Stylisme photo pour blogueuses créatives
99 pages
Français

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Description


Que ce soit sur les blogs, les réseaux sociaux ou les boutiques en ligne, l'image est omniprésente, et le partage de photos explose sur les plates-formes comme Instagram. Au milieu de cette profusion, difficile de vous faire une place sans proposer des visuels de qualité. Mais il ne suffit pas de recopier les "bonnes recettes" des blogueuses influentes : affirmez votre style, démarquez-vous et donnez vie à vos créations !



Charlotte Vannier distille dans ce petit guide indispensable ses conseils de styliste photo professionnelle.




  • Les différents aspects du stylisme photo


  • Le matériel du styliste photo


  • Préparer la scène


  • Un peu de technique photo


  • Carnet d'adresses

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 mai 2017
Nombre de lectures 2
EAN13 9782212419764
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0450€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

R sum
Que ce soit sur les blogs, les réseaux sociaux ou les boutiques en ligne, l’image est omniprésente, et le partage de photos explose sur les plates-formes comme Instagram. Au milieu de cette profusion, difficile de vous faire une place sans proposer des visuels de qualité. Mais il ne suffit pas de recopier les « bonnes recettes » des blogueuses influentes : affirmez votre style, démarquez-vous et donnez vie à vos créations !
Charlotte Vannier distille dans ce petit guide indispensable ses conseils de styliste photo professionnelle.
Biographie auteur
Charlotte Vannier est styliste photo dans les domaines de la décoration, de l’art de vivre et des loisirs créatifs depuis plus de 15 ans. Elle travaille régulièrement avec les éditeurs de loisirs créatifs, ainsi que pour la presse. Elle est également auteur de livres de loisirs créatifs ou de graphisme.
www.editions-eyrolles.com
Charlotte Vannier
Stylisme photo pour blogueuses créatives
Chez le même éditeur
F. Tran, Augmenter le trafic de son blog, 192 p., 2017.
S.-C. Chapman, Réveillez votre créativité, 96 p., 2016.
N. Buonomo, Monétiser son blog, 96 p., 2015.
S.-C. Chapman et S. Franchet, Vendre et mettre en avant ses créations, 200 p., 2015.
V. E. Sutanto, Packaging pour blogueuses creative, 176 p., 2015.
M. Bourgoin, L. Lazerges, A. Nello, Blog it yourself !, 250 p., 2015.
S.-C. Chapman et S. Franchet, Le guide des entrepreneuses créatives, 176 p., 2015.
C. Chapman, Choisir ses couleurs pour le W eb, 144 p., 2014.
H. Adnum, Photographiez vos créations, 192 p., 2012.
Photos de couverture : © Didier Bizet.
Toutes les photos de l’ouvrage sont de Didier Bizet et le stylisme de Charlotte Vannier, sauf pages 104 (Bonnes Sœurs, Lélia), 105 (Franck Schmitt et Charlotte Legendre Brunet), 106 (Odile Baillœul), 107 (Purple Laines et Les Gambettes Sauvages).
Créations de Clotilde Chevreau pour le livre Jolies chaussettes à tricoter aux éditions Tutti Frutti : pages 54 et 72 .
Création de Tadaam pour le livre Inspirations géométriques aux éditions Eyrolles : page 25 .
Créations de Sarah Despoisse pour le livre Idées à broder aux éditions Eyrolles : pages 5 et 65 .
L’auteur remercie Muriel de l’Atelier du Petit Parc pour les prises de vue réalisées chez elle, ainsi que les éditions Didier Carpentier et Clotilde Chevreau.
ÉDITIONS EYROLLES
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Attention : la version originale de cet ebook est en couleur, lire ce livre numérique sur un support de lecture noir et blanc peut en réduire la pertinence et la compréhension.
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans l’autorisation de l’Éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2017, ISBN : 978-2-212-11885-8
Table des matières
À propos de l’auteur
Introduction
1. Les différents aspects du stylisme photo
Un métier multifacette
Styliste culinaire
50 nuances de cake
Styliste de nature morte
Styliste déco
Trouver son identité, son style
Se documenter
Épingler avec Pinterest
Trier
Se renouveler
2. Le matériel du styliste photo
Se constituer un stock de base
De la vaisselle de différents styles
Du linge déco
Des accessoires qui donnent le ton
Fleurs et feuilles
Articles de mercerie
Articles de papeterie
Autres accessoires de déco
Les fonds
Organiser son stock
La boîte à outils (les indispensables)
3. Préparer la scène
Constituer un moodboard
Raconter une histoire ou conceptualiser
Réaliser une série
Un éclairage homogène
Préparer le terrain
Le shopping produits
Trouver l’introuvable
Constituer son carnet d’adresses
Construire son décor
Construire un mini-studio
Les arrière-plans
Le choix des fonds
Le choix des matériaux
Composer la scène
Contraste et dynamisme
Apporter du « vivant »
« Tricher » : les trucs de pro
4. Un peu de technique photo
Le matériel de prise de vue
L’appareil photo
Comprendre les différentes focales
Les accessoires de prise de vue
Le réflecteur
Le déclencheur
Le pied photo
La profondeur de champ
Lumière artificielle ou naturelle ?
Lumière naturelle
Lumière artificielle
Le cadrage
Les règles de composition
Le nombre d’or et la règle des tiers
Équilibre des masses, des teintes et des tons
Postproduction
Le recadrage et la retouche
Le développement
Filter or no filter ? Telle est la question
Conclusion
Carnet d’adresses
Sites et blogs
Magazines
Boutiques
À propos de l’auteur
C HARLOTTE V ANNIER se lance en indépendante après des études d’arts graphiques à l’ESAG à Paris. De cet enseignement, elle retient rigueur, détermination, un sens de l’investissement aigu et la conviction que son art ne peut pas s’exprimer dans un seul métier.
Elle enchaîne alors les missions en free-lance pour multiplier ses expériences : tout d’abord pour un magazine de mode professionnel pour lequel elle est assistante de direction artistique, au sein du groupe l’Étudiant ensuite, où elle s’occupe principalement du graphisme des salons et des hors-séries, ainsi que pour le festival d’Avignon en 1991, durant lequel elle signe la scénographie et les accessoires d’une pièce intitulée Opéra d’enfants . Elle collabore pendant plusieurs années avec des maisons de disques, réalise des pochettes pour différents artistes et exploite ses compétences de graphiste pour différents clients pour lesquels elle crée des catalogues, des identités visuelles, des logotypes…
Mais le goût du « bricolage », comme elle l’appelle, ne la quittera jamais. Bricoleuse acharnée depuis l’enfance, elle ne cesse de créer, pour son propre plaisir, des luminaires, des accessoires pour la maison ou pour elle-même. L’arrivée de ses enfants est une aubaine : elle leur fabrique des théâtres de Guignol, des déguisements de fées, des garages en bois, des cabanes, et leur apprend à réaliser tout un tas de choses avec les éléments de la nature, avec des objets usagés ou avec les matériaux qui leur tombent sous la main.
Dans le milieu des années 1990, elle propose aux éditeurs des ouvrages où le recyclage est à l’honneur. Commence alors une longue collaboration avec l’édition et la presse féminine. De fil en aiguille, elle travaille pour différents magazines, pour lesquels elle réalisera des avant/après pour la décoration d’intérieur. Elle s’occupe également du stylisme photo pour ses propres créations ou pour celles d’autres créatrices, dans la presse comme dans l’édition. La place donnée aux photos est importante pour elle : en tant que styliste, elle aime mettre en scène les créations pour les valoriser et donner envie aux lecteurs de les réaliser ou de les acheter.
Elle a la chance de travailler avec de bons photographes auprès desquels elle a beaucoup appris, et à qui elle a sans doute aussi appris des choses, car le duo styliste/photographe est une relation de collaboration. Ils construisent les choses ensemble, à l’unisson… Au fil des années, ces différentes collaborations et la diversité des sujets lui ont permis de bien cerner la plupart des enjeux liés au stylisme photo afin de pouvoir vous en donner toutes les ficelles.
Pour en savoir plus sur l’univers de l’auteur, rendez-vous sur son Instagram @charlotte_vannier_ et sur son site www.charlottevannier.com .
Introduction
À UNE ÉPOQUE où l’image est omniprésente, que ce soit dans les magazines, les publicités, sur les sites Internet ou sur les blogs, et où l’accessibilité à un outil photographique est assez facile, du smartphone à l’appareil photo reflex, produire de « bonnes » images est très important. La concurrence entre blogueuses est rude et les moyens de mettre son blog sur le haut de la liste sont nombreux : contenu innovant et pertinent, posts fréquents et attrayants, référencement efficace, graphisme innovant, etc.
Beaucoup de blogueuses ont pourtant tendance à penser que leur création seule fera la différence par son originalité et sa créativité. Malheureusement non : cela revient à faire un cadeau magnifique à une personne et à l’emballer dans un vulgaire sac plastique. Une bonne idée, une jolie création, une belle recette, une décoration d’intérieur soignée, doivent être bien présentées et répondre à des codes : les tendances d’aujourd’hui, la saisonnalité, le public concerné…
En tant que styliste photo et créatrice d’objets, je reconnais la part importante du temps consacré à la recherche et à la réalisation d’une création originale. En additionnant le temps de réflexion, de recherche, d’achat des éventuels produits nécessaires et de fabrication, on peut arriver à une durée globale assez importante. Et ce temps passé me semble être une assez bonne raison pour soigner la présentation et tenter de faire le plus beau, sinon le plus juste, des clichés. C’est là que le stylisme prend toute son importance.
Mais en quoi consiste le stylisme ? Quel est le travail du styliste photo ? D’une façon générale, il assiste les photographes en intervenant sur la mise en scène et la composition lors des prises de vue. Il travaille pour la presse, l’édition ou la publicité, dans des domaines bien précis tels que la décoration, les loisirs créatifs, le culinaire, les arts textiles ou bien la mode. Son intervention permet de sublimer le produit, d’affirmer le style du créateur et de pousser bien évidemment le consommateur potentiel à l’achat. Créer une atmosphère unique dans les natures mortes mises en scène, garantir l’aspect esthétique de la photo, demande de la persévérance, de la patience, de la créativité et de la méthode. Derrière chaque photo, il y a un styliste : c’est un travail de l’ombre qui met véritablement les sujets en lumière.
Prenons l’exemple des livres de loisirs créatifs : le créateur, après avoir fait valider ses idées par l’éditeur, réalise ses projets puis confie ses créations à une équipe photographe-styliste. Le rôle du styliste photo est alors de mettre en valeur les réalisations de l’auteur et d’assister le photographe en élaborant des mises en scène particulières, travaillées pour chacune des réalisations. Pour ce type de livre, on compte généralement entre 25 et 60 photos (ce nombre variant selon la quantité de créations et de pages) qui doivent avoir en principe un ou plusieurs liens entre elles, afin de définir d’une part le style du créateur et, d’autre part, le public ciblé de façon précise.
En matière de blog, il est important de travailler ses visuels dans la même optique afin d’affirmer son style, sa singularité et son professionnalisme. Même si vous n’êtes pas professionnelle, même si le stylisme photo est un véritable métier qui s’apprend de différentes façons, que ce soit dans des écoles d’art ou « sur le tas » avec des photographes par exemple, il existe des règles simples qui vous aideront à magnifier vos créations. C’est aussi un regard, qui s’acquiert surtout avec le temps et l’expérience. Ainsi, pendant quinze années à mettre en scène mes propres créations ou celles des autres, à assister des photographes sur des prises de vue publicitaires, à créer des scènes pour la presse ou l’édition, j’ai appris des méthodes, des ficelles et des techniques que je souhaite partager avec vous pour vous aider à donner le meilleur rendu possible à vos créations.

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Les différents aspects du stylisme photo
Un métier multifacette
L ORSQU’ON me demande quel métier je fais et que je réponds : « Je suis styliste photo », les gens ne savent pas du tout en quoi consiste mon travail et, la plupart du temps, mon interlocuteur me répondra : « Styliste photo ? Tu travailles dans la mode ? » Ce genre de questionnement ne concerne pas uniquement les personnes qui ne travaillent pas dans un milieu artistique. La plupart des photographes que je rencontre, à l’exception des photographes de mode, de loisirs créatifs, de culinaire ou d’art de vivre, sont étonnés d’apprendre qu’il existe une personne dont le travail est de mettre en scène les photographies qui sont publiées.
On devrait plutôt dire « la styliste photo » que « le styliste photo », car la profession est principalement occupée par la gent féminine. Parmi tous les stylistes photo que je connais, un seul répond au genre masculin : Franck Schmitt dont je vous invite à aller regarder le travail sur le site www.franckschmitt.fr . Sa particularité est d’être aussi photographe. Il travaille avec de nombreux éditeurs et supports presse dans l’art de vivre, passant de reportages déco à des shootings culinaires ou de loisirs créatifs.
Il existe de nombreux aspects du stylisme photo qui va du styliste mode, au set designer qui crée des mises en scène pour le théâtre, des films publicitaires ou des plateaux de télévision. Le styliste photo peut être spécialisé dans l’art culinaire (on l’appelle alors « styliste culinaire »), les natures mortes ou la décoration. Mais il peut aussi être amené à travailler dans chacun de ces domaines en même temps. Quoi qu’il en soit, il est utile de connaître les codes et particularités de chacun de ces domaines.
Styliste culinaire
L E RÔLE du styliste culinaire est d’intervenir lorsqu’un plat ou une recette doivent être photographiés ou filmés. La plupart, voire la totalité des affiches, spots publicitaires, fiches cuisine, photographies de presse, etc., que vous pouvez voir ont été mises en scène par un styliste culinaire. Même la publicité d’une simple boîte de petits pois demande la participation d’un styliste. Car, comme vous l’avez sans doute déjà remarqué en ouvrant une boîte de petits pois, son contenu n’a pas grand-chose à voir avec l’image présentée sur l’emballage (vous noterez à ce sujet que ledit emballage comporte généralement la mention « suggestion de présentation », une façon adroite de vous dire que ce qui est à l’intérieur de la boîte a moins bonne figure que sur le packaging). De plus, indépendamment de la fraîcheur du produit en elle-même, le contenant est également très important : si vous présentez vos petits pois dans une casserole banale, ils auront l’air de vulgaires petits pois. Par contre, si le plat est beau, graphique ou photogénique, les petits pois le seront tout autant.
Si la particularité du styliste culinaire est qu’il doit savoir cuisinier, il doit également assurer le stylisme en y apportant les bons accessoires : l’assiette, le torchon, le couteau, le fond… Il doit faire preuve de créativité et de réactivité, chaque client ou recette ayant un cahier des charges différent.
Le styliste culinaire « maquille » les plats comme le styliste mode maquille le modèle car, de la même façon que, dans la vie, les mannequins des podiums ne ressemblent pas à l’image présentée sur papier glacé, un légume ou une pizza auront eux aussi besoin d’une petite retouche pour être mis en valeur. Les stylistes culinaires ont donc leurs « trucs ».
Par exemple, lorsqu’on doit photographier un bol de céréales, celles-ci ayant tendance à ramollir très rapidement au contact d’un liquide, on remplace le lait par de la lotion capillaire ! Mais c’est une technique principalement utilisée en publicité et, dans l’édition, on préférera faire la mise en place du bol sans le liquide afin que le photographe règle sa lumière, son cadrage et sa profondeur de champ.

Sur ce visuel, la mise en scène n’est pas assez élaborée et le fond peu adapté. L’assiette, qui n’a aucun caractère particulier, est un peu trop grande par rapport à la portion de légumes et la fourchette, trop présente, manque d’originalité.

Le même plat a été placé dans un contenant plus petit et plus designé . L’aspect « gourmand » est renforcé par les herbes fraîches , le poivron rouge émincé et le sésame. Ces i ngrédients donnent une touche de « fait maison » et de fraîcheur. Le fond en bois peint en blanc met davantage la recette en valeur. La serviette écrue à frang e s suggère que la recette est simple à réaliser.

D’une manière générale, plus la focale de l’objectif est ouverte (réglage f/2,8) plus la profondeur de champ est courte de part et d’autre du plan de mise au point (la petite flèche qui se trouve à 1 m de l’appareil, sur les schémas). A contrario, plus la focale est fermée (f/22), plus la profondeur de champ est étendue.
Le stylisme culinaire en publicité et en édition est différent pour plusieurs raisons : le budget, la taille de l’image imprimée, le public, etc. En édition, on va privilégier le style « naturel » car dans un livre de recettes, l’idée première est de donner envie au lecteur de réaliser la recette mais également de lui signifier que cette recette est à sa portée. Une image trop léchée ou trop compliquée pourrait l’effrayer, contrairement à la publicité où l’annonceur vend une part de rêve : son produit est le meilleur, le plus frais. L’image doit donc être très flatteuse pour le produit en lui-même. Le budget imparti aux prises de vue entre également en jeu : plus on a de budget, plus on peut passer de temps sur une prise de vue. De plus, il est rare de réaliser des shootings pour la publicité en lumière naturelle. Généralement ils ont lieu en studio et nécessitent donc de la lumière artificielle. Cette lumière aura une réelle incidence sur le produit : pour ce type de prises de vue, on utilise des éclairages, qu’ils soient fixes ou que ce soient des flashs, qui chauffent et altèrent le produit. Impossible donc de photographier une glace par exemple sans qu’elle ne fonde instantanément. Le plus simple dans ce cas de figure sera d’utiliser une glace artificielle ou tout élément pouvant ressembler à de la glace et de le retoucher par la suite en postproduction. Par contre, en lumière naturelle, vous aurez un peu plus de temps : quelques minutes certes, mais suffisamment pour réaliser la photo si vous avez réglé la lumière, la profondeur de champ et le cadrage avant.
Le travail du styliste culinaire peut ainsi s’avérer périlleux lorsqu’il doit mettre en scène un entremets glacé ou un soufflé au fromage : deux plats qui n’attendront pas et qui demanderont au styliste d’être ingénieux pour que le photographe ait le temps de prendre la photo avant que la glace ne fonde ou que le soufflé ne s’écroule.
Dans le domaine publicitaire, où tout doit être parfaitement réglé, le travail peut se révéler assez compliqué, et il faudra que le styliste assure ses arrières afin de présenter le mieux possible, c’est-à-dire de la façon la plus savoureuse, une recette particulière, car l’image devra être impeccable. Si le soufflé n’attend pas, le client non plus… Mais dans l’édition, puisqu’on préfère des mises en scène plus ancrées dans « la vraie vie » et que les budgets sont plus serrés, les retouches sur Photoshop sont assez rares. Les plats doivent avoir l’air délicieux bien sûr, mais on laisse la part belle aux imprévus, comme dans la vie et non comme dans la publicité : on n’hésite pas à laisser un peu « trop cuire » un gâteau, à laisser des miettes çà et là ou à tremper une cuillère dans une crème et laisser des marques de salissure. Mais ne vous y trompez pas, la « vraie vie » est elle aussi arrangée et le styliste photo est là pour ça. Les miettes ne sont pas arrivées toutes seules, et le gâteau a été « un peu trop cuit » à point devant l’œil attentif du styliste… (voir « Tricher : les trucs de pro » p. 76 ).
Que l’on travaille sur une prise de vue pour un pot-au-feu, un entremets glacé au foie gras ou pour un cheesecake, les données ne sont pas du tout les mêmes. D’une part, le plat en lui-même reflète un univers particulier : chic, sain, naturel, familial, exotique, végétarien, etc., mais le public pour lequel la recette est créée détermine également le style de la photographie : jeune ou senior, clientèle soucieuse de son alimentation, ado pressé, etc. D’autre part, un autre paramètre est à prendre en compte : la saisonnalité. Si la recette est destinée à être servie pour le réveillon de Noël, pour un dîner de Saint-Valentin ou pour un apéro entre amis sur la plage au mois de juillet, l’orientation que prendra le styliste photo sera à chaque fois différente.
Ces multiples facteurs réunis aideront à créer ce qu’on appelle la conceptualisation.
Prenons un exemple et imaginons que vous ayez à mettre en scène une salade de fruits. Quelles sortes de fruits composent cette recette ? Est-ce que ce sont des fruits de saison ? Des fruits rares ou exotiques ? Est-ce une recette familiale, un plat à partager entre amis ou à déguster en solitaire ? Facile à réaliser ou plutôt sophistiquée ? Une salade d’hiver, de printemps, d’été ou d’automne ? Etc. Toutes ces questions vont vous aider à trouver le concept que vous voulez apporter au visuel. Par exemple, si vous souhaitez photographier une salade de fruits simple à réaliser, saine et à déguster en solitaire, vous opterez pour un contenant de petite taille et choisirez votre stylisme de façon à ce qu’il évoque le naturel, l’équilibre alimentaire et la simplicité. La lumière sera aussi importante : elle devra être douce et naturelle.
Au contraire, si vous souhaitez réaliser une photo de salade de fruits festive, pour Noël par exemple, vous devrez apporter des éléments évoquant la fête (le soir du réveillon), la saisonnalité (l’hiver) et la convivialité. Des touches de blanc floconneux, d’or ou d’argent seront bienvenues et une profondeur de champ courte donnera un brin de magie à l’image. Le choix des contenants sera lui aussi très important, de la vaisselle sophistiquée par exemple. Mais « sophistiqué » ne veut pas forcément dire « chargé » : des assiettes de belle facture ou anciennes feront parfaitement l’affaire. Quelques lumières d’appoint en arrière-plan et floues dans une ambiance un peu sombre donneront également un ton festif et féerique.
Observez les livres de cuisine, approfondissez vos techniques culinaires et lancez-vous ! Dans les livres, vous remarquerez les thématiques récurrentes en matière de photo culinaire et les différentes façons de les aborder : cuisine familiale, vegan, sans gluten, vite fait, cuisine du monde, recettes régressives, traditionnelles, pour célibataire, pour enfants, etc. Chacune de ces images vous apprendra les angles à choisir pour chaque thème et le stylisme qui s’y rapporte.
Par ailleurs, approfondir vos techniques culinaires vous aidera à réaliser le mieux possible le sujet de la prise de vue : le plat en lui-même. Si vous n’êtes pas un « chef », ne vous lancez pas dans des recettes trop compliquées, trop longues à élaborer ou difficiles à présenter. Une daube ou un chili con carne ne sont pas, à titre d’exemple, très photogéniques.

50 nuances de cake
Sur ces quatre visuels, nous avons utilisé le même cake. Sur la première photo (en haut à gauche), la mise en scène a été réalisée de façon à ce que l’on privilégie l’aspect « fait maison » en plaçant des ingrédients, comme les œufs et les traces de farine, et en laissant le contenant qui a servi à réaliser la pâte sur l’image. Le fond en bois, le moule en fer-blanc et le torchon blanc et gris donnent à l’ensemble l’idée d’authenticité et de simplicité.
La deuxième mise en scène (en haut à droite) invite à la convivialité grâce à la présence de plusieurs assiettes, couverts et tasses. Une touche de féminité a été apportée par la nappe légèrement fleurie en harmonie avec les tons clairs des éléments. Cette clarté met en valeur la recette puisque les seuls apports de couleur du visuel sont dus au cake. La planche et le couteau avec son manche en bois donnent l’idée d’un gâteau fait maison. Enfin, détail infime mais important, les petites miettes dans l’assiette et la fourchette posée sur la part de cake apportent du vivant et impliquent l’idée du moment présent, celui où on est en train de goûter.
Sur la troisième photo (en bas à gauche), le même cake a été mis en scène de façon à créer une ambiance festive. Les serviettes en papier associées aux gobelets en carton, aux bougies, aux couverts en plastique et aux pailles, induisent très nettement l’idée de goûter d’anniversaire. Quelques confettis en papier (pas trop !) et un soupçon de paillettes colorées en sucre saupoudrées sur le cake appuient l’idée de fête. Les parts coupées, les couleurs, la petite voiture et la multitude d’éléments un peu désordonnés d&#x00

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