En vert et contre tous
68 pages
Français

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En vert et contre tous

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Description


Contre les khmers verts






Le catastrophisme a fait son temps. Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) érige en certitudes des résultats de recherches incertains ; plusieurs de ses membres démissionnent et font entendre leurs différences.







Oui, le climat a toujours varié, et ce souvent même avec des aléas encore plus dramatiques qu'aujourd'hui !







Oui, la France veut montrer l'exemple, mais cela ne sert à rien !







Laurent Cabrol a écouté tous les arguments : il tire de ceux-ci une leçon de modération et de tolérance. Nous sommes allés trop loin, sans certitudes scientifiques, dans la lutte contre le réchauffement. Cabrol prône, à rebours du discours ambiant, une écologie positive, joyeuse et porteuse d'espoir. C'est vrai, dit-il, nous avons beaucoup de combats à mener pour soulager notre planète, mais ils sont biens différents de ceux que l'on nous invite à mener.







Laurent Cabrol réagit en écologue amoureux de la nature et non en écologiste partisan : cette différence de position est essentielle.







Il s'affiche, en somme, comme un solitaire qui ne veut pas le rester...







Après Et si la Terre s'en sortait toute seule ? (le cherche midi, 2008), Cabrol poursuit une réflexion de fond sur les enjeux écologiques contemporains.





Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 29 mars 2012
Nombre de lectures 39
EAN13 9782749119335
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Laurent Cabrol
EN VERT ET CONTRE TOUS
COLLECTION DOCUMENTS
Couverture : Bruno Hamaï. Photo de couverture : © VIM/ABACAPRESS. © le cherche midi, 2012 23, rue du Cherche-Midi 75006 Paris Vous pouvez consulter notre catalogue général et l’annonce de nos prochaines parutions sur notre site : www.cherche-midi.com
« Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »
ISBN numérique : 978-2-7491-1933-5
DU MÊME AUTEUR AU CHERCHE MIDI
Et si la Terre s’en sortait toute seule ? , 2008.
CHEZ D’AUTRES ÉDITEURS
Dieu que la mort est belle ! , Michel Lafon, 1993.
L’Enfant de la montagne noire , éditions de l’Archipel, 2000.
Les Disparues de la Saint-Jean , éditions de l’Archipel, 2004.
Le Crime de la Noël , éditions de l’Archipel, 2006.
    INTRODUCTION

C e livre est une suite.
Il ponctue et complète une réflexion sur le réchauffement climatique que j’ai pu développer dans mon premier ouvrage Et si la Terre s’en sortait toute seule 1  ?
 
Dans cette enquête, j’ai montré que l’homme n’est pas l’unique responsable des températures élevées sur le globe et surtout que la machine climatique est trop complexe pour induire par postulat que notre planète est vouée à sa perte si nous ne changeons pas de vie.
Ce discours enrichit une écologie « catastrophe » que je ne comprends pas et que les Français rejettent chaque jour un peu plus.
Je fus l’un des premiers à dénoncer les théories à sens unique du GIEC, ce qui m’a valu l’opprobe, ce qui prouve à quel point l’écologie actuelle est aux mains des extrémistes.
Mais, depuis quelques mois, le vent tourne et un débat s’amorce enfin sur le sujet. C’est ce que j’ai toujours réclamé car il me paraît évident de nous concerter avant d’opérer un changement de société.
 
Je souhaite même aller au-delà et entamer dans ces pages une nouvelle réflexion sur l’écologie moderne. Les Verts ont pris le pouvoir sur nos consciences, un pouvoir masqué, et c’est intolérable. Voilà pourquoi je propose ma vision d’« écologue » : celle d’un amoureux de la nature qui conteste l’apocalypse.
Oui, nous pouvons respecter la Terre sans changer fondamentalement notre vie. Les OGM, le nucléaire, les énergies renouvelables ne sont pas des sujets tabous et ils méritent au moins d’être débattus.
Je voudrais vous convaincre que l’on peut aimer la planète tout en utilisant sa voiture et rappeler que nous sommes les bons élèves du développement durable. La France ne représente que 1 % des émissions de CO 2 et il est injuste de nous rendre responsables de ce nouveau pêché originel.

1  . le cherche midi, 2008.
1
LE CHOC DE COPENHAGUE

J’ ai souhaité vivre ce moment sur place : un tel rassemblement de chefs d’État, un tel fourmillement de journalistes m’interpellaient.
Visiblement, le sort de la planète se jouait là. J’étais pressé de connaître l’avenir économique et sociétal que l’on nous réservait. J’avoue avoir été impressionné par ce déploiement de forces vives politiques et écologiques, toutes réunies au chevet d’une planète « au bord de l’agonie, prête à sombrer dans l’apocalypse ».
 
Première surprise : les débats se déroulent dans une banlieue sinistre et glaciale de la capitale danoise.
 
À l’entrée du « chapiteau écolo », quelques végétariens vous invitent à renoncer à la viande devant une dizaine de gardiens emmitouflés. Pour faire bonne mesure en arrière-plan, une éolienne surgit. Elle a jailli de terre, et un souffle froid pousse péniblement ses pales décoratives.
Symboliquement, elle est censée fournir l’électricité au débat…
 
Il m’intéressait avant tout de partager la rue avec des militants de base venue de l’ensemble de l’Europe.
Oui, nous allions pendant une semaine, décider des réductions d’émissions de CO 2 .
Nous allions opter pour une nouvelle vie, empreinte de sacrifices : moins d’autos, moins de chauffage, moins de voyages et surtout une aide sérieuse enfin apportée aux pays pauvres pour les soutenir dans leur lutte contre le réchauffement.
Que de grands projets ! Sans oublier à la base un postulat simple et claironné depuis dix ans : « L’homme est l’unique responsable de l’accroissement des gaz à effet de serre sur la planète. »
Un postulat dont vous saurez très vite, je l’espère, ce que l’on peut en penser…
Vous comprenez pourquoi l’ampleur des enjeux me parut soudain totalement décalée dans cet environnement de tristesse et de froidure.
Je m’interroge d’ailleurs encore sur l’opportunité de tenir un sommet sur le réchauffement dans un pays polaire… aux portes de l’hiver ! Mais, après tout, nous ne sommes pas à une contradiction près.
J’ai donc vécu ce sommet en marginal, comme un militant anonyme, me mêlant aux manifestations, pancartes en main pour m’imprégner davantage d’une atmosphère de colère mesurée.
J’ai côtoyé les militants ; j’ai devisé avec certains, plaisanté avec d’autres. Pour l’essentiel, ils étaient très jeunes, nombre d’entre eux ayant fait le voyage en famille, avec en queue de cortège, l’éternelle poignée d’excités auto-convoquée pour casser les vitrines. La répression fut violente et sans grand discernement, mais la violence fait aujourd’hui partie du décor obligé de ce type de protestation, une manière de donner un peu plus d’ampleur à l’événement.
Pourquoi cette carte postale ? Elle n’est pas anodine.
Souvenez-vous… Il n’y a pas si longtemps, nous étions quelques milliers à vouloir changer le monde et la société. L’autogestion, la liberté d’entreprendre et de décider, le rejet de l’autorité et cette conviction que la jeunesse peut tout balayer.
La force de l’esprit supplante l’expérience.
Le monde est à nous ! C’était Mai 68.
 
À cette époque, les ouvriers avaient leur modèle : le communisme, et les Soviétiques menaient une partie du monde. Le 13 août 1961, la première pierre du mur de Berlin est posée. Les blocs Est-Ouest s’opposent sur le territoire allemand.
En France, les communistes revendiquent le pouvoir.
Les « rouges » vont arbitrer la paix sociale et la politique. « La collectivisation des moyens de production, disent-ils, réduira les inégalités. »
En face, on oppose le culte de l’industrie et de la productivité.
Et puis Gorbatchev arrive. Le 9 novembre 1989, la première pierre du mur de Berlin tombe. C’est la ruée vers l’Ouest et la fin du communisme qui laissent sur le pavé des milliers d’« orphelins partisans ».
Que vont devenir tous ces révolutionnaires prônant le changement de société ?
Quels supports vont-ils investir pour véhiculer leurs idées et leurs combats ?
La réponse est sous leurs yeux : un mouvement se développe qui revendique un changement de vie au nom de la planète : il s’appelle « l’écologie ».
C’est cette forme de militantisme que j’ai vue flotter précisément dans les manifs de Copenhague.
Ce sont ces déçus du communisme reconvertis en écolos qui réclament ce même changement de vie et de société, mais cette fois, au nom de notre bonne vieille Terre.
Il s’agit bien sûr d’une vision partielle du mouvement, mais ces altermondialistes sont sans doute les plus bruyants et les plus démonstratifs.
Ce sont eux qui, à la fin du sommet, dénonceront les premiers un échec lamentable et se diront écœurés par l’incapacité des pays riches à s’engager sur les réductions d’émission de gaz à effet de serre.
En France, d’ailleurs, quelques jours après la fin du sommet, la taxe carbone sera retoquée par les sages du Conseil constitutionnel. Au lendemain des régionales de mars 2010, elle semble repoussée aux calendes grecques (car subordonnée à une taxe aux frontières de l’UE 1 ). J’ai toujours dit 2 que cette taxe était une idiotie car elle pénaliserait la France des entreprises et des milieux ruraux. Qui plus est, pourquoi l’instaurer dans un pays qui fait tant d’efforts pour lutter contre le réchauffement ! Les écolos purs et durs se sont étranglés à l’annonce de cette décision. Ont-ils seulement réalisé que les Français n’en voulaient pas ?
Mais au sortir de Copenhague, quelques grands principes vont demeurer.
La mobilisation mondiale avait pour but d’aider les pays pauvres à s’équiper et à se moderniser.
C’était, à mes yeux, le point essentiel… Là au moins, le problème du réchauffement climatique permettait d’aborder la question d’un soutien financier et technique. Pourtant, en incluant dans les pays émergents la Chine, l’Inde et le Brésil, on a biaisé la démarche ; les « grands » refusant de financer des États économiquement et financièrement concurrents.
L’Afrique et une partie de l’Asie auraient pu profiter de ce sommet et ce fut là le vrai fiasco. Quelle désillusion !…
Autre grand principe débattu : la limitation des gaz à effet de serre. Elle est nécessaire pour éviter l’acidification des océans. L’homme n’est pas l’unique responsable de ces émissions mais, je le répète, il a sa part et toute diminution de CO 2 est salutaire.
Il ne s’agit pas de retourner à l’âge de pierre, mais un effort s’impose et un accord a minima sur le sujet ne peut que nous rassurer, d’autant que cet effort a pour corollaire la réduction de la consommation de pétrole. Sur ce point, beaucoup de bonnes intentions mais pas d’engagement réel.
Enfin, dernier constat : le triomphe de la Chine. Je le craignais 3 , il s’est confirmé.
En refusant toute ingérence et donc tout contrôle en matière d’émission de CO 2 , les Chinois repartent les mains libres. Habilement, ils s’empressent de prouver leur bonne foi en annonçant au même moment la création de dix centrales nucléaires civiles. La Chine avait jusqu’alors l’image du pays qui inaugurait une usine à charbon toutes les semaines.
 
Pour s’amender de toute critique, les Chinois proclament même, le 15 décembre 2009, que la première centrale nucléaire de troisième génération comportera six réacteurs d’une capacité totale de 7 500 MW et qu’elle sera opérationnelle en 2020.
Rassurez-vous, ils n’ont pas perdu le sens du business puisqu’ils deviennent aujourd’hui les premiers fabricants de cellules photovoltaïques et les seconds en matière d’éolien.
 
Copenhague restera donc dans les annales comme un échec et ce n’est guère rassurant pour les partisans d’une écologie positive et constructive.
Mais quel fut l’impact du sommet sur l’opinion publique ?
Ce qui fut peut-être le plus insupportable, nous le devons aux médias et en particulier aux journalistes français : la désinformation.
Elle fut rarement aussi importante à la veille d’un rendez-vous international.
J’ai longtemps espéré qu’enfin, en matière de réchauffement climatique, on accorderait une petite attention aux « climato-réalistes » et à leur position beaucoup plus nuancée que celle du GIEC 4 . Ce fut le contraire !
Il y eut d’abord la révélation des « 500 000 morts ».
Un rappel : à chaque fin d’année, les pays dressent le bilan des victimes des accidents climatiques : inondations, sécheresse, orages, éboulements, avalanches, canicule…
Depuis toujours, ces événements climatiques, hélas habituels, surviennent sur la planète et l’on dénombre en général entre 500 000 et 800 000 morts sur l’ensemble des continents.
Les médias rapportent ces chiffres sous un titre générique tel que « Les excès climatiques ont fait 500 000 morts sur la planète ».
Cette année, à quelques jours de Copenhague, hasard ou coïncidence, ce titre s’est métamorphosé et l’on en a conclu : « Le réchauffement climatique a fait déjà 500 000 victimes en 2009 ».
Cette « expression catastrophe » a été reprise dans de nombreux médias français… J’appelle cela une insidieuse propagande ou un vicieux mensonge.
Parmi les autres perles de la désinformation, il faut encore citer Le Parisien du dimanche 6 décembre 2009.
Le quotidien claironne : « La France est déjà touchée. »
Et sur une pleine page, photos à l’appui, on apprend que, dans le Languedoc, les maisons sont submergées par les eaux, qu’il n’y a plus de neige au-dessous de 1 500 m, que les vignobles bourguignons vont disparaître, que les virus exotiques gagnent le sud du pays et que les canicules vont se succéder.
Il s’agit en fait de prédictions – le plus souvent farfelues – émises par l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC). Ces prétendues perspectives à l’horizon 2020 étaient pourtant présentées dans ce journal comme des réalités du moment ! Cruelle réponse. Quinze jours plus tard, la France était paralysée par la neige et une vague de froid exceptionnel nous envahissait.
J’ai souvent rappelé que la plupart des grands médias français ont confié leur rubrique « environnement » à des écologistes de conviction.
Leur démarche n’est jamais interrogative, ces « journalistes engagés » reprennent avec délice toutes les informations venues du GIEC et celles des scientifiques de la pensée unique.
Ils sont ainsi réconfortés dans leurs croyances : ils écrivent, ils parlent, ils professent sans jamais vérifier. Ils propagent la bonne parole : la leur. Et ils vous regardent d’un air surpris et méprisant quand vous osez leur rappeler que le journalisme, c’est surtout l’investigation.
Une simple enquête menée auprès de ceux qui pensent autrement suffit à s’interroger. Et à relativiser. Car il n’y a pas d’un côté des experts « intelligents » issus du GIEC et de l’autre, des chercheurs abrutis parce qu’ils font partie des 31 000 contestataires signataires de la pétition d’Ontario.
Ceux-là ont une opinion différente sur l’évolution du climat et tous mesurent dans leurs laboratoires la difficulté d’affirmer une thèse dans un domaine aussi mystérieux et si peu défriché.
Mais pourquoi vouloir systématiquement occulter les interrogations et les incertitudes en matière de réchauffement comme ce fut le cas peu avant Copenhague dans l’affaire du climategate  ?
Je souhaite y revenir car elle est révélatrice d’un certain nombre de trucages au plus haut niveau…
On peut la résumer ainsi : une poignée d’éminents scientifiques du GIEC dont Phil Jones, Keith Briffa et le tristement célèbre Michael Mann 5 , auraient bloqué des demandes d’information de leurs collègues et même dissimulé et détruit des données dérangeantes sur la hausse des températures.
Un hacker s’est introduit dans les ordinateurs du CRU 6 en Grande-Bretagne et a publié sur Internet une sélection de 1 073 mails extraits de treize années de correspondance entre quelques scientifiques du GIEC.
Le contenu de ces échanges est stupéfiant. L’e-mail le plus scandaleux émane de Phil Jones, directeur du CRU. En décembre 1999, il écrit : « J’ai utilisé l’astuce de Mike pour augmenter les températures réelles de chaque série pour les vingt dernières années et depuis 1961 pour cacher leur baisse. »
Ce courrier est-il authentique ? Oui.
Dans un communiqué, l’université d’East Anglia reconnaît avoir été piratée et elle affirme que ces données sont vraies.
 
Le GIEC, de son côté, précise que les mails ont été sortis de leur contexte. Le même Phil Jones dit encore : « Le comité scientifique me tomberait dessus dans des termes certains si je disais que le monde s’est refroidi depuis 1998. OK, c’est le cas mais uniquement depuis sept ans et c’est insignifiant scientifiquement. »
 
Pour les observateurs objectifs, les propos ne sont guère étonnants et la teneur de ces échanges inévitable.
Il est logique de recourir à des manipulations pour énoncer avec autant d’assurance des conclusions sur l’évolution du climat. Comment autant de chercheurs peuvent-ils avoir la même opinion alors que personne n’est capable d’expliquer scientifiquement et avec certitude l’avenir climatique de notre planète ?
Interrogé sur ce scandale, Carol Browner, conseiller du président Obama sur le climat, a déclaré que la position des États-Unis restait inchangée. Et les leaders du monde entier n’ont guère prêté attention à ce climategate .
Mais on sait depuis longtemps à Copenhague, comme ailleurs, que c’est la politique qui décide et non la science.
J’ai regretté justement que cette affaire éclate peu avant le sommet. Il y avait là une sorte de pression malsaine et inutile. Encore que… si le monsieur météo de la BBC avait fait son travail, il aurait publié ces mails depuis longtemps, car il en avait reçu des copies mais s’était bien gardé de les rendre publiques.
Phil Jones a quitté ses fonctions jusqu’à la conclusion de l’enquête diligentée par son université.
Selon un confrère du Wall Street Journal , qui a vu une partie de cette correspondance : « Cette lecture révèle que dans de nombreux cas, les climatologues reconnaissent que leurs propres travaux ne sont pas concluants. » Encore mieux : « Dans d’autres mails, ils discutent de la manière de dissimuler des désaccords entre eux afin de présenter une position unifiée du changement climatique. »
Voilà qui me rassure : les experts du GIEC vivraient donc dans l’incertitude comme la quasi-totalité des chercheurs de la planète.
 
À propos, avez-vous entendu parler en France du climategate  ? Probablement pas.
Il faut dire que, chez nous, la presse a été d’une discrétion remarquable sur le sujet.
À peine quelques entrefilets dans les journaux papier. Quasiment rien à la radio ni à la télé. En tout cas pas de débat organisé, excepté dans « C dans l’air 7  » au cours d’une émission contradictoire.
La presse étrangère, elle, et surtout anglo-saxonne, a pleinement joué la carte de la transparence 8 .
 
Alors pourquoi les médias français sont-ils systématiquement orientés ?
Tout est-il orchestré en vue de diriger notre opinion ? Orchestré, oui, mais tacitement.
Avant Copenhague, le journal Le Monde s’est chargé de distribuer la bonne parole et de relayer le catastrophisme. Dès le 16 mars 2009, il titrait : « Climat : le pire des scénarios est en marche » et l’on pouvait lire les éternelles prédictions dramatiques avec, à la clé, quelques mentions aggravantes : « Les océans vont monter de 75 cm à 1,90 m d’ici 2100, soit bien au-delà des pronostics du GIEC. » Et comme il est de bon ton de s’apitoyer sur ces pauvres ours polaires, le journaliste ajoutait : « Les ours seront menacés à partir d’une augmentation de 1,5 degré et non plus de 2,8 degrés comme prévu jusqu’alors. »
James Hansen 9 s’est même permis cette affirmation dans le même journal : « Il faut que l’opinion soit sûre d’une chose, les scientifiques sont clairs… il n’existe pas de grosse incertitude sur le film qui est devant nous. »
 
Nouvelle salve du Monde le 24 novembre 2009. Nous sommes quelques jours avant l’ouverture du sommet de Copenhague. Titre de l’article : « La concentration de CO 2 dans l’atmosphère s’intensifie ». Les climatologues deviennent plus pessimistes et, pour eux, « La situation est pire que prévue ».
Au même moment, les scientifiques reconnaissaient à demi-mot qu’en 2008 et 2009 la hausse des températures s’était stabilisée 10 et parmi eux, certains avancent le retour du froid.
Ajoutons, et c’est incontournable, que 2009 fut une année très calme dans son activité cyclonique avec seulement neuf phénomènes baptisés.
Je n’en tire aucune conclusion climatologique, mais un peu de mesure dans la dramaturgie aurait été plus honnête.
Avant le sommet, il s’agissait d’alarmer l’opinion et de peser sur les délégations. En quelque sorte, les scientifiques disaient aux politiques : nous avons fait notre boulot, à vous de faire le vôtre.
 
Après Copenhague, nouveau coup de tonnerre avec l’affaire de l’Himalaya.
Nous sommes le 22 janvier 2010. Il est 11 h 15. Le GIEC publie un communiqué pour reconnaître ses erreurs dans le 2 e  volume du 4 e  rapport.
Dans ce document paru en 2007, il est dit que les glaciers de l’Himalaya pourraient « disparaître en 2035, voire avant ». Cette affirmation avait fait bondir de très nombreux spécialistes qui furent alors taxés d’incompétents à la solde des multinationales du pétrole.
Eh bien, le GIEC a fini par reconnaître que les estimations sur la vitesse du recul des glaciers de l’Himalaya étaient « peu fondées ». Son président, Rajendra Pachauri, indique 11 qu’il s’agit là d’une « regrettable erreur », en ajoutant, au passage, qu’il ne démissionnerait pas…
Cet aveu est capital.
Il montre d’abord que le GIEC peut se tromper, ce qu’il a toujours refusé d’admettre.
Un peu d’humilité s’impose donc dans un domaine aussi complexe et il y a de quoi sourire quand Michel Rocard déclame : « Dans huit ou neuf générations, la vie sera impossible sur terre du fait du réchauffement climatique 12 . »
 
Après le climategate qui a révélé des petits arrangements entre collègues sur la hausse des températures, cette nouvelle brèche de l’Himalaya fait trembler le bloc hermétique de la recherche officielle.
 
Souhaitons que d’autres fissures se dessinent pour ramener la thèse officielle à plus de modération.
Comme le dit Mike Hulme, directeur du centre de recherche Tyndall (Grande-Bretagne) : « La science est une affaire strictement publique. » Nous devrions donc partager tous les atermoiements et les balbutiements des chercheurs…
Mais est-ce politiquement correct ?
Comment imposer à nos sociétés un changement de vie radical sur des postulats fragiles ?
D’ailleurs, les prophètes de l’apocalypse comme Hervé Le Treut, Jean Jouzel ou Jean-Pascal Van Ypersele, l’un des vice-présidents du GIEC 13 se sont empressés de minimiser l’incident de l’Himalaya : « Cette erreur ne change rien au fond du problème… cela montre que le GIEC est prêt à apprendre de ses erreurs. »
Pourquoi alors ne pas rendre compte régulièrement des discussions apparemment âpres et mouvementées qui se tiennent au sein de l’organisation ?
 
Et puisque nous nous interrogeons beaucoup, posons enfin la question qui fâche…
Comment quelques centaines de scientifiques regroupés dans un organisme officiel, bardés de tous les honneurs et disposant d’énormes moyens financiers peuvent-ils être aussi partisans ?
Comment est-il possible de bafouer ainsi toute son éthique ?
Pour le comprendre, une visite à l’intérieur du GIEC s’impose.

1  . Discours de Nicolas Sarkozy du 24 mars 2010.

2  .  Cf. émissions sur France 3, France 5 et Europe 1.

3  . Sur France 5, chez Yves Calvi, émission « C dans l’air » du vendredi 11 décembre 2009 et, sur France 3, chez Samuel Étienne, émission « 7 à voir » du dimanche 13 décembre 2009.

4  . Groupe d’experts international sur l’évolution du climat, créé en 1988 par l’OMM (Organisation météorologique mondiale).

5  .  Cf. affaire de la crosse de hockey.

6  . Climate Research Unite, de l’université britannique d’East Anglia à Norwich.

7  . Émission d’Yves Calvi du 11 décembre 2009, France 5.

8  . Le New York Times du 28 novembre ; le Sunday Mail du 29 novembre, le Washington Times du 30 novembre, le Politiken (Danemark), le Kauppaleht (Finlande), l’ Ottawa Citizen du 29 novembre (Canada), le  New Zeland Herald (Nouvelle-Zélande) du 28 novembre ou le Daily Telegraph (Grande-Bretagne) du 28 novembre.
Références complètes sur : http://www.arretsurimages.net

9  . Climatologue de la Nasa, il fut le premier à alerter le monde sur le réchauffement en 1988.

10  . Conférence internationale sur le climat de Genève, en 2009, déclaration du météorologiste allemand Mojib Latiff.

11  . Communiqué du GIEC du samedi 23 janvier 2010.

12  . Interview de Michel Rocard par Vincent Rémy dans Télérama , n° 3123.

13  . Interventions des experts, réactions relayées sur www.developpementdurable.com
2
LE GIEC OU LE POUVOIR DE NOUS TROMPER

S i nous en sommes arrivés là, la faute revient à cet organisme qui a voulu nous asséner des vérités alors qu’en matière climatique on n’est certain de rien. La preuve…
 
Vive l’écologie !
L’écologie, c’est la science de l’habitat 1 , celle qui étudie les rapports entre les êtres vivants et leur milieu. Comment faire cohabiter intelligemment le végétal, l’animal, le minéral et l’humain, sans que l’un l’emporte sur l’autre et le mette en péril.
 
C’est une discipline noble, indispensable et précieuse qui, utilisée comme l’instrument d’un changement de société, devient partisane et totalitaire.
Elle aurait pu rester dans les règles de la vie, une philosophie du bonheur et de l’équilibre. Mais les politiques ne l’ont pas entendu ainsi et s’en sont emparé. Ils s’en sont servi.
 
Dès 1984, Mme Thatcher, la première, a revendiqué le réchauffement planétaire pour justifier la fermeture brutale des mines de charbon britanniques… et la Nasa, en panne de projets après l’explosion de la navette Challenger, le 28 janvier 1986, a proposé ses services et surtout ses satellites pour observer d’en haut l’effet de serre.
Les crédits ont afflué.
Puis, très vite, après avoir évoqué le « possible changement climatique », on a plongé dans la menace. Nous devenions responsables d’une catastrophe annoncée.
Pour orchestrer le drame, un organisme : le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le GIEC !
Il a été créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale et le programme pour l’environnement des Nations unies.
Son but ? Évaluer sans parti pris les aspects scientifiques, techniques et économiques liés aux changements climatiques qui pourraient résulter des activités humaines.
En 1990, il publie un premier rapport estimant à + 3 degrés l’élévation de la température sur la Terre en 2100.
Les Nations unies s’emparent de ces conclusions et préparent une convention sur le changement climatique qui aboutira au sommet de la Terre de Rio en 1992.
Dès lors, la machine s’emballe et l’on voit le GIEC devenir la « guest star » et le maillon fort entre la science et la politique. Le tout orchestré par la presse mondiale qui reprend en chœur toutes les conclusions et affirmations des experts mandatés.

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