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Une vieille pharmacopée Siamoise inédite - article ; n°78 ; vol.20, pg 96-112

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Revue d'histoire de la pharmacie - Année 1932 - Volume 20 - Numéro 78 - Pages 96-112
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1932
Nombre de lectures 41
Langue Français

A. Escaich
Lorgeau
Une vieille pharmacopée Siamoise inédite
In: Revue d'histoire de la pharmacie, 20e année, N. 78, 1932. pp. 96-112.
Citer ce document / Cite this document :
Escaich A., Lorgeau . Une vieille pharmacopée Siamoise inédite. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 20e année, N. 78, 1932.
pp. 96-112.
doi : 10.3406/pharm.1932.9969
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1932_num_20_78_9969vieille pharmacopée Siamoise inédite Une
Seix qui Un mériterait (Ariège), de nos collègues est une connu nouvelle prématurément par un édition. excellent disparu, Il précis est aussi d'analyse Auguste l'inventeur Escaich, des urines, d'un de
réactif qui a déjà rendu bien des services et d'un procédé de teinture
entièrement nouveau qu'on achève de mettre au point.
Escaich, qui avait vécu en Extrême-Orient, s'était beaucoup inté
ressé à la pharmacie indigène. Sa veuve vient d'offrir aimablement
à la Société d'Histoire de la Pharmacie un intéressant manuscrit
par elle retrouvé dans ses notes et qu'il nous destinait.
C'est la traduction française établie par Escaich aidé de Lor-
geau, le regretté professeur de l'Ecole des Langues Orientales ,
de la deuxième moitié d'un formulaire siamois contre les fièvres.
La copie siamoise de ce recueil fut remise vers 1910 à Auguste Es
caich par le Phra Ouz Chao Saï, frère du roi Chu La Long Korn,
ancien chef des médecins, c'est-à-dire premier médecin du roi. Elle
était datée du « 2e jour de la période croissante de la 3e lunaison,
l'an 1177 de la Petite Ere, année du Porc, 7e de la période déca
daire », ce qui correspond au mois de février 1815. Le document,
copié à cette époque par un autre médecin qui ne se nomme pas,
mais qui dit l'avoir un peu remanié, remonte peut-être à une anti
quité reculée.
Ce qui en fait l'intérêt pour nous, c'est qu'en interrogeant les
indigènes, Escaich a pu identifier la plupart des produits désignés
en langage siamois; c'est aussi que, grâce à ce précieux travail, nous
pouvons nous faire une idée de la vieille pharmacopée indochinoise
et nous constatons qu'elle était proche parente de notre pharmacopée
moyen-âgeuse. Même utilisation des simples, des organes d'animaux UNE VIEILLE PHARMACOPÉE SIAMOISE 97
(entrailles de poisson, bouse sèche, corne de cerf, fiel de tortue, ver
tèbres calcinées de reptiles, etc.), ou encore des minéraux précieux
(pierres fines, or, etc.) ; même complexité des formules.
Coïncidence ? ou source commune ? Ceci et cela sans doute.
Mais ce qui est démontré pour le langage et pour l'architecture doit
être vrai pour la thérapeutique : la tradition a franchi des distances
incalculables dans l'espace aussi bien que dans le temps.
La plupart des préparations décrites dans cette pharmacopée si
amoise sont désignées par des noms qui rappellent soit leur compos
ition, soit leur vertu, soit encore une légende des plus gracieuses.
C'est ainsi que nous y rencontrons : « Le remède nommé Le cours
du grand fleuve », « Tourbillon sans fin », « Le livre qui flotte
au vent », les 3 « Discernements », « Invention des Dieux »,
« Pilules blanches du Génie tutélaire », « Vert de toute vertu »,
Obstruction du grand fleuve », « Bleu de ciel couvert »,
« Grande conque dorée », « Petite conque dorée », «Or qui
flotte dans l'air », < Le merle emporté par le vent », «La lune
débarrassée des nuages », « Les conferves flottant au bord de
l'eau », « Petites êtamines », « Noir azuré », « Grand
uvre »....
Aujourd'hui, pour forger le nom d'un produit spécialisé, nous
nous donnons parfois plus de mal que pour en établir la formule, et
nous accouchons finalement d'un vocable si effrayant que le moral
du malade court, à la lecture de l'étiquette, les plus grands risques...
Ecoutons plutôt les leçons, je ne dis pas de thérapeutique, mais de
poésie, des ancêtres de Chu La Long Korn; « prospectons » en faveur
d'une nouvelle Conque dorée, d'un Vert de toute vertu, d'une Lune
débarrassée des nuages...
G. 98 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
SOMMAIRE COMPLET DU TRAITÉ DES REMÈDES
SPÉCIFIQUES CONTRE LES FIÈVRES DU NORD O)
1. Remède nommé : Mahâ ganga nadi (Le cours du grand fleuve).
Prenez : Racines de maklam grimpant (abrus precatorius) , 1 bât (2);
Feuilles de pheka (oroxylum indicum), 1 bât; Feuilles de sami (mimosa
suma), 1 bât; Feuilles de pip, 1 bât (pîp, piper officinarium ?);
Feuilles de sadao (melia azadirachta) , 1 bât; Feuilles de grand uang
(hyperanthera morunga ?), 1 bât; Feuilles de Khong sâm gân, 1 bât;
Feuilles de hang sua (sp. aloès), 1 bât; Curcuma zedoaria, 1 bât; Sal
pêtre, 1 bât; t Feuilles de nom phichit (espèce d'anonacée), 10 bât.
Pilez ensemble ces onze ingrédients; broyez-les, faites-en des pilules.
Pour guérir les fièvres infectieuses, délayez ces pilules avec de l'eau de
fleurs (3) ; on les fait prendre ainsi préparées, et on les emploie en même
temps en lotions; pour guérir les pustules répandues sur le corps, faites
des lotions avec ces mêmes pilules délayées dans de l'eau d'escargots.
[En interligne et à l'encre rouge, on trouve les additions suivantes :]
Feuilles de phimsen, 1 bât; feuilles de thong phan tchang (rhinacanthus
communis), 1 bât; feuilles de thong lâng (érythrine) de la saison des
pluies, 1 bât; feuilles de boraphet (cocculus verrucosus) , 1 bât; feuilles de
courge, 1 bât; phromi (siphonanthus indica), 1 bât; feuilles de yâ dap fai
(sp. stachys), 1 bât; feuilles de tamlung (bryonia), 1 bât; feuilles de phak-
khao (momordica cochinchinensis) , 1 bât; mahat (solanum melongena)
noir et rouge, de chaque 1 bât; wân (amomum) sabot de rhinocéros, 1 bât;
(1) Fièvres des bois.
(2) Le bât, unité de poids à Siam, est de quinze grammes environ; il se divise
en quatre salungs et huit fuangs.
(3) Eau parfumée par la macération des fruits de Veugenia jambosa. i
¦
UNE VIEILLE PHARMACOPÉE SIAMOISE 99
wân ro nang, 1 bât (4)... Broyez en arrosant avec une décoction de graines
de prakham fiel de buffle (5) saupoudrée de salpêtre.
2. Préparation pour le traitement des tumeurs internes.
Prenez : Feuilles de mora (momordica charantia) ; Feuilles de m!a-
toum (gle marmelos); Feuilles de phimsen (6) (momordica monadel-
pha) ; Feuilles de sami (mimosa suma) ; Feuilles de bétel (tardif?) ;
Feuilles de rak blanc (sp. asclepias) (7); Santal des deux espèces;
Wâi khâ, Wâi tamoi (rotins) ; Niraphousi (trigonella corniculata ?) ;
Grand lalâi; Mahâ sadam (echites frutescens) ; Phetsanat (mimosa
sirisa) ; Ragom; Vétiver; Bouse sèche; Salpêtre.
De chacun de ces dix-sept ingrédients en quantité égale.
Pilez ensemble; broyez, faites des pilules. On prendra ces pilules dé
layées avec de l'eau de riz, comme préservatif et pour neutraliser tous
les venins. On les emploie aussi pour guérir les fièvres du Nord, les tu
meurs malignes, l'asthme et le hoquet. On en fait également usage contre
la diarrhée, mais alors il faut les délayer avec de l'eau de santal. Pour
arrêter les vomissements, on les délaie avec une décoction de matoum
(fruits de Y gle marmelos) .
3. Préparation pour guérir la fièvre à hoquets (formule du wayôwât).
Prenez : Queue de paon brûlée; illetons de canne à sucre rouge;
Racines de bambou des bois; Graines torréfiées de prakham fiel de
buffle; Réglisse; Corne de cerf; Ecorce extérieure du rotin takhâ;
- Agallochum; Calambae; Phimsen ou camphre de Bornéo.
(4) Les wân sont des plantes à rhizomes ou racines fortement aromatiques;
les Siamois en distinguent un grand nombre d'espèces. L'acorus calamus est
un wân.
(5) Prakham signifie : chapelet. Il s'agit donc de plantes (distinctes de Yabrus
precatorius), dont les graines peuvent être employées pour faire des chapelets;
on en distingue les différentes espèces par l'apparence de ces graines.
(6) On appelle, en siamois, phimsen, le camphre de Bornéo. La plante du
même nom est toute différente.
(7) Le rak blanc est une plante très commune dans les terrains incultes; elle
est complètement distincte de l'arbre qui fournit le vernis noir du même nom. ¦
REVUE D HISTOIRE DE LA PHARMACIE
De ces dix ingrédients en quantité égale.
Pilez, broyez en mouillant avec de l'eau de fleurs; faites des pilules.
Délayées avec de l'eau de fleurs de mali (jasminus sambac) fraîche, on
en prend pour guérir la fièvre à hoquets; elles sont très efficaces.
4. Préparation nommée : Mahâsôthichon (Le Grand remède supérieur) .
Prenez : Chan hom (persicaire ?), de bonne qualité; Graines de co
riandre; Vétiver; Feuilles de sadao (melia azidarachta) .
[Additions en interligne à l'encre rouge:] Etamines de lotus royal; feuil
les de phimsen (momordica monadelpha) ; feuilles de thong long (éry-
thrine) ; feuilles de thong phan tchang (rhinacanthus communis) ; mahât
(solanum melongena) rouge et noir; sommités de sawât (mezzoneuron) .
De chacun de ces ingrédients en quantité égale. Ajoutez-y du boraphet
(cocculus verrucosus) en poids égal à la totalité des premiers ingrédients.
Pilez ensemble et broyez (en arrosant avec du jus de yâ mou : herbe aux
porcs) (8), faites-en des pilules.
Pour guérir la fièvre caractérisée par une éruption de taches rouges et
noires répandues sur tout le corps (de boutons fugaces, de rougeurs) (8),
par de la torpeur, des contractions, des spasmes, du hoquet, des chaleurs
violentes, du délire, on prendra ces pilules délayées avec de l'eau tiède,
de l'urine ou de l'eau de fleurs.
(Ces mêmes liquides s'emploient aussi en lotions) (8).
5. Préparation nommée: Dépuratif au phoung fétide (sterculia ftida).
Prenez : Myrobolans indigènes; Myrobolans exotiques; Tama-
rinde; Salpêtre; Cauris jaunes calcinés; Peau de buffle rouge
brûlée; Oignons rouges; Borax.
De chacun de ces huit ingrédients, en quantité égale.
Prenez ensuite du phoung men (sterculia ftida) d'un poids égal à tout
le reste. Pilez, broyez, faites des pilules. On prendra de ces pilules délayées
dans de l'eau-de-vie pour arrêter les hémorragies.
Nous avons confiance dans cette préparation. Vous pouvez l'employer
sans crainte.
(8) Additions en interligne à l'encre rouge. i
.
¦
-
VIEILLE PHARMACOPÉE SIAMOISE 101 UNE
6. Préparation nommée : Soutien des éléments, soutien des forces.
Prenez : Noix muscade; Macis; Cannelle exotique; Marbre
noir; Racines de Thoua phou (psophocarpus tetragonolobus) ; Ré
glisse exotique; Krakkhi (cur de jacquier, artocarpus integrifolius) ;
Agallochum; Phimsen (camphre de Bornéo).
[Santal exotique; étamines de lotus royal; safran; fleurs de phiphât;
têtes (oignons) de lotus blanc; têtes de lotus amer; Hêo bâtard (9); pulpe
de tamarinde; Kha-Kmpfera rotunda) (10).]
De chacun de ces neuf ingrédients en quantité égale.
Pilez, broyez en arrosant avec de l'eau de fleurs; faites des pilules.
On prend de ces pilules délayées avec du jus de canne à sucre rouge ou
du sucre en poudre, pour guérir la fièvre enveloppante qui empêche de
prendre de la nourriture, qui empêche de dormir, qui cause des périodes
alternantes de chaleur et de froid et une agitation continuelle. Elles sou
tiennent en même temps les éléments du corps, soutiennent les forces et
dissipent la tristesse habituelle.
7. Préparation nommée : Le grand antidote.
Prenez : Feuilles de phimsen (momordica monadelpha) ; Feuilles de
mafuang (averrhoa carambola) ; » Feuilles de mora (momordica charan-
tia) ; Feuilles de courge; Graines de céleri; Graines de sophora to-
mentosa; Pois dorés torréfiés, de chaque, 1 bât; Gingembre sec, 2 sa-
lungs.
Pilez ensemble ces huit ingrédients, broyez, faites des pilules. On les
emploie pour guérir les tumeurs internes pour neutraliser le poison des
fièvres qui causent du délire, de l'hébétude, de l'agitation avec des cha
leurs internes, et des tremblements accompagnés d'une sensation de froid;
qui provoquent des contractions dans les mains et dans les pieds; qui
privent du sens et de la raison, comme si le malade était possédé par un
mauvais esprit.
(9) Le hêo vrai est le scirpus tuberosus.
|(10) Additions en interligne à l'encre rouge. i
102 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
On emploie cette préparation délayée avec de l'eau de santal; on en
boit et on en fait des lotions.
Remède très précieux dans lequel nous avons confiance.
8. Préparation nommée : Remède d'une vertu divine.
Prenez : Santal rouge; . Santal blanc; Agallochum; Photsanât
(acacia sirisa) ; Aubergine noire; Wân (espèce d'amomum) sabot de
rhinocéros; Wân criblé d'or; Wân pro (Kmpfera rotunda);
Ragom; Andropogon vétiver; Feuilles de sami (acacia suma);
Feuilles de phromi (siphonanthus indicus) ; Feuilles de mora (momord
ica charantia); Feuilles de courge; Feuilles de phimsen monadelpha) (n).
De chacun de ces quinze ingrédients en quantité égale.
Pilez, broyez, faites des pilules.
Ces pilules s'emploient pour guérir les inflammations internes et toutes
les inflammations en général. Elles neutralisent le venin des inflammat
ions qui se portent au cur, ou affectent la langue qu'elles rendent dure
et rigide, au point de provoquer des évanouissements. Délayées avec de
l'urine humaine, elles se prennent en potions dont on doit faire fréquem
ment usage.
Elles guérissent de même les fièvres infectieuses qui rendent le corps
brûlant comme une tuile chaude; dans ce cas, on prend ces pilules dé
layées dans de l'eau de riz. On peut en faire usage pour les enfants aussi
bien que pour les grandes personnes.
9. Préparation nommée : Ananthakraiwât (tourbillon sans fin).
Prenez : Bois médicinal blanc; Bois médicinal kadouk (os) (12);
Cumin noir; Graines de basilic; Graines de coriandre; Borax;
Feuilles de sanphramon (mûrier ?) ; Feuilles de laitue cultivée; Ra
cines de thong long (érythrine); Racines de croton aquatique; Pé-
(11) Addition en interligne à l'encre rouge.
(12) Les bois médicinaux, qui n'ont pas d'autre désignation, sont des matières
importées dont on ne connaît pas l'origine végétale. VIEILLE PHARMACOPÉE SIAMOISE 103 UNE
pins de citron; Rotin de la variété takha; Graines de sophora to-
mentosa; Citronnelle; Fleurs de phikoun (mesuaferrea); t Fleurs
de bounnak (rottleria tinctoria); Fleurs de saraphi (ochrocarpus sia-
mensis) ; Arêtes inférieures de platchon (poisson : ophiocephalus) ;
Vertèbres de serpent boa; Vertèbres de serpent thaptha; Ivoire
d'éléphant; Peau de rhinocéros.
De chacun de ces vingt-quatre ingrédients en quantité égale.
Broyez en arrosant avec de l'eau de fleurs; faites des pilules.
Ces pilules s'emploient pour guérir les convulsions aussi bien chez les
enfants que chez les grandes personnes. S'il s'agit de combattre l'hébé
tude et la torpeur, on y mêle du phimsen (camphre de Bornéo) et du fiel
de serpent boa en remuant avec soin. Pour guérir la soif inextinguible,
l'asthme, la rigidité du visage et de la langue, on délaiera ces mêmes pi
lules, soit avec de l'eau de riz, soit avec de l'eau de fleurs; le liquide
obtenu ainsi s'emploie en boisson et on en fait en même temps des lo
tions.
Vous pouvez employer ce remède avec confiance; il m'a servi à guérir
des centaines et des milliers de malades. On peut l'estimer au prix d'une
livre d'or.
10. Préparation nommée : Le livre qui flotte au vent.
Prenez : Livre carbonisé (*3) ; Graines de grand saba (entada scan-
dens) torréfiées; Graines de saba wok torréfiées; Graines de pra
kham, fiel de buf torréfiées; Chaux des bords du pot à chaux brûlée
au feu (14); Racines de dinn torréfiées; Gousses de sompoi (acacia
rugata) torréfiées; Coques de crabes des bois; Poussière de palmier;
Mahâlalâi; Mahâsadam (echites frutescens) ; Phitsanât (acacia si-
risa); Rayom; Citronnelle; illetons de canne à sucre rouge;
Boraphet (coculus verrucosus) ; Or en feuilles.
(13) Il s'agit des livres qui étaient autrefois d'un usage général au Siam, et
dont le papier se fabriquait avec l'écorce du khoi (streblerus aspera).
(14) On garde dans des pots en terre de la chaux rougie par une faible addi
tion de curcuma. A la longue, cette chaux forme au-dessus des bords du vase
un dépôt solide de plusieurs pouces de hauteur. <
¦
¦
.
REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE 104
De chacun de ces dix-neuf ingrédients en quantité égale.
Broyez le tout en mouillant avec une solution de fiel de serpent boa,
et faites des pilules.
Pour guérir les fièvres du Nord, on prendra de ces pilules délayées avec
de l'eau de fleurs. Pour guérir la rigidité de la langue et de la mâchoire
inférieure, on les prendra délayées avec de l'urine humaine. Pour les i
nflammations, on emploiera de l'eau d'égout.
Ces pilules donnent de très bons résultats; nous pouvons l'affirmer sur
l'expérience que nous en avons faite.
11. Préparation nommée : Petit visampaya (discernement) .
Prenez : Bois médicinal blanc exotique; Tiges ligneuses de feuilles
de cocotier; Bois médicinal du Nord; Bois médicinal chulâlamphâ;
Tignes ligneuses de lotus; Cumin noir; Cumin blanc; Cumin
grain de riz; Cumin yaowaphâni; Noix muscade; Macis; Ca
rdamome Clous de gir;ofle; Borax; Chetmoun; Tchalout;
Cannelle ; Réglisse Myrobolans exotiques; \ Dipli (poivre long);
Civette; Phimsen (camphre de Bornéo).
De ces vingt-deux ingrédients, en quantité égale.
Broyez-les en les mouillant avec de l'eau de fleurs, et faites des pilules.
Au milieu du jour, on prend ces pilules délayées avec de l'eau de fleurs;
le matin, on les prend délayées dans du jus de gingembre. Elles guérissent
les fièvres pernicieuses et toutes les fièvres en général.
12. Préparation nommée : Wisampaya moyen.
Prenez : Bois médicinal blanc; Bois médicinal noir; Tiges ligneu
ses de lotus; Bois médicinal phoung plâ (entrailles de poisson) ; Bois
médicinal des tchieng (principautés laotiennes du Nord) ; Cumin noir;
Cumin rouge; Cumin blanc; Cumin il de grenouille; Cumin
sauterelle; Noix muscade Macis; Clous de girofle; Camphre;
> Citronelle; Céleri; Borax; Chouk rôhini (oseille de l'Inde ?);
Graines de enn; Myrobolans indigènes; Gingembre sec; Amb
re; Cannelle sauvage; Cur de sonn (casuarina equisetifolia) ;
Cannelle; Civette; Phimsen (camphre de Bornéo).
De ces vingt-sept ingrédients, en quantité égale.