Se marier ou non : le droit fiscal peut-il aider à choisir ? - article ; n°1 ; vol.401, pg 23-37
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Economie et statistique - Année 2007 - Volume 401 - Numéro 1 - Pages 23-37
L'idée que le mariage permet de faire des économies d'impôt est largement répandue. En réalité, des dispositifs de redistribution en faveur des revenus modestes (prime pour l'emploi (PPE), décote, seuil de perception) se superposent au quotient conjugal et en modifient les effets. Même s'il avantage les couples mariés, se dessinent ainsi à l'examen des barèmes fiscaux et de la PPE des zones théoriques de pénalité au mariage définies dans le plan des rémunérations des deux membres du couple. Ainsi les couples en union libre sont-ils parfois avantagés, notamment lorsque les rémunérations du couple permettent d'appliquer deux fois la décote ou le seuil de perception minimum. La présence d'enfants peut aussi les conduire à optimiser leur impôt en répartissant ces enfants entre eux au mieux du quotient familial. Pour apprécier l'importance réelle de ces multiples configurations, il faut évaluer le nombre de ménages concernés par chacune. Ainsi peut-on apprécier la distorsion que le système de déclaration conjointe introduit entre couples mariés et concubins : en 2004, si une majorité de couples reste gagnante au mariage, les couples bi-actifs à revenus moyens s'avèrent nombreux dans la zone où la décote introduit une forte pénalité au mariage. À l'inverse, les couples monoactifs en faveur desquels le quotient conjugal joue à plein représentent de forts effectifs parmi les gagnants au mariage. Il est enfin possible de mesurer les gains ou les pertes réels résultant du passage de l'union libre au mariage et vice versa au moyen de données réelles : les gains à l'imposition séparée concernent près d'un couple sur quatre et près de 30 % des couples avec un ou deux enfants gagnent à l'union libre. Cependant, le gain fiscal moyen au mariage reste très supérieur à celui résultant de l'union libre. Les gains au mariage sont les plus fréquents pour les couples mono-actifs. Ce sont les couples aux plus hauts revenus qui gagnent le plus à être mariés.
Getting married or not: can tax legislation help decide ?In France, the income tax system for married couples relies on a joint income statement made to the tax administration (similar to an income self assessment form), which is commonly known for allowing tax savings to married couples on the basis of a progressive tax band system. In reality, a range of tax allowances for low income households are added to this joint statement system and modify its effects. Indeed, a deeper analysis of the French income tax system reveals that for some couples’ income profi les, it might even be more advantageous to stay unmarried. However, the relevance of this study depends on how signifi cant the number of people in each situation is, whether their tax burden is positively or negatively impacted when being married. The number of households within each category shows the bias caused by the joint declaration system for married and unmarried couples: in 2004, although the majority of couples were better off when married, dual-income couples with average incomes found themselves mainly penalised by marriage since they could only benefi t once from some of the low income tax allowances. On the other hand, single-income couples represent a large number of those who gain from being married since they benefi t most from the joint income statement system. Finally, it is possible to measure the real costs and benefi ts when moving from an unmarried to a married status and vice versa, using real data: benefactors from separate taxation represent nearly one in four couples while nearly 30% of couples with one or two children benefi t from being unmarried. Those who benefi t from being married are mainly single-income couples. Couples with the highest incomes have the most to gain from being married.
Heiraten oder nicht heiraten: kann das Steuerrecht die Entscheidung erleichtern ? Die Vorstellung, dass die Eheschließung Steuern sparen hilft, ist weit verbreitet. In Wirklichkeit überlagern die Mechanismen der Umverteilung zugunsten niedrigerer Einkommen (Beschäftigungsprämie, Steuerfreibetrag, Schwellwert für die Steuererhebung) den Ehegattenquotienten und ändern dessen Effekte. Auch wenn dieser die verheirateten Paare begünstigt, zeigt die Analyse der Steuertabellen und der Beschäftigungsprämie, dass die Ehe theoretisch Benachteiligungen im Hinblick auf die Entlohnung der beiden Ehepartner mit sich bringen kann. So sind die Paare ohne Trauschein oftmals bevorteilt, insbesondere wenn aufgrund der jeweiligen Entlohnung der Lebenspartner zweimal ein Steuerfreibetrag oder ein Schwellwert für die Steuererhebung zur Anwendung kommt. Auch Kinder können zur Steueroptimierung beitragen, wenn sie zwischen den Partnern im Hinblick auf den Ehegattenquotienten optimal aufgeteilt werden. Um die tatsächliche Bedeutung dieser vielfältigen Konfi gurationen bewerten zu können, muss die Anzahl der jeweils betroffenen Haushalte ermittelt werden. Auf diese Weise lässt sich die Verzerrung analysieren, die das System der gemeinsamen Steuererklärung zwischen verheirateten Paaren und Lebenspartnern verursacht. 2004 zogen zwar die verheirateten Paare mehrheitlich aus der Eheschließung einen Vorteil; die Paare mit zwei Erwerbstätigen, die jeweils einen durchschnittlichen Lohn bezogen, sind aber zahlreich in dem Bereich, in dem der Steuerfreibetrag die Eheschließung in hohem Maße benachteiligt. Dagegen stellen die Paare mit nur einem Erwerbstätigen, bei denen der Ehegattenquotient voll zum Tragen kommt, einen hohen Anteil unter denjenigen dar, die bei einer Eheschließung gewinnen. Anhand realer Daten können schließlich die tatsächlichen Gewinne oder Verluste gemessen werden, die der Übergang von einer Lebenspartnerschaft zur Ehe und umgekehrt mit sich bringt: von einer getrennten Besteuerung profi tiert nahezu jeder vierte Haushalt, während nahezu 30 % der Paare mit einem oder zwei Kindern eher Vorteile aus einer nichtehelichen Lebensgemeinschaft ziehen. Die Paare mit nur einem Erwerbstätigen ziehen häufi ger einen Nutzen aus der Eheschließung. Die Paare mit den höchsten Einkommen gewinnen am meisten durch eine Eheschließung.
Casarse o no: ¿ ayuda el derecho fi scal a elegir ? La idea de que el matrimonio economiza impuestos está ampliamente extendida. En realidad, los dispositivos de redistribución a favor de las rentas modestas (prima al trabajo (PPE), reducción, umbral de percepción) se superponen al cociente conyugal, modifi cando los efectos. Incluso si favorece a las parejas casadas, como refl eja el examen de los baremos fiscales y la PPE de las zonas teóricas de penalidad al matrimonio defi -nidas en el plan de remuneraciones de los miembros de la pareja. Así las parejas libres disfrutan a menudo de ventajas, especialmente cuando las remuneraciones de la pareja permiten aplicar dos veces la reducción o el umbral de percepción mínimo. Los hijos pueden así conducirles a optimizar sus impuestos repartiéndolos entre dos aprovechando al máximo el cociente familiar. Para apreciar la importancia real de las múltiples confi -guraciones, hay que evaluar los hogares atañidos por cada una. Así, se aprecia la distorsión que el sistema de declaración conjunta introduce entre casados y concubinos: en 2004, si la mayoría de parejas gana con el matrimonio, las bi-activas con ingresos medios son numerosas en la zona donde la reducción introduce una fuerte penalidad al matrimonio. En contra, las mono-activas a favor de las cuales el cociente conyugal infl uye plenamente representan fuertes efectivos entre los ganadores con el matrimonio. Por último, se pueden medir las ventajas o las pérdidas reales resultantes del paso de unión libre al matrimonio y viceversa a través de datos reales: las ventajas a la imposición separada afecta a una pareja de cuatro y cerca del 30 % de las parejas con uno o dos hijos ganan con la unión libre. No obstante, la ganancia fi scal media con el matrimonio permanece muy superior a la que resulta de la unión libre. Las ventajas del matrimonio son más frecuentes para parejas mono-activas. Son las parejas con mayores ingresos las que más se benefi cian con el matrimonio.
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 2007
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Langue Français

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Se marier ou non : le droit fiscal peut-il aider à choisir ?  Élise Amar et Sophie Gué*rin
FISCALITÉ
L’idée que le mariage permet de faire des économies d’impôt est largement répandue. En réalité, des dispositifs de redistribution en faveur des revenus modestes (prime pour l’emploi (PPE), décote, seuil de perception) se superposent au quotient conjugal et en modifient les effets. Même s’il avantage les couples mariés, se dessinent ainsi à l’exa men des barèmes fiscaux et de la PPE des zones théoriques de pénalité au mariage défi nies dans le plan des rémunérations des deux membres du couple. Ainsi les couples en union libre sontils parfois avantagés, notamment lorsque les rémunérations du couple permettent d’appliquer deux fois la décote ou le seuil de perception minimum. La pré sence d’enfants peut aussi les conduire à optimiser leur impôt en répartissant ces enfants entre eux au mieux du quotient familial.
Pour apprécier l’importance réelle de ces multiples configurations, il faut évaluer le nombre de ménages concernés par chacune. Ainsi peuton apprécier la distorsion que le système de déclaration conjointe introduit entre couples mariés et concubins : en 2004, si une majorité de couples reste gagnante au mariage, les couples biactifs à revenus moyens s’avèrent nombreux dans la zone où la décote introduit une forte pénalité au mariage. À l’inverse, les couples monoactifs en faveur desquels le quotient conjugal joue à plein représentent de forts effectifs parmi les gagnants au mariage.
Il est enfin possible de mesurer les gains ou les pertes réels résultant du passage de l’union libre au mariage et vice versa au moyen de données réelles : les gains à l’imposi tion séparée concernent près d’un couple sur quatre et près de 30 % des couples avec un ou deux enfants gagnent à l’union libre. Cependant, le gain fiscal au mariage reste très supérieur à celui résultant de l’union libre. Les gains au mariage sont les plus fréquents pour les couples monoactifs. Ce sont les couples aux plus hauts revenus qui gagnent le plus à être mariés.
* Élise Amar appartient à la division Études sociales de l’Insee, à laquelle appartenait également Sophie Guérin au moment de la rédac tion de cet article.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 401, 2007
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