Images du Maghreb, images au Maghreb
333 pages
Français

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Description

Au Maghreb, à partir d'une large gamme de techniques et de vecteurs, mobilisant divers acteurs sociaux, faisant surgir et interagir image fixe et image animée, s'est effectuée la mise en place d'une esthétique nouvelle, fruit d'une importation allogène et d'une invention indigène. Le Maghreb malékite, totalement réfractaire à la reproduction picturale du vivant, a fait progressivement sien l'usage moderne des images, puis a commencé à produire des images de lui-même, en se réinventant à travers elles.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2010
Nombre de lectures 249
EAN13 9782296265080
Langue Français
Poids de l'ouvrage 11 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

REMERCIEMENTS
La réalisation de ce Cahier n’auraient pas été possible sans l’aide financière du laboratoire Sedet , du Pôle Image, et de l'université Paris diderot/ Paris7, le soutien du Conseil Scientifique de ces instances, ainsi que du soutien de et Chantal Chanson-Jabeur (directrice adjointe du SEDET), Marianne Cohen (directrice du pôle Image), l’aide technique de Sylviane Cheminot et Isabelle Nicaise, l’aide à la mise en forme de Lydie Dalmais-Haine, Raphaëlle Nollez-Goldbach, à la relecture de Julien Fromage et Morgan Corriou, doctorants, et sans le savoir-faire de Sophie Renaud de l’AME pour la composition finale.
Que toutes et tous soient sincèrement remerciés.
Introduction
Comme la quasi-totalité des pays de la planète, ceux du Maghreb sont pris depuis près de quarante ans dans les cadres d’une « civilisation de l’image ». Le succès impressionnant d’Internet comme véhicule multi-service en atteste. Mieux, le cyber-café qui, il y a cinq ans à peine, paraissait être le dernier cri de l’importation d’un « web » accessible aux jeunes, est aujourd’hui dépassé par la généralisation du mobile, y compris dans le monde rural, et « archaïsé » par la percée de son dernier né multi-media, l’IPOD. De fait, bien plus que le cinéma, pourtant présent en ville depuis les années 1910, et fidélisant un public « indigène » à la fin de la décennie suivante, la télévision y est devenue un media de masse dès les années 1970, avec de sérieux décalages d’un pays à l’autre, à la faveur des progrès de l’électrification, qui permettent de désenclaver une bonne partie du monde rural, encore très majoritaire à cette époque, mais aussi en raison de l’investissement politique réalisé en ce domaine par les régimes en place, qui en usent comme d’un instrument privilégié de l’exercice du pouvoir. Pour autant, le présent ouvrage n’en fait pas le point de départ d’une approche de l’image assignée au temps court, ressortissant à la sociologie des médias et aux spécialistes de l’image animée. Ni même le point d’aboutissement, a fortiori le dernier mot, d’un mouvement somme toute banal d’acculturation à la modernité, justiciable d’une histoire classique du cinéma et de la télévision. Le succès non démenti de celle-ci contribuant à l’affaiblissement de celui-là. Il se propose plutôt de commencer à explorer, dans un contexte cognitif encore ténu et fragmenté, la complexité d’un processus non linéaire, multiforme, d’une nouvelle gamme d’images, impliquant une grande variété de vecteurs et de registres, techniques et esthétiques, une grande diversité d’acteurs et de temps sociaux. Processus qui peut s’analyser globalement comme le passage d’un monde visuel à un autre. Deux données propres à cette région du monde méditerranéen contribuent à lui donner une expression particulière, et méritent de ce fait un examen approfondi, invitant à franchir les barrières ordinaires séparant les périodes (précoloniale, coloniale et post- coloniale) et les supports de l’image. D’une part, la prégnance d’un islam malékite quasi monopoliste, ressortissant à la longue durée (près de mille ans), et globalement réfractaire, malgré l’héritage de l’époque Nasride (Grenade), et les incidences a minima de la présence « turque », à la représentation figurative du vivant. D’autre part, la précocité relative de l’intervention coloniale, notamment française, sur la rive sud de la Méditerranée, au regard des autres « provinces arabes » e de l’Empire Ottoman, qui sont rattachées à ce dernier depuis leXVIsiècle, Maroc excepté.
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Qu’en est-il du passage d’une sphère esthétique à une autre, d’un monde presque aniconique à un monde de plus en plus chargé d’images ? Quels sont les problèmes posés à des sociétés confrontées non seulement à la présence croissante de techniques et de supports visuels de plus en plus différenciés (lithographies, peinture, photo, revue illustrée, timbre, carte postale, affiche, etc. ) mais de surcroît, notamment en situation coloniale, à des images d’elles mêmes produites par d’autres ? Comment, dans quelles conditions, par delà le premier choc lié à la prise d’Alger, contemporaine du triomphe de la lithographie et de l’essor de la photographie, les sociétés autochtones deviennent elles progressivement productrices d’images, et d’images d’elles mêmes, sans être réduites à une simple unité sérielle du « village mondial », ni échapper pour autant au flot croissant et toujours plus mondialisé, fût-il médiatisé, hier par le cinéma égyptien, aujourd’hui par les émissions d’El Jezira ou le dernier feuilleton des chaînes turques ?. Ce premier Cahier images ne prétend pas étudier tous les thèmes, vecteurs et supports de l’image, couvrir toutes les séquences d’une histoire discontinue, faite d’interactions multiples entre les uns et les autres, mais esquisser les linéaments d’une perspective d’ensemble, sans rompre ave les exigences de la spécialisation, ni ignorer les temporalités propres à chaque dimension du visuel, à chaque expression du monde pictural. Il voudrait amorcer une sortie de la séparation quasi absolue des études consacrées respectivement à la peinture, à la photo, au cinéma (etc.), sans s’interdire de revenir ultérieurement, par un cahier à dominante, sur ces genres autonomes à meilleurs frais. Il souhaite enfin réexaminer à propos du Maghreb le débat depuis longtemps constitué ailleurs entre « culture des élites » et « culture populaire », et approfondir le jeu des influences et des interactions jouant au Maghreb, notamment sous l’angle, non exclusif mais puissant, de leur relation triangulaire avec l’Europe et avec la méditerranée orientale.
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I. Une révolution visuelle ?
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