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Temps et budget de la communication au domicile - article ; n°1 ; vol.27, pg 157-176

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Revue de l'OFCE - Année 1989 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 157-176
This article reviews the principle results of an inquiry on home communications, conducted in 1987 for France-Télécom. It concerns financial budgets and household schedules for different communication activities : reading, the press, telephone, radio, television, records, videorecorder, minitel and computers. The French typically spend about 25% of their time at home using one or more of these media. The time spent on each depends mainly on the profession, the age and the sex of the consumer. Each activity is analysed with special attention to television, which alone accounts for half of the time reserved for the use of these media. The examination of financial budgets shows that the greatest expenditure on equipment and consumption is not necessarily by the richest social groups. The rapid development of new technolo gies suggests the progressive integration in everyday life of an increasingly large selection of communication products and services.
Cet article retrace les principaux résultats d'une enquête sur la communication au domicile, réalisée en 1987 par la Sofres pour France Telecom. Elle porte sur les budgets financiers et les emplois du temps des ménages pour différentes activités de communication : livre, presse, téléphone, radio, télévision, disques, magnétoscope, minitel, ordinateur. Les Français consacrent 25 % de leur temps de présence au domicile à utiliser l'un de ces médias. La répartition de ce temps dépend principalement de l'activité professionnelle, de l'âge et du sexe. Chaque pratique est étudiée, avec une attention particulière pour la télévision qui occupe à elle seule la moitié du temps réservé aux médias. L'examen des budgets financiers montre que les fortes dépenses d'équipement et de consommation ne sont pas l'apanage des seules catégories les plus favorisées. Le développement rapide de nouvelles technologies incite à envisager les possibilités d'intégration dans la vie quotidienne d'offres croissantes de produits et services de communication.
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1989
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Langue Français
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Françoise Charpin
Michel Forsé
Pascal Perin
Temps et budget de la communication au domicile
In: Revue de l'OFCE. N°27, 1989. pp. 157-176.
Résumé
Cet article retrace les principaux résultats d'une enquête sur la communication au domicile, réalisée en 1987 par la Sofres pour
France Telecom. Elle porte sur les budgets financiers et les emplois du temps des ménages pour différentes activités de
communication : livre, presse, téléphone, radio, télévision, disques, magnétoscope, minitel, ordinateur.
Les Français consacrent 25 % de leur temps de présence au domicile à utiliser l'un de ces médias. La répartition de ce temps
dépend principalement de l'activité professionnelle, de l'âge et du sexe. Chaque pratique est étudiée, avec une attention
particulière pour la télévision qui occupe à elle seule la moitié du temps réservé aux médias. L'examen des budgets financiers
montre que les fortes dépenses d'équipement et de consommation ne sont pas l'apanage des seules catégories les plus
favorisées.
Le développement rapide de nouvelles technologies incite à envisager les possibilités d'intégration dans la vie quotidienne
d'offres croissantes de produits et services de communication.
Abstract
This article reviews the principle results of an inquiry on home communications, conducted in 1987 for France-Télécom. It
concerns financial budgets and household schedules for different communication activities : reading, the press, telephone, radio,
television, records, videorecorder, minitel and computers. The French typically spend about 25% of their time at home using one
or more of these media. The time spent on each depends mainly on the profession, the age and the sex of the consumer. Each
activity is analysed with special attention to television, which alone accounts for half of the time reserved for the use of these
media. The examination of financial budgets shows that the greatest expenditure on equipment and consumption is not
necessarily by the richest social groups. The rapid development of new technolo gies suggests the progressive integration in
everyday life of an increasingly large selection of communication products and services.
Citer ce document / Cite this document :
Charpin Françoise, Forsé Michel, Perin Pascal. Temps et budget de la communication au domicile. In: Revue de l'OFCE. N°27,
1989. pp. 157-176.
doi : 10.3406/ofce.1989.1177
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ofce_0751-6614_1989_num_27_1_1177Temps et budget de
la communication au domicile
Françoise Charpin
Département d'économétrie de l'OFCE et université Paris X
Michel Forsé
Conseiller scientifique au département des études de l'OFCE et maître de
conférence à l'université Lyon II
Pascal Périn
Sociologue à France Télécom
Cet article retrace les principaux résultats d'une enquête sur
la communication au domicile, réalisée en 1987 par la Sofres
pour France Telecom. Elle porte sur les budgets financiers et les
emplois du temps des ménages pour différentes activités de : livre, presse, téléphone, radio, télévision, dis
ques, magnétoscope, minitel, ordinateur.
Les Français consacrent 25 % de leur temps de présence au
domicile à utiliser l'un de ces médias. La répartition de ce temps
dépend principalement de l'activité professionnelle, de l'âge et
du sexe. Chaque pratique est étudiée, avec une attention parti
culière pour la télévision qui occupe à elle seule la moitié du
temps réservé aux médias. L'examen des budgets financiers
montre que les fortes dépenses d'équipement et de consommat
ion ne sont pas l'apanage des seules catégories les plus favori
sées.
Le développement rapide de nouvelles technologies incite à
envisager les possibilités d'intégration dans la vie quotidienne
d'offres croissantes de produits et services de communication.
Le monde de la communication connaît actuellement une phase de
croissance accélérée et une forte diversification. Ce mouvement con
cerne tous les champs de la communication résidentielle : loisirs,
échanges interpersonnels, traitement de l'information. Il se traduit
depuis le début des années quatre-vingt par la multiplication des biens
d'équipement mis sur le marché : vidéotex, magnétoscope, micro-ordi
nateur, et par un élargissement considérable des services associés :
doublement du nombre de chaînes TV en quatre ans, extension des
services Télétel. Toutes ces initiatives, auxquelles s'ajoutent les déve
loppements inattendus en matière de réseaux (télévision par satellite et
par câble, télématique) conduisent à s'interroger sur la façon dont les
Observations et diagnostics économiques n° 27 / avril 1989 157 Françoise Charpin, Michel Forsé, Pascal Périn
nouveaux services s'inscrivent dans le champ des activités domestiques
en général et dans celui de la communication au domicile, en particul
ier : que représente celle-ci dans la vie quotidienne des Français, quelle
place les nouveaux services y occupent-ils?
Partant de ces questions et des résultats d'une enquête récente (1),
nous analysons ici les temps que les individus consacrent chez eux aux
activités de communication. Nous ne nous intéressons qu'à celles sup
posant le recours à un média (2), entendu au sens large du terme comme
support d'un échange avec l'extérieur du ménage. Les activités rete
nues recouvrent l'ensemble de la communication résidentielle, quels que
soient les équipements utilisés, que leur existence soit ancienne ou
récente.
L'ensemble des activités de communication tient d'ores et déjà une
place considérable dans l'emploi du temps des Français : près du quart
du temps passé au domicile (sommeil compris). C'est dire l'importance
de ce champ d'investigation dans l'analyse des modes de vie et de leur
évolution. Nous étudierons la part du temps passé au domicile consacré
à la communication, sa répartition entre les divers médias, les carac
tères propres à l'usage de chacun d'eux, l'accroissement du temps
consacré à la communication (hors télécommunications) lorsque se mul
tiplient les médias utilisés ; enfin les dépenses que l'usage de ces
divers médias provoque.
Les Français consacrent un quart du temps au domicile aux activités de
communication...
Pour expliquer le temps moyen (3) consacré aux activités de commun
ication, évidemment très variable selon les individus, l'existence d'une
activité professionnelle est, de loin, l'élément le plus discriminant. Le
temps de loisir domestique n'est en effet pas indépendant du temps
passé au domicile. Or, sur ce point, le fait d'exercer une profession
introduit un clivage extrêmement fort. Parmi les inactifs, il convient de
distinguer au moins les jeunes des retraités qui, appartenant à des
générations différentes, ont des modes de vie très tranchés (4). Quant
aux femmes au foyer, elles passent le même temps au domicile que les
inactifs. Nous distinguerons donc trois grands groupes :
— les jeunes : élèves ou étudiants (33 % de l'échantillon) (5> ;
— les autres inactifs : retraités, femmes au foyer ou chômeurs
(20 %) ;
— les actifs (47 %).
(1) Les caractéristiques de l'enquête figurent en annexe.
(2) Ce qui exclut par exemple les relations de face à face.
(3) Ici comme par la suite, le temps « moyen quotidien » est calculé en divisant par 7 la
durée hebdomadaire obtenue en cumulant les temps enregistrés pour chaque jour de la
semaine (y compris donc samedi et dimanche) et pour l'ensemble de la population.
(4) Les chômeurs sont peu nombreux dans notre enquête, pour la commodité de
l'exposé, nous les avons regroupé avec les inactifs.
(5) Appartenant aux tranches d'âge 12-17 ans et 18-30 ans.
158 i
et budget de la communication au domicile Temps
Le temps moyen consacré aux pratiques audiovisuelles et de com
munication est de 4 heures pour les actifs et les jeunes, de 6 heures
pour les inactifs. La distribution cumulée de ce temps est illustrée par le
graphique 1 ; celle du temps passé au domicile par le graphique 2.
-n u/ >0
1. Distribution 100 J — —
cumulée du 1/ Actifs 1 i tfç \^m temps consacré nés aux médias
75"
■ ^ln£ ctifs
y 50"
y
25" IV
o- a- *4 4
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Heures
Exemple de lecture du graphique : 75 % des actifs consacrent moins
de 5 heures par jour à la communication, et 25 % davantage de
temps.
En %
2. Distribution
cumulée du
temps passé au
domicile
10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Heures
Malgré une différence de temps passé au domicile d'environ 1 h 30
entre les actifs et les jeunes, ces catégories ont un même profil eu
égard au temps alloué à la communication. En revanche, les inactifs qui
restent 5 heures de plus à leur domicile que les actifs, consacrent
159 Françoise Charpin, Michel Forsé, Pascal Périn
2 heures de plus à la communication. En d'autres termes, les actifs et
les jeunes emploient 25 % de leur temps au domicile aux activités
médiatiques alors que pour les inactifs, ce rapport s'élève à 30 %.
...plus de la moitié de ce temps étant passé à regarder la télévision
Parmi les activités de communication, la télévision occupe une place
prépondérante, un peu plus de 50 % du temps total de communication.
La radio, qui vient en deuxième position, 25 %, les sept autres activités
étudiées se partageant un peu moins du quart restant.
Le tableau 1 donne les temps que les actifs, les jeunes et les
inactifs consacrent à chaque média. La différence au tableau 1 entre les
totaux « avec ou sans double compte » est faible, ce qui montre que la
simultanéité d'usage des médias est peu fréquente. Les temps moyens
sont calculés sur l'ensemble des individus, y compris ceux qui ne
possèdent pas l'équipement correspondant ; ils sont donc influencés à
la fois par la pratique et par la possession. Ceci permet de conserver la
même population de référence.
1. Répartition du temps moyen de pratique quotidienne
en minute et pourcent
Actifs Jeunes Inactifs
Médias
min. % min. % min. %
Télévision . . 132 54,1 136 52,1 201 53,0
Radio 57 23,4 44 16,9 107 28,2
Presse 20 8,2 12 4,6 31 8,2
Livre 11 4,5 20 7,7 19 5,0
Musique 9 3,7 28 10,7 9 2,4
Magnétoscope 7 2,9 8 3,1 5 1.3
1 Ordinateur 4 1,6 10 3,8 0,3
Téléphone .... 1,4 3,5 2,5 1,0 5,5 1,5
Minitel 0,2 0,5 0,2 0,5 0,5 0,1
* 244 100 261 100 379 100 Total
* Sans double compte 235 248 368
Différence ... 9 13 11
* Comme on peut pratiquer plusieurs activités simultanément, le premier « total du tableau
est calculé avec double compte, le deuxième « total » sans double compte.
Les inactifs regardent la télévision et écoutent la radio relativement
plus que les actifs et les jeunes. Ainsi plus on passe de temps au
domicile et plus on pratique ces deux activités. Ce n'est pas le cas des
autres activités, nettement moins sensibles au temps libre disponible,
au moins lorsque l'on considère les parts relatives. Certaines, comme la
lecture (presse, livre) nécessite un effort plus grand que de regarder la
télévision ou d'écouter la radio. D'autres, comme la musique impliquent
un intérêt particulier. Les activités nouvelles, telles que l'usage du
magnétoscope ou de l'ordinateur, rebutent les personnes âgées et, à un
degré moindre, les femmes. Les jeunes délaissent plus que les autres
160 et budget de la communication au domicile Temps
les supports traditionnels de l'information, que sont la radio et la
presse. Ils restent des lecteurs de livre plus assidus que les actifs, mais
ils se distinguent surtout des plus âgés par leur pratique musicale,
nettement plus élevée que celle des actifs et inactifs. Ils sont également
plus attirés par l'informatique.
Comme on le verra dans la suite, l'âge, le sexe et le temps passé au
domicile sont les principales variables explicatives utilisées. Seule la
télévision, tant sa pratique s'est diffusée dans l'ensemble de la société,
permet une analyse assez fine et se prête à une modélisation des
comportements. Presque tout le monde la regarde, alors que la radio et
la presse ne concernent que 75 % des enquêtes, l'utilisation du tél
éphone 70 %, les livres et les disques environ 40 % et l'utilisation
d'équipements récents (magnétoscope, ordinateur, minitel) moins de
20 %. Pour certaines activités comme la lecture des livres, la semaine
est certainement une durée d'observation un peu courte. Une absence
de pratique durant une semaine ne peut s'interpréter comme une att
itude durable. Lorsque l'on cherche à caractériser les comportements,
l'observation de taux de non pratique élevés introduit une difficulté
méthodologique, puisqu'on ne sait pas si l'absence de pratique est une
attitude en soi, différente de la faible pratique.
Pour l'examen de chaque média nous les présenterons dans l'ordre
d'apparition de leur usage, qui encore aujourd'hui n'est pas indifférent,
car l'ancienneté d'un média en rend l'usage traditionnel, tandis que sa
nouveauté est pour certains un obstacle et pour d'autres un attrait. Le
livre date du XVIe siècle, la presse du XVIIIe, le téléphone de la fin du
XIXe, la radio des années trente, la télévision des années cinquante. Les
disques sont apparus dès le début du XXe, mais leur usage s'est surtout
répandu après la Seconde Guerre mondiale et celui des cassettes plus
tard. Le magnétoscope, le minitel et l'ordinateur sont très récents.
Les livres, un usage un peu oublié
Environ 56 % des enquêtes n'ont pas lu de livre à leur domicile
durant la semaine observée. Dans ce groupe on trouve un peu plus
d'hommes actifs, en particulier des ouvriers, et un peu moins de jeunes
que dans l'ensemble des enquêtes. Cependant l'absence de lecture
durant une semaine concerne tout le monde, car les écarts socio-
démographiques dont nous venons de parler sont peu marqués. Parmi
les lecteurs, la plus grande assiduité est constatée chez les jeunes filles
et les retraités (des deux sexes), avec une durée quotidienne moyenne
de 3/4 d'heure. Les jeunes hommes lisent en moyenne 1/4 d'heure de
moins que les jeunes filles. Les actifs des deux sexes lisent environ 1/2
heure par jour, comme les jeunes hommes. Les femmes au foyer lisent
un peu plus que les actives. Parmi les lecteurs, la durée a tendance
après 30 ans à augmenter avec l'âge. Le rythme moyen de lecture est
d'environ un jour sur deux, pour une durée un peu supérieure à 1 heure.
161 Charpin, Michel Forsé, Pascal Périn Françoise
La presse, un intérêt croissant avec l'âge
Une personne sur quatre n'a pas lu de journaux durant la semaine
de l'enquête. La presse est lue en moyenne un peu plus de quatre fois
par semaine. Cette lecture n'est donc pas quotidienne. Seuls les
hommes retraités le font en moyenne sept fois par semaine. Le temps
de lecture augmente très régulièrement à partir de l'âge de 30 ans.
Avant cet âge, il est d'environ 1/4 d'heure par jour, ensuite il croît pour
finir à 3/4 d'heure, après 60 ans. Les actives lisent la presse moins
longtemps que les actifs (7 minutes de moins en moyenne). Cet écart
entre les sexes subsiste chez les retraités.
Le téléphone, un équipement très répandu, plus utilisé par les femmes
Proche de la saturation en terme d'équipement (92 % des ménages
en disposent), le téléphone est tout à fait intégré aux pratiques de
communication des Français : 70 % des personnes enquêtées l'ont
employé au moins une fois au cours de la semaine.
Son usage renvoie principalement aux relations interpersonnelles
(contacts avec la famille, les amis, les connaissances). Son temps
d'utilisation est très inférieur à celui des autres médias : la durée
quotidienne d'utilisation par individu n'excède pas 6 minutes en
moyenne, à raison de 5 appels par semaine parmi la population des
pratiquants.
L'écart le plus marqué entre catégories d'utilisateurs concerne la
différence de sexe. Les femmes effectuent plus d'appels, pour des
communications plus longues que les hommes, ce qui fait qu'au total
leur temps passé au téléphone est supérieur d'environ un tiers. Les
autres facteurs jouant sur la pratique du téléphone sont l'âge, la taille
du foyer et le revenu. Le nombre d'appels a tendance à croître avec
l'âge, une personne vivant seule téléphone 3 minutes de plus que la
moyenne et l'effet revenu intervient de manière attendue : plus les
ressources du foyer sont élevées, plus ses membres ont tendance à
passer du temps au téléphone.
La radio, une écoute plus grande chez les inactifs et les femmes
Si tous les foyers ou presque disposent d'une radio, un quart des
personnes enquêtées ne l'ont pas utilisée durant une semaine. Parmi les
actifs et les jeunes, un sur deux écoutent la radio moins d'une demi-
heure par jour (un sur deux plus). Par contre la moitié des inactifs
l'écoutent pendant plus d'1 h 20 par jour. Rester au domicile accroît
donc beaucoup l'usage de ce média. La durée quotidienne moyenne
d'écoute, toutes catégories confondues, est d'un peu plus d'1 heure. Le
recours à la radio est encore très grand malgré la concurrence partielle
de la télévision, parce qu'on l'écoute en général en faisant autre chose,
voire même en travaillant. Elle accompagne donc, plus qu'elle n'occupe.
162 Temps et budget de la communication au domicile
Les femmes l'écoutent plus volontiers que les hommes, à activité don
née. On trouve un écart de 25 minutes entre les actives et les actifs. La
raison est probablement que la radio accompagne les tâches domesti
ques, plutôt effectuées par les femmes. La radio est aussi une distrac
tion de personne seule. Ainsi une femme au foyer l'écoute en moyenne
plus longtemps qu'une femme retraitée vivant en compagnie d'un
homme retaité. Ce sont les jeunes qui l'écoutent le moins longtemps.
Pour eux la différence entre les sexes existe encore, mais n'est que
d'environ 10 minutes par jour.
La télévision, une audience de masse
Toutes les catégories sociales, toutes les classes d'âge utilisent la
télévision. Environ 95 % des foyers ont un récepteur, 75 % un récepteur
couleur, 13,5 % plusieurs récepteurs couleur. Durant la semaine de
l'enquête, parmi les personnes âgées de plus de 12 ans qui avaient un
récepteur dans leur foyer, seulement 3,7 % ne l'ont pas allumé. Le taux
de non pratique hebdomadaire est donc extrêmement bas comparé à
ceux des autres activités.
Le plus souvent, on regarde la télévision une fois par jour. Le
nombre moyen de contacts par semaine vaut 9,3 chez les jeunes, 7,7
chez les actifs et 10,2 chez les inactifs. La dispersion est moins forte les : un sur deux allume la télévision entre 5 et 10 fois par
semaine, un jeune sur deux entre 6 et 13 fois, un inactif sur deux entre
7 et 14 fois. Du lundi au vendredi, plus le nombre de contacts quoti
diens augmente moins on trouve d'actifs (tableau 2). Au cours du week-
end les proportions varient nettement moins que pendant la semaine,
mais globalement de la même manière : la proportion d'actifs diminue
avec le nombre de contacts tandis que les proportions de jeunes et
d'inactifs augmentent.
2. Répartition des individus dans les groupes d'activité,
selon le nombre quotidien de contacts
En %
Jour Week-end Jour Semaine
1 0 1 0
Jeunes (20) * 19,9 19,0 19,0 21,3 24,6 23,4 16,5 20,5 22,2 37,9
Actifs (47) * . 48,7 56,6 54,4 38,5 24,9 16,6 51,8 43,3 42,4 34,4
* 20,0 29,1 41,0 52,9 45,5 28,3 32,3 37,7 36,3 41,0 Inactifs (33)
100 100 100 100 100 100 100 100 100 Total 100
* Proportions parmi les enquêtes.
On aurait pu penser a priori qu'un amateur de télévision allume
fréquemment son poste, et à chaque fois, pour une durée plus longue
qu'une personne qui le fait rarement. En fait on n'observe aucune
corrélation entre le nombre de contacts et la durée d'un contact dans
les trois groupes considérés (jeunes, actifs et inactifs). Lorsqu'on allume
163 Françoise Charpin, Michel Forsé, Pascal Périn
son récepteur de télévision, on reste devant pour un temps moyen
variant de 1 h 3/4 à 2 h 1/4. Globalement les jeunes ont un nombre de
contacts plus élevé que les actifs mais toujours moins longs. De leur
côté les inactifs regardent plus fréquemment la télévision et chaque fois
pour une durée plus longue que les autres groupes.
La durée moyenne d'écoute quotidienne de la télévision varie de
2 h 10 à 3 h 20 et la durée médiane de 2 à 3 heures selon l'activité
professionnelle. On observe sur le tableau 3 que les distributions con
cernant les jeunes et les actifs sont identiques. Si les jeunes regardent
la télévision plus souvent que les actifs et moins longtemps à chaque
fois, globalement le temps qu'ils y consacrent ne diffère pas de celui
des actifs. Par ailleurs, pour les trois groupes distingués, la variabilité
du temps consacré à la télévision est très forte : un actif sur deux (et un
jeune sur deux) regarde la télévision au rythme de 1 à 3 heures par
jour ; un inactif sur deux, au rythme de 2 à 4 h 30 par jour.
3. Distribution de la durée quotidienne moyenne d'écoute
de la télévision, en heures et minutes
Jeunes Actifs Inactifs
2 h 16 2 h 12 3 h 21 Moyenne
2 h 2 h Médiane 3 h
5e centile 17 mn 16 mn 37 mn
1er décile 30 mn 33 mn 1 h 03
1er quartile 1 h 08 1 h 06 1 h 54
3e 3 h 06 3 h 02 4 h 25 9e 4 h 26 4 h 05 6 h 04 décile
95e centile 5 h 30 4 h 44 7h 12
5e Exemple centile de : 5 lecture % des : jeunes regardent la télévision moins de 17 minutes par jour et 95 %
davantage.
9e décile: 90% des jeunes regardent la télévision moins de 4 h 26 par jour et 10%
Si la télévision a pénétré la quasi-totalité des foyers, le temps qu'on
lui consacre varie énormément d'un individu à l'autre, même à l'intérieur
de groupes relativement homogènes eu égard au temps passé au
domicile. Par quels facteurs peut-on expliquer ces disparités ? Le temps
libre, l'âge, le sexe, la profession, le temps consacré aux autres acti
vités de loisir, l'accès aux nouvelles chaînes de télévision, l'utilisation
du magnétoscope... sont-ils des déterminants de l'écoute de la télévi
sion et, s'ils le sont, quel sont leurs importances respectives ?
Une modélisation de l'usage de la télévision
La variable à expliquer est la durée quotidienne d'écoute de la
télévision en minutes. Il serait incorrect d'examiner tour à tour
l'influence de variable prise une à une ; cela donnerait pour chaque
facteur un effet apparent sans qu'on puisse dire s'il est attribuable au
seul facteur étudié. Aussi pour mesurer l'influence spécifique de ces
164 Temps et budget de la communication au domicile
facteurs nous avons utilisé l'analyse de la covariance. En prenant en
compte simultanément un ensemble de déterminants des disparités de
la durée d'écoute, cette méthode permet d'estimer correctement l'effet
de chacun. Dans l'encadré les facteurs explicatifs sont énumérés par
ordre d'importance. Deux sont quantitatifs : le temps domicile en écart
à la moyenne de sa catégorie d'activité professionnelle et la durée
d'utilisation du magnétoscope. Pour ces deux facteurs l'encadré donne
l'effet (en minutes) d'une augmentation d'une heure du facteur sur
l'écoute de la télévision. Pour les variables qualitatives, l'influence (en
minutes) de chaque modalité est exprimée soit en écart à la durée
moyenne d'écoute, soit en écart à une des modalités (6).
Analyse de la covariance de la durée
d'écoute de la télévision
La part de la variance totale expliquée par l'analyse est de 47 %.
Pour chaque facteur est indiqué entre parenthèses sa part explicative
spécifique c'est-à-dire la perte de variance engendrée par l'omission de
ce fréteur. Une influence inférieure à 9 minutes n'est pas significative-
ment différente de zéro. Les effets sont donnés en minutes.
Croisement sexe * activité * âge (8,6 %) Ecart à la durée moyenne
- 3 Hommes, élèves-étudiants, plus de 12 ans
-23 actifs, moins de 30 ans
- 18 Hommes, de 30 à 45 ans actifs, plus de 45 ans + 2
Hommes, retraités + 77
- 9 Femmes, élèves-étudiantes, plus de 12 ans actives, moins de 30 ans -35
Femmes, de 30 à 45 ans -40 actives, plus de 45 ans + 2
Femmes, retraitées + 39
Femmes au foyer, moins de 30 ans + 5 au de 30 à 45 ans + 4
Femmes au foyer, plus de 45 ans + 20
Hommes au chômage + 8
Femmes au chômage + 36
Temps passé au domicile en écart au temps Effet marginal d'une heure de plus passée au
domicile moyen de sa catégorie d'activité (8,2 %)
+ 12 Elèves-étudiants
Actifs + 9
Femmes au foyer + 17
+ 12 Retraités
Chômeurs + 10
(6) On passe d'une présentation à l'autres à l'aide de formules, c'est pourquoi on a
choisi la présentation la plus parlante selon le facteur considéré.
165