Le temps des maraîchers franciliens
397 pages
Français

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Description

Cet ouvrage relate une activité économique, le maraîchage, en suivant quatre familles de l'est de Paris. Généalogie et histoire économique se mêlent, dans les quartiers du vieux Paris. Ces écrits, basés sur des recherches d'archives ou des récits de professionnels, rendent hommage à ces hommes et à ces femmes qui ont cultivé leurs terres et donné leurs lettres de noblesse au jardinage et à l'horticulture.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2009
Nombre de lectures 559
EAN13 9782296231573
Langue Français
Poids de l'ouvrage 43 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Lelaboureuretsesenfants
Travaillez,prenezdelapeine,
C’estle fondsquimanquele moins.
Unrichelaboureur,sentantsa mortprochaine,
Fitvenirsesenfants,leurparlasans témoins.
«Gardez-vous,leurdit-il,de vendre l’héritage
Quenousontlaissénosparents.
Un trésor est cachédedans.
Jene saispasl’endroit ; mais unpeude courage
Vouslefera trouver, vousen viendrezàbout.
Remuezvotrechamp,dèsqu’onaurafaitl’août.
Creusez,fouillez,bêchez,nelaisseznulleplace
Oùla mainne passeet repasse.»
Lepère mort,lesfils vousretournentle champ,
Deçà,delà, partout ;sibienqu’au boutdel’an
Il enrapportadavantage.
D’argentpointde caché. Maislepèrefutsage
De leurmontrer, avantsa mort,
Quele travail estun trésor.
Jeande La Fontaine(1621-1695)AVANT-PROPOS
C'est l'histoired'undes derniers couples de maraîchers de la régionparisienne.Mauriceet
Émilienne Chaudron se sont connuslors du banquet annuel desmaraîchers, suivid'unbal.Ce
n’étaitpasle 30 aoûtàlaSaint-Fiacre,patron des jardiniers etdes maraîchers,mais en hiver !
Ilsdansèrent,ilsseplurent etsemarièrentàChâtilloncomme en fait foileur actedemariage
datédu2 février1952 :«À 11hont comparu publiquement en la maison commune,Maurice
Louis Chaudron, maraîcher, né àChampigny-sur-Marnearr.deSceaux (Seine)le1 9
décembre 1925, âgé de 26ans,domiciliéàNeuilly-sur-Marne(Seine-&-Oise), 80 ruePaul
Thonoux,fils de Léon Louis Chaudron et de Berthe MariaDeudon, sonépouse, maraîchers,
domiciliésà Neuilly-sur-Marne, 60 ruePaulThonoux,d’une part
eEt ÉmilienneMadeleineCambuzat,maraîchère, néeà Paris6 arr. le 15 mai1930,âgéed e
21ans,domiciliéeà Châtillon(Seine),100 bd de Vanves,filledeVictor Joseph Cambuzat et
de MarieLouiseBernier, sonép.,maraîchers, domiciliésà Châtillon, 100 bd de Vanves […]
Enprésence de :
-AmédéeHérouart,maraîcher, 28ruedes BlainsàBagneux
-et d’ÉmileCambuzat,maraîcher,croix de guerre, 23 bisrued’EnferàSt-Michel-sur-Orge
(Seine-&-0ise)».
Ilss'installent en 1953àChâtillondans les Hauts-de-Seine, puis en 1969,àMassy dans
l'Essonne (Fig.1, 2). Comme toutes les maraîchères,Émilienne vendleur productionde
primeurs.Ils ont élevéleurs enfants quinecontinuent plus de nos joursàapprovisionner en
légumes l'agglomérationparisienne.Nos Chaudron ont7 petits-enfants,quihélas,ne
reprennentpasnonplusleflambeau dumaraîchage.Ainsil'histoiredecesmaraîchers
s'arrêtet-elleen1990,dateàlaquelleilsprennentleur retraite.
Dès qu’ilaété retraité, MauriceChaudron s’est passionné pour une généalogieascendante
car,dit-il :
«Oubliersesancêtres,
«C'est être unruisseau sans source,
«Unarbre sans racines. »
En régionparisienne, il s'est livréà un travaildebénédictin tant auprès des mairies,des
églises,des cimetières quedes Archives de Paris et des Archivesnationales.Ila fréquentéla
bibliothèquehistoriquedela ville de Paris,labibliothèqueadministrativedel'Hôtel de Ville,
laBibliothèquenationaledeFrance…
Bien queles prêtres aient enregistré, depuis 1539, suiteà l’édit de Villers-Cotterêts,les
baptêmes,puis en 1579, suiteàl’ordonnancedeBlois,les mariages,publications des bans,
fiançailles, requêtes pour les dispenses de consanguinité, actes d’inhumation, aucundece s
actesnefut retrouvé.En revancheconcernantdestitresdepropriété,destransactions(contrats
de vente, de location, rentes), des contrats de mariage,destestaments et des inventaires après
décès,ces actes ont étéexploités.Lorsquedes actes ont été retrouvés,leursréférences
provenantdesArchivessontrépertoriées.
Trois actes nous informentsur la situationd’unindividuà son décès.Ilssont dits:de
succession,d’inventaireetdepartage.Parfoisilsne sedéroulentpasdanslaprécipitation!Le
délai varie considérablement d’uncasàl’autre, ce quinepermet pastoujours de connaîtrela
datedu décès, siellen’est pas mentionnée. Dans ces actes, seuls les enfants vivants sont
mentionnés,cequiest uninconvénient majeur pour répertorier la descendanced’uncouple.
9Pour les hommes,l’absence de noms d’épouses ne signifienullement qu’ils ne sont pas
mariés.Pourlesfemmes,en revanche, lesconjoints, seuls, sontprésents.À lafindecesactes,
les participants sont aussilessignataires, s’ilssavent écrire. Cessignatures facilitentsouvent
la lecturedes noms écrits dans ces actes et permettent aussidedistinguer les individus qui
n’ont qu’un seulet même prénom.Les participants ne savaient parfois ni écrire, ni signer,
maisilssavaient compter !
Quant àlalecturedes documents très anciens,ellea été renduepossible grâce àdes
transcriptions duvieux français par des connaissances de MauriceChaudron. Plus tard, la
lectureest devenueplus aisée, saufquecertaines écritures,cursives ou parfois fantaisistes,
sont difficilement lisibles.Deplus des accents manquent,laponctuationest trèsréduite, des
majusculessontmisesunpeu n’importeoù,desdifférencesorthographiques etdesfautessont
évidentes,desratures et des abréviationss’y ajoutent.Lorsquelalectureest impossible,des
points de suspensionont donc étémis; de même dans certainestranscriptions,ils ont étémis
en lieu et placedeparties non essentielles pour la généalogie, en espérant quecelan’apas
modifiél’histoire!Pourplusdeclarté,j’ai jugé utiledemettreenitaliqueet entreguillements
ce quiprovenait des documents.Lebut étant de remonter dans l’ascendanceet de vérifier les
renseignements,engénéral seulledébut des actes est important:ilpermet de connaîtrele s
membres de la famille, d’y associer les amis proches qui sont lestémoins,d’y trouver leur
professionet de connaîtreleur lieu de résidence.Les parties essentielles pour établir le statut
socialdes ancêtres et leur mobilitégéographiqueont donc été retranscrites.Lapartie relative
aux sommes d’argent en causeouàdesrentes ne l’apas été systématiquement,du fait aussi
des changements de la monnaie et de sadévalorisation. De très nombreusesrentes ont été
retrouvées pour chacundes Chaudron ou des membres des familles d’alliance,mais comm e
ces actesnedonnentpas d’indicationssur le cadrede vie,ellesn’ontpas été rapportées.Elles
représentent àellesseules environ1 000 fois plus de documents queceux quiont été
transcritspour établirlesgénéalogies.
Àpartir dusiècledernier,les documents retrouvés ne sont plus de même nature. Ils ne sont
plus notariés ni obtenus dans les bibliothèques.Désormais,ce sont des actes d’état civil ou
religieux (baptême, mariage,décès)quiont été retrouvés,cequifacilitele travaildu
généalogistepour connaîtredates et filiations; les datessont aussi soulignées.Ces actes
concernantuniquementunindividu ouuncouplepermettent d’avoir plus d’information sur
des moments précis,mais en donnent plus sur la compositiondes familles.Quelques-uns
mentionnent des événements ou des activités collectifs car des ancêtres ou des prochessont
cités; ilsse rattachent doncàl’histoiredes familles.Comme les actesretrouvés des branches
collatéralessont porteurs de renseignements supplémentairessur la vie des aïeux en ligne
directe,ilsontété transcrits.
Peu de généalogistes ont eu la chance de MauriceChaudron quia rassemblédenombreux
documents concernant les familles de ses2 parents,Chaudron pour son père(Tableau 1) et
Dulacpour samère(Tableau2). Ilaaussi retrouvéles ancêtresde son épouse,néeCambuzat,
(Tableau3)descendanteparsamèredes Chandon (Tableau 4).Les patronymes Dulac,
Cambuzat et Chandon étant originairesrespectivement de la Creuse, de l’Yonne et de l’Orne,
la recherchegénéalogiqueaétéplus difficilepour Mauricequihabitedans la région
parisienne, sibienqu’ilya unou plusieurssiècles de différence entreleurs premiers ancêtre s
respectifsretrouvés.
Les arbres généalogiquesretrouvés n’ont pas consistéqu’àaligner des lieux de la région
parisienne,des dates,des noms du monde des morts et desvivants, tous impliqués dans le
travaildela terre. L’arbren’est pas mort,ilportedes feuilles,des fleurs et des fruits car il a
permis de mieux appréhender leursvies et les coutumes de l’époque, de connaîtreleurs biens
10mobiliers et leurs propriétés foncières.Ces documents ont permis de conforter de nombreux
renseignements sur l’histoireéconomiquedeParis etsesressources aquatiques.L’herbe était
déjà verte, mais l’immobilier était déjà actif!Pour les besoins de leur vie quotidienne,ils ont
dû affronter la mobilitégéographiquecar leurs lieux de vie n’ont pas étépréservés,mais
ravagés parune urbanisationperpétuelle de la régionparisienne.L’histoiredeParis et de ses
quartiersaétéaussiétendueàla régionfrancilienne.
Plus de 580 patronymessont cités dontunou plusieurs membressont mentionnés dans cet
ouvrage. Avec leurs ancêtres quifont partie d'ungrandgroupe«Chaudron, Dulac, Cambuzat
e&Chandon», on remontele temps jusqu’au XVI siècle. Cauchois,Chandon, Chaudron,
Dagorno, Debille, Delépine,Driancourt,Duchefdelaville,Dulac, Hébrard, Marcès,Pivert…
autant de noms de familles de jardiniers maraîchers parisiens quenous pouvons encorelire
sur les plaques de rues,d’impasses ou de passages des arrondissements de l’est de Paris.On
assisteà travers leurhistoireàl’évolutiondu maraîchageet au changementdelaphysionomie
dela régionparisienne.C’est,d’autrepart, unehistoireen relationavecdessociétéstellesque
la Sociéténationale d’horticulturedeFrance et la Sociétédes jardiniers-horticulteurs du
départementdelaSeine,puisquedesaïeuxdesfamillesen étaientadhérents.
Le14 mars 2002 ausiègedelaSociéténationaled’horticulturedeFrance,j’aiprononcé surle
ethème suivant:«LadynastiedesChaudron,maraîchers depuis le XVI siècleetleurs cousins
Rignault; évolutiondu maraîchaged’antan vers le maraîchaged’aujourd’huiet apports du
maraîchagepour nos potagers» une conférence, suivie d’undébat quia suscitédelapart des
auditeurs de nombreuses questionssur les maraîchers dans la régionparisienne et auterme
duquel MauriceChaudron m’a sollicitée pour approfondir etrédiger,à l’aide des archive s
notariales qu’il avaitrecueillies,l’histoirede safamille.J’ai alors décidé d’approfondir
l’histoiredumaraîchageencorrélationaveccettehistoiredesancêtresmaraîchers.
Etc’estainsiqu’estnécelivre.
11LISTEDESABRÉVIATIONS
apr.après janv.janvier
arrrrondissement juil. juillet
adt audit kg kilogramme
av.avant ldteladite
avrvril ldt ledit
bd boulevardldtes lesdites
cm centimètreldts lesdits
c.-à-d.c'est-à-dir.-dt lieu-dit
mechap.chapitreM Madame
me lleD Dame M Mademoiselle
edéc. décembr Maître(notaire)
tredft défunt M Maître(corporation)
dftedéfunteMM. Messieurs
demt demeurant mmètre
lleD Demoiselle minminute
grdép. département M Monseigneur
.ddts desdits M. Monsieur
ddtes desdites NNord
ddt dudit nov.novembre
env.environ oct.octobre
épx époux OOuest
ép.épousepar.paroisse
EEst
St-Saintex.exempleSte-
Saintefém. féminin sept. septembre
rfév.février S Sieur
fg faubourgS Sud
Fig. figure vf veuf
ha hectare vve veuve
hheure& mariage
&& remariage
12ERLES MARAÎCHERSPARISIENSDE FRANÇOIS1 À1800
PREMIÈREPARTIE
LEJARDINIER,SESANCÊTRESETSESENFANTS
CHAPITRE1:LECLAN CHAUDRON
Nos aïeux donnaient à unartisan comme sobriquet le nom de l’objet qu’il
travaillait, vendait ou dont il se servait dansson activité quotidienne.C’est
ainsiqu’a été formé le patronyme Chaudron: unChaudron étaitun
chaudronnier.Cependant l’ancêtre retrouvé n’exerce pas ce métier; il aurait
fallu que Maurice Chaudron pût retrouver l’existence de ses ascendants en
lignedirecte avantles années1500,cequin’apas étélecas.
Degrés Prénomsde sesascendantspaternels Datesdenaissanceetdedécès
e13 Pierreav.1540-av.1608
e12 Louis apr.1572-17sept.1642
e11 Pierreenv.1599-14janv.1641
e10 Simonenv.1632-1709
e9 Leu env.1655-1730/1731
e8 Gilles av.1693-14 sept.1730
e7 Nicolas 1708-24déc.1771
e er6 Blaise1744-1avr.1814
e er5 NicolasToussaint 1juil.1771-23mars1856
Comme se succèdenttous les 100 ans environ 3 à 4générations, une
présentation par époque d’une centaine d’années a été choisie pour lalignée
directedu clan Chaudron. Ce groupement parsiècle est nécessairecar
Maurice a retrouvé de très nombreux documents quipermettent ausside
connaître leurs professions communes et aussileurs déplacements en
fonction de l’évolutionde la ville.Ces points communs et forts de leursvies
serontensuitedéveloppés.
12Il n’a pasrecherché les2 =4 096 ancêtres de son père, il en a cependant
retrouvé beaucoup! Des membres des branches collatéralessont aussi
mentionnés.Ilsvalident la lignée directe, et fournissent desrenseignements
complémentaires.
13Del’ANCÊTRE PIERREàsonpetit-fils PIERRE
Lalignéedirecte
e13 degré : PIERRE CHAUDRON (av.1540-av.1608).L'ancêtre le plus
lointainconnu en ligne patronymique est Pierre, quiépouse en premières
noces JehanneDebille (…-av.1572). Il est déclaré vigneron, laboureur ou
jardinieràMénilmontant.Ils auront3 enfantset denombreuxpetits-enfants :
Prénoms Professions Noms Fillesdescouples
desenfants Lieux conjoints Lieux
JehanneChaudron laboureur,vigneron NicolasBeaufils Geneviève
Ménilmontant &JehanChauvin
Picpus
BlaiseChaudron laboureur GuillemetteRicher Geneviève
Ménilmontantet &EstienneBenard
Belleville Belleville
SimonChaudron laboureur Anne
vigneron Charenton &GeoffroyBaudry
demtCharonne Charenton
St-Maurice
Les lieux cités correspondent à desvillagessitués à cette époque au-delà de
l’est de Paris (Fig. 3); ils ont été au cours dutemps intégrés dans Paris (Fig.
4et5).Unactedu5avril1540sera transcritchapitre8.
«Jeanne Debille,jadis mère ddtsJehanne et Blaise Chaudron »décède
avant 1572.Elle possède «une maison, couret jardin et lieu adt
Ménilmontant et où demeure Pierre Chaudron, père ddtsJehanne et Blaise
Chaudron, tenant d’une partla totalité de ldte maison et lieu auseigneurddt
Mesnil,d’autre part aboutissant d’unbout par derrière àToussaint
Tranchet et d’autre bout par devant surlarue ddt lieu »; la maisonoù
demeure Pierre est vendue entre leurs enfants à plusieursreprises (27 février
et15novembre1572).Simonn’estpas citédans cet acte.
Pierre se remarie avec Jacquette Divoire (…-1612) originaire de Belleville.
Ilsauront4enfants.
C’est de cette union que naîtra Maurice Chaudron en 1925! L’ancêtre est
par la suite déclaré, suivant les actes, vigneron, laboureur ou jardinier à
Ménilmontant.
14Prénoms Noms Enfantsdescouples
Professions des des Professions
enfantsChaudron conjoints
Louis marchand MarieCauchois
jardinier &&
laboureur MarieBordier
vigneron
Jehan vigneron Perrette Isaac&BarbeRuelle
LePreux vigneron, cabaretier
dont :
1fils Joachim& MargueriteLe
Sueur
1gendreClaudeDamour
&& . Jehan&MarieGodalle
marchandde vins
Simon&CatherineLePreux
Nicolas maçonRogèreJohan Nicolas&CarolineDauteuil
&&MichelleCottin Catherine&
vveJean Ruelle JacquesCollement
vigneron
Marie&JacquesToffier
vigneron
CatherineDenisLePreux Marie &
(ouLepreux) AlexisPithouin
Hoursin &
FrançoiseBoudin
L’acte de renonciation à une succession,daté du mercredi 27 février 1608,
permet de déduire que l’ancêtre vient de décéder.Les petites-filles de son
premier mariage,Genevièveet Anne«ont comparu devant lesnotaireset
1 2garde-notes du Roi notre Sire au Châtelet de Paris […]renoncent aux
biens que lesfemmeseussent pu appréhenderde leurmère et de leurpère»,
en faveurde leur oncle Louis (premier enfant duremariagedel’ancêtre avec
Jacquette Divoire) se disant créancier de son père. En 1608, Jehanne Debille
etson époux ainsiqueleurs3 enfants sont décédés.Comme2 générationsse
1Le notaireavait pour fonctionla rédactiondes actes et le garde-notes la conservationdes
documents.Vers 1578, commeles notaires ont alors absorbé l'office de garde-notes,ils ont
pris officiellement le titrede"notaireet garde-notes". Apparemment,quelques-unsont gardé
ele titreenentieruncertain tempsjusqu'au XVII siècle,alorsquelaplupartontvitelimitéleur
dénomination usuelleauseul termenotaire.
2Le Châtelet de Paris est un tribunaldont la compétence s’étendaità tout le royaume et le s
jugements se rendaient au nom du prévôtdeParis.Son nom venaitdecequ’il étaitétablidans
unchâteaufort.
15sontsuccédé depuis le premier mariage,onpeut aussiendéduire que les
enfants de Jehanne et Simon sont nés environ 40 ans avant l’acte, donc dans
les années 1568. Il y a plus de 40 ans de différence avec les enfants du
second mariage ce quiexplique, peut-être, cet acte de renonciation. On peut
aussiendéduire que l’ancêtre pourrait être né avant 1548 et qu’il est décédé
avant1608.Jacquette Divoireestdécédéeen 1612.
e12 degré : LOUIS CHAUDRON (apr.1572-17septembre 1642) est
déclarédans les actesmarchand,laboureur,jardinier etvigneron à Belleville.
Il se marie en premières noces avec Marie Cauchois (…-1629) (Cochois,
3Cochaix,Cochetz ou Chauchois ), originaire de Belleville,l’une des 4
enfants d’Alexis Cochaix et de Simone Pithouin;sa mère est remariée avec
SimonRicher.Ilsauront5enfants :
PrénomsdesenfantsChaudron Professions Nomsdesconjoints
Simonmarchand,laboureur AnneMallessart
Pierremarchand,laboureur SimoneLeCousteux
jardinier, vigneron
Louis marchand,laboureur BlancheBardou
Jean
Jeanne marchandlaboureur JacquesPithouin
erMarie Cauchois décède en 1629.Louisse remarie avec Marie Bordier(…-1
février 1643), vve SimonBardou,dont elle a eu des enfants.Le contrat de
mariagedu 16octobre1629 renseigne sur l’habitat etl’état desrichesses des
couples.«Par-devant lesnotairesgarde-notes du Roinotre Sire au Châtelet
de Paris furent présentsLouis Chaudron l'aîné,demt
àBelleville-surSablon, d'une part et Marie Bordier, vve de feu Simon Bardou de son vivant
vigneron,demtau mêmelieu,d’autrepart.» Cetacteestfaitenprésencedes
enfants de Louis et de ceux de Marie,Claude et Marie mariée à François
Beaufils, vigneron, résidant à Belleville.«Volontairement reconnurent et
confessèrent avoir promis et promettant l'unàl'autre de se prendre l'unet
l'autre par mariage lequel ils seronttenusde faire solenniserenface de
notremèreSainte Eglise[…]aux clauseset conditionsquis'ensuivent.»
Diversesstipulationssontfaites :
-les futurs époux ne répondront pas des dettes faites par l’unou par l’autre
avant le mariage.S’il en existe, ellesserontrembourséessur son bien propre
parceluiquilesaurafaites;
-iln’y auraaucune communautédebiensentreles époux ;
3Àcetteépoque, les noms de famillen’ont pas d’orthographe établie, l’écritureest
phonétiquecequientraînedesvariationsaufildesécritsoudesgraphies.
16-«l’épx jouira durant le mariage de tousles héritageset biens appartenant
àl’ép.au moment du mariage et de ceux quipourront luiéchoir pendant le
mariagesansavoiràenrendrecomptenilui,nilessiens. »
D’autres mentionssont faites,par exemple «suite au décès de l'unet de
l'autre desépx av.les4premières années de leurmariage,soit décès apr.
les4premières années expirées.» En particulier,2situationssuivantessont
décrites :
- «Lafuture ép.promet d'apporter au futurépx àla veille de leurs
épousaillesles biens et meubles luiappartenant quis'ensuivent,2vaches
4laitièresestimées entre lespartiesà60 livres,4muidsde vin clair du cru de
Belleville de la présente année estimés 60 livres, bagues et joyaux en argent
estimésà120 livres, unlit garni, habitsàson usage et deux coffresde bois
[…]et,quant aux autresmeubles etustensilesdecuisine luiappartenant,
même lesgrains en blé et seigle étant en sa grange, elle lesquitte et les
laisseàdispositiondesesenfants. »
-Sielle décède aprèsson époux,«elle aurapendant sa vie dansleur
habitation une chambre dépendant de la maison où il estàprésent demt et
une étable pourses vachesou pourautre bétailetunpetit greniersansen
payer par elle autre chose ».Cet acte est authentifié par dessignatures dont
celles de SimonChaudron,Jacques Pithouin, ses futurs beaux-fils Claude
Bardou et François Beaufils.«Lesfuturs épx et Louis le jeune ont dit ne pas
savoir écrire.»
Un bail de location,établi le 17 novembre1629, confirmant le remariage de
Louis est transcrit (chap.8). Il est passé entre Louis et Nicolas Le Cousteux,
le jeune.Ce nom de Le Cousteux correspondà celuid’une de ses
bellesfilles,l’épouse de son fils Pierre. Cette maison appartient effectivement à
Marie Bordier«enlaquelle était naguère demt Marie Bordier,àprésent
femme ddt Chaudron ».Onpeut supposer que, remariée, Marie habite
maintenantchez Louis etne vitplusdanssapropre maison.
Les actes du28décembre 1633 et du 16septembre1641, correspondant
respectivement à unpartage des biens appartenant à Marie Cauchois et au
partage volontaire des biens, terres et maisons de Louis entre ses héritiers,
seronttranscritschapitre8.
Louis«lequel gisant au lit,malade de corps […]mémoire et entendement »
décède unanaprès le partagecar le 17septembre 1642un testament est
enregistré, puis,le 25 septembre 1642, uninventaire après décès est dressé.
Louis a peut-être bienfait de partager ses biens,mais il n’a pas joui
4Lemuidest unemesurequicorrespondaitàenv. 274litresde vinàParis.
17longtemps duvin et du blé! Le2 octobre 1642, une fondation de4messes
5basses à St-Jean-Baptiste de Belleville oblige«ldtsmarguilliers de faire
chacunetàperpétuité en ldte église4messesbasses: une le lendemain de
Pâques,l’autre le lendemain de Pentecôte, l’autre le lendemain de
Toussaint,l’autre lelendemain de Noël ».Le 28octobre1642,«ilne reste à
présentàpartagerentre eux desbiens de succession que quelques rentes
dont lescontratsettitressont inventoriés».Une fois de plus le notairede
Louis,Guy Rémond, est venu à Belleville, ce quiindique la relation intime
entreles2 hommes etl’état desrichessesde Louis.
Marie décède1anenviron aprèsson époux.Le 15 février 1643«Claude
Bardou en son nom (fils de Marie Bordier)
laboureurdemtàBelleville-surSablon, François Beaufilset Louis Chaudron aussi laboureursàcause de
Marie et Blanche Bardou,leurs femmes (filles de Marie Bordier),étant
présentsadt Charonne au nomet comme exécuteurset héritiers seuls du
testament et ordonnancede la dernière volonté de la dfte Marie Bordier, au
jourde son décès,femme de feu Louis Chaudron […]. Parson testament et
rordonnance de dernière volontépassé par-devant le SMartin, vicaire de
l’église de St-Jean-Baptiste ddt Belleville, le 27janv.1642,elle aurait donné
àl’œuvre et fabrique de la dte église5perches de terre ou env.joignante à
icelle église, tenant d’une partàla terre outombe Lesgoust,de la maison et
grange d’Isaac Boudin l’aîné,d’autre partàladte église d’unbout surl a
Grande rue ddt Belleville et d’autre bout àlapetite courdeNicolas
Lecouteux,et outreaaussi légué et laisséàldte œuvre et fabrique de la dte
église6livres tournois de rente annuelle et perpétuelle payable pourchaque
ean au22jourde juin, rachetable de la somme de 100 livres tournoisàl a
charge que lesmarguilliers […]4messesbassesde Requiemavec unLibera
reàlafin de chacune ddtes messes. La 1 sera chantée et célébrée l’octave de
6l’Annonciation de la Vierge et les3 autresseront dites lesoctaves,à savoir
de l’Assomption et de la Nativité de la Vierge et la dernière la veille de la
purificationdela Viergequiestpareiljourqueldtedfteestdécédée».
5Sous l’ancien régime, la fabriqueétait l’entité religieusejuridiqueadministrée par des
marguilliers.Lacommunautédes catholiquesse réunissaitàl’églisepour queles chefs de
familleélisent les marguilliers,ceux d’entreeux jugéssuffisamment dignes de confianceet
qui semblaient les plus aptes àgérer les biens paroissiaux:l’égliseetson mobilier,le
cimetière, lestarifs des inhumations,les places dans l’église, lesventes desterres,lagestion
desrentes dont lestitres nouvels qui sontréactualisés.Ils devaient aussifaire respecter les
usageslorsdesmesses.
6L’Annonciation(25mars), l’Assomption(15 août), la NativitédelaVierge (8 sept.),la
e rpurificationdelaVierge(1 fév.).
18e11 degré : PIERRE CHAUDRON (env.1599-14 janvier 1641) est déclaré
suivant les actes marchand, laboureur,jardinier etvigneron à Belleville et il
épouse Simone Le Cousteux (Le Couteux ou Couteux) (…-1643); les
parents de son épouse sont Nicolas Couteux et Guillemette Riche quiauront
aussi4filsrésidanttousàBelleville.Ilsauront5garçons :
Prénoms Professions Nomsdes Nomsdesenfants
7desenfantsChaudron conjointes Profesions
Louis laboureur BarbeGousse
env.1625-20janv.1697 &&
MagdeleineMaheu
&&
DeniseRenon
Nicolas
env.1627-av.1653
Simon vigneron CharlotteDamour
env.1631-…
Daniel
env.1633-1643
Josse vigneron DeniseTrottin* Claude &
env.1639-… LouiseHenriette
marchandboulanger
Marie &
MathurinDuperray
boulanger
Michelle &
AntoineMonroy
&& jardinier
DeniseBeaufils** Denise
Catherine&
PierreBoudin
Simon
Marguerite
*L’actedemariageécritparlecurédelaparoissedeBellevilleporteladatedu2sept.1659.
** CousinedeMarie Maheu,elleest la filledeMarie Frémy (sœur de Magdeleine Frémy)et
deSimonBeaufils).
erUn acte du 1juin 1641 permettrait de déterminer la date du décès de Pierre
8quipourrait correspondre au 13 janvier :«Fondation pourPierre Chaudron
7Lesdatesdenaissanceetdedécèssontinscritesdanslestableaux.
8En faveur de l’église, desrentessont constituées par des particuliers.Lesunes proviennent
du patrimoine de l’église, c.-à-d.de terres et d’habitations qui, au fildessiècles,ont ét é
léguées partestament; l’égliseest propriétairedela rentemais pastoujours de la terre sur
laquelle elle touchece revenu.Les autresrevenus sont des fondations:des particuliers en
vertu de clausestestamentairessechargent annuellement de fairecélébrer des messes et des
services pour les défunts.Ces pratiquessont courantes,à cetteépoque, dans les églises qui,
grâceàcesdonations,acquièrentleur richesse.
19de2 messesbassesetàlafin de chacune, unLibera sursafosse,l’antienne
Salve Reginadevant l’image de la Vierge,l’une le 13 janv., l’autre le
dimanche suivant.Pourl’acquis de laquelle fondation aété laissé u n
quartierde terre auterrain de Belleville, le l.-dt Chaumont ».Onapprend
eraussiqu’un siècle plus tard, le 1 juin 1778, l’église a vendu ce terrainà
SimonColletcontre58livres,paruncontrat civilétablià Belleville.
D’autres actes de 1641 mentionnent le décès de Pierre. Le4février lors de
l’électionde tuteurs des enfants mineurs,Simone est nommée tutricede ses
enfants et Simon, l’oncle, subrogé tuteur.L’inventaire après décès précise
ceci : «L’an1641, le5fév.av.midi,àlarequêtedeSimone Le Cousteux,
vve de feu Pierre Chaudron, lui vivant laboureurdemt aux Bruyères,par. de
Bagnolet, tant en son nomàcause de la communauté qu’elleaeue avec ldt
dft que comme tutrice […]enlajustice du fiefde Mosny (Maulny) aux
personneset biens de Louis, âgé de 16 ans, Nicolas, âgé de 14 ans, Simon,
âgé de 10 ans, Daniel, âgé de8ans, et de Josse Chaudron, âgé de 14 mois
[…]enfantsmineurs ddt dft etd’elle » .
Suite au décès de son époux,Simone emménage à Belleville.«Ils auraient
acquis ensemble une maison, cours et jardin tenant d’une part àJea n
Bordier, d’autreà[…] d’unbout surle Grand chemin quiconduitàParis » .
Si le terme «ensemble»n’était pas mentionné, cette maison pourrait
correspondreà cellehéritéele16septembre1641(chap.8).
Suite au décès de Simone Le Cousteux, unacte est enregistré le mardi
12mai 1643 : «Pierre,de son vivant laboureurdemt aux Bruyères,étant
décédé ainsi que sa femme,Simone Le Cousteux », il a fallu procéder à
l'électiond'un tuteur et d'un subrogé tuteurdes enfants mineurs :«Louis âgé
de 18 ans ou env., Nicolas de 15-16 ans ou env., Simonde 11 ans ou env.et
Josse Chaudron de4ans. Le procureurfiscal […]a réunides parents»,
«Daniel,l’unddtsmineursseraitdécédé».
Le côtépaternelest représentépar :
-SimonetJean Chaudron,leurs oncles;
-Jacques Pithouin, «épxde Jeanne»,leur tante ;
-Isaac Chaudron, uncousinde Pierre ;
Pourle côté maternel sontprésents :
-Nicolas Le Cousteux,grand-pèredes mineurs;
-« Nicolas Le Cousteux le jeune et Simon Le Cousteux,les frèresde leur
mère […], SimonGousse,beau-père desmineursàcause de Simone Le
Cousteuxsafemme.»
SimonChaudron, leur oncle paternel, est nommé tuteur etson frère Louis,
subrogé tuteur.Et il est stipulé «lesfaire instruire en toutes bonnesmœurs
en la foi de la religion catholique apostolique et romaine et si lesavons
20enjointsde faire juste et loyal inventaire desbiens ddtsmineurs et eux étant
venusenâge de leurrendre bon et loyal compte». Des comptesrendus de
tutelle sontrédigésle9juin1643puisle4mai1654.
Simone Le Cousteux s’était donc remariée, rapidement après le décès de son
épouxPierre,avec SimonGousse.
L’acte du5juillet 1667 correspondant au partage des biens de Pierre sera
transcrit chapitre 8. Il indique que le décès de Pierreaeu lieu le 14 janvier
1641; lors de l’inventaire il est indiqué que «l’undes mineurs serait
décédé»; c’est Nicolas.
Commentairessurlalignée directe
Ils concernent ces3 premières générations qui vécurent durègne de
erFrançois I à celuideLouisXIII :
e13degréPierreChaudron JacquetteDivoire
av.1540-av.1608 …-1612
e12degréLouisChaudron MarieCauchois
apr.1572-17sept.1642 …-1629
e11 degréPierreChaudron &1625SimoneLeCousteux
env.1599-13janv.1641 …-1643
Unemajoritédegarçons
L’ancêtre Pierre a eu3 garçons de Jacquette Divoire et 11 petits-enfants.De
son fils aîné,Louis,ona dit précédemment que, sur les5enfants,iln’avait
qu’une fille,Jeanne,mariée àJacques Pithouin. De son second fils,Jehan,ne
sont issus que des garçons.Le cadet,Nicolas a eu2 filles etungarçon.
Donc,parmi leurs 11 petits-enfants,8 sont des garçons.Cela permet
peut-être de comprendre pourquoi le patronyme Chaudron a survécu au
tempsetpourquoi cenomdefamille estaujourd’hui si répandu !
Leurs remariages
Suite au décèsdeleurs épouses,l’ancêtre Pierre etses3 filsse remarienttrès
rapidement.Ilenest de même pour une des épouses,Simone Le Cousteux.
Cela montre bienqu’à cette époque les conditionssonttelles que seul un
couple peut suffire autravailà fournir.Les enfants doivent participer très
jeunes aux travaux jardiniers et donc resterdans le cercle familial; d’ailleurs
àcetteépoqueiln’yapasd’écolepublique.
Audécès deleurs parents
Il est nécessaire de procéder à des actes notariés et devant la justice, sil’un
d’eux laisse des enfants mineurs.Onnomme un tuteur etun subrogé tuteur,
21puis,généralement le jour suivant, uninventaire est réalisé dans le but de
protéger les biens des enfants jusqu’à leur majorité. Ensuite vient la
régularisation des biens en tenant comptedes dots apportées lors du mariage.
Les actes montrent que:
- un veuf ouune veuvene conserve pas le droit d’élever ses enfants.Ils
doiventse faire nommer tuteur.Cette règle est toujoursvalable.C’est
toujoursl’épouxChaudron survivantquiestnommé.
-l’âge requis pour la majorité civile est généralement de 25ans,donc très
supérieuràceluidenosjours.
-les filles,qu’ellessoient majeures ou mineures mariées, sontreprésentées
parleur époux.
L’absence de dates de naissance et de décès de certains des3 aïeux ne
permet pas de dire sila durée de vie des femmes est à cette époqueplus
courte ou plus longue que celle des hommes.De plus,peu de recherches ont
étéfaites parMauriceChaudron surles famillesdes épouses.
Uneanecdote
Une ordonnance du 9juillet 1591 rappelle qu’alors la ville devaitse
protéger.«Ilest enjointà toutes personnesde quelque qualité et condition
qu’ellessoient,étant en âge de travailler, d‘allerpromptementtravailler aux
fortifications, leslieux et endroitset aux heuresquiseront désignéset
déclarés». L’ordonnance fut exécutée strictement etsansretardpour
Catherine Chaudron, fille de l’ancêtre et «femme de Denis Lepreux,
laboureurà Belleville-sur-Sablon, réfugiéeàParis[…]sortie ce matin-là
comme elle le faisait chaque jour, pourcouperde l’herbe.À la Courtille,
voyant desgensquimoissonnaient desblésprèsd’unchampàelle
appartenant,elle quittason herbe et se mit aussiàcouperson blé,dans la
crainte qu’ilne fût perdu et parce que ses voisinscoupaient le leur».
Catherine Chaudron voulut rentrer en ville avec 2 gerbes qu’elle avait
recueillies.Àlaporte St-Antoine elle fut arrêtée, son blé confisqué,et menée
prisonnière àl’Hôtel-de-Ville.Heureusement legreffier s’étant portécaution
pour elle,elle obtintson élargissement le jour même.Les limites de la ville
deParisserontprécisées chapitre 7.
De MénilmontantàBelleville
L’ancêtre Pierre etson épouse sont originaires de Ménilmontant,dont le
nom fut écrit durant de nombreuses années Mesnil Mautemps,maison du
emauvaistemps,puistransformé au XVI siècle en Mesnil Montant à cause
delapente.
Par la suite les Chaudron, en ligne directe, Louis et Pierre, leurs épouses et
les familles par alliance sonttous originaires de Belleville dont le nom est
22probablementunedéformation de Belle Vue.Il est mêmeprécisé sur certains
actes Belleville-sur-Sablon, ce quiindique la composition de la terre
labourable.Ménilmontant et Belleville fontrespectivement et actuellement
e epartie des 19 et20arr.de Paris (Fig. 6). Les Chaudron dépendaient de la
«seigneurie de Belleville, qui vade la ville de Paris aux bourgsde
Belleville-sur-Sablon, La Villette-St-Lazare,laCourtille, Pantin ou Les Prés
9St-Gervais ».À la porte du Temple existaituncheminquideviendra la rue
du fg du Temple et qui s’élançaitvers la Courtille,où étaient des jardins
champêtres ou desvignes entourées de haies,appelés courtilliers.Ony bâtit
deshangars pour semettreàcouvert,quifurenttransformés en maisonnettes.
Ellesserviront ensuitedeguinguettes oùseprolongeront fort tardlessoirées.
Une tradition perdura, la descente de la Courtille:chaque année, on y
montait le mardi-gras pour boire duvin et,au petit matin le mercredides
cendres, uncortège exubérant de fêtards ladescendait pour entrerdans Paris.
Contrairement ausud, correspondant au fg St-Antoine laborieux etreligieux
avecdescouvents,lenord s’adonne àlaboissonetaux bals.
Jusqu'en 1543,les habitants de Belleville, unpetit bourgcampagnard,
10dépendaient deplusieurs paroisses selon le seigneurduterrain surlequel ils
étaient installés,donc des églises de Pantin, Bagnolet ou St-Merri(dans
Paris). La première mention de Bagnolet connueà ce jour est faite dansun
acte daté de 1256 de l'abbayede St-Maur-des-Fossés,quiy possédait des
efiefs.Jusqu'au XII siècle, Bagnolet n'était probablement pas dissocié de
reMontreuil.Une 1 église consacrée à saint Leu etsaint Gilles devait exister
edès le XIV siècle, puisque la présence d'une cureest attestée par des
documents de l'époque. Par la suite, on note unmorcellement duterritoire
entre diversesseigneuries et la prédominance des abbayes de St-Denis et de
St-Maur.L’église St-Merri(St-Médéric) est située,dans le Paris de
l’époque,prochedel’îledela Cité et dela rue St-Martin.D'après lalégende,
c'est à cet endroit que saint Médéric,abbé de St-Martin d'Autun, étaitvenu
vivre en ermite dansune cabane en bois,à proximité de l'oratoire
St-Pierredes-Bois.Il y décédaen 700.En884, l'évêque de Paris fera exhumer et
mettre en châsselesrestes dusaint,quideviendrale saint patron de la rive
droite, dont le nom sera contractéenMerri. Une chapelle lui sera dédiée.
9Parrapportàla routeouà ungrandchemin, le mot chemin désigne les chemins qui vont de
villageen village,d’abbayeenabbaye…dontla largeur étaitréglementée etlesfossésplanté s
d’arbres.
10 Dans les actes notariés de cetteépoque, l’adressed’unindividu correspond plus
particulièrementàlapar.dont il dépend. La par.était l'entitédebaseduroyaume.Non
seulementson origineetsanature religieuses n'empêchaient pas les élites et le s
administrationsdela considérer comme lacirconscriptiondebase, maisle curéétait estiméle
personnage et l'interlocuteur essentiel, le clergé et de rares notables étant parfois lesseuls à
posséderquelqueinstruction.
23L'église sera reconstruiteplusieurs fois,àpartirde1200,carlapopulation du
quartierdes Hallesne cessedecroître.
Cen'est qu'en 1543 qu'unacte autoriseles habitants de Belleville à avoir une
chapelle.En1635 une église, «St-Jean-Baptiste», la remplace.Elle servit à
tous les habitants,de quelques paroisses qu'ils fussent, sous réserve d u
paiement d'une dîme aux curés de Pantinet de Bagnolet.Comme
l’emplacement n’était pas clos,elle servait aussidelieu de réunion aux
habitants.Marie Bordiery avaitun terrainqu’ellelèguera en 1643àl’église.
Le premier cimetière fut créé en 1543 devant l'église. Par la suite
l’emplacement du cimetière a étémodifié et déplacé vers l’estàl’endroit où
ilestmaintenant.
Les Chaudron sontde religioncatholique,commelemontreaussi unactequi
econcerne une branchecollatéralede Louis (12degré), celle du petit-fils de
son frère Jehan:«Vousêtes priésd’assister au service & bout de l’an de
dfte Marguerite Le Sueur, femme du dft Joachim Chaudron, quise fera
vendredi 18 du présent mois de sept.1722,à9hdu matin en l’église desRR.
PèresRécollets, Grande rue et fg St-Laurent & aux messesquise diront
mesdepuis 10hdu matin jusqu’à midi. MM et D s’y trouveront,s’illeurplaît.
Un Deprofundis.Delapartde M. Chaudron,son fils,officierdu Roy ».
Les3 aïeux habitaientsur le cheminde Belleville,après l’angle formé par
l’actuellebdde La Villette et la ruedeBelleville,ducôténorddecette voie,
prochedel’église(chap.8).
Les branchescollatérales
Elles permettent de validerlalignéedirecte et ont connu parfois de curieuses
histoiresqu’ilconvientde relater.
eLes autres enfants deLouis(12 degré)
SIMON Chaudron&AnneMallessartauront3 filles :
Prénomsdesenfants Professions Prénomsdesenfants
Nomsdesconjoints desconjoints Nomsdesconjoints
AnneChaudron jardiner,marchand
&JehanCouteux
&&CatherineRenon
SimoneChaudron laboureur,vigneron Marie&NicolasFaucheur
&CharlesBardou Marguerite& JeanBordier
…-av.1687 Anne&MichelBoudin
24JeanneChaudron&JeanRuelle procureurfiscalJean
Simon
Marguerite
Un acte du25juillet 1687situant le décès de Simone Chaudron, la femme
deCharles Bardou, sera transcrit chapitre8.
L’acte du27 février 1697 évoque unpartage:«Furent présentsCatherine
Renon, vve de feu Jehan Cousteux de son vivant jardinier,demt en ce lieu de
Belleville, tant en son nom […]que comme tutrice de leurs enfantsmineurs,
le dft auparavantvfde la dfte Anne Chaudron jadis sa femme en premières
noces etdonataire mutuel de ladfte Couteux[…]d’autrepart,et
-Jeanne Chaudron, vve de feu JeanRuelle,l’aîné,deson vivant jardinier,
demtàBelleville, héritièrepourmoitiéde ldte Anne Chaudronsasœur;
-MichelBoudin bourgeois de Paris, demt rue de Charonne,fgSt-Antoine à
causede Anne Bardou,safemme ;
-Nicolas Faucheur, officier du Roi[…] demt adt Belleville au nomet
comme tuteurdes enfantsmineurs de luiet de la dfte Marie Bardou,s a
femme ;
-Guillaume Boudin le jeune,laboureurdemt adt.Belleville comme tuteur
desenfantsmineurs desdftsJeanBordierle jeune,de son vivant aussi
officier[…] et Marguerite Bardou,safemme,
Etd’autre part,
-Leshéritiersdeldte Anne Chaudron,leur tante».
Il leur appartient en commun unjardin sis en Belleville qui sera décrit
chapitre8.
Simondicte un testamenttrès détaillé quant à son enterrement le 3 mars
er1684 dont : «1 ) Comme bon chrétiencatholique apostolique et romain a
recommandé et recommande son âmeàDieu le suppliant que parle mérite
et intercession de notre sauveuret rédempteurJésus-Christ il luiplaise de
vouloirpardonnerses fautes et son âme quand elle partira de ce monde et
celle desbienheureux implorant pourcet effet lesintercessions de la
glorieuse Vierge Marie ettousles saintset saintes du paradis et
particulièrementsaintSimonson patron[…]
-Item veut et entendson corps mort être enterré en l’église ddt Belleville au
chœurd’icelle,du côté dextre, vis-à-vis de l’épitaphe et au même endroit où
aété inhumé Louis Chaudron, son père »et il dit aussi«Je suis monté à
piedjusqu’àl’églisede Bellevilleetj’aiprié danslanouvelleéglise[…]
-Item veut que son convoi soit dit et chanté en ldte église unservice complet
avec9recommandations et3 messeshautes et qu’assistent 12 prêtres tant
25séculiers que religieux telsqu’ilplairaàson exécuteur testamentaire de
choisir ;chacund’euxdirasa messepourlereposdel’âmedutestateur.
-Item veut et entendqu’au bout de l’an de son décès soit dit et chanté en
ldteéglisede Belleville unservicede la même manière queceluidéclaré.
-Item veut et entendqu’ilsoit distribué le jourde sonconvoi et aux pauvres
delapar.ddt Bellevillejusqu’àlasommede 30 livres[…]
-Item donne et lègue aux œuvreset fabrique ddt Belleville, Pantin,
Charonne,Bagnolet,LaVillette-St-Lazare et le PréSt-Gervaisàchacu n
20sols[…]
-Item veut et entendque l’armoire quiest dans la maison de Charles
Bardou où ldttestateurest demt reste en ldte maison pourmettre lespapiers
de la famille ddttestateurquiresteront en lesmains et en la possession ddt
Bardou,son gendre,lequel sera tenu d’en garderàceux quienauront
besoin[…]
-Item veut et entendque soit mise et posée une épitaphe en ldte église de
Belleville du côté dextre et joignante celle ddt Louis Chaudron, son père,sur
laquelle sera fait mention du don et délaissement ci-devant fait par ldt
testateurde 35livres».
LOUIS Chaudron & Blanche Bardou,fille de Marie Bordier,auront 8
enfants :
PrénomsdesenfantsChaudron Lesenfantsdu couple
Nomsdesconjoints
Louis
Marie&JeanLeCouteux Nicolas
Laurent
Simone&DenisCottin
Catherine& PierreHornet
Simon
Hélaine
Marguerite
Pierre& CatherineRuelle Catherine&PierreRenon
Geneviève&DenisRenon
Marie
Simon
Jeanne&JeanHoudart
Catherine&DenisGousse
Élisabeth
Geneviève&LouisBoudin
ÉlisabethChaudron est l’undesrares membres des Chaudron à ne passe
marier; du fait d’unhandicap,certains membres de la famille la disent
«faible d’esprit,qu’elle n’aaucune subtilitédans tout ce qu’elle dit et
qu’elle fait,qu’elleacomme perdu l’esprit et est devenue si sourde qu’elle
26entendàpeine et qu’en cet état elle est incapable de pouvoir régir et
gouvernersonbien».Une curatelleestdemandéele4août1700.
JEANNE Chaudron & Jacques Pithouin (Pithouyn, Pitouin) auront
5enfants :
Prénoms Noms Nombred’enfants
desenfantsPithouin desconjoints
Marie DenisLeCousteux 2mariées à
AntoinePoisson etLucRouveau
Louis CatherineGousse5
Simone PierreMallessart
Étiennette
CatherineJeanLeCouteux
Le 21février 1667, undélaissement etunpartage des biens de son époux
sont enregistrés :«Ldte vve Pithouin, que son ancienâge quiest de 60 ans,
celane luipermettant pas de faire valoir sonbien, elle se serait résolueàle
délaisseràses ditsenfantsdès àprésent,poureux en jouir de pleine
propriété».Ladescriptionde2maisonssera relatée chapitre8.
eUnautreenfantde Pierre (11degré)
LOUIS Chaudroneut une longue vie (env.1625-20 janvier 1697), et aussi
très mouvementée,comme le montrent les nombreux actes quiont été
retrouvés,car il se marie3 fois! Des noms cités dans ces actes confirment
ceux de la lignée directe. Ces actes permettent ausside se rendre compte des
tracas dessuccessions qui se font déjààcette époqueentrequelques familles
deBellevilleetdedémêlerlesécheveaux des alliances entreles membres.
Aux environs de 1649 Louis épouse, à Pantin, Barbe Gousse. Le couple a
une fille : «Marie Magdeleine Chaudron, fille mineure de luiet de ldte
dfte».Au moment du décès de sa mère, elle est mineure. Louis est le tuteur
et LouisPithouin, sononcle maternel, subrogé tuteur.
reDuranttoute sa vie,Louis Chaudron al’usufruitdesbiensde sa1 épouseet,
à son propre décès, unpartage sera effectué avec la famille Gousse: le
4février 1697«Furent présentsDenise Renon, vve de feu Louis Chaudron,
de son vivant laboureur, demtàBelleville,au nomet comme tutrice élue par
la justice pourSimone Chaudron, fille mineure ddt dft et d’elle,ldte mineure
héritière seule etunique ddt dft Louis Chaudron son père,d’une part,et
Louis Pithouin, laboureuràcause de Catherine Gousse sa femmede lui
autorisée […]et Denis Gousse […]au lieu de Belleville,ldtsCatherine et
Denis Gousse héritiers pourmoitié […]par représentation ddt dft Simon
Gousse,de son vivantvigneron,demt adt Belleville leurpère, de la
27succession de la dfte Barbe Gousse,leursœur, au jourde son décès,femme
en premières noces ddt dft Louis Chaudron […]5,5 arpentset 11 perchesde
terres, vignes[…] dont le dft Louis Chaudronajouijusqu’à son décès
comme usufruitierde l’autre moitié comme héritierde Marie Magdeleine
Chaudron,filledeluiet deldtedfte» .
Lesépouses Lesenfants Membres Professions Prénomsdesenfants &
deLouis ducouple impliqués Nomsdesconjoints
danslesactes Professions
BarbeGousse Marie DenisGousse laboureur
…-1661 Magdeleine
CatherineGousse laboureur Catherine&
&LouisPithouin PhilippesLeCouteux
partage: laboureur
22déc.1688
Jeanne&LouisCouteux
Marie&JeanLeBœuf
treM chirurgien
Jacques
laboureur
Vivianne
Magdeleine sansenfant BlaiseMaheu & vigneron Marie
Maheu MagdeleineFrémy jardinier
&LeuChaudron
…9fév.1689 &&Marguerite Louis
Boudin vigneron
Blaise
compagnonjardinier
Magdeleine
Geneviève
Marie
Jeanne
DeniseRenon Simone DenisRenon vigneron
&&
OlivierCrochu
reC’est le seulacte retrouvé mentionnant l’existence de la 1 fille de Louis.
erSimonGousse, lui, a euune fille,Barbe,d’un1 mariage,puis a épousé
eSimone Le Cousteux, vvede Pierre Chaudron (11degré),dont il a euun
28fils,Denis.Catherine est la fille de l’undes mariages de SimonGousse et
elle a épousé unmembre de la famille Pithouin. Les2 famillessont de
Belleville.
Louisse remarie avec Magdeleine Maheu dont la famille est originaire de
Bagnolet.Le couplen’apas d’enfant.Ilssont donateurs mutuels.Cependant,
le 15 mai 1685, elle faitun testament pour partager ses biens entre ses
7neveux et nièces; il est précisé qu‘elle est «enbonne santé de corps et
d’esprit ».Comme il est étonnant de trouver à cetteépoque un testament
bienavant le décès,onpeut supposer que Louisreprocheà sa femme de ne
pas avoir d’enfants.Cependant «elle donne et lègue aux enfantsnés et à
naître de Blaise Maheu […]desquelsBlaise en aura la jouissance […]apr.
toutefois exécution du don mutuel entre ldt Chaudron et ldte Maheu,s a
femme,à quielle n’entendaucunement préjudice ».Mais comme son frère a
desproblèmesd’argent,elleluienlaisse seulementl’usufruit.
Quatre ans après le testament,Magdeleine décède.Sur son lit de mort,elle
remetune somme d’argent à sadomestique pour la remettreenmains
propres à son frère, sans que son époux en sache rien, mais la domestique le
déclare!Le15 février1689, uninventaireaprès décès estenregistré.
Blaise Maheu a été marié avec Magdeleine Frémy dont il a une fille,Marie,
e requiépouse Leu Chaudron (9 degré).Sa 1 épouse est décédée en 1665et
Marie est alors mineure. Blaise se remarie rapidement avec Marguerite
Boudindontila,en1685,6enfants.Ildécèdeen1690.
Le 6 mai 1690«Leu Chaudron, laboureurdemtàBelleville-sur-Sablon,
frère paternelàcause Marie Maheu sa femmeàlui[…] àcause de
Magdeleine Frémy,samère[...] ont renoncéet renoncentàlasuccession
desdfts[…] pourleurêtre ldte succession plusonéreuse que profitable […]
se réservanttoutefoisleurdroit et action pourle douaire coutumier quipeut
appartenir àldte Marie Maheu ».Mais le 14 février 1691, suite à une
sentence,7 lots sont établisdontle second échoità Leu Chaudron et à Marie.
Leurs parcellessontsituées à Noisy-le-Sec (1quartier), à Rosny (1/2
quartier), et à Noisy (1 quartier). De plus,le 17janvier 1692 etsuite à une
autre sentence :«j’aurai fait distraction d’unarpent,2 perchesd’héritages
eret pourcet effet j’aurai fait2 lots» et le 18janvier,«le 1 lot est advenu et
échu àldte Marguerite Boudin contenant leshéritagesmentionnésau
rapport ci-devant écrit et le second est advenu et échu adt Leu Chaudron et
sa femme contenant aussi leshéritagesmentionnésau second lot ci-devant
décrit». Leurs parcellessontsituées à Noisy-le-Sec (1/2 quartier,9 perches
de vignes), Rosny (1/2 quartier), et Noisy (8 perchestenant à Louis
Chaudron,8perches de vignes et2 autres perches de terre).Entre ces2
29actes,d’après le voisinage,les parcellessont effectivement différentes.Elles
n’ontpasété retrouvéesdansl’héritagede Leu etdeMarie.
eLouis a l’usufruit des biens de sa 2épouse; en 1690 il se fera livrer dans la
maison de Bagnoletunpressoir (chap.8). Seulementà son propre décès, un
partage est effectué avec la famille Maheu.Le9 février 1697«Furent
présentsDenise Renon, vvede feu Louis Chaudron, de son vivant laboureur,
demt en ce lieu de Belleville, tant en son nomàcause de la communauté de
biens quia été entre ldt dft et elle que comme tutrice de Simone Chaudron,
fille mineure,seule etuniquehéritièredesondftpère,d’unepart et
-Marguerite Boudin, vve de feu Blaise Maheu de son vivantvigneron demt à
Bagnolet,au nom et comme tutrice de Geneviève, Marie et Jeanne Maheu,
enfantsmineursddtdft etd’elle ;
-Leu Chaudron, marchand de vins demt au bas de Ménilmontant,par. de
Belleville et Marie Maheusafemmeàcaused’elle ;
-Louis Maheu, vigneron,demtàBagnolet en sonnom;
-Blaise Maheu,compagnon jardinier, demt au château desBruyères,par.
ddt Bagnolet ;
-Magdeleine Maheu,fille majeure,demtàBagnolet.
eLdts[…] héritiers substitués chacunpour1/ 7dela succession de leur tante
[…]. Il leurappartient en communplusieurs pièces de terres, vigneset
héritages».Ladescription sera transcritechapitre8.
eLouiss’est remarié en 3noces avec «Denise Renon,fille d’Antoine Renon,
demt àBelleville et de Marguerite Damour». UneDamour,Charlotte,
eoriginaire de Belleville a épousé son frère, SimonChaudron (10degré).
Louis décède peu après la naissance d’une fille,Simone,quiest alors la
seule etunique héritière de son père, sa fille Marie Magdeleine étant
décédée.
Le 31janvier 1697 est élu le subrogé tuteur :«A 10hdu matin par-devant
rCharlesFroment,S de Thimory,lieutenant en la prévôté de Belleville […],
acomparu Denise Renon, vve de feu Louis Chaudron, de son vivant
laboureur, demt en ce lieu de Belleville, décédé le dimanche 20 janv.des
présentsmois et an […], lequelalaissé une fille mineure […]nommée
Simone Chaudron, âgée de6semaines (doncnée env.décembre1696) [...]à
laquelle mineure il convient de nommer un tuteuretunsubrogé tuteurpour
régiretgouvernersapersonneet biens[…]. Ont comparu :
-Simon Chaudron l’aîné,laboureurdemt en ceslieux de Belleville, oncle
paternel,
-Denis Gousse,aussi laboureur, frère utérin ddt dft etoncle paternelde ldte
mineure,
30-Leu Chaudron, marchand de vins,demt àBelleville, cousin germain
paternel;
-Denis Couteux,l’aîné,laboureur,demtàBelleville, grand-oncle maternel;
-Denis Renon, vigneronadt Belleville,oncle maternel;
-Pierre Damourl’aîné, vigneronàBelleville, grand-oncle maternel;
-Pierre Beaufils, laboureur, demt àMénilmontant,par. de ce lieu de
Belleville. »
Deniseestnommée tutriceet Denis Gousse subrogé tuteur.
C’est la naissance de Simone,peu de temps avant le décès de son père, qui
estàl’originedesprocédures accéléréesqui suivent :
re-liquidation de la communauté de biens entre Louis etsa 1 épouse, ce qui
estfait le4février1697,comme transcritprécédemment;
e-liquidation de la communauté de biens avec sa 2épouse le9février 1697,
comme transcritprécédemment.
e-l’inventaire des biens de son 3mariage est effectuéle5février 1697; le
contenu de sacave sera relaté chapitre 8ainsique le marché passé
précédemmentle 21avril1690,pour unpressoir.
Pour la suite des partages,ila été conseillé à la vve Chaudron, pour éviter
les frais d’apposition desscellés quipourraient consommer une partie de
l’héritage, de s’adresser directement aux membres de la famille pour régler
la succession. Des cautionssont données par Denis Gousse, Marguerite
Damour, vveAntoineRenon,et Denis Renon.
Le 20 février 1697 desvisitessont effectuées pour établir les partages.
«Premièrement nousnoussommes transportés sur unquartierde terre »
puis«nousnoussommes transportés surdes vignesde ldte commune ».Ces
terrainssontsituéssurBelleville,Bagnolet,CharonneetRomainville.
La situation de Louis,ayant atteint environ 70 ans,est florissante et il
semble être, d’après les nombreux actes,lebanquier de Belleville. En
particulier Leu Chaudron avaitempruntédel’argent à soncousin.
Une pratique des catholiques est respectée le 28février 1697 par Denise
Renon etsa fille,associées à tous les héritiers de Magdeleine Maheu et
Louis Chaudron. Ilssontréunis pour «faire tout leurpossible pourfaire
effectuer lesdernières volontés ddtsdéftsLouis Chaudron et Magdeleine
Maheu au sujet du délaissement qu’ils avaient souhaitéfaire av.leurdécès à
la fabrique de St-Jean-Baptiste de Belleville».L’acte est rédigé en présence
«du curé de St-MerriàParis et ddt Belleville, son annexe […]et Nicolas
Collo, laboureur, marguillierencharge de ldte fabrique et Nicolas Couteux
le jeune aussi marguillier[…] de faire dire et célébrerpar chaque an et à
perpétuitéàldte église […]2 messesbassesdeRequiemles jours desdécès
ddtsdftsetunLibera les2 dimanchessuivant lesjoursde décèsàl’intention
31du reposde leurs âmes[…] et de leurs parents, bienfaiteurs trépassés».
Une somme d’argent est proposée :«lesquellespropositions et offresayant
été jugées raisonnables et avantageusesàldte fabrique» ; le contrat est
rsaccepté.«Cette fondation faiteàlacharge que ldtsS marguilliers, leurs
successeurs marguilliers àl’avenir seronttenus, de l’unàl’autre par
chaque an successivementàperpétuité de faire dire et célébrer2 messes
bassesde Requiem, dont l’une se dira le le 20 janv.le jourdu décès ddt
Chaudron et l’autre le9fév.quiest celuidu décèsde ldte Magdeleine
Maheu et les2 dimanchessuivantsserachanté unLibera en entier[…]
enjointsensuite unde Profundis aussientier avec l’oraisonàlafin des
compliesde chacundes2 dimancheset ce pourle repos desâmes».De
nombreusessignaturessont en bas de l’acte, dont celle de Leu Chaudron,
maissafemmedéclare«nesavoirni écrire,nisigner».
DeSIMONà sonpetit-fils GILLES
Lalignéedirecte
e10 degré : SIMONCHAUDRON (env.1632-1709) est déclaré jardinier à
Belleville; il épouseCharlotte Damour(…-1673). Un accordest signé avec
son beau-père le 28 septembre1654 concernant la tutelle de son épouse
mineurequi«luiarendu comptede l’inventaire fait apr. le décès de
ElisabethBordier, la femme de JeanDamouret mère de ldte Charlotte
Damour»,cequifixeladatedeleurmariage antérieurementla même année.
La mère, ÉlisabethBordier,est la fille d’Étienne Bordier, vigneron à
Belleville.Lepère,Jean Damourest d’après l’actedu 11 octobre1622 le fils
de Pierre Damour et de Jehanne Fontaine.Est-ce le «Pierre Damourle
jeune, vigneron,jardinierdemt adt Belleville»quile 11 décembre1692,
obtientunbailà loyer de la fabrique de Bellevillepour 48 perches? A-t-il
pour frère un«GeorgesDamour, vigneron demt au Pré St-Gervais marié à
Guillemette Leziersafemme »qui vendle 22 juillet 1622 à «Pierre
Damour, son frère aussi vigneron […]6perches de terre sisesauterroir de
Pantin »?D’autres Damour habitent Belleville mais aucune relation entre
eux n’a été trouvée.Unautre Damour,Georges,né à Pantin, vers 1641, est
arrivé à l’île Bourbon en 1676 et a donné naissance à une grande famille
réunionnaise, mais aucune parenté n’a pu être trouvée entre luiet le père de
Charlotte(1).Lecouple aura3 filles.
Trois actes confirmentlaparentéentreles Chaudron et ces Damour :
1° le lundi 28novembre 1672,Simon Chaudron et Hiérosme Rouveau, son
beau-frère, demandent à la justice de régler undifférendentre leur
32beau-père, Jean Damour,et Louis Mauroy,laboureur à Belleville, défaillant
pour la somme de 240 livres correspondant au paiement de5années de
locationpour5quartiers,18perchesde terre.
2°lepèrede Charlotte Damourdicte en 1672 son testament auvicairede son
eéglise qui rapporte:«Aujourd’hui, 11 jourde juil.,je me suis transporté en
la maison de Jean Damour, âgé de 79 ans, malade depuis le jourd’hier,
toutefois sain d’esprit ainsi qu’ilm’est apparu et aux témoins ci-apr.
dénommés, lequel en présencedeHiérosme Rouveau et de SimonChaudron
et de leurconsentementadonné pourformede testament et dernière volonté
àl’église de St-Jean-Baptiste de Belleville,annexe de St-Merri de Paris,
18perchesde terre sisesaux […]ddt Belleville l.-dt lesRivages, tenant
d’une part àJeanChaudron […]laboureur, d’autre part àplusieurs,
aboutissant d’unbout par hautà[…] Rouveau,aboutissant en bas […],àl a
charge de3 messes, que lesmarguilliers de ldte église seronttenusde faire
direà voix basse et donnerau pasteurcélébrant,pourchacune desmesses,
re e15 sols, la 1 le jourde son décès,la 2le 22 sept., jourdu décès de sa dft e
efemme ÉlizabethBordier, la 3le 23 juin, la veille de saint Jean-Baptiste son
patron. Et apr. qu’illuialu et relu ce quidessus, iladéclaré quele tout
était conformeàla volonté qu’ilavait,enfoi dequoiilasigné,et lessusdits
Hiérosme Rouveau et Simon Chaudron ont ratifié et signé le présent
testament en présence de Simon Couteux l’aîné, Antoine Vinon, Antoine Le
Sueuret JeanCouteux l’aîné, lesquelsont signé comme témoins avec moi
prêtre vicaire de l’église ddt lieu […]; du service du jourde son décès il
veut qu’ilsoit dit et célébré unservice complet consistant en3 messeshautes
et 10 basseset autant le jourdu bout de l’an, item 12 messesbassesqui
seront dites immédiatement apr. le jourde son décès et,pourle lieu de sa
sépulture,ilchoisit la placeoù sa dfte femmea étéinhumée env.lepiedde
la chaire du prédicateur, église du […]; iI laisse ce qui touche […]et
autrescérémoniesàla volonté et discrétion de sessusditsgendres[…]
Hiérosme et Simon. »On trouve ensuite dessignatures dont celles de Jean
Damour,Rouveau et Simon.« Ldttestataire apr. fait relire la […]qui
dessus[…] dit avoir oublié de nommeren[…] pourlamaintenance […]
Simon Chaudron son gendre,pour[…].Ce jour[…],enfoi de quoi il a
signé.»
3° le2 décembre 1672 le partagedes biens de Jean Damour est effectué
eentre SimonChaudron et Hiérosme Rouveau,cequilaisse supposerquela 3
fille est décédée. Ce partage sera relaté chapitre 8. L’inventaire des biens est
ereffectuéàla requêtede SimonChaudron,le1 mars 1673.Cet inventaire
des biens «mobiliers et rentes»est d’une extrême précision. Le mobilier de
la cuisine, de la chambre (nombreux vêtements), d’une autrechambre, du
grenier au-dessus,«4setiers de blé et2 d’orge», de la cave, «1muid de 13
demi-muids de vin clairet du cru de Belleville de l’année précédente, prisé le
33muid 16livresrevenant ensembleàlasomme de…»,de la grange «paille
de seigle», del’écurie,d’une autreécurie et du grenier au-dessus «paille de
seigle», de la cour,d’ungrenier au-dessus d’unpoulailler,«12 pièces de
volaille»indiquent queles Damour s’ils habitent comme tous les habitants à
l’époque unepetitemaison,ontdenombreuxbiens.La famille estaisée.
Ilsauront7 enfants :
PrénomsdesenfantsChaudron Nomsdesconjoints Professionsdesépx
Lieuxde résidence
Leu MarieMaheu jardinier, vigneron
env.1655-1730/1731 Belleville
Hélisabetz
1656-av.1692
Simon JeanneHoudart vigneron
1658-apr.1709
JanneouJeanne PierreTroussevache serrurier
1660-1696 Belleville
Catherine MathieuBeaufilsvigneron,
1662-apr.1698 Ménilmontant
Magdeleine
1666-av.1698
MarieAnne ClaudePrevost vigneron
1671-av.1697 Belleville
Suite au décès de Charlotte Damour,l'électiond'un tuteur et d’un subrogé
tuteur est demandée à la requête de «SimonChaudron le jeune, vigneron,
demtàBelleville-sur-Sablon», car les7 enfants sont mineurs.L'acte daté du
27 février 1673 mentionne : «Leu âgé de 18 ans, Hélisabetz de 17 ans,
Simon de 15 ans env., Janne de 13 ans env., Catherine de 11 ans env.,
Magdeleine de7ans env., Marie Anne de2 ans env.[…] il fait comparaître
par-devantnous»:
ducôtépaternel:
-LouisChaudron, sonfrère aîné(celuiqui s’est marié3fois) ;
-Josse Chaudron, le cadet et Denis Gousse, le frère utérin, donc les oncles
desenfants ;
etdu côté maternel:
-Hiérosme Rouveau,épouxdeJanneDamour,la sœur deCharlotte ;
e-M RollinBordier,onclematernel.
«Apr.avoir tousconféré ensemble avec le procureurfiscal […]nousont
rapporté tousd'une seule voix et chacunséparément qu'ilne se trouve
personne pluscapable pourêtre tuteurque ldt Simon Chaudron leurpère et
poursubrogé que ldt Hiérosme Rouveau […]. Nousles avons enjointsde
faire bon et juste et loyal inventaire desbiens demeurésapr. le décèsde leur
34mère pourleurenrendre compteàeux quand ilsserontvenusenâge.» Les
signatures de Louis et SimonChaudron, Denis et Barbe Gousse, Hiérosme
Rouveau,Rollin Bordier et Josse Chaudron sont présentes en bas de l’acte.
erSuite à cet acte, le 1 mars 1673 uninventaire sera effectué (chap. 8).On
savait que Simone le Cousteux s’étaitremariée et désormais il est confirmé
equelesenfantsde Pierre Chaudron (11degré)ontundemi-frère.
Simon semble gérer les biens du couple.Le5mars 1692«Furent présents
Simon Chaudron l’aîné, vigneron au nomet comme tuteurde Marie
Chaudron, fille mineure de luiet de la dfte Charlotte Damour, jadis sa
femme,pourlaquelle mineure il promet de faire ratifierces présentes en
4ans3 mois qu’elle sera majeure ».Elle est donc née le5juin 1671. Tous
ses enfants sont nomméssauf Hélisabetz,décédée semble-t-il. Ce partage
sera rapporté chapitre8.
Le samedi 23 février 1697, une requête verbale est faite par Leu concernant
la maison de leur mère. Le 23 mai1697, tous les enfantsy participent, sauf
Hélisabetz et Marie Anne, supposées décédées.Lamaison est adjugéeà
Simon; elle est située dans la Grande rue de Belleville.L’acte du
4décembre1698 faitsuite au décès de safille Magdeleine et confirme que
seulement3 autres de ses enfants sont en vieàcette date:«Furent présents
treLeu Chaudron, M plâtrier, demtàlaBasse Courtille,par. de Belleville,
Simon Chaudron le jeune, vigneron,demt adt Belleville, Pierre
Troussevache,serrurieradt lieu qu’au nom et comme tuteurdes enfants
mineurs de luiet de la dfte Jeanne Chaudron sa femme et Catherin e
Chaudron, fille majeure usante et jouissante de sesdroits, demt Belleville;
ldtsLeu et Simon Chaudron et ldte Catherine Chaudron, frèreset sœuren
leurnom et lesmineurs ddt Troussevache parreprésentationde la dfte
Jeanne Chaudron leurmère, héritiers chacunpour1/4quant aux proches
maternellesde la dfte Magdeleine Chaudron, sœurddtsLeu,Simon et
Catherine Chaudron ettante ddtsmineurs,àson décès femme de Mathieu
Beaufils, vigneron,demt au Ménilmontant,par. de ce lieu de Belleville. »Il
précise quela maison de «ladfte Charlotte Damour, mère de la dfte
Magdeleine Chaudron et ddtsLeu et Simon et Catherine Chaudron et aïeule
ddtsmineurs »aété «adjugée adt SimonChaudron, l’undes comparants
par sentence rendue en la prévôtéde La Villette St-Denis le 23 mars 1697.»
Ce Simonest le père car plus tard, dans l’acte, il est mentionné «présent
Simon Chaudron l’aîné,laboureur, demt àBelleville père ddtsLeu
Chaudron et consortsetaïeuldes mineurs. »
Suite à de nombreux règlements durant l’année 1697,dus au décès de son
frère Louis,le3 décembre 1697,Simon souhaite faire une rente à sa fille
35majeure Catherine et il en profite pour régler unproblème de dots entre ses
enfants.
Les 18 janvier et 17 avril 1701il signe des baux relatés chapitre 8,
concernantune parcelle sur Belleville,au lieu-dit les Panoyaux etune sur le
terroirde St-Paulau lieu-ditles Amandiers.
e9degré : LEUCHAUDRON (env.1655-1730/1731) se marie avec Marie
Maheu (Mahaut ou Maheult) (…-23 mars 1718) originaire de Bagnolet.La
famille Maheuaété évoquée précédemment dansune branche collatérale.
Comme dit précédemment,elle est la fille de Blaise Maheu,quia épousé en
premières noces Magdeleine Frémy dont la cousine est Denise Beaufils (fille
de Marie Frémy) qui, elle,a épousé Josse Chaudron, l’oncle de Leu.Leu est
leneveu de Louis quia épousé,en secondes noces,Magdeleine Maheu, sœur
de Blaise Maheu.L’épouse de Leu est donc,déjà, unmembre par alliance
desChaudron.Ils auront6 enfants :
PrénomsdesenfantsChaudron Nomsdesconjoints, Professions
11Datesdemariage
Gilles,av.1693-14 sept.1730 MarieMargueriteBoudin vigneron,
&&MarieJeannePivin jardinier
treÉlisabethJacquesGilbertNoël M jardinier
av.1749
Pierre,1694-av.1742 MarieClaudeFalantin jardinier,
treM jardinier
treMarieAnne*,1696-6fév.1732 MichelLeroy M meunier
14janv.1719
Leu*,1696-apr.1732 MargueriteBoudincompagnon
charpentier
treMarieMarguerite,1700-apr.1772 NicolasJouvet,…-av.1772 M jardinier
31oct.1719
*Ilssont de faux jumeaux.À cetteépoque, il étaittrèsrarequedes jumeaux survivent à
l’accouchementetsurtoutnemeurentpasenbasâge.
treLeu est déclaré sous plusieurs professions,M plâtrier,marchandde vins,
cabaretieretvigneronàBelleville :
-le 19 septembre 1700,des parents accompagnentunmembre de leur
famille : «lesquelspourfavoriserldt Simon Robineau et le libérerenvers
12JeanDrancy et Leu Chaudron, collecteurs de taille dela par. ddt Belleville
d’une somme de 48 livres16solsàlaquelle SimonRobineau aurait été taxé
par ldtsDrancy et Chaudron surleurrécolte, tant pourlacotte de taille que
11Ladatedu contratdemariageet/oudumariage estinscritedanslestableaux.
12D‘unpoint de vueadministratif,lapar.était l'unitéfiscale.Au cours d'assemblées de par.,
les paroissiens intéressés devaientrépartir les impôts sur chaquefoyer et désigner chaque
annéelescollecteurs.
36poursapart du greffe alternatif des tailles, la présente année, raisonspour
lesquelleset faute de paiement ldtscollecteurs auraient fait procéder par
voie de saisie surplusieurs pièces de terre plantées en vigneset légumes
appartenant adt Simon Robineau par exploit de Genest,sergent,du7des
présentsmois et an[…]Louis Robineau le jeune, vigneron, demt en lieu de
Belleville (fils) et GabrielBoucault (gendre), jardinier, demt au
Ménilmontant par. ddt Belleville» payent les frais de présentation et
s’obligentsolidairement à rembourser le solde en6 paiements échelonnés de
3moisen3 mois.
-le 20 décembre 1700, une mainlevée est donnée par«JeanDrancy l’aîné
et Leu Chaudron, marchand de vins, tous 2 collecteurs de taille » à
«Catherine Besnard vvede feu Pierre Richard »quin’a pas payé toutela
somme.Ils ont fait opposition sur les dettes de Charles Lambour,acquéreur
du moulin de Beauregardappartenant à Catherine Besnard. Par le présent
acte unarrangement est trouvé avec cette dernière et ils fontune mainlevée
afinque Charles puissepayeret elle sûrementrembourser !
Un acteestintéressant parcequ’il renseigne surles modalitésd’électiond’un
collecteur de taille,comme Leu l’a été en 1700; le sienn’a pas été retrouvé,
mais celuid’unprécédent membre de la famille par alliance relate:«Du
dimanche 24nov.1697 issue de la grande messe […]et célébré en l’église
de St-JeanBaptiste de Belleville-sur-Sablon, annexe de St-Mérri de Paris,
apr. le son de la cloche […]enconséquence de la sentence obtenue par
Henry Drancy,l’unde collecteurs des taillesddt Belleville […], ldts
habitantsde Belleville seronttenusde s’assemblerce dit jourpournommer
uncollecteursolvable pourl’année prochaine 1698 au lieu et place
d’Hilaire Bardou […]ont comparuvis-à-vis de la grande porte et hors de
ldte église la plusgrande et […]partie ddtshabitantspourlapluralité des
voix en la manière accoutumée faire élection d’uncollecteurau lieu et place
d’Hilaire Bardou ».S’ensuitune liste de 18 noms de participants,chacu n
ayant donné unnom,par exemple pour ceux dont le nom a été cité
précédemment :
-«CharlesBardouanommé CharlesDaube etasigné,ainsi signé Cb en la
minute;
-Louis Pithouin anommé Nicolas Rousseau et asigné,ainsi signé,L
Pithouin,enla minute;
-Louis Bardouanommé Claude Mallessart etasigné, ainsi signé Louis
Bardou en la minute;
-Pierre Vitryanommé Nicolas Rousseau etadéclaréne pas savoirni écrire
nisigner;
-Claude Mallessartanommé Denis Cottin etasigné, ainsi signé Claude
Mallessart en la minute […]Ce fait et apr. qu’ilnes’est présenté aucu n
37autre habitant pourdonnersa voixàldte électionet que le calcula été fait
ddtes voixettrouvéle plushaut en voix,lapersonnede Claude Mallessart».
Par rapport à unacte précédent, relatantune élection similaire, ily a peu de
participants.Deplus la cause de la démission d’Hilaire Bardou n’est pas
évoquée. Le décompte desvoix fait apparaître seulement7voixsur 18 pour
Claude Mallessart.
Le 31juillet 1687,Leu Chaudronachète un terrainet le14 novembre1697 il
demande unalignement.Ila fait construire sur unde sesterrainsune
habitation; le couple a effectivement déménagé car le 16 mars 1702 et le
7décembre 1709ilest écrit que: «Furent présents, Leu Chaudron,
vigneron,demtàlaHaute Courtille,par. de Belleville et Marie Maheu sa
femme ».Les actes concernantce terrain seronttranscritschapitre8.
Au décès de son épouse, selon l'acte du mercredi 20 avril 1718, l'élection
d'un tuteur et d’un subrogé tuteur est demandéeàla requête de «Leu
Chaudron, vigneron demtàlaBasse Courtille,rue St-Maur, par. de ce lieu
de Belleville»:«Lequel nousaditqueMarie Maheu,safemme estdécédée
le 23 mars dernier et luialaissé4enfantsmineurs,àsavoir Pierre âgé de
23 ou24ans ou env., Marie Anne et Leu jumeaux, 22 ans ou env.et
Marguerite 18 ans ou env.[…].Enlachambre du conseilet par-devant […]
procureurau Châtelet de la prévôté de Belleville, juge ordinaire civil
criminelet de police et garde de la justice et prévôt de Belleville la Haute
Courtille,laHaute Borne et autreslieux en dépendant,assisté de Philippes
(ce prénom est écrit à l’époque avec uns final) Rouveau(quiest peut-être
parent,car unRouveau est lié aux Damour),notre greffierordinaire […]ont
comparu:
-Leu,pèreddtsmineurs ;
-GillesChaudron, enfant majeur, vigneron,demtàBelleville, frère paternel
et maternel;
-Gilbert Jacques Noël,jardinier, demt fg St-Laurent et par. St-Laurent,
ruelle desRécollets, beau-frère paternelet maternelddtsmineursàcause
d’ElisabethChaudron, safemme. »
-SimonChaudron, marchanddemtadt Belleville,onclepaternel. »
-Louis Maheu, vigneron,demtàBagnolet et Blaise Maheu,compagnon
charpentier, demt Grande rue du fg et de la par. St-Laurent,aussi oncles
maternels ;
-Jacques Cousteux,l'aîné, vigneron demt adt lieu de Belleville, cousin
maternelddtsmineurs. »
Leu Chaudron,le père, est déclaré tuteur de ses enfants et Louis Maheu
subrogé tuteur.Lessignatures de Leu,Gilles et SimonChaudron, Louis
Maheu et Jacques Cousteux sont présentes en bas de l’acte. Il est aussi
38indiquéque Louis et Blaise Maheu ont déclaréqu’ils ne savent «ni écrire,ni
signer».
Suite à l'acte précédent,le5janvier 1719, unacte de partage desterres
cultivables,biens propres à Marie Maheu,est effectué. Il sera transcrit
chapitre8.Beaucoupplus tard sousl’autoritéde«Philippe Rouveau,notaire
Royal au Châtelet de Paris, établipourl’étendue duvillage et la par. ddt
Belleville, la Courtille […]le mercredi 22 nov.1719à8h du matin, u n
inventaire desbiens dressé fait suiteàlarequête de Leu Chaudron, le père,
àcause desbiens quiont été estés entre luiet sa dfte ép.».Leu,le père,
«vigneron,cabaretier, demt àBasse Courtille,rue St-Maur, par.
Belleville»est présent«enson nomet comme tuteurélu en justice de son
fils Leu Chaudron » .«Louis Maheu,le subrogé tuteurde Leu,fils »est
présentde mêmequeles6 enfants :
-« Gilleset Elisabeth» représentéepar son époux ;
- Pierre est devenu majeur et «demeure àBasse Courtille,rue de la
Fontaine-au-Roi,par. St-Laurent».
Les3autresenfants sontencore mineurs :
- Leu,âgéàprésent d’environ 23 ansa toujoursun tuteur ;
- ses2 sœurs«ont étéautoriséesdeparleurs maris»;
- sajumelle,Marie Anne est mariée à«MichelLe Roy,meunier,demt surl a
chausséede Ménilmontant,par.Ste-Marguerite».
-Marie Marguerite s'est aussimariée avec unjardinier,«Nicolas Jouvet,
demtàlaBasse Courtillesurlapar.St-Laurent.»
eChacundes enfants hérite d'1/6 de la succession de leur mère: «ustensiles
de ménage,habits, linge,hardes, vivres, or et argent,monnaiesettitres[…]
dettes passives et actives et autreschoses dépendant de la communauté de
biens entre lesépx trouvés dans la maison où elle est décédée et en laquelle
vit ldt Chaudron. »Les effets sont estimés par«Louis Collat commissaire
aux ventes en la ville et banlieue de Paris demt rue de […]et par.
St-Gervais […]. En la salle basse du rez-de-chausséeservant de cuisine et
de […]ayantune entrée surlarue s'esttrouvé une crémaillère,deux grands
chenets, deux réchauds, une marmite garnie de son anse et de son couvercle,
une moyenne poêle,deux grilsàrôtir, une petite broche,deux chandeliers
[…], pourlasomme de6livres[…], une chaudière etunchaudron, une
écumoire, une petite lampe en cuivre […], pourlasomme de 12 livres[…],
un ustensile de vaisselle en étain […], un vieux comptoir de bois de chêne,
un vieux coffre de pareil bois, deux planchesservant de tablettes, un vieux
garde-mangeràjourpar le haut et par le bas fait de bois de chêne sans
serrure ni clef, une autre petite armoire, unguichet aussi en bois de chêne,
une vieille table de boisde noyer,deux autres tablesfaites de dossierde
sapin,six bancsde boisde sapin, deux barreaux […]de cabaret, une
fontaine […]garnie de sa petite fontaineàrobinet […], unpanieràsalade,
39

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