Gestion des déchets à Niamey
121 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Gestion des déchets à Niamey

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
121 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Des années 1990 à nos jours, les services municipaux de Niamey semblent être dépassés par la situation préoccupante des déchets, dont les effets se ressentent avec plus d'acuité pendant la saison des pluies. Cet ouvrage tente d'expliquer les raisons qui sont à la base de cette situation préoccupante et débouche sur des propositions allant dans le sens d'une bonne gestion des déchets, orientés vers l'amélioration du système d'évacuation et la valorisation des déchets.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2008
Nombre de lectures 100
EAN13 9782296661219
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

GESTION DES DECHETS
A NIAMEY
Etudes Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa

Dernières parutions

Association des anciens étudiants de l’université catholique Lovanium, de l’université nationale du Zaïre, de l’université de Kinshasa et des amis du Mont Amba, Pour un changement de leadership e R.D. Congo , 2008.
Stéphanie NKOGHE, Éléments d’anthropologie gabonaise , 2008.
Daouda GARY-TOUNKARA, Migrants soudanais/maliens et conscience ivoirienne. Les étrangers en Côte d’ivoire (1903-1980), 2008.
Karamo KABA et Idrissa BARRY (dir.), La Guinée face à la mondialisation , 2008.
Jean Marie NZEKOUE, Afrique : faux débats et vrais défis , 2008.
F. BIYOUDI-MAMPOUYA, Penser l’Afrique au XXIe siècle , 2008.
Marcel KOUFINKANA, Les esclaves noirs en France sous l’Ancien Régime (XVIe-XVIIIe siècles), 2008.
Ephrem LIBATU LA MBONGA, Quelle diplomatie pour la République démocratique du Congo ?, 2008.
Jean BRUYAS, Les institutions de l’Afrique noire moderne , 2008.
Marie-Rose ABOMO MAURIN, La littérature orale : genres , fictions, 2008.
Michèle CROS, Julien BONHOMME (dir.), Déjouer la mort en Afrique , 2008.
Aimé Félix AVENOT, La décentralisation territoriale au Gabon , 2008.
Jean-Claude OLOMBI, La profession d’Huissier de Justice au Congo , 2008.
Dominique DIETERLE, Ani Sara, Lettres aux enfants du Togo , 2008.
Mamadou KOULIBALY, Leadership et développement africain ; les défis, les modèles et les principes , 2008.
Sylvie BREDELOUP, Brigitte BERTONCELLO, Jérôme LOMBARD (éds), Abidjan, Dakar : des villes à vendre ? La privatisation made in Africa des services urbains, 2008.
Prof. Sidikou A. Hamidou et Dr Bontianti Abdou
avec la collaboration de
Hamadou Issaka et Hima Hassane Mamoudou


GESTION DES DECHETS
A NIAMEY


L’Harmattan
© L’Harmattan, 2008
5-7, rue de L’EcoIe polytechnique ; 75005 Paris

http://www. librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-06483-6
EAN : 9782296064836

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
CHAPITRE I : INTRODUCTION
Les superlatifs, parfois des plus excessifs, les invectives, en général désobligeantes surtout pour les administrateurs de la ville, ne manquent pas lorsqu’il s’agit d’évoquer globalement la question de l’hygiène et de l’assainissement et plus particulièrement l’état de la propreté et l’insalubrité dans la ville de Niamey. C’est que, de notoriété publique, la situation en la matière dans la capitale nigérienne constitue en tout temps un sujet majeur de débats, de railleries et de polémiques souvent passionnées voire de conflits entre les différents acteurs du microcosme urbain. En effet, la délicate et récurrente, sinon permanente, question de la gestion des déchets dans le périmètre urbain et péri – urbain de la principale ville du Niger reste un sujet de préoccupation permanente, autant pour ceux de ses habitants qui en ont une claire conscience que pour les personnes qui sont en charge de son administration.
1.1. Justifications de l’étude {1}
Pour faire face efficacement aux problèmes que pose la forte croissance des villes qui accueilleraient 40% de la population du pays à l’horizon 2010, et conséquemment aux problèmes de gestion de l’environnement urbain qui en découleront inévitablement, le Gouvernement du Niger a élaboré et fait valider par un atelier national en avril 1998 un Plan National de l’Environnement pour un Développement Durable (PNEDD). Il a adopté ensuite en avril 2000 une politique nationale en la matière. Le « Programme environnement urbain et cadre de vie » est l’un des six programmes prioritaires du plan national. Ce programme vise six objectifs majeurs au nombre desquels, et en particulier, se trouvent l’amélioration du cadre de vie des populations urbaines, la maîtrise et la gestion des déchets solides et des eaux pluviales.
La mise en œuvre du volet urbain du PNEDD est envisagée dans le cadre d’une « stratégie nationale de gestion de l’environnement urbain du Niger ». Cette stratégie s’inscrit dans un plan d’action. La stratégie a été élaborée dans le cadre du Projet de Réhabilitation des Infrastructures Urbaines (PRIU) et à la suite de douze études thématiques achevées en octobre 2000 {2} axées essentiellement sur la ville de Niamey. Ces études, qui ont permis de recueillir une masse importante d’informations, ont été complétées par une étude conduite par deux bureaux d’études japonais {3} portant sur l’amélioration de l’assainissement de la ville de Niamey. Achevée en décembre 2001, cette étude conclut notamment à la nécessité de disposer d’un schéma directeur d’assainissement opérationnel pour la ville. L’absence d’un tel schéma se révèle en effet très handicapante dans le cadre d’une gestion globale conséquente de la ville.
Si un schéma directeur d’assainissement digne de ce nom repose en tout lieu sur des principes intangibles et s’appuie en général sur l’identification et la planification de mesures pour le long terme, pour ce qui est du cas de Niamey, le schéma directeur se doit aussi d’intégrer des actions spécifiques ponctuelles, adaptées à l’environnement socioculturel et économique, et s’inscrivant dans un cadre partenarial participatif associant nécessairement les populations concernées. En effet, de celles-ci dépend fondamentalement l’atteinte des objectifs visés et le succès escompté. L’approche à adopter dans le cadre de la recherche de solutions aux problèmes d’assainissement d’une ville comme Niamey se doit par conséquent de tenir le plus grand compte des aspects culturels et sociaux propres à une population très diverse dans sa composition, d’origine essentiellement rurale, et considérée comme pauvre dans la proportion de 42%, soit quelque 207.000 personnes (document de Stratégie de réduction de la pauvreté, janvier 2002, p. 26).

C’est donc au regard de cette situation que le département de Géographie et de l’Aménagement de l’Espace (GAME) de l’Institut de Recherches en Sciences Humaines (IRSH) de l’Université Abdou Moumouni de Niamey a conduit la présente étude avec de modestes crédits alloués par l’institution universitaire sur fonds propres. Il s’agit d’une contribution à la recherche de solutions à une question ardue et complexe qui projette en toute saison, et plus particulièrement en saison des pluies, une des images les plus négatives de la capitale nigérienne.

En choisissant de nous intéresser à cet aspect particulier de la gestion urbaine, nous visions un double objectif. D’une part, il s’agit d’apporter l’éclairage des sciences humaines et sociales, dont la prise en compte nous a semblé insuffisante, à la compréhension d’une situation qui constitue un défi permanent tant pour les responsables administratifs et techniques de la ville que pour ses habitants eux-mêmes. D’autre part, nous voudrions, à partir des résultats de nos enquêtes, comparés et corrélés avec les conclusions des études antérieures, tenter de faire des propositions susceptibles de contribuer efficacement à l’amélioration de la gestion du secteur hygiène et assainissement d’une ville où l’espace bâti s’étale démesurément en superficie du fait essentiellement du mode de vie de ses habitants, de leurs conditions matérielles et financières d’existence et des besoins énormes de terrains à bâtir générés par des pratiques d’urbanisme intervenant généralement dans des conditions et des normes à lisibilité problématique.
1.2. La problématique
L’étude sur la gestion des déchets urbains dans la Communauté Urbaine de Niamey (CUN) est à situer dans le cadre de la problématique de la gestion globale de l’environnement urbain et périurbain dans les pays du Sud en général, et d’Afrique en particulier. Plus spécifiquement, il s’agit d’analyser et d’essayer de comprendre la gestion de la voirie urbaine dans une ville coloniale d’un pays pauvre à l’origine sans grande tradition urbaine, dans sa dimension hygiène et assainissement (H & A) vue sous l’angle de sa relation avec les dynamiques, comportements et changements induits et imposés par la vie dans un cadre spécifique.

Les enjeux à cet égard paraissent très importants. Ils le sont davantage au regard du contexte politique « multipartisan » et démocratique du moment et dans la perspective d’élections municipales qui vont mettre un terme à plus de quarante ans de gestion administrative et politique des affaires de la ville par des responsables jusqu’alors nommés. Ces enjeux sont d’ordre politique, technique, matériel et financier, culturel et social, économique, sanitaire et environnemental. Et c’est précisément en cela que réside la difficulté de traiter d’un tel sujet dont la problématique nécessite au demeurant des enquêtes lourdes, longues et coûteuses. Or nous n’avions pas les moyens de conduire de telles études dont l’intérêt pratique pourrait ne pas apparaître toujours évident au regard des leçons jusqu’alors tirées du traitement de la grande quantité d’informations disponibles. Si on y ajoute le fait que, à la pratique, et partant du fait que les choses évoluent rapidement dans ce milieu, les réponses aux questions posées dans le cadre d’une enquête lourde s’affichent en général stéréotypées à partir d’une masse critique d’enquêtés, pas toujours très importante du reste, on est fondé à en déduire que leur interprétation pourrait se révéler en définitive sans grand intérêt pour la suite de la démarche, d’où l’importance de la méthodologie d’approche s’agissant d’un terrain d’étude aussi complexe que la Communauté Urbaine de Niamey où la problématique de la gestion des déchets urbains est en réalité déterminée, pour une part très importante, par les comportements individuels ou collectifs des différents acteurs, eux-mêmes souvent largement influencés par les calculs motivés par des considérations d’ordre organisationnel et d’encadrement faisant appel à l’engagement et au civisme permanents des populations. C’est ce qui explique le choix de la méthodologie adoptée dans le cadre de cette étude. Celle-ci cible de préférence un nombre réduit de situations dans lesquelles sont placés couramment les principaux acteurs de la vie urbaine afin de cerner au plus près et de comprendre les logiques dans lesquelles s’inscrivent leurs réponses et réactions aux questions essentielles qui se posent.
1.3. Le cadre méthodologique
1.3.1. Le paradigme de la gestion des déchets urbains
En 1994, le Programme de Développement Municipal (PDM), l’Institut Africain de Gestion Urbaine (IAGU), et le Groupe Régional Eau et Assainissement pour l’Afrique de l’Ouest (GREA) ont entrepris une série d’études centrées sur la gestion des déchets solides en Afrique dans le cadre de l’organisation d’un séminaire régional sur les ordures ménagères (Les Cahiers du PDM, 1998 : 23). Organisé à Abidjan en février 1996, le séminaire a réuni des élus locaux, des responsables des services centraux, des gestionnaires de sociétés et de services intervenant dans le secteur des déchets, des responsables d’ONG, des experts, des techniciens et des chercheurs qui ont défini un certain nombre de principes de gestion applicables à la plupart des grandes villes d’Afrique. Ces principes devraient pouvoir concerner également tous les types de déchets urbains, quelle que soit leur nature. Nos investigations sur la question dans le cas précis de la ville de Niamey ayant abouti à des constats assez proches des principes définis au cours du séminaire en question, nous nous en inspirons largement pour dégager une autre manière de voir, de lire et de comprendre la gestion des déchets urbains à Niamey. Il s’agit donc d’un paradigme et, comme pour tout paradigme, le principe qui le sous-tend est fondé sur des postulats. Partant, notre réflexion a été bâtie sur six postulats :

1. Les déchets urbains doivent être considérés non plus seulement comme une nuisance, mais aussi, et paradoxalement, comme une ressource. En effet, si elle est bien organisée et bien exploitée, la filière des déchets urbains pourrait être génératrice de revenus et créatrice d’emplois.

2. Qu’il s’agisse des déchets solides ou liquides, seule une approche holistique et cohérente permettrait de prendre en compte l’ensemble des séquences : collecte, évacuation, traitement et élimination.

3. La production des déchets étant locale, sa gestion doit être avant tout locale.

4. La concurrence dans un cadre légal et institutionnel transparent est source de réduction des coûts, d’innovation, d’émergence et de multiplication des savoir-faire. Il doit en conséquence y être fait recours en matière de gestion des déchets urbains.

5. Pour que la gestion des déchets urbains soit durable, il faut qu’elle bénéficie de financements permanents, gérés de façon transparente. Ces financements devront provenir de plusieurs sources notamment des producteurs de déchets eux-mêmes, selon le principe du « pollueur-payeur », principe du reste pris en compte dans l’article 3 de la loi cadre de l’environnement au Niger.

6. La problématique de la gestion des déchets urbains est également une problématique de santé publique. Aussi, compte tenu de l’impact qualitatif de toute gestion de ces déchets et de son coût sur l’hygiène et la santé des populations et sur leur cadre de vie, ce secteur mérite d’être classé parmi les priorités des collectivités locales, du gouvernement et des partenaires au développement de la coopération bilatérale et multilatérale.
1.3.2. L’observation directe sur le terrain et les instruments de l’analyse
L’observation a consisté à effectuer des visites sur les emplacements des ordures ménagères et les caniveaux. Cette opération a permis d’établir une typologie des ouvrages et d’évaluer leur état tant au plan quantitatif que qualitatif. Cette étape a aussi permis d’étudier la composition des ordures ménagères (matières organiques, verres, plastiques, gravats, etc.) et d’identifier des pistes de solutions s’inscrivant dans la durée pour une revalorisation des déchets dans le cadre d’une meilleure gestion.
Un travail soutenu de cartographie a permis de comprendre la situation de desserte selon les types de quartiers. En 1992, des cartes d’emplacement des ordures ménagères avaient été déjà réalisées dans le cadre des activités académiques de l’Université Abdou Moumouni en collaboration avec la Banque des Données Urbaines et le Projet Habitat Yantala. L’étude cartographique a ainsi permis de comparer la situation actuelle à celle de 1992 et donc de mieux appréhender l’évolution de la situation tant du point de vue de la composition des déchets, solides en particulier, que de celui du système d’évacuation. La même démarche comparative a été retenue en ce qui concerne les eaux usées et les eaux pluviales.
1.3.3. Les enquêtes et entretiens
Cette phase a concerné l’ensemble des acteurs intervenant dans la production et la gestion des déchets urbains. Il a été ainsi établi une typologie de ces acteurs. Des questionnaires et guides d’entretien ont été conçus et appliqués à chaque catégorie d’acteurs selon que l’on a affaire à des producteurs ou à des gestionnaires de déchets. Les producteurs de déchets sont les ménages, les commerces, l’administration, les industries, l’abattoir frigorifique de Niamey et les aires d’abattage clandestines, les bâtiments et travaux publics.

Les enquêtes menées auprès des ménages, les femmes principalement, ont permis d’estimer les quantités journalières d’ordures produites, la fréquence de balayage et d’identifier les moyens permettant de mieux gérer les déchets (définition des responsabilités, gestion économique et financière).

Pour réaliser ces enquêtes, un zonage géographique raisonné de la ville a été effectué : zone du centre-ville (Lacouroussou et Kalley Sud), zone péricentrale (Dar-Es Salam, Talladjé, Cité Fayçal-Wadata) et zone périphérique (Cité Caisse, Gaway et Bangabana). Un critère a été déterminant dans le choix de ces quartiers d’enquête : le type d’habitat, théoriquement indicatif du niveau de vie des ménages. En effet, à l’observation, on constate que le volume, le poids et la composition des déchets solides varient fondamentalement selon le type de quartier. Il en est de même du reste pour les déchets liquides. En outre, comme en 1992, il a été constaté que la fréquence d’enlèvement des déchets relevait manifestement du type de quartier. C’est la raison pour laquelle ce paramètre a été retenu comme critère essentiel.

En ce qui concerne la conception du questionnaire, la méthode active de recherche participative (MARP) a été privilégiée parce qu’assez proche de la méthode Connaissance Aptitude Pratique (CAP). Ce choix se justifie par le fait que les deux méthodes permettent de recueillir rapidement des informations dans la mesure où elles permettent d’arrêter l’application du questionnaire dès lors que l’on constate qu’à partir d’un seuil variable selon les questions les mêmes réponses sont données invariablement de façon stéréotypée. A l’expérience, il a été constaté, qu’après avoir administré entre 15 et 30 questionnaires, on obtient en général toujours les mêmes réponses. Au total donc 105 questionnaires ont été appliqués, puis dépouillés grâce au logiciel Winstat.

Quant aux guides d’entretien, ils ont été administrés auprès des acteurs des structures suivantes :
La CUN, les trois Communes fonctionnelles au moment de l’application du questionnaire, la Banque des données urbaines et le Programme de Réhabilitation des Infrastructures Urbaines (PRIU).
Les sociétés concessionnaires : Entreprises de ramassage des OM, les sociétés privées de curage des caniveaux et de vidange des fosses septiques et les GIE.
Les services qui assurent leur propre vidange comme la Société Nationale des Transports Nigériens (SNTN), l’Office des Postes et Télécommunications (OPT), l’Entreprise Nigérienne des textiles (ENITEX) et l’Hôpital National de Niamey.
La société civile : Associations et ONG.
Les récupérateurs de déchets urbains : Ils constituent un maillon important de la chaîne ; un guide d’entretien spécifique leur a donc été appliqué.
Comme pour les questionnaires, le traitement statistique des données et les guides d’entretien ont été dépouillés par le logiciel Winstat.
1.3.4. Les moyens mis en œuvre
Les visites de reconnaissance sur le terrain ont été effectuées par les deux chercheurs permanents du GAME accompagnés de deux appelés du Service Civique National et d’un étudiant du Département de Géographie de l’Université de Ouagadougou accueilli au GAME dans le cadre des recherches sur un sujet similaire. Elles ont été effectuées grâce à un véhicule tout terrain prêté par le Département d’Art et Archéologie de l’IRSH et ont duré 7 jours. Au cours de ces visites, des photos ont été prises pour illustrer le travail. Quant à la localisation des emplacements des ordures ménagères et des caniveaux, elle a été faite par l’un des chercheurs et l’un des deux appelés du service civique national. Tous les types d’emplacements (dépôts sauvages, officiels, conteneurs et décharges) ont été localisés sur le plan de lotissement de la ville de Niamey au 20 000 ème reproduit et actualisé pour les besoins de l’étude. La moto de l’un des chercheurs du département a été utilisée pour effectuer les déplacements ; 21 jours ont été nécessaires pour ce travail.

Les travaux de cartographie assistée par ordinateur ont duré 3 mois (août-octobre 2003).
La synthèse et la rédaction du document ont été faites par les deux chercheurs permanents du département.

Carte n°l : Localisation des zones d’enquête
CHAPITRE II : LE CADRE DE VIE
2.1. Les conditions physiques
La ville de Niamey est bâtie sur les deux rives du fleuve Niger. La ville doit en grande partie sa réputation et son statut actuel à des considérations d’ordre stratégique jugées intéressantes dans le contexte de conquête militaire du début du 20 ème siècle dans le cadre de la progression d’ouest en est, de l’Atlantique vers le lac Tchad, des troupes coloniales françaises.

Au départ, la ville de Niamey s’est développée uniquement sur la rive gauche du fleuve, et cela jusqu’en 1970 avec la mise en service du pont Kennedy qui a permis l’urbanisation des quartiers de la rive droite et leur intégration au tissu urbain. La ville est construite sur un substrat constitué de grès et d’argile du continental terminal et d’alluvions.

Niamey Rive gauche est installé sur des terrasses cuirassées du fleuve Niger formant un plateau aux versants en falaise dans sa section s’étirant sur environ 2 à 3 kilomètres de Goudel à Gamkallé. Le plateau, dont l’altitude moyenne est d’environ 260 m, présente une double inclinaison dont la ligne de séparation est la ligne de partage des eaux entre d’une part le principal exutoire qui est le fleuve Niger au sud, et d’autre part et principalement, par la vallée sèche connue sous le nom de « Gorou Béri » au nord et au nord-est. L’inclinaison vers le Fleuve du plateau se fait sur une profondeur d’environ 10 à 15 km. Le tissu urbain est bâti sur un espace traversé par de petites vallées sèches. La plus importante est certainement la vallée du Gountu Yéna qui divise pratiquement la ville en deux parties égales : Niamey-Haut, correspondant à l’ancienne ville dite européenne, le Plateau, à l’ouest, et Niamey-Bas au sud. La vallée du Gountu Yéna constitue le principal axe secondaire de drainage des eaux pluviales pour une bonne partie des quartiers de la ville.
Niamey Rive droite, correspondant à la Commune III, dorénavant Commune V, est bâti sur une plaine alluviale constituée de bras morts du fleuve Niger pouvant stocker en maints endroits, sous forme de mares généralement temporaires, les eaux de pluie et de ruissellement. L’altitude moyenne y est en plusieurs endroits inférieure à 185 m. Il s’agit d’une zone d’inondation coincée entre des collines latéritiques à l’ouest et des cordons dunaires au sud-est. Environ 900 hectares seulement y seraient constructibles selon certaines études conduites au début des années 80. L’emprise spatiale y est par conséquent faible.

La superficie constructible étant pratiquement inextensible, sauf à reconsidérer, d’une manière ou d’une autre, les limites officielles de la ville, il se trouve par ailleurs que la superficie constructible a été amputée de plusieurs hectares destinés à abriter des édifices publics dont les principaux sont l’Université, AGRHYMET (71 hectares) et la Douane Rive Droite. Le manque d’espace à bâtir constitue par conséquent un problème majeur à Niamey Rive droite.

Le climat de Niamey est de type sahélo-soudanien. Les vents d’ouest, la mousson, et les vents d’est, dominés par l’harmattan, soufflent alternativement sur le territoire de la ville selon les saisons dont ils déterminent, concurremment avec les températures, la durée. Les vents qui soulèvent généralement des poussières, transportent également différents types de déchets, en particulier les déchets plastiques qui constituent dorénavant une caractéristique de l’environnement urbain.

Les Niaméens subdivisent l’année en quatre saisons :
1. La saison sèche et froide (jaw), de novembre à mi-février. L’air reste sec mais les minima nocturnes peuvent descendre au-dessous de 10°C.

2. La saison sèche et chaude ( hayni ), de mars à juin, au cours de laquelle soufflent les vents chauds du nord-est. Pendant cette saison, il est fréquent que les températures maximales diurnes excèdent 45°C.

3.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents