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Un espace de liberté et d’imaginaire. (entretien avec Sylvie Roques) - article ; n°1 ; vol.83, pg 131-140

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Communications - Année 2008 - Volume 83 - Numéro 1 - Pages 131-140
Didier Bezace décrit sa mission au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers en mettant en lumière les ambitions d’un théâtre populaire, qui prennent un sens plus aigu dans des territoires comme ceux des banlieues. Dans cette perspective, la programmation du Théâtre de la Commune acquiert un sens particulier et accroît son identité: il devient espace où l’on accomplit une sorte d’itinéraire et non simple centre de consommation théâtrale.
Didier Bezace describes his mission in the Théâtre de la Commune in Aubervilliers and highlights his ambitions for a popular theatre, that would have a more intense meaning in a place like the suburbs. In this perspective, the programme acquires a particular sense and increases the identity of the Théâtre de la Commune: it becomes of space for the accomplishment of an itinerary rather than a simple centre of theatrical consumption.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 2008
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Langue Français
Didier Bezace
Un espace de liberté et d’imaginaire
(entretien avec Sylvie Roques)
À quoi sert le théâtre aujourd’hui
*
?
J’aurais envie de vous répondre : le théâtre ne sert jamais à rien, mais,
tout en ne servant à rien, il est indispensable à tous. Il n’existe pas de
véritable nécessité du théâtre mais il fait partie de la vie humaine, de la
manière que l’on a de projeter nos inquiétudes, nos peurs, nos angoisses,
et de les représenter. Au même titre que la littérature ou le cinéma, le
théâtre appartient aux arts de la représentation de la vie humaine. Il n’a
pas de nécessité facilement quantifiable, il a en revanche une nécessité
interne à la vie des hommes et des femmes qui est indéniable, et cela dure
depuis des siècles.
Il y a dans notre pays et depuis l’après-guerre l’inscription dans la vie
républicaine de cette nécessité de l’oeuvre théâtrale et de son partage avec
le public, l’ensemble du public, ce qu’on appelle le « théâtre de service
public ».
Que pensez-vous des propos d’Olivier Py, directeur du Théâtre de
l’Odéon, lorsqu’il affirme que la décentralisation, aujourd’hui, ce n’est
plus la province mais la périphérie ?
S’il s’agit de la périphérie des villes, et notamment de la banlieue
parisienne, c’est, à mes yeux, évident, et je l’ai clairement dit dans un
entretien avec Fabienne Darge pour le journal
Le Monde
– Olivier Py l’a
peut-être lu – il y a plus d’un an. Effectivement, la mission et les ambitions
d’un théâtre populaire prennent un sens plus que jamais aigu dans les
banlieues en général, c’est-à-dire dans les territoires où la vie est difficile.
Le théâtre y joue un rôle important et paradoxal, c’est un espace de liberté
* Entretien du 25 juin 2007 au Théâtre de la Commune, Aubervilliers.
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