Al-Qaïda au Maghreb islamique
221 pages
Français

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Al-Qaïda au Maghreb islamique , livre ebook

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Description

Ce livre révèle pour la première fois la véritable identité de l'instigateur des enlèvements dans les régions du Sahel, Abdelhamid Abou Zeid, et plonge dans sa vie et son parcours. L'auteur révèle les circonstances de la mort de l'otage français Michel Germaneau. Les otages d'Al-Qaïda au Maghreb islamique s'expriment sur les circonstances de leur enlèvement et sur leur vécu pendant des semaines et des mois avec les membres de l'organisation terroriste dans le désert.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 202
EAN13 9782296706279
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

AL QAÎDA AU MAGHREB ISLAMIQUE
Mohamed MOKADDEM
AL QAÎDA AU MAGHREB ISLAMIQUE
Contrebande au nom de l’Islam
L’Harmattan
Première édition
© Casbah-Éditions, Alger, 2010
© L’HARMATTAN, 2010
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-12746-3
EAN : 9782296127463
INTRODUCTION
Cet ouvrage est le résultat d’une enquête journalistique très poussée qui a été au plus près des faits et des personnes qui en ont été les auteurs. Il révèle l’identité véritable et la personnalité de celui-là même qui se trouve actuellement à la tête de l’opération de prise d’otages dans le Sahel africain, « Abdelhamid Abou Zeid », ou comme se plaît à le nommer la presse européenne « le Ben Laden saharien ». Cela a été rendu possible grâce aux témoignages de ses proches et de ceux qui ont vécu avec lui à l’intérieur même de l’organisation terroriste.
C’est là le fruit d’un travail d’investigation fort de témoignages poignants d’otages européens qui, dès après leur libération, livrent leurs expériences saisissantes dans les fiefs d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) et le Sahel africain. Il lève également le voile sur le récit authentique des circonstances de la mort de l’otage français, Michel Germaneau, dont l’assassinat a été revendiqué par AQMI.
C’est aussi une analyse détaillée de l’évolution des stratagèmes de kidnapping au sein de cette nébuleuse terroriste et de la manière dont s’est opéré le transfert de ses opérations vers la région du Sahel, transformée alors, par eux, en « mine d’or » pour le terrorisme, leur permettant de brasser des sommes faramineuses à travers les demandes de rançons, faisant des otages européens kidnappés leur monnaie d’échange. Ces derniers sont devenus, pour les hommes d’AQMI, purement et simplement, une marchandise qui se négocie à prix d’or.
A travers une plongée abyssale dans le monde inextricable des demandes de rançons, des acteurs directement ou indirectement impliqués, des intermédiaires de tous bords, cette enquête montre aussi comment se sont développés les réseaux de contrebande transfrontaliers dans le Grand Sahara, évoluant de groupes de trafic de cigarettes et de produits alimentaires, vers des formes d’organisations terroristes spécialisées, de plus en plus, dans les prises d’otages européens, ne consentant leur libération que moyennant le paiement de très fortes rançons.
Pour mieux donner à comprendre les tenants et les aboutissants de ce travail d’investigation, l’ouvrage s’attarde sur les circonstances dans lesquelles s’est constituée l’organisation « Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) », ainsi que sur l’épisode de son allégeance à l’organisation « Al Qaîda » de Ben Laden. Une alliance que l’auteur de ce livre avait déjà prédite dans son précédent ouvrage Le s Afghan s Algériens , et cela cinq années avant qu’elle n’advienne.
Des photos, des témoignages et des archives soumis à de minutieuses recherches et vérifications afin d’en établir l’authenticité, accompagnent une relation des faits, pour que ce livre soit une référence accessible pour tous les lecteurs afin qu’ils comprennent, au mieux, le phénomène des prises d’otages et le processus par lequel cette nébuleuse terroriste s’est transformée en un groupe qui incarne l’une des formes de manipulation des valeurs de l’Islam à des fins criminelles.
LE CHEF DES KIDNAPPEURS
DE LA CONTREBANDE DU THÉ AU COMMERCE DES ÊTRES HUMAINS.
Abdelhamid Abou Zeid 1 , de son vrai nom Mohamed Ghadir, est né sous une tente dans la région déshéritée du désert du Debdeb 2 , plus exactement dans une contrée nommée Azouz Touareg, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Debdeb, où se sont sédentarisées des tribus nomades, dont l’une d’elles est la famille Mabrouk Ghadir 3 issue de la grande tribu des Chaânbas qui constitue la majorité des habitants du Debdeb 4 .
Il a vu le jour et passé sa première enfance dans des conditions très dures, dans le désert Azouz Touareg. D’ailleurs, son père n’a signalé son existence aux autorités communales que bien des années plus tard, quand il a été contraint de l’inscrire à l’école coranique dans la mosquée du village. Il a été inscrit dans le registre de la commune sous le n° 409 de l’année 1958, sans préciser le jour ni le mois de sa naissance.
Mohamed 5 a passé son enfance, se déplaçant entre le village et les régions pastorales à proximité du Debdeb. Il n’a jamais mis les pieds dans une école moderne, exception faite de son passage à l’école coranique de la mosquée de son quartier, comme il est de tradition dans ces régions sahariennes, où il a appris des rudiments de grammaire arabe et des sourates du Coran, avant d’abandonner complètement l’enseignement à la mosquée pour aider son père à mener ses troupeaux de chameaux et de moutons.
Ses parents et ses voisins lui collèrent le surnom de « P’tit » (contraction de petit) à cause de sa petite taille et de sa minceur ; un surnom qu’il portera pendant des années. Mohamed était analphabète, car n’ayant jamais, comme ses frères, fréquenté l’école, toute son enfance s’étant écoulée au milieu des moutons et des chameaux dans le Sahara du Debdeb.
A ses vingt ans, précisément en 1977, Mohamed achète une voiture, la première de sa vie, une Land-Rover, un véhicule tout-terrain avec lequel il entend affronter les rudes sentiers du désert. La même année, il se marie avec Bachira Ghadir, fille de Hadj Mabrouk Ben Abdessalam qui lui donne un fils, Lakhdar, né en 1979 6 . Un mariage traditionnel, célébré dans la maison familiale à Debdeb, avec zorna, chants bédouins et course de méharis. Le mariage fait sortir Mohamed de l’insouciance de sa première jeunesse, le mettant devant la lourde responsabilité familiale à un âge relativement jeune.
Le « P’tit » est un jeune maigrichon, au caractère sévère et difficile dans ses relations avec les autres, agrémenté d’une forte dose de défiance et de suspicion vis-à-vis des femmes. Il répudie, d’ailleurs, sa première épouse sans raison apparente 7 et demeure dans le célibat durant quatre ans. Quand il se résoud enfin à un second mariage, il répudie sa nouvelle épouse au beau milieu de la nuit sans aucun scrupule et sans cause avouée. L’homme ne connaît pas de remords, il ne revient pas sur ses décisions et ne semble pas disposé, quand c’est le cas, à reconnaître ses torts 8 .
Au début des années 80, Mohamed découvre la spécificité de la région qui l’a vu naître, une région ouverte sur plusieurs chemins désertiques, constamment traversés par la contrebande de marchandises prohibées. Il commence par investir ce monde du « marché noir ». La proximité de la région avec la Libye et sa bonne connaissance du terrain, qu’il a sillonné en tant que berger, l’ont énormément aidé. Il voyage beaucoup en Libye pour s’approvisionner en marchandises, surtout du thé et du matériel électronique, destinées à être écoulées à El Oued, ville que la tribu des Chaân-bas connaît très bien depuis des lustres.
A la fin des années de sa première jeunesse, Mohamed est passé, sans presque s’en rendre vraiment compte, du statut de berger à celui de contrebandier prospère dans cette région désertique, mais d’une géostratégie de la plus haute importance. Cette région du Debdeb n’est, en effet, distante de Ghadamès, la ville libyenne, que d’une vingtaine de kilomètres. Elle est donc beaucoup plus proche de son village que d’In-Amenas, le chef-lieu de la Daïra auquel les habitants sont rattachés administrativement. De surcroît, In-Amenas est une région où la contrebande est le premier métier offert aux jeunes qui arrivent dans le monde du travail, d’autant qu’elle connaît un essor considérable pendant les longues années de pénurie socialiste 9 .
La plupart des jeunes qui cherchent du travail ne trouvent devant eux que le « marché noir » dérivé naturel de la contrebande. Quoi de plus facile que de ramener des marchandises de Libye, traverser une frontière que les tribus nomades ne connaissent presque pas, et la revendre au prix fort dans les villes avoisinantes ? Activité très répandue dans une région désertique, à vocation beaucoup plus pastorale qu’agricole. La région est d’ailleurs très p

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