La Banque mondiale dans la réduction de la famil et de l extrême pauvreté
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Description

a Banque mondiale est depuis toujours l’institution majeur qui aide les pays dans la mise en place des politiques de développement par l’accord de crédit à cours ou à long terme. C’est dans ce cas, qu’elle a été désignée par L’Organisation des Nations-Unies pour accompagner les Etats dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).Ces objectifs du millénaire pour le développement ont pour but d’aider les pays pauvres dans la réduction de la pauvreté ainsi que ses causes et manifestations. Ceux-ci sont aux nombres de 7, dont la date butoir est 2015.Cependant, l’évolution à mi-parcours de la réalisation des OMD laisse apparaître une situation mitigée, mais porteuse de progrès significatifs et de défis formidables.En effet, le problème de la pauvreté en Afrique n’est pas seulement celui de la faiblesse des revenus mais plutôt celui plus large de la privation humaine générale et chronique, aussi bien économique que sociale.Ceci étant, la mise en pratique des mesures de réduction de la pauvreté et de la faim dans les pays du bassin ouest africain peut passer par la Communauté Economiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cependant, la CEDEAO prise comme une institution géographique pourrait assurer plus efficacement son rôle d’interface et de courroie de transmission des politiques de développement économique, donc la réduction de la pauvreté entre les institutions internationales et ses Etats membres et mieux défendre ceux-ci auprès des instances financières internationales.La réalisation des OMD suivant son échéance actuelle est-elle plus de l’ordre des vœux pieux, ou bien relève t’elle d’une exigence en terme de changement de méthode de gestion des ressources, des politiques économiques, de développement ? Autrement dit, ne sommes nous pas entrain d’assister à l’émergence d’une nouvelles façon de penser le développement.

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Informations

Publié par
Date de parution 10 septembre 2015
Nombre de lectures 38
EAN13 9782359301052
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Collection
• Point de rep re •
Collection dirig e par : Fouad Nohra

La Banque mondiale dans la r duction de la faim et de l extr me pauvret
Droits r serv s
ISBN : 978 - 2 - 35930 - 105- 2
Les points sur les i
16 Boulevard Saint-Germain
75005 Paris
www.i-editions.com
Adja Awa Fofana
La Banque mondiale dans la r duction de la faim et de l extr me pauvret
INTRODUCTION
Apr s la seconde guerre mondiale, il tait opportun de cr er des instances internationales dans tous les domaines tels que la politique, l conomie, la justice, les finances, dont le but tait de venir en aide aux tats d truits par la guerre, notamment l Europe et le Japon. Cependant, d s sa cr ation, l institution financi re avait pour nom Banque Internationale pour la Reconstruction et le D veloppement (BIRD), dont le r le tait de soutenir le processus de reconstruction et de d veloppement apr s la guerre. C est ainsi que lors de la conf rence de Bretton Woods fut cr e la Banque mondiale, en 1944, pour promouvoir le progr s conomique et social dans les pays en d veloppement (l Afrique, l Asie et l Am rique du sud) seulement apr s avoir aid l Europe et le Japon leur reconstruction. Aujourd hui cinq institutions d pendent de la Banque mondiale : la banque internationale pour la reconstruction et le d veloppement qui compte 184 pays, l association internationale pour le d veloppement qui aide les pays les plus pauvres, la soci t financi re internationale pour le d veloppement des entreprises priv es, le centre international pour le r glement des diff rends et l agence multilat rale de garantie des investissements. La Banque mondiale a pour objectif principal aujourd hui de r duire la pauvret dans le monde, mais aussi d aider la cr ation de petites entreprises.
En effet, la pauvret persiste tellement qu en 2000 se sont r unis New York les chefs d tat des 192 pays du monde, sous la direction du secr taire g n ral des Nations-Unies, pour prendre des mesures en fonction des probl mes qui minent jusqu pr sent les diff rents tats. C est de l que sont partis " les objectifs du mill naire pour le d veloppement (OMD), dont la date buttoir a t fix e en 2015. Ces OMD comportent 8 objectifs dont le premier est " r duire l extr me pauvret et la faim . C est sur cet objectif que porte notre travail, appliqu dans l espace CEDEAO avec la participation de la Banque mondiale. La Banque mondiale est depuis toujours l institution majeure en ce qui concerne l aide aux pays en voie de d veloppement dans la mise en place des politiques de d veloppement. C est pour cela qu elle a d autant plus t d sign e par l ONU pour accompagner les tats concern s dans la r alisation des objectifs du mill naire pour le d veloppement.
Cependant, la communaut conomique des tats de l Afrique de l Ouest, appel e CEDEAO, est une organisation internationale r gionale, un regroupement r gional qui a pour but principal de promouvoir la coop ration et l int gration avec pour objectif de cr er une union conomique et mon taire entre les pays de l Afrique de l Ouest. Elle fut cr e le 28 mai 1975 et compte aujourd hui 15 tats membres qui sont : B nin, Burkina Faso, Cap-Vert, C te d Ivoire, Gambie, Ghana, Guin e, Guin e-Bissau, Lib ria, Mali, Niger, Nig ria, S n gal, Sierra Leone et Togo. La CEDEAO, en n tant qu organisation r gionale dont le r le tait purement conomique sa cr ation, est-elle en marge des objectifs premiers qu elle s est fix s, ou bien a-t-elle men bien ses objectifs ? Et pourtant, la pauvret et la faim persistent dans tous les pays de la CEDEAO.
D une population de 130 millions d habitants en 1900, la population de l Afrique est mont e 780 millions d habitants en 2000 puis 950 millions en 2008 et devra d apr s les projections qui tiennent compte des guerres sporadiques et des famines r gionales ainsi que des pid mies telles que le sida, l Afrique devra largement d passer 2 milliards d habitants en 2100. L explication de ces pentes montantes est due au fait que le taux de f condit moyen en Afrique est actuellement proche de 5 enfants par femme. En prenant l exemple du Niger, il a tr s peu de surface cultivable et tr s peu d eau disponible pour l agriculture, et pourtant le Niger est le pays avec le taux de natalit le plus lev au monde qui est de 7,9 enfants par femme. Avec ce taux la population double environ tous les 20 ou 25 ans. l vidence la priorit en Afrique est la baisse de la natalit . Depuis les ann es 90, l attention accord e la lutte contre la pauvret s est particuli rement intensifi e, tant au niveau de l appr hension globale des enjeux au plan international qu en ce qui concerne les strat gies et les programmes nationaux de d veloppement. En effet par ceux-ci l information et les outils d analyse dont disposaient beaucoup de pays sur les conditions de vie des populations taient largement obsol tes et d ficients, de sorte que l analyse de la pauvret n tait ni syst matique, ni appropri e pour la formulation des politiques. D autre part, les d marches transversales d appr hension des ph nom nes de pauvret et les propositions de r ponses op rationnelles entraient bien souvent en contradiction avec les sch mas classiques d ajustement, les d marches sectorielles de d veloppement et les postulats de l assistance ext rieure. Le moment est maintenant venu pour le continent africain d aborder le combat contre la mis re et la pauvret sur des bases solides qui reposent sur une d marche analytique rigoureuse, une analyse bilancielle des exp riences et strat gies mises en uvre au plan national et international et un effort de mobilisation de ressources humaines et financi res internes et externes. Lutter contre la pauvret , c est avant tout tre capable de circonscrire le concept de pauvret , d en cerner les causes profondes et de formuler dans leur multi dimensionnalit les strat gies op rationnelles de lutte contre ce fl au. L objectif de lutter contre la pauvret est consid r comme un imp ratif thique, social, politique et conomique pour l humanit . L radication de la pauvret est parall lement devenue un des objectifs fondamentaux de l action internationale et des activit s des organismes des Nations-Unies qui ont proclam les ann es 1997-2006 " premi re d cennie des Nations-Unies pour l limination de la pauvret C est en ce sens que le sommet des Nations-Unies du mill naire a repris son compte la philosophie du PNUD. " Civiliser l conomie mondialis e ou garantir que la mondialisation devienne une force positive pour tous les peuples du monde , pr conise la d claration du mill naire. Les objectifs du mill naire pour le d veloppement (OMD), adopt s par les 191 tats membres des Nations-Unies, constituent un agenda ambitieux pour r duire la pauvret ainsi que leurs causes et manifestations. Par ailleurs, l tat des lieux des OMD en septembre 2008 laisse perplexe. L volution mi-parcours de la r alisation des objectifs de d veloppement pour le mill naire laisse appara tre une situation mitig e, porteuse de progr s significatifs et de d fis formidables.
Le premier OMD consiste r duire de moiti l extr me pauvret et la faim, l objectif de r duction de la pauvret est en passe d tre r alis l chelon mondial. En revanche, la lutte contre la faim conna t de graves lacunes. Selon les tendances actuelles, les OMD en mati re de d veloppement humain ne seront probablement pas atteints. Les perspectives les plus sombres concernent la r duction de la mortalit infantile et maternelle. Mais ces lacunes existent aussi pour d autres objectifs comme celui concernant l ach vement de la scolarit en cole primaire.
Cela tant, on note de nombreuses variations entre les r gions et les pays. Au niveau r gional, l Afrique subsaharienne accuse un retard concernant l ensemble des OMD, y compris dans le domaine de la r duction de la pauvret . Pourtant, de nombreux pays de la r gion connaissent une croissance en hausse. Au niveau national, nombre de pays r alisent des avanc es importantes, mais beaucoup d autres ne progressent pas au rythme pr vu. D apr s les perspectives actuelles, une majorit de pays ne parviendront pas atteindre la plupart des objectifs.
Le th me de la pauvret dans les analyses de la Banque mondiale remonte aux ann es 70 avec la pr sidence de Robert MCNAMARA. Depuis, la probl matique de l radication de la pauvret a p n tr l ensemble des organisations internationales : du sommet du mill naire New York (6-8 septembre 2000) au sommet mondial sur le d veloppement durable Johannesburg (26 ao t - 4 septembre 2002) en passant par la conf rence de l OMC Doha (9-13 novembre 2001) ou encore celle de Monterrey sur le financement du d veloppement (18-22 mars 2002).
Le PNUD pour sa part a fait de l radication de la pauvret sa priorit essentielle dans la poursuite du " d veloppement humain durable . En ce qui concerne plus particuli rement le continent africain, le programme des Nations-Unies pour le d veloppement met l accent sur les activit s op rationnelles de lutte contre la pauvret , travers le dialogue des politiques de d veloppement humain durable, la coordination des aides et surtout la mise en uvre de programmes et projets de lutte contre la pauvret dans ses multiples dimensions, conomiques, sociales, environnementales et institutionnelles. Aujourd hui, tout le monde s accorde sur le fait que la pauvret est un ph nom ne complexe, pluridimensionnel, ne pouvant tre r duit sa simple expression mon taire (c est- -dire un niveau insuffisant de ressource conomique pour vivre de fa on d cente).
La pauvret constitue pour le continent africain l un des tout premiers d fis de cette fin de si cle et sans doute du si cle prochain, par son ampleur et sa progression relative d une part, et par la menace s rieuse qu elle fait peser sur la stabilit sociopolitique et conomique d autre part.
L Afrique du sud du Sahara compte, selon les derni res estimations du rapport mondial sur le d veloppement humain du PNUD en 1997, environ 250 millions d tres humains qui survivent avec approximativement un dollar am ricain par jour. Avec l Asie du sud, la r gion Afrique est l une des deux plus pauvres du monde. Environ 45% de la population du continent connait des conditions de revenus inf rieures la moyenne des seuils de pauvret mon taires nationaux. Le taux de pauvret humaine analys sous l angle de la long vit , de l instruction et des conditions de vie d cente est estim 42% et le taux de pauvret mon taire en fonction du seuil de pauvret 1 dollar am ricain par jour, 39%. La pauvret est en sensible progression en valeur absolue et relative en Afrique au sud du Sahara et cette d gradation s applique aussi bien la pauvret humaine qu la pauvret mon taire. Elle n est homog ne que du point de vue de la faiblesse du niveau des revenus ou de la consommation ; l uniformit des pauvres comme cat gorie de citoyens n existe que dans la mesure o ils n ont gu re les moyens de consommer, la pauvret ne constitue par un tat, elle est le fruit d un processus.
Le probl me de la pauvret en Afrique n est donc pas seulement celui de la faiblesse des revenus mais plut t celui, plus large, de la privation humaine g n rale et chronique, aussi bien conomique que sociale, qui affecte la majorit des populations africaines. Le recul de la pauvret d veloppe le go t du risque et l esprit d entreprise qui sont indispensables la croissance.
En effet, la fin des ann es 1990 la Banque mondiale et le fonds mon taire international ont annonc que leurs politiques de pr t en Afrique accorderaient d sormais plus d importance la r duction de la pauvret et ont souhait la tenue de consultations publiques en vue de d finir la strat gie suivre. D aucuns y ont vu un changement radical par rapport aux politiques macro conomiques controvers es que les deux institutions avaient pr c demment pr conis es en Afrique. Cependant, lors du lancement d une tude de la CNUCED en f vrier 2003 sur les nouvelles politiques de la Banque mondiale et du FMI en Afrique, " nous pensons que c est bien qu ils se concentrent sur la r duction de la pauvret . L assistance fournie par les organismes d aide passe de plus en plus par les documents de strat gie pour la r duction de la pauvret (DSRP), ces documents visant traduire la nouvelle approche en programmes et en projets. En th orie, un DSRP est enti rement produit localement. Le gouvernement et les organisations de la soci t civile laborent le document sous la supervision de la Banque mondiale et du FMI. Le DSRP analyse la pauvret , ses causes et sa nature et d finit la fa on dont le pays entend la r duire, en grande partie en augmentant les d penses publiques consacr es aux soins de sant primaire et l ducation de base. Les programmes dans ces domaines sont principalement financ s par les conomies r alis es sur le remboursement de la dette dans le cadre de l initiative en faveur des pays pauvres tr s endett s (PPTE) renforc e, mais sont aussi tributaires de fonds provenant du budget national et de donateurs.
Cependant, la CEDEAO est une communaut conomique comme son nom l indique ; elle r unit tous les pays de l Afrique de l Ouest, c est- -dire de l Afrique subsaharienne ; elle g re tout ce qui est conomie au niveau de l Afrique de l Ouest, ce qui a permis aux tats ou du moins certains tats d avoir une monnaie commune qui est le franc CFA. Car les tats de l Afrique de l Ouest n ont pas tous encore la m me monnaie comme le Ghana, le Nigeria pour ne citer que ceux-l . La CEDEAO prise comme une institution g ographique, ou encore comme un espace g ographique sous-r gional, n a pas le m me r le. En tant qu espace g ographique sous-r gional, elle donne tous les tats membres une certaine autonomie, mais tre prise comme institution et aire g ographique lui donnera plus de cr dibilit et une meilleure gouvernance. Elle pourra mieux d fendre ses diff rents membres aupr s des grandes institutions internationales. Ceci tant, on se pose la question de savoir qu est-ce que la pauvret ?
Selon la Banque mondiale, la pauvret a des " dimensions multiples , de " nombreuses facettes et elle est " la r sultante de processus conomiques, politiques et sociaux interagissant entre eux dans des sens qui exacerbent l tat d indigence dans lequel vivent les personnes pauvres.
Le PNUD, dans son rapport " Vaincre la pauvret humaine 2000 , donne une d finition sp cifique des diff rents types de pauvret : " l extr me pauvret , la " pauvret g n rale et la " pauvret humaine . Ainsi une personne vit dans la pauvret extr me si elle ne dispose pas des revenus n cessaires pour satisfaire ses besoins alimentaires essentiels, habituellement d finis sur la base de besoins caloriques minimaux.
Une personne vit dans la pauvret g n rale si elle ne dispose pas des revenus suffisants pour satisfaire ses besoins essentiels non alimentaires, tels que l habillement, l nergie et le logement.
La pauvret humaine quant elle est pr sent e comme " l absence des capacit s humaines de base : analphab tisme, malnutrition, long vit r duite, mauvaise sant maternelle, maladie pouvant tre vit e. Le PNUD voque galement dans ce rapport la pauvret mon taire, sans pour autant en donner une d finition pr cise. Toutefois un examen rapide des d finitions donn es ci-dessus permet d affirmer que la pauvret mon taire englobe la pauvret extr me ( galement appel e pauvret absolue) et la pauvret g n rale (ou pauvret relative) : les nuances entre ces deux types de pauvret renvoient au seuil mon taire ou de revenu adopt . La pauvret mon taire rel ve plut t de la d marche de la Banque mondiale, alors que la pauvret humaine semble tre un concept sp cifiquement onusien.
La pauvret humaine est intrins quement li e la notion de d veloppement humain, qui voit le jour au d but des ann es quatre-vingt-dix, la suite des travaux d Amartya Sen. Le d veloppement humain repr sente, selon les termes du PNUD, l largissement des possibilit s et des choix offerts aux individus. Plus pr cis ment, " les trois possibilit s essentielles sont celles de vivre longtemps et en bonne sant , d acqu rir des connaissances et un savoir, et de pouvoir acc der aux ressources n cessaires pour vivre dans des conditions d centes . C est par rapport au d veloppement humain que la pauvret humaine est d finie: " elle signifie la n gation des opportunit s et des perspectives fondamentales sur lesquelles repose tout d veloppement humain, savoir une longue vie saine, constructive, et jouir d un niveau de vie d cent, ainsi que de la libert , de la dignit , du respect de soi-m me et d autrui.
Cependant, le PNUD appr hende la pauvret en se basant sur l Indicateur de Pauvret Humaine (IPH). Celui-ci est centr sur les " d ficits rencontr s dans les trois domaines essentiels de l existence humaine . Selon le PNUD, cet indicateur se concentre sur trois aspects essentiels de la vie humaine d j envisag s dans le cadre de l indicateur de d veloppement humain (IDH) : long vit , instruction et conditions de vie d centes. Dans le calcul de l IDH, les insuffisances en termes de long vit sont repr sent es par le pourcentage de personnes risquant de d c der avant l ge de 40 ans, et le manque d instruction est traduit par le pourcentage d adultes analphab tes. Quant au manque de conditions de vie d centes au niveau conomique en g n ral, il est repr sent par un sous-indicateur composite comprenant lui-m me trois variables : le pourcentage d individus priv s d acc s l eau potable, celui des personnes priv es d acc s aux services de sant et celui des enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition.
Cependant, selon la Banque mondiale la distinction se fait entre pauvret absolue et pauvret relative, m me si elle ne parle pas explicitement comme le PNUD de la pauvret humaine ; la pauvret absolue correspond un niveau de revenu n cessaire pour assurer la survie des personnes. Ce seuil de pauvret est calcul en fonction d un r gime alimentaire de base. La pauvret relative, quant elle, refl te une conception plus ax e sur la r partition des revenus ; elle signifie avoir " moins que les autres . Cette notion renvoie au niveau de revenu n cessaire pour participer , et vivre dans, une soci t particuli re (logement, habillement ). En effet, les types de pauvret s abord s par la Banque mondiale sont particuli rement centr s sur l aspect mon taire.
Toutefois, la Banque mondiale ne s en tient pas cette analyse simpliste. Elle n omet pas d voquer les interrelations entre les diff rentes facettes de la pauvret , et explique que l tude approfondie de certains secteurs ou domaines est fondamentale pour saisir la pauvret dans sa complexit . Ces domaines sont la sant , l ducation, la vuln rabilit , le manque de parole et le manque de pouvoir.
En quoi, pourquoi et comment la Banque mondiale participe-t-elle la r duction de l extr me pauvret et de la faim dans la CEDEAO ?
Quelles sont les manifestations sp cifiques chacune d entre elles et la port e de leur action face aussi bien l ampleur des enjeux pos s par les OMD en termes de politiques strat giques de d veloppement et la mobilisation des ressources pour traduire en actions les principes d claratoires autant que les objectifs induits par les OMD, que par les facteurs limitants conjoncturels et structurels en vigueur en Afrique, notamment dans la CEDEAO : instabilit politique, pr carit conomique, d sertification acc l r e, analphab tisme, transitions chaotiques difficiles de toutes sortes, paup risation avanc e des populations, niveau de vie pr occupant, d faillances institutionnelles, corruption, gabegie, statistiques peu fiables, parfois inexistantes sur bien des secteurs d activit s de pays pouvant se permettre d avoir une lecture claire et pr cise de la situation des tats, etc. ?
Quelles le ons et perspectives la r alisation des OMD en g n ral, et particuli rement la r duction de l extr me pauvret et de la faim dans l espace CEDEAO, peuvent-elles l gitimement tre tir es des actions de la Banque mondiale ?
Quelles interactions existent entre cette instance internationale de r gulation globale et les tats de l espace CEDEAO dans la r duction de l extr me pauvret et de la faim dans la r alisation des OMD ?
En outre, quels ajustements apporter pour plus infl chir leur fonctionnement respectif et/ou collectif, rendre efficaces et efficientes les politiques et strat gies visant la r alisation de la r duction de l extr me pauvret et de la faim ?
De m me, avec quels acteurs inter tatiques (PNUD, Banque mondiale, Union Europ enne, Union Africaine, CEDEAO, etc.) et/ou infra tatiques (collectivit locales, soci t civile, ONG, mouvements associatifs, etc.) la r alisation des OMD, plus pr cis ment la r duction de l extr me pauvret et de la faim par la Banque mondiale, devrait se faire en CEDEAO, en premi re instance et suivant quels moyens et contextes, en derni re instance ?
La r alisation des OMD suivant son ch ance actuelle est-elle plus de l ordre des v ux pieux, donc de l utopie voire des incantations d claratoires port es par les dirigeants du monde pour cacher par les mots les maux du Sud, ou bien cela correspondrait-il davantage plus de r alit qui d noterait une exigence de l heure : en termes de changement de m thode de penser, de gestion des ressources, de philosophie politique et conomique, diplomatique et strat gique ; bref, de nouvelle fa on de penser le d veloppement suivant le filtre novateur et innovant de la durabilit , des solidarit s Nord-Sud et Sud-Sud, intersectorielles et trans-g n rationnelles, suivant le principe salvateur mais diffus de la notion de " bonne gouvernance tant d clin e dans le concert des nations.
Enfin, les OMD sont-ils de l ordre de l utopie moralisante qui permet aux dirigeants de se donner bonne conscience, ou bien rel vent-ils tout au plus de la r alit concr te et palpable qui induit un changement litt ral de cap tous gards en repla ant ainsi l homme au d but et la fin de tout processus de d veloppement ? Autrement dit, le d veloppement ne serait-il pas d abord une affaire endog ne la CEDEAO et l Afrique avant tout, pour devenir ensuite seulement la pr occupation des partenaires de d veloppement, fussent-ils la Banque mondiale ?
Ceci tant, au cours de notre travail nous allons r pondre notre probl matique. Notre travail sera divis en deux parties : la premi re partie s intitulera " Les strat gies de r duction de l extr me pauvret et de la faim par la Banque mondiale dans la CEDEAO et la deuxi me partie s intitulera " Les limites d actions et m canismes d ajustement des strat gies de la Banque mondiale afin de r duire l extr me pauvret et la faim dans la CEDEAO .
PREMI RE PARTIE : LES STRAT GIES DE R DUCTION DE L EXTR ME PAUVRET ET DE LA FAIM PAR LA BANQUE MONDIALE DANS LA CEDEAO .
D s sa cr ation, la Banque mondiale s est vue tre la locomotive des pays en voie de d veloppement en mati re d aide conomique dont l tat des lieux de la pauvret et la faim dans la CEDEAO et r le de la Banque mondiale ( chapitre 1 ), de m me que la Banque mondiale dans la r duction de l extr me pauvret et la faim dans la CEDEAO ( chapitre 2 ), dans cet espace dont la plupart des tats sont min s par ces fl aux.
Chapitre I : tat des lieux de la pauvret et la faim dans la CEDEAO et r le de la Banque mondiale
Les l ments constitutifs de pauvret
Les l ments constitutifs de pauvret sont multiples et vari s. On peut de fa on indicative privil gier deux variables structurelles qui sont : le manque d ducation d une part et le manque de moyens financiers avec son corollaire de sous-emploi et de corruption d autre part.
L ducation est consid r e comme un facteur important de d veloppement conomique. L ducation donne aux populations le pouvoir de r fl chir, d op rer des choix et d am liorer leurs conditions de vie. Le monde n est pas un lieu facile, m me dans les meilleures circonstances, et les pays en d veloppement n ont pas toujours fait leur possible pour promouvoir leur bien- tre. 1 Les pays industriels avanc s, travers des organisations internationales comme le fonds mon taire international (FMI), l OMC et la Banque mondiale, non seulement ne faisaient pas tout ce qu ils pouvaient pour aider ces pays mais leur rendaient parfois la vie encore plus difficile. 2 La pauvret contraint les individus l immobilit ; la r duction de la pauvret leur donne acc s davantage de ressources et ce faisant, leur permet de se d placer et se mettre en qu te d un emploi ou d attendre de trouver un emploi plus appropri . Ainsi, elle fait obstacle l am lioration de la sant et de l ducation des enfants. Dans la plupart des pays de l Afrique subsaharienne, 70% de la population active travaille en g n ral dans le monde rural et vit de l agriculture ; la grande majorit des agriculteurs (de l ordre de 85 90%) produisent des biens qui par leurs caract ristiques et leur faible quantit , de m me que du fait de l autoconsommation de 60 70% de leur production, en font des acteurs la marge de l conomie de march . Par cons quent, les acteurs pauvres du monde rural ne sont touch s par les grandes options et mesures macro- conomiques de d veloppement que dans la mesure o ils produisent des biens changeables d une part et qu ils ach tent des produits de consommation d autre part. La politique vivri re des tats, en donnant la priorit l approvisionnement bas prix des villes, n a gu re encourag le dynamisme des march s int rieurs. Les opportunit s offertes aux producteurs potentiels sont rest es globalement marginales puisque la modernisation rapide de l agriculture en Afrique du sud du Sahara n a impliqu qu un nombre limit d agricultures au total. " L agriculture reste encore et avant tout un mode de vie, voire de survie .
Elle favorise en outre la cr ation de soci t s ouvertes et d mocratiques. Elle produit un puissant effet de synergie sur d autres objectifs de d veloppement que sont : l autonomisation, la protection de l environnement, l am lioration de la sant , la d mocratie et la bonne gouvernance. Les avantages de la scolarisation des filles sont parmi les plus notables : elle est par exemple inversement proportionnelle la mortalit infantile et juv nile et va de pair avec des taux de f condit plus bas. Elle accro t la productivit des travailleurs. Le travail est le principal actif des pauvres et de ce fait, en am liorer le rendement gr ce l ducation et la formation constitue l un des moyens les plus s rs de r duire la pauvret . L une des principales caract ristiques des conomies haute performance est que l interaction entre l ducation, le savoir-faire et la technologie cr e un cercle vertueux de productivit . L ducation a permis de donner un coup d acc l rateur au d veloppement conomique des pays comme la Cor e du Sud et la Finlande. 3 " Un meilleur acc s des pauvres au syst me ducatif est un bon rem de contre la pauvret et les in galit s 4 ibid .
L ducation est primordiale pour tout individu vivant et qui jouit de toutes ses facult s. C est elle qui permet tout tre humain de s imposer dans la soci t et d tre autonome.
" Dans plusieurs pays en d veloppement, l analphab tisme emp che les gens de trouver un emploi ou de participer aux prises de d cisions.
La th orie conomique, qu elle soit d ob dience keyn sienne ou friedmanienne, postule une certaine corr lation entre la disponibilit des moyens financiers et l investissement, voire la productivit conomique, le travail et la croissance.
Si Keynes place l tat au c ur du d veloppement conomique, en ce sens que par sa fonction entrepreneuriale et r gulatrice, il est le c ur du dispositif conomique, a contrario chez Mylton Friedman la disponibilit des moyens financiers est du ressort de la libre circulation des biens et capitaux dans un march libre qui s autor gule par la r gle de la comp tition conomique. Si la diff rence d approche r side dans la centralit , soit de l tat sur le premier, soit du march chez le second, il n en demeure pas moins que ces deux th ories conomiques ont en commun la relation causale entre investissement et vitalit conomique. En d autres termes, plus il y a solvabilit conomique et financi re mieux l conomie se porte, plus il y a de l investissement mieux le travail se porte, plus il y a du travail et davantage la production conomique est au rendez-vous. In fine la croissance devient le vecteur de respiration conomique au service de la stabilit sociale, en ce sens qu elle permet la g n ration de plus-values qui peuvent servir entre autres soit cr er de grandes infrastructures publiques ou sociales, soit de permettre d agr ger des profits financiers pour dynamiser ou explorer d autres branches d activit s conomiques.
Suivant un raisonnement a contrario, on peut postuler l id e selon laquelle un manque notoire de moyens financiers disponibles peut d teindre sur la capacit investir pour un tat (chez Keynes) ou pour tous autres entrepreneurs ou acteurs conomiques priv s (chez Friedman).
Il ressort de nos tudes que tous les tats, que les march s conomiques nationaux ou les march s r gionaux de la CEDEAO, ont pendant longtemps t gangr n s par une insolvabilit financi re, ensuite l exigu t des march s et leur d pendance conomique qui souvent ob issent aux anciennes m tropoles colonisatrices, combin s la faiblesse du tissu industriel et la pluralit des moyens auxquels s ajoute un certain degr de corruption et de client lisme, constituent des goulots d tranglement des conomies tant des tats que de l espace CEDEAO. Ces facteurs limitants sont d cri s par les d cideurs l interne qui d noncent parfois les lourdes contraintes des institutions internationales, dont la Banque mondiale, dans les proc dures d aides publiques au d veloppement.
La faiblesse conomique a pour corollaire l affaiblissement de la souverainet conomique et politique. Sur ce, le recours intempestif la privatisation des secteurs de souverainet s conomiques et financi res au b n fice de soci t s souvent occidentales, sous-tendu par les politiques conomiques et structurelles et conjoncturelles de la Banque mondiale, amplifie quelque part la fragilit conomique de ces pays, puisque les entreprises trang res qui investissent rapatrient l essentiel de leurs b n fices, ce qui cr e des flux de capitaux entra nant une certaine h morragie des conomies nationales. Ce constat met nu des pratiques qui, si elles ne sont pas r solues, peuvent tre des freins tout d veloppement durable.
Dans ce cas, la paup risation des masses va perdurer avec son lot d extr me pauvret et de faim. En 2008, la pauvret a atteint en C te d Ivoire 48,9% contre seulement 10% en 1985. Dans la d cennie 80, le cacao ivoirien permettait une certaine solvabilit financi re la C te d Ivoire, ce qui se r percute sur la faiblesse du taux de la pauvret dans ce pays. Or en 2008, du fait de la conjonction de la d valuation du FCFA, de l instabilit conomique et de la faillite, le secteur cacao a d croch , le budget de l tat est devenu tr s maigre et d pendant des bailleurs, d o une pr cipitation de l accroissement de la paup risation des masses qui se voit ainsi presque multipli e par cinq entre 1985 et 2008 5 .
La Gambie, avec un million trois cent mille habitants, atteint le seuil de 69% de sa population qui vit en dessous du seuil de pauvret . Toutefois, selon l UNICEF, dans les r gions rurales 60% des m nages vivent en dessous du seuil de pauvret , et 49% de cette population a moins de dix-huit ans, 19% ayant entre quinze et vingt-quatre ans et 22% de femmes ayant de quinze quarante-neuf ans 6 .
Il ressort de cette analyse qu entre la puissance r gionale ivoirienne et la Gambie, l cart-type de pauvret atteint presque 20% en chiffre relatif de pourcentage de pauvret . Ce qui accr dite l id e qu il y a un lien intrins que entre la capacit conomique et financi re d un pays ou d une r gion par rapport la ma trise de la pauvret et de la faim.
Ce qui nous invite aborder les manifestations pratiques de la g opolitique de la faim dans la CEDEAO.
G opolitique de la faim dans les diff rents pays de la CEDEAO
Il s agit de poser le regard sur l ins curit alimentaire et la pr carit sociale le sous-d veloppement de l agriculture soumise aux al as climatiques et aux carences des politiques agricoles.
Il faut diff rencier l ins curit alimentaire de la s curit alimentaire et de l autosuffisance alimentaire. En effet, la s curit alimentaire fait r f rence la disponibilit ainsi qu l acc s la nourriture en quantit et en qualit suffisante. C est la capacit d assurer que le syst me alimentaire fournit toute la population un approvisionnement alimentaire nutritionnellement ad quat sur le long terme. Ensuite l ins curit alimentaire est tout simplement la non-satisfaction des besoins alimentaires essentiels, " c est lorsque des individus n ont plus acc s une quantit suffisante d aliments sains et nutritifs pour se d velopper normalement et mener une vie active selon l Institut de Recherche pour le D veloppement. Enfin l autosuffisance alimentaire est la satisfaction de tous les besoins alimentaires par la production nationale ; elle pr sente l avantage de r server les devises l achat d autres marchandises qui ne peuvent tre produites sur place, et de pr server les pays des fluctuations du commerce international et des incontr lables variations des prix des denr es agricoles. Elle permet galement de garantir que le pays dispose de suffisamment d aliments pour nourrir sa population.
" La plupart des habitants de l Afrique qui se trouvent fr quemment dans une situation d ins curit alimentaire appartiennent aux couches les plus pauvres de la population. 7 Ils n ont pas acc s une alimentation suffisante, faute de revenus, de biens ou de droits qui leur permettraient de produire, d acheter ou d changer suffisamment de vivres. L ins curit alimentaire transitoire est caus e par des facteurs comme les variations saisonni res dans les disponibilit s et le prix des aliments au niveau du m nage, de la r gion ou du pays. En effet, les conflits civils, les s cheresses et la famine cr ent un type particulier d ins curit alimentaire transitoire qui touche le plus gravement les pauvres et les personnes vuln rables, d autant plus que l ins curit alimentaire transitoire peut conduire la pauvret chronique et la mis re dans la mesure o des facteurs passagers peuvent d truire les actifs comme la terre, les r serves de vivres ou le b tail. 8
Et pourtant, le lien entre pauvret , faim et malnutrition est vident, les gens souffrent habituellement de la faim et de la malnutrition parce qu ils sont pauvres. L tat nutritionnel est donc un indicateur particuli rement sensible de la pauvret pr sente et pass e.
La ressource la plus importante d un pays est sa population et si une grande partie de ses habitants ne peuvent pas mettre en uvre leurs potentialit s parce qu ils n ont pas eu acc s l ducation ou parce qu ils gardent toute leur vie les s quelles d une malnutrition subie pendant leur enfance, le pays non plus ne pourra pas concr tiser son potentiel. 9 Ceci tant, les tats qui ne font pas un effort massif pour l ducation ont du mal attirer les investissements trangers dans les secteurs qui n cessitent une main-d uvre qualifi e, et aujourd hui de plus en plus d activit s reposent en partie sur du travail qualifi . Les conomistes con oivent l ducation comme un capital humain, un investissement dans des personnes qui doit rapporter, au m me titre que l investissement dans les machines 10 .
Ce qui nous am ne aborder les sous-d veloppements et les carences des politiques agricoles. Dans la majorit des pays africains, l agriculture tient une place pr minente, car elle produit les aliments de base dont ont besoin les populations. Elle repr sente 24% du PIB de l Afrique. 70% de ses emplois et 40% de ses recettes sont g n r es par ses changes avec l ext rieur.
Cependant en 2000, les moyens d existence de 56% environ des Africains, soit 431 millions de personnes, en d pendaient. Mais en d pit de son importance, le secteur accuse encore un manque d investissements, de r sultats et une forte subordination aux al as m t orologiques, l inefficacit des technologies traditionnelles et une main-d uvre d munie et analphab te. La mauvaise gouvernance, les conflits civils et le VIH/SIDA sont autant de facteurs aggravants. La faiblesse persistante de la production agricole n est pas seulement un frein aux exportations agricoles africaines, elle accentue galement les p nuries, les exportations et l aide alimentaire ainsi que la pauvret . Dans la plupart des pays de l Afrique subsaharienne, 70% de la population active travaille dans le monde rural et vit de l agriculture. 11
La grande majorit des agriculteurs, de l ordre de 85,90%, produisent des biens qui, par leurs caract ristiques et leur faible quantit de m me que du fait de l autoconsommation de 60-70% de leur production, en font des acteurs la marge de l conomie de march . 12 Les politiques agricoles, ultime espoir de millions de ruraux, n ont gu re contribu jusqu pr sent am liorer la vie de ces derniers. 13
" L agriculture reste encore et avant tout un mode de vie, voire de survie. 14
L Afrique est le seul continent o la production agricole par habitant a baiss au cours des vingt-cinq derni res ann es. C est aussi le continent o l agriculture a norm ment souffert de politiques erron es ou inadapt es aussi bien durant la p riode coloniale que dans un pass plus r cent. 15
Cependant, la Communaut conomique des tats de l Afrique de l Ouest (CEDEAO) a adopt en janvier 2005 une politique agricole commune appel e ECOWAP (politique agricole de la communaut des tats de l Afrique de l Ouest). Son objectif g n ral est de contribuer de mani re durable la satisfaction des besoins alimentaires de la population, au d veloppement conomique et social et la r duction de la pauvret dans les tats membres, ainsi que des in galit s entre les territoires, zones et pays. Aussi, elle doit permettre d assurer la s curit alimentaire de la population rurale et urbaine ouest-africaine, de r duire la d pendance vis- -vis des importations alimentaires en accordant la priorit aux productions alimentaires, de favoriser une int gration conomique et commerciale quitable des exploitations agricoles sur l ensemble des march s, de d velopper les capacit s humaines, cr er des emplois et garantir les revenus en amont et en aval de la production et contribuer au d veloppement des services en milieu rural, de fa on am liorer les conditions de vie des populations rurales, d assurer une intensification des syst mes de production adapt e aux diff rents contextes agro- cologiques afin d assurer une croissance de la production, de contribuer r duire la vuln rabilit des conomies ouest-africaines et limiter les facteurs d instabilit et d ins curit r gionale, et enfin de contribuer doter l agriculture ouest-africaine de m canismes de financement appropri s. Ainsi, l ECOWAP repose sur trois axes d intervention qui sont : l accroissement de la productivit et de la comp titivit de l agriculture, la mise en uvre d un r gime commercial extracommunautaire, et l adaptation du r gime commercial ext rieur.
Par ailleurs, on se demande si cette politique apporte vraiment ses fruits d o la persistance de la faim dans les tats membres de la CEDEAO. L agriculture est une partie importante des conomies des tats de l Afrique de l Ouest ; elle donne du travail, elle permet une alimentation suffisante de la population et elle place la r gion plus ou moins bien dans les changes internationaux. Elle apporte pr s de 35% du PIB (produit int rieur brut) c est- -dire de la production de biens et services sur un territoire donn durant une ann e ; elle p se pr s de 15,3% des recettes d exportation des produits et services de la r gion.
En effet, l agriculture fait travailler plus d hommes et de femmes dans les r gions de l Afrique de l Ouest, 60% de la population de l Afrique de l Ouest sont des paysans. Mais l agriculture, au regard de son importance dans la r gion, n arrive pas combler le vide qui existe depuis des d cennies. Ce mauvais r sultat a beaucoup de causes car les tats sont mal organis s, les relations des hommes avec la nature et propri t des terres sont tr s mauvaises, les nouvelles techniques sont peu utilis es, les tats refusent d tablir une politique agricole et les luttes politiques et les probl mes internationaux ont de mauvais effets sur l agriculture.
" Les responsables politiques des pays de la zone UEMOA font passer l int r t des consommateurs urbains avant celui des ruraux. Le lobby des importateurs de denr es vivri res a souvent plus de poids aupr s des d cideurs que celui des organisations paysannes 16 .
30% de la population en Afrique occidentale est pauvre et 17% n a pas assez manger. Les paysans souffrent plus que les gens des villes, les personnes les plus touch es sont les femmes, les enfants et les personnes g es, et dans la r gion l alimentation est fournie surtout par les productions locales et les importations assez importantes qui viennent du reste du monde. Les importations de nourriture repr sentent 19% de toutes les importations de la zone CEDEAO. Il faut aussi dire que la politique agricole se fait dans l ensemble pr vu par le NEPAD et r alis par la CEDEAO pour la r gion de l Afrique de l Ouest, donc l ECOWAP peut aider r aliser les objectifs du NEPAD, elle peut profiter du travail pr vu par le NEPAD.
Dans les diff rents pays membres de la CEDEAO, il y a un probl me majeur qu il faut d autant plus soulever, c est le probl me des sols. Certains pays ont des sols arides qui sont difficilement cultivables. Dans les pays enclav s et tr s pauvres comme le Niger, le probl me essentiel n est pas la faible taxation des produits agricoles import s. Les facteurs induisant la malnutrition et la faim sont le manque de pouvoir d achat, une d mographie tr s forte et une production vivri re par habitant de plus en plus souvent insuffisante du fait de la fragilit du milieu (sols peu fertiles, pluviom trie insuffisante, rosion) et du manque d appui aux agricultures paysannes (gu re de cr dit pour les quipements agricoles, tr s peu de recherche vari tale sur les principales cultures vivri res). 17
Avec plus de 12 millions d habitants, le Burkina Faso importe moins de 200 000 tonnes de riz et bl , et produit de 3 4 millions de tonnes de c r ales. Mils, sorgho, ma s et tubercules locaux sont toujours tr s pris s dans ce pays dont les habitants restent attach s leurs traditions agricoles et alimentaires. En revanche la malnutrition et la faim sont fr quentes sur le plateau mossi et dans la r gion de D dougou. 18
" les pays riches ne pensaient qu pr server les rentes indues que leurs agriculteurs ont r ussi capter au d triment des contribuables et des consommateurs. Soutenir ainsi les agriculteurs des pays d velopp s freinerait la lib ralisation des march s agricoles, et ferait ainsi obstacle au d veloppement des plus pauvres. 19
Les organisations internationales posent souvent des conditions tr s difficiles aux pays en d veloppement en mati re de tarifs douaniers, tout en sachant que les agriculteurs des pays en d veloppement n ont pas assez de " poids devant elles et qu ils ne pourront le plus souvent pas se d fendre m me lorsque la situation ne les arrange pas.
" L agriculture rev t une importance particuli re pour les perspectives conomiques de nombreux pays en d veloppement, et r former les pratiques courantes du commerce agricole mondial porte peut- tre les espoirs les plus imm diats pour am liorer les moyens d existence des pauvres du monde entier. Les pays d velopp s imposent des barri res tarifaires sur les produits agricoles qui sont de 8 10 fois plus lev es que celles impos es aux biens industriels. 20
En effet, il faut dire que l agriculture avait t un certain temps relay e au second plan, car les organisations internationales et les bailleurs de fonds n y pr taient pas beaucoup d attention. Elle ne recevait plus l appui et les moyens dont elle devait disposer pour son avanc e. Ce qui a provoqu son " d clin . Mais il faut dire que ce d clin a caus plus de probl mes aux pays en d veloppement car ce sont eux les plus concern s : 80% de leurs populations vivent de cette agriculture.
" Le d veloppement des pays pauvres ne pourrait venir que de l exportation de produits agricoles ; l agriculture serait un secteur comme les autres qu il s agirait d sormais, apr s une longue p riode d exception, de banaliser . 21 Le manque de ressources budg taires, la tr s faible proportion d agriculteurs acc dant au syst me bancaire, la permanence de la pr occupation de s curit alimentaire, tant nationale que pour les m nages, y rendent illusoire toute politique agricole qui ne serait pas fond e sur un soutien et une stabilisation des prix.
Ceci tant, une critique fondamentale des march s agricoles est l instabilit . En effet, l instabilit des prix est en partie responsable des probl mes que rencontrent les march s agricoles. " Concernant l Afrique subsaharienne qui perd sur tous les tableaux, l OCDE recommande des investissements publics dirig s vers la formation, la recherche et la vulgarisation, les services de sant et de s curit sanitaires, les infrastructures.
L instabilit des prix est due aux al as climatiques et sanitaires, et au fonctionnement propre du march , donc dans ces conditions on est dans une turbulence, la rencontre des erreurs d anticipation des producteurs face une demande rigide, qui peut tre renforc e par des erreurs d anticipation des n gociants, rend tout quilibre instable.
Dialectique sur les formes de pauvret et la faim dans l espace CEDEOA
Dans toutes les tudes sur la pauvret on remarque une contradiction constante. La pauvret n est pas d finissable de fa on univoque, une d finition de la pauvret reste un objectif de recherche indispensable. Cependant, la tentative de r soudre cette contradiction est toujours pr sente avec deux constatations convergentes ; en effet, la pauvret est une production de l Histoire car la d finition de la pauvret ne peut pas faire abstraction de la forme historiquement d termin e de la soci t dans laquelle on vit. La richesse d une soci t n limine pas la pauvret parce que la pauvret est une notion relative. La pauvret signifiait traditionnellement la " pauvret de revenu et de consommation , c est- -dire un " manque d acc s aux ressources, aux biens productifs et aux revenus r sultant d un tat de privation mat rielle 22 mettant l accent sur la privation de consommation, la pauvret a t d finie par le seuil minimal de consommation par personne. Cette approche privil giait la pauvret absolue plut t que relative.
Ceci tant, une d finition de la pauvret pose donc quelques difficult s parce que le th me est polys mique : besoin, indigence, mis re, et parce que aussi le ph nom ne a un caract re pluridimensionnel qui sont les aspects conomiques, psychologiques, ducatifs, m dicaux, culturels.

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