dans la tradition de Wu, définie plus haut, Guo Ruoxu(25), l'au
teur du Tuhuajianwen zhi (26) rédigé après 1070, vante la perdiversité stylistique et iconographique, notamment le passage
des seize aux dix-huit arhat ainsi que la coexistence des styles fection du traitement des visages de moine de ses arhat19. Le
Xuanhe huapu{6) explique la renommée de ses personnages réaliste et grotesque qui apparaît sous les Cinq Dynasties.
par leur aspect humain proche du quotidien qui plaisait aux
gens de l'époque. Su Dongpo(27), exilé dans l'île de Hainan(28)
de 1096 à 1100, eut l'occasion de voir certaines de ses pein
Diversification des styles sous les Cinq tures qu'il décrit dans un éloge poétique. Il nous apprend que
Dynasties chaque arhat se présentait au centre de la composition,
accompagné d'Indiens, de démons, d'enfants mangeant des
fruits, ou de singes jouant avec des fruits. Il évoque un arhat Deux peintres, Zhang Xuan(22) (actif vers 908-910) et
Guanxiu(1), se partagent alors l'inspiration en matière de pein qui regarde les flots en se tenant le genou, un autre qui médite
sous un arbre sec, ou encore un dragon descendant du ciel20. ture d'arhat, et contribuent à en fixer les critères stylistiques
et iconographiques pour plusieurs siècles. Selon sa biographie Cette iconographie anecdotique est fréquemment évoquée
relatée dans le Yizhou minghua lu, Zhang Xuan était natif de dans les documents des Song du Sud. Ceci prouve qu'elle
Shu(14), plus particulièrement de Jinshui(23) au sud-est de s'était alors définitivement imposée comme l'un des courants
Arts Asiatiques, tome 54-1999 69 majeurs. Les éléments décrits par Su Dongpo ne présentent buées à ce peintre, qui subsistent en grand nombre en Chine
toutefois pas autant de détails qu'il en apparaît sur les pein et au Japon, divergent en effet sur certains points des sources
tures d'arhat des peintres des Song du Sud comme celles de écrites. Le style des peintures subsistantes diffère d'une série
Liu Songnian(29) par exemple, analysées plus loin (fig. 11 à l'autre, parfois dans une même série, mêlant des techniques
et 12). La série décrite par Su Dongpo comprend dix-huit polychromes et monochromes, des compositions simplifiées et
arhat, ce qui incite à penser qu'elle pouvait être déjà posté d'autres plus détaillées. Le style grotesque côtoie parfois une
rieure au peintre dont les sources les plus anciennes ne recen expression plutôt réaliste. Par ailleurs, la coexistence du
sent que des séries de seize arhat, ou bien que le nombre de nombre de seize et de dix-huit arhat s'installe définitivement.
seize et de dix-huit était déjà fluctuant. Pour tenter d'élucider ces problèmes, les données biogra
Malgré la production intensive des peintures d'arhat par phiques offrent des repères concernant la formation et la pro
Zhang Xuan attestée dans les textes et par les quatre-vingt- duction picturale de Guanxiu. Avant de s'initier à la peinture,
Guanxiu était poète et calligraphe. Le maniement du pinceau huit rouleaux conservés sous les Song catalogués dans le
Xuanhe huapu21, aucune œuvre significative de Zhang Xuan et de l'encre constituait donc le fondement de sa technique ini
tiale. Sa calligraphie était apparentée à celle de Huaisu (34) n'est conservée de nos jours22. Il n'est donc pas possible d'af
finer l'analyse de son style ni de son iconographie. Les (725-785), moine du Chan célèbre pour son écriture cursive
quelques données textuelles concernant ce peintre permettent libre «herbes folles» (kuangcao[35)). Plusieurs sources écrites
néanmoins de mettre en relief d'une part une demande impor font mention de l'habitude qu'avait Guanxiu de visualiser ses
tante de peintures d'arhat au début du xe siècle et leur diffu arhat en rêve avant de les peindre d'un mouvement vif, sous
sion lointaine, d'autre part l'association d'une technique des traits grotesques, avec des «crânes bosselés comme des
minutieuse pour les visages et enlevée pour les vêtements à rhinocéros couchés». Toutes ces particularités préfigurent
une iconographie historiée que le Xuanhe huapu attribue à celles de la peinture monochrome «sans contrainte» iyim))
mise au premier rang dans le Yizhou minghua lu et devenue Zhang Xuan.
en vogue sous les Song. A cette technique, Huang Xiufu ajoute
cependant celle de l'art du portrait à la manière de Yan
Guanxiu11': données biographiques Liben(37) (?-673), célèbre portraitiste à la cour des Tang. On
peut donc en déduire que Guanxiu maîtrisait deux techniques
L'ouvrage oppose ce style évocateur du quotidien au style très différentes, l'une monochrome aux traits dynamiques
grotesque hors du commun de Guanxiu, l'autre peintre transposant un monde onirique, l'autre minutieuse et ressem
d'arhat important du Xe siècle, devenu le plus renommé. Le blante à la réalité, usant de polychromie.
pittoresque de sa personne et la transmission de certaines de Cette diversité stylistique telle qu'elle ressort des textes
ses peintures ou considérées comme telles ont certainement peut sans doute trouver ses racines dans la chronologie de la
favorisé le rang de choix réservé à Guanxiu en tant qu'innova production picturale même de ce peintre. Vers l'âge de trente-
teur de l'image même de Y arhat et du maniement du pinceau. sept ans, Guanxiu s'initie à la peinture monochrome auprès de
Fang Gan(38) (? - ca 888), poète et peintre amateur. Il réalise De nombreux éléments de sa biographie, conservée dans le
Song gaoseng zhuan{m, 'Les biographies des moines éminents une première série de seize arhat à Hangzhou à la demande
sous les Song' (988), éclairent l'originalité et l'énigme de son d'un apothicaire. Vers quarante ans, il peint des arhat au lavis
œuvre: sa formation de moine du bouddhisme Chan proche du dans le Yuntang yuan(39), à Yuzhang(40) (Jiangxi)25. Neuf ans
milieu taoïste, les vicissitudes politiques de son époque, son plus tard, dans les années 880-881, Guanxiu de retour pour
talent artistique, poétique, calligraphique et pictural, mais quelque temps au monastère He'an(41), dans son village natal
de Denggao(42), près de Jinhua(43) (Zhejiang), entreprend une aussi son caractère anticonventionnel23. A l'inverse de Zhang
Xuan, son contemporain originaire de Shu(14) dont les pein troisième série de seize arhat. Il n'en peint que dix. Fuyant les
tures rayonnaient dans la vallée du Yangzi, Guanxiu, origi troubles politiques d'alors, Guanxiu n'est en mesure d'achever
cette série que dans les années 894-898 à Jiangling(44) (Hubei). naire du Zhejiang, vint passer les dernières années de sa vie à
Shu. Lorsqu'il arrive en 903 à Chengdu115' à pied, le roi Wang Près de quinze ans séparent donc les dix premiers arhat des
Jian(31) (903-918), flatté par la venue de ce moine respecté, le six derniers d'un même ensemble. Cette série devenue très
couvre d'honneurs, lui alloue le monastère Dongchan yuan(32) célèbre fut ensuite transportée sur le mont Huaiyu(45) dans la
comme résidence et lui décerne le titre de Grand Maître de la préfecture de Xinzhou(46), plus proche de son lieu d'origine.
Lune de Contemplation (Chanyue dashi(33)) qui restera son Elle servit de modèle à de nombreuses copies ultérieures.
nom posthume. Lorsqu'il meurt en 912 à l'âge de quatre- Entre-temps, Guanxiu aurait exécuté seize arhat pour un ami
vingt-un ans, des funérailles officielles sont célébrées. Comme moine du Tang'ansi(47) (Anhui)26. La dernière série attestée est
l'atteste un manuscrit provenant de Dunhuang daté de 915 où celle réalisée à Shu entre 903 et 912, dont le lettré de l'acadé
figure un poème de Guanxiu accompagné d'un «Hommage au mie de Shu, Ouyang Jiong(48) (896-971), donne une description
moine qui lisait le Sûtra du Lotus», trois ans après sa mort, sa conservée dans le Yizhou minghua lu27. Une production aussi
renommée était parvenue aux confins ouest de la Chine24. itinérante au contact de cultures locales variées pourrait
L'étude des peintures d'arhat de Guanxiu présente des dif expliquer l'extrême diversité des styles des arhat peints par
ficultés du fait de l'abondance des matériaux écrits et pictu Guanxiu.
raux où se manifestent des incohérences. Les peintures
70 Arts Asiatiques, tome 54-1999 individuellement dans les mêmes proportions que les portraits Les seize arhat de la collection impériale
de patriarches (fig. 4-5). japonaise Trois styles se distinguent. Le premier se caractérise par
une expression réaliste que l'on peut noter dans le portrait du
Parmi les nombreuses peintures d'arhat qui lui sont attr sixième, du neuvième et du onzième arhat. Le sens de l'obser
ibuées, conservées de nos jours, la série de seize arhat dans la vation se manifeste dans les traits des visages, parfois un peu
collection impériale japonaise à Tôkyô retiendra particulièr exagérés, le souci du détail dans les costumes, les motifs des
ement notre attention. Selon les archives du monastère, ces textiles, les attributs parfaitement individualisés, les sandales
peintures seraient entrées au Shômyôji(49) à Musashi Kana- et plus rarement le décor. Le maniement du pinceau reste
zawa (50) (Yokohama), dans les années 1312-131728. L'un des alors traditionnel: traits précis et fins, rehaussés d'une légère
poèmes de Guanxiu conservés dans le Chanyue ji(51), évoque sa polychromie cohérente. Les lèvres des personnages sont mar
rencontre avec un moine japonais, venu approfondir ses quées de rouge vermillon, les touffes de mousse sur les
études bouddhiques en Chine, à qui il donna des peintures rochers de vert. La palette des costumes réunit des couleurs
d'arhat29. Sans que l'on puisse établir une corrélation directe contrastées: le brun, le bleu-vert, le blanc et le rouge. Le style
entre ces deux faits, il est fort probable que les peintures du particulièrement réaliste du onzième arhat, représenté
Shômyôji furent rapportées de Chine par un moine. Le baron comme un moine chinois petit et trapu, pourrait inciter à y
Takahashi Korekiyo, plus tard ministre, entra en possession voir un autoportrait de Guanxiu. Dans la biographie du Song
de ces peintures à l'ère Meiji (1868-1912). Il les offrit à l'em gaoseng zhuan, il est en effet question d'un portrait de
pereur Shôvva (r. 1926-1989) lors de son intronisation en Guanxiu le représentant gros et de petite taille, pour lequel
1926. Ces peintures, qui ne sont qu'exceptionnellement mont Wang Cuo(54), conseiller du pays de Shu, composa un éloge32.
rées, comptent aujourd'hui parmi les œuvres attribuées à Cette peinture constituerait ainsi le seul autoportrait connu de
Guanxiu les plus anciennes et les plus fidèles. cette époque.
Trois de ces peintures portent des inscriptions à l'encre en Le second style se caractérise par les traits grotesques, des
visages surtout, mais aussi des corps des arhat. Le Tuhuajian- style sigillaire, mentionnant le nom de Guanxiu. Une inscrip
wen zhi (26) insiste sur l'aspect archaïque et étrange de ces pertion en bas à gauche de la peinture du quatorzième arhat
comprend les six caractères xiyue seng Guanxiu zuo{52) qui sonnages. Ce pourrait être une expression caricaturale pour
signifient 'œuvre de Guanxiu, moine du Pic de l'Ouest', allu rendre les traits d'étrangers, Indiens plus précisément, des
sion au Hua shan(53) (Jiangsu) où Guanxiu résida de 854 à 859 disciples du Buddha. L'apparence étrange se prête aussi à des
et qui donna son nom à un recueil de ses écrits, «L'anthologie personnages surnaturels, que Guanxiu avait vus en rêve. Cette
du Pic de l'Ouest»30. Trois caractères partiellement effacés en tendance est la plus représentée et sera retenue par la postér
bas à gauche du seizième arhat reprennent l'identification ci- ité comme l'une des caractéristiques des arhat de Guanxiu,
dessus de façon plus succincte en ces termes: «Œuvre de «aux crânes bosselés comme des rhinocéros couchés» selon
Guanxiu». Une longue inscription à l'encre en bas à droite du l'expression d'Ouyang Jiong. Ainsi apparaissent les portraits
onzième arhat se présente sur trois colonnes de quatorze à du premier, troisième, huitième, douzième, treizième, quin
quinze caractères chacune. La soie, particulièrement endom zième et seizième arhat. L'innovation et l'audace se traduisent
magée à cet endroit, et portant la marque d'anciennes restau par l'accentuation extrême des traits: les rides profondes, les
rations, les retouches sur l'inscription elle-même, et les nomb lobes d'oreilles dans le prolongement des rides, les yeux glo
reuses lacunes du texte rendent la lecture de cette buleux, les longs sourcils, le nez long, busqué ou épaté, les
inscription impossible. L'examen aux rayons infrarouges n'a torses décharnés ou au contraire enrobés, ainsi que des pos
pas non plus permis de restituer les caractères manquants. tures dissymétriques. Le maniement du pinceau reste toute
Seuls cinq caractères sur une quatrième colonne encore fois classique dans le tracé du contour des formes et des traits
lisibles répètent l'identification mentionnée en bas du quator relativement rigides. Déjà l'encre prédomine, non seulement
zième arhat, sans le caractère xi 'ouest'. Cette partie de la soie dans les contours mais aussi en dégradé accentuant les rides.
de surcroît très fragmentaire du rouleau semble avoir été cou La polychromie met en relief les traits grotesques : bouches
pée et remontée ultérieurement. Malgré l'absence de données béantes, langues charnues rouge vif.
antérieures au début du XIVe siècle, l'analyse des sources Dans le troisième style, la tendance simplifiée qui domine
écrites et l'étude comparative des œuvres picturales et des à la fin de la série contient déjà des éléments fondamentaux de
stèles permettent, nous le verrons, de faire remonter la série la technique et de la composition de la peinture Chan et Zen:
au début des Song du Nord (960-1 127)31. monochromie, géométrisation, espace clos. La composition
Les peintures sont exécutées à l'encre et en couleurs sur tend en effet à la géométrisation par un jeu des formes, parfois
de la soie (H. 90 cm, 1. 45 cm chacune). Un arhat occupe ple en contraste. Ainsi le dixième arhat qui apparaît tout en ron
inement l'espace de chaque rouleau, assis de face, de trois deur par le volume circulaire de son corps et de sa tête engon
quarts ou de profil, sur un rocher ou contre un arbre, dans cée s'oppose aux motifs quadrangulaires du costume rapiécé
certains cas les sandales posées au sol, et tenant parfois un et du tapis posé sur le rocher. Ce mouvement circulaire se dis
bâton droit ou noueux, un rosaire, un rouleau de sûtra, un tingue également dans la représentation du quatrième arhat,
chasse-mouche ou un éventail. La composition est relativ dont les plis du costume sont traités en parallèle, à l'instar du
style du Gandhâra. Avec le quatorzième arhat, la monochro- ement simple. L'élément principal reste le personnage traité
Arts Asiatiques, tome 54-1999 71 Fig. 4 [là 8]
Seize arhat. Attribués à Guanxiu (832-912).
Rouleaux verticaux. Encre et couleurs sur soie.
H. 90 cm, l. 45 cm, chacun.
Collection impériale japonaise (Kunaichô : Sannomaru Shôkôzan), Tôkyô
(in catalogue Nihon bijutsu meihin ten, Musée national de Tôkyô, 1990, n° 207).
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Fig. 5 [9 à 16]
Seize arhat. Attribués à Guanxiu (832-912).
Rouleaux verticaux. Encre et couleurs sur soie.
H. 90 cm, l. 45 cm, chacun.
Collection impériale japonaise (Kunaichô: Sannomaru Shôkôzan), Tôkyô
(in catalogue Nihon bijutsu meihin ten, Musée national de Tôkyô, 1990, n° 207).
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