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Regard des Français sur le discours
de politique générale d’Edouard Philippe
Sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et le Figaro
LEVÉE D’EMBARGO VENDREDI 7 JUILLET 2017 À 6H00
etSondage réalisé avec pourMéthodologie
Recueil
Enquête réalisée auprès d’ un échantillon de Français interrogés par Internet les 5
et 6 juillet 2017.
Echantillon
Echantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française âgée de
18 ans et plus, parmi lesquelles : 218 sympathisants de gauche, 144
sympathisants En Marche, 157 sympathisants de droite hors FN et 170 du FN.
La représentativité de l’ éc h an tillo n est assurée par la méthode des quotas appliqués aux
variables suivantes : sexe, âge et profession de l ’in t er vi e w é après stratification par région et
catégorie d ’ ag glom é r a tion.Précisions sur les marges d’erreur
Chaque sondage présente une incertitude statistique que l’o n appelle marge d ’ erreur. Cette marge d ’erreur signifie que le résultat
d ’u n sondage se situe, avec un niveau de confiance de 95%, de part et d ’ au tre de la valeur observée. La marge d ’erreur dépend de la
taille de l’échan till o n ainsi que du pourcentage observé.
Si le pourcentage observé est de …
Taille de l’Echantillon 5% ou 95% 10% ou 90% 20% ou 80% 30% ou 70% 40% ou 60% 50%
200 3,1 4,2 5,7 6,5 6,9 7,1
300 2,5 3,5 4,6 5,3 5,7 5,8
400 2,2 3,0 4,0 4,6 4,9 5,0
500 1,9 2,7 3,6 4,1 4,4 4,5
600 1,8 2,4 3,3 3,7 4,0 4,1
800 1,5 2,5 2,8 3,2 3,5 3,5
900 1,4 2,0 2,6 3,0 3,2 3,3
1 000 1,4 1,8 2,5 2,8 3,0 3,1
2 000 1,0 1,3 1,8 2,1 2,2 2,2
3000 0,8 1,1 1,4 1,6 1,8 1,8
Lecture du tableau : Dans un échantillon de 1000 personnes, si le pourcentage observé est de 20% la marge d ’ er r e u r est égale à 2,5% : le pourcentage réel est donc
compris dans l ’ i n ter v a l l e [17,5 ; 22,5]. Dans un échantillon de près de 200 personnes (tels que les sous-échantillons de sympathisants présentés dans ce rapport), si le
pourcentage observé est de 20% la marge d ’ er r eu r est égale à 5,7% : le pourcentage réel est donc compris dans l ’ i n ter v a l l e [14,3 ; 25,7].Principaux enseignements
LES FRANÇAIS N’ONT PAS ÉTÉ CONVAINCUS PAR LES DEUX GRANDS ORAUX DU
PRÉSIDENT ET DU PREMIER MINISTRE
Voici les enseignements clés de notre sondage :
1. 54% des Français ne pensent pas que le cap fixé par le Président à Versailles permettra une
amélioration du pays… et les sympathisants de gauche en sont encore moins convaincus (65%)
2. 58% des Français désapprouvent les mesures annoncées par Edouard Philippe sans son Discours de
Politique Générale de mardi dernier
3. Pourtant, toutes les mesures présentées mardi ne suscitent pas l’opposition des Français : la réforme du
BAC, ou la hausse du prix du tabac suscitent une large adhésion des Français…
4. MAIS… une mesure extrêmement importante suscite un très large rejet, l’augmentation de la CSG afin
de baisser les cotisations salariales : les deux-tiers des Français (64%) y sont opposés
Gaël Sliman, Président d’Odoxa
@gaelslimanSynthèse détaillée (1/6)
54% DES FRANÇAIS NE PENSENT PAS QUE LE CAP FIXÉ PAR LE PRÉSIDENT À VERSAILLES PERMETTRA UNE
AMÉLIORATION DU PAYS… ET LES SYMPATHISANTS DE GAUCHE EN SONT ENCORE MOINS CONVAINCUS (65%)
Le discours prononcé lundi dernier à Versailles par le Président de la République devant les députés et les sénateurs réunis
en Congrès a été un véritable triomphe.
Médiatiquement en tout cas.
En effet, dans la foulée de ce discours la plupart des commentaires effectués par les médias, les analyses politiques, et
même les acteurs politiques (à l’ e x ce ptio n des extrêmes) ont été très élogieux.
Surtout, « on » a salué le lendemain, dans la foulée du DPG du Premier ministre, la parfaite orchestration des deux niveaux
de prises de paroles de l’ e x éc utif.
Les Français, eux, ne partagent pas cet enthousiasme.
54% de nos concitoyens ne pensent pas que le cap fixé par le Président dans ce discours permettra une amélioration de la
situation du pays. Seule une minorité de 46% « suit » en réalité le flux des commentaires positifs entendus toute cette
semaine.
Le désaveu, ou la déception est encore plus net à gauche qu ’ à droite : alors que les sympathisants de la droite parlementaire
sont tout de même un sur deux à adhérer (53% contre 47%), le désaveu du cap fixé par le Président concerne … les deux-tiers
(65%) des sympathisants de gauche !Synthèse détaillée (2/6)
58% DES FRANÇAIS DÉSAPPROUVENT LES MESURES ANNONCÉES PAR EDOUARD PHILIPPE SANS SON DISCOURS
DE POLITIQUE GÉNÉRALE DE MARDI DERNIER
Cohérents avec ce rejet majoritaire du cap fixé par Emmanuel Macron, les Français rejettent aussi assez logiquement la
déclinaison pratique proposée le lendemain par son Premier ministre dans son Discours de Politique Générale (DPG).
Le rejet est même encore un peu plus fort que sur le cap fixé par le Président, pu i sq u’i l concerne près de six Français sur dix :
58% n’ ap pr ou v en t pas le pack global des mesures annoncées par Edouard Philippe.
Ainsi, alors que le vote de défiance n’ a concerné qu ’ à peine plus d’ un député sur dix (67 sur 577), les Français – eux –
auraient probablement été une majorité à ne pas voter la confiance à Edouard Philippe. Cela donne évidemment à réfléchir
sur le caractère « représentatif » de l’ A ss embl ée (comme l’ a ventée Edouard Philippe au moment de s’ ad r esser à elle).
Plus intéressant encore, le vote de défiance qui a été si faible dans les rangs du PS et de ses alliés aurait été très majoritaire
chez leurs électeurs et sympathisants : 71% des sympathisants de gauche, mais surtout 60% des sympathisants PS
désapprouvent les mesures annoncées par Edouard Philippe dans son DPG.
A l’in v er se, les sympathisants de la droite parlementaire (hors FN) sont une majorité (55%) à approuver ces orientations.
Pour les Français, il est bien probable que cet exécutif se voulant à la fois de gauche et de droite soit finalement plus de
droite que de gauche.Synthèse détaillée (3/6)
POURTANT, TOUTES LES MESURES PRÉSENTÉES MARDI NE SUSCITENT PAS L’OPPOSITION DES FRANÇAIS : LA
RÉFORME DU BAC, OU LA HAUSSE DU PRIX DU TABAC SUSCITENT UNE LARGE ADHÉSION DES FRANÇAIS…
L ’in suc cè s global du DPG d’E do ua r d Philippe dans l ’ op i ni on ne signifie pas que toutes les mesures qu ’il a présentées mardi
seraient rejetées par nos concitoyens.
Sur les 5 grandes mesures que nous avons testées dans notre enquête en retenant les principales mesures présentées par
grandes thématiques (santé, sécurité, éducation, économie et fiscalité), le soutien est nettement majoritaire pour deux
d’ en tr e elle, une mesure divise les Français à 50/50, et deux mesures suscitent un net rejet.
S ’ ag is san t de l’ é du c a ti on , E. Philippe a marqué des points dans l’ o pi ni on mardi dernier. L ’ un e des principales mesures qu ’il a
présentée, la réforme du Baccalauréat, suscite en effet une large adhésion : 72% des Français y seraient favorables. Promise
depuis longtemps par ses prédécesseurs et jamais faite, nos concitoyens y étaient prêts, et même demandeurs, depuis de
nombreuses années.
S ’ ag is san t de la santé, le bilan est plus mitigé : si la décision de « rendre obligatoire pour les enfants 11 vaccins au lieu de 3
actuellement » n’ a pas un bon accueil (56% de rejet), l’ au tr e grande mesure annoncée en matière de santé – et qui aurait pu
être plus délicate à faire passer – est largement soutenue.
La hausse du prix du tabac soutenue par six Français sur dix (61%) et fait, en plus, consensus dans l ’ op i ni on : 54% de soutien
à gauche (69% auprès du PS) et 67% à droite !
C ’ es t très intéressant pour le gouvernement s’ ag i s san t d’ u ne mesure qui, au nom de la santé publique, permettra de
renflouer les caisses de l’E t at de plusieurs milliards. C ’ es t d’ ai lle u r s l’ u ne des rares mesures précises annoncées mardi en
termes d’ éc on omies et/ou de rentrées d’ ar g en t pour l’E t a t.Synthèse détaillée (4/6)
S ’ ag is san t de la sécurité, la grande mesure annoncée mardi « la fin de l’E t a t d’ ur g en ce d’i ci au 1er novembre en incluant
l’ es sentie l des mesures exceptionnelles dans le droit commun » divise l’ op in i on publique à 50/50. Soutenue par les
sympathisants de la droite parlementaire (56%), cette mesure suscite le rejet de la gauche (52%) comme celui du FN (65%),
les premiers retenant probablement que cette mesure incarnerait un recul des libertés publics, les seconds lui reprochant
probablement un recul sécuritaire (on met fin formellement à l’E t a t d’ ur g en ce ).
Si on s ’ en tenait à ces 4 grandes réformes et, plus globalement, aux grandes orientations données dans ces domaines liés à
l’ éd uc atio n, la santé ou la sécurité, le bilan global resterait nettement positif, et ni E. Macron, ni E. Philippe n’ au r ai en t à
souffrir de la défiance globale de nos concitoyens enregistrée dans notre enquête.
Mais, il est un domaine – le plus important aux yeux des Français – qui suscite une large opposition quant aux orientations
présentées par l’ e x éc utif : la politique économique et fiscale.
En effet, si les Français ne reprochent pas (51% jugent cela normal) à Edouard Philippe d’ a v oir reporté la réforme de l’IS F à
2019 au lieu de 2018 (certes il s’ ag i t d’ u n engagement de campagne mais la mesure n’ é t a it pas du tout une attente d’ un e
majorité de Français), ils sont en revanche beaucoup plus hostiles à une reforme qui va tous les concerner : la hausse de la
CSG afin de baisser les cotisations salariales.Synthèse détaillée (5/6)
MAIS… UNE MESURE EXTRÊMEMENT IMPORTANTE SUSCITE UN TRÈS LARGE REJET, L’AUGMENTATION DE LA CSG
AFIN DE BAISSER LES COTISATIONS SALARIALES : LES DEUX-TIERS DES FRANÇAIS (64%) Y SONT OPPOSÉS
La hausse de la CSG pour tous afin de baisser les cotisations salariales est très largement rejetée : près des deux-tiers (64%)
des Français y sont opposés.
Attention danger, car cette mesure économique forte suscite un rejet non seulement important mais surtout quasi-unanime
dans l’ op in io n. Au niveau politique, Macron et Philippe font un total consensus – pour une fois – contre eux : 70% des
sympathisants de gauche (dont 69% de ceux du PS, pourtant assez bienveillants par ailleurs avec le couple exécutif), 75% de
ceux de la droite parlementaire et 71% de ceux du FN sont opposés à cette mesure.
Pire encore pour l’ e x éc utif , ce « consensus contre » se retrouve aussi au niveau sociologique et générationnel.
Ainsi, la mesure fait logiquement « hurler » les plus de 65 ans (76% de rejet) et les 50-64 ans (70%) car ils seront les «
victimes » actuelles et à venir de cette politique puisque les retraités subiront la hausse de la CSG mais ne pourront pas
bénéficier de sa compensation par les baisses de charges salariales.
Mais cette mesure est aussi largement rejetée par les autres tranches d ’ âg e s alors qu ’ el le s sont normalement censées en
être davantage bénéficiaires : 61% des 35-49 ans et 54% des 25-34 ans s’ y déclarent aussi opposés.
Le rejet est même largement majoritaire (60%) auprès de LA catégorie de la population qui sera clairement bénéficiaire de la
mesure et pour qui elle a été conçue : les salariés. Q u’i l s soient cadres (61%) ou ouvriers (59%), financièrement aisés (60%)
ou parmi les plus modestes (57%) ils la rejettent tous majoritairement.
C ’ es t une constante : toutes les mesures perçues comme pénalisantes pour les retraites sont à la fois très largement rejetées
par les retraités ou ceux qui s ’ ap pr oc h en t de l’ âg e de la retraire, mais aussi par ceux qui en sont encore très loin, à la fois par
solidarité (ils ont des parents) et aussi par égoïsme différé (ils se projettent comme des futurs retraités).Synthèse détaillée (6/6)
A quelques semaines de grande coupure estivale, notre pays a à sa tête un exécutif qui bénéficie toujours de la bienveillance
d’ un e majorité de Français, dont le ton, le style, le mode de gouvernance, la « C om ’ » (Cf. notre sondage de la semaine
dernière) sont largement appréciés, et qui porte des mesures qui, pour la plupart, suscitent l’ ad hé sion.
Mais « en même temps » …
Cet exécutif propose deux mesures économiques majeures (la hausse de la CSG, et la réforme du droit du travail, à cause du
plafonnement des indemnités prudhommales), qui, elles, suscitent un large rejet de l’ ensem ble de nos concitoyens.
Gaël Sliman, Président d’Odoxa
@gaelsliman

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