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Le redoublement accroît le risque d'échec scolaire
(LE MONDE 27.05.04)
Une étude confirme l'inefficacité et les effets pénalisants de cette pratique
pédagogique, surtout à l'école primaire : moins de 10 % des élèves ayant redoublé
la classe de CP obtiennent leur bac. François Fillon envisage pourtant de renforcer
le pouvoir décisionnel des enseignants en la matière.
Redoubler en classe préparatoire est une épreuve dont on ne se remet pas. Pénalisant,
inutile, voire contre-productif : les critiques et les dégâts sur le parcours scolaire attribués
depuis vingt-cinq ans au redoublement à l'école primaire ont été sans effet : il demeure
une pratique courante dans le système éducatif français. Le nouveau ministre de
l'éducation, François Fillon, envisage même de la faciliter :
"La loi de 1989 a conduit à
enlever aux enseignants leur pouvoir de décision en matière de redoublement. N'est-on
pas allé trop loin ?"
, a-t-il estimé dans l'entretien accordé au
Monde
du 27 mai.
"Aucune
étude ne démontre que passer automatiquement dans la classe supérieure soit un gage
de réussite"
.
C'est chez les plus jeunes que l'efficacité du redoublement est la plus contestée. Selon
une étude de la direction de l'étude et de la prospective (DEP) du ministère de l'éducation
nationale à paraître en juin et dont les principaux éléments ont été publiés fin 2003
(
Education et formations
, numéro 66, juillet-décembre 2003,
Dix-huit questions sur le
système éducatif
, DEP), plus le redoublement intervient tôt, plus il est, en moyenne,
associé à une faible réussite scolaire. Le devenir des élèves ayant redoublé le cours
préparatoire est de ce point de vue le pire : le quart seulement de ces redoublants du CP
atteignent la terminale et moins de 10 % obtiennent leur bac, soit 8,7 % au vu des
résultats des élèves entrés en sixième en 1989.
"Les résultats définitifs des élèves entrés
en sixième en 1995 ne sont pas encore connus dans la mesure où tous n'ont pas achevé
leur scolarité mais ils ne devraient guère différer des élèves de 1989"
, fait remarquer
Jean-Paul Caille, l'auteur de l'étude.
Ainsi, le redoublement n'améliore guère les performances et peut même s'avérer contre-
productif.
"Le redoublement semble fragiliser la confiance en soi de l'élève l'amenant à
réduire ses ambitions scolaires,
note Jean-Paul Caille.
Qui plus est, l'image des élèves
redoublants auprès des enseignants apparaît moins favorable, ce qui influe sur leur
orientation."
AUTOCENSURE DES FAMILLES
Selon l'étude de la DEP, à degré de réussite comparable, le niveau d'ambition exprimé
par l'élève et sa famille, ainsi que les propositions d'orientation du conseil de classe, sont
inférieures quand l'élève a redoublé, même si ce redoublement n'est pas récent. Au final,
les élèves de troisième en retard, à note égale au contrôle continu du brevet, sont
massivement orientés vers des filières professionnelles. Les conseils de classe ont
prononcé une orientation en seconde générale et technologique pour 44,6 % des élèves
qui ont connu un redoublement au collège et qui ont obtenu de 9 à 12 sur 20 au contrôle
continu du brevet (panel 1995). En revanche, cette décision a été prise pour 78,5 % des
non-redoublants ayant obtenu les mêmes notes.
Ceci s'explique à la fois par une plus grande sélectivité des conseils de classe à l'égard
des élèves redoublants et par une autocensure des élèves et de leur famille. Les vœux
d'orientation en seconde générale et technologique d'un élève de troisième ayant
redoublé au collège et qui a obtenu une note au contrôle continu du brevet de 9 à 12 sur
20 sont de 54,4 %, contre 83 % pour les non-redoublants. Ce décalage ne s'explique pas
seulement par l'origine sociale des redoublants issus davantage de milieux moins
favorisés.
"Toutes choses égales par ailleurs, le décalage persiste et reste très marqué,
explique Jean-Pierre Caille.
Il y a bien un effet lié au redoublement."
En réalité, le redoublement n'apparaît véritablement efficace qu'au lycée. A ce niveau,
près de 80 % des redoublants obtiennent le baccalauréat général et technologique. Mais
les élèves qui passent deux années en seconde - la classe la plus redoublée - terminent
moins souvent bacheliers que ceux qui redoublent la première ou la terminale (75 %,
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