Comment en finir avec la faim en temps de crises
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Description

Parmi les sept milliards de personnes vivant au monde, plus de la moitié mange mal et un milliard n'a pas assez de nourriture, deux milliards sont en surpoids ou obèses. Près d'un tiers de la nourriture produite est gaspillée, dont une grande part est jetée par les consommateurs vivant en "Occident". Ceux qui ont le plus besoin de nourriture ne peuvent pas s'en procurer. Notre système alimentaire mondial est en désordre. Comment rendre meilleur le monde pour ses habitants ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2014
Nombre de lectures 2
EAN13 9782336352862
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Copyright

© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-70297-1
Titre
Ignacio Trueba et Andrew MacMillan


Comment en finir avec la faim en temps de crises

Commençons dès maintenant !

Traduit de l’anglais et édité par Mathias Maetz

Avec une préface de
José Graziano da Silva
Directeur général de la FAO




L’Harmattan
Sommaire Couverture 4e de couverture Copyright Titre Sommaire Pas d’excuses pour la faim Les auteurs Les droits d'auteurs Avant-propos Remerciements Préface Chapitre 1 – En finir avec la faim maintenant ou la laisser persister ? Chapitre 2 – La faim Chapitre 3 – L’alimentation et les crises mondiales Chapitre 4 – Modifier les politiques alimentaires Chapitre 5 – Relever les deux plus grands défis Chapitre 6 – Propositions de mesures pour démarrer Ce que vous pouvez faire Engagements Épilogue Acronymes Adresse
Pas d’excuses pour la faim
Le monde dispose de la nourriture, des connaissances et des moyens nécessaires pour éliminer la faim. Pourtant, beaucoup pensent que cela est impossible. Avant de commencer, battons en brèche quatre idées reçues.

Première excuse « Les gens ont faim car la planète ne peut pas produire assez de nourriture pour tous ses habitants ».

Chaque année, bien assez de nourriture est produite pour que les 7 milliards de personnes puissent tous manger d’une manière plus que convenable. La capacité existe pour produire bien davantage encore, et il y a de grandes possibilités de réduire le gaspillage et la surconsommation, surtout dans les pays développés.

On évalue la nourriture nécessaire annuellement pour faire passer 1 milliard de personnes affamées au-dessus du seuil de la faim à moins de 2 pour cent de la production céréalière mondiale, soit environ 15 pour cent du gaspillage alimentaire évitable par les ménages dans les pays industrialisés.

Les gens ont faim bien que la nourriture abonde, parce qu’ils sont pauvres et n’ont pas les moyens de l’acheter.

Deuxième excuse « Les famines sont causées par les inondations, la sécheresse et la guerre ».

Les inondations, la sécheresse et les guerres sont souvent les causes immédiates de mauvaises récoltes et de la mortalité du bétail, ce qui entraîne une hausse du prix de la nourriture localement et des pertes de revenus. Cependant, même lorsque les gens meurent de faim, la nourriture nécessaire pour satisfaire leurs besoins est généralement disponible localement. Mais elle est stockée par les familles les plus aisées au cas où la situation empirerait encore.

Les famines sont causées par les hommes. De bons systèmes d’alerte rapide sont en place, lesquels, si on y réagissait vite et efficacement, pourraient totalement éviter les famines grâce à des interventions rapides pour donner aux familles pauvres l’accès à la nourriture dont elles ont besoin pour survivre.

Troisième excuse « Les gens ont faim parce qu’ils sont paresseux et ne veulent pas travailler ».

Les personnes souffrant de faim chronique n’ont pas l’énergie de travailler ou d’étudier et sont donc dans l’incapacité de gagner l’argent nécessaire pour acheter de la nourriture. Ils sont pris dans un piège duquel il leur est pratiquement impossible de sortir par leurs propres moyens.

Le premier pas nécessaire pour éliminer la faim, est de s’assurer que toutes les personnes sous-alimentées aient les moyens de se procurer la nourriture dont elles ont besoin pour vivre en bonne santé.

Quatrième excuse « Donner de l’argent aux familles pauvres pour qu’elles s’achètent de la nourriture engendre une dépendance et porte atteinte à leur dignité ».

N’y-a-t-il pas plus grande dépendance dans la vie que celle où l’on vous refuse constamment l’accès à une nourriture appropriée ? Cela prive de toute possibilité d’amélioration de conditions de vie et expose à des maladies fréquentes et à une mort prématurée. C’est comme empêcher des personnes de se procurer des médicaments lorsqu’elles sont malades.

Une société fonctionnant correctement s’assure que tous ses membres puissent manger. Tout le monde, les riches comme les pauvres, aurait tout avantage à une plus grande prospérité et à la paix.

Ignacio et Andrew

Avril 2013
Les auteurs

Ignacio Trueba est agronome et économiste. Il est professeur émérite en Projets et Développement auprès de l’Université Polytechnique de Madrid. Il a souvent travaillé en tant que consultant pour les Nations Unies et a été Représentant permanent du gouvernement espagnol à la FAO et au PAM.


Andrew MacMillan est économiste agricole, spécialisé en agriculture tropicale. Il a été directeur de la Division des opérations de la FAO avant de prendre sa retraite.
Les droits d'auteurs

Les droits d’auteurs provenant de la vente de ce livre seront reversés par les auteurs au groupe de développement communautaire Got Matar au Kenya afin de soutenir ses programmes d’éducation. ( www.gotmatar.org )
Avant-propos
En 2006, Ignacio Trueba a publié en espagnol un livre de 920 pages, intitulé La Fin de la Faim en 2025 – Un Défi pour Notre Génération .

Ceci est la première édition en français d’un plus petit livre dans lequel nous examinons le même défi mais en beaucoup moins de mots et de façon simplifiée, avec l’espoir qu’il sera plus accessible et plus lu. Nous nous appuyons sur les leçons apprises au cours de ces six dernières années et nous plaçons la question de l’éradication de la faim dans le contexte des graves crises qui affectent le monde depuis 2007. Nous concluons qu’un progrès vers l’élimination de la faim et de la malnutrition constitue un élément essentiel de toute stratégie valable visant à traiter le malaise économique actuel et à assurer que nos enfants – ainsi que les leurs – puissent avoir une vie saine dans un monde aussi pacifique que prospère.

Nous voulons persuader nos lecteurs que, même à une époque où le monde fait face à une pléthore de problèmes importants, il est important d’éliminer une fois pour toute la faim par tous les moyens possibles. Une réussite sur ce front faciliterait la résolution des autres problèmes.

Alors que depuis des décennies bien assez de nourriture est produite pour que tout le monde mange à sa faim, le fait que presque 1 milliard de personnes sur un total de 7 milliards n’en aient pas assez montre de graves failles dans la gestion des systèmes alimentaires à l’échelle nationale autant que mondiale. Outre la grave injustice qui consiste à priver des êtres humains de la satisfaction de leurs besoins alimentaires essentiels, la mauvaise gestion alimentaire est un affreux gaspillage de potentiel humain – les personnes souffrant de faim chronique étant moins productives au travail, plus exposées aux maladies et davantage susceptibles de connaître une mort prématurée. Le développement mental et physique de leurs enfants est affecté, ce qui les désavantage tout au long de leur vie.

Certains considèrent que de s’attaquer à la pauvreté réduirait l’incidence de la faim. Nous pensons le contraire et voyons l’éradication de la faim comme une première étape essentielle pour sortir les populations concernées de la grande pauvreté et leur permettre de vivre par elles-mêmes.

Nous vous montrerons qu’il est plus facile et moins cher que ce que la plupart pense, de se défaire de la faim en agissant directement. Cela supprimera les injustices les plus flagrantes, rétablira la dignité humaine, contribuera à la paix de manière significative et instaurera une nouvelle ère de prospérité.

Nous soutenons également qu’il est grand temps d’abandonner les méthodes de production destructrices par lesquelles notre nourriture est produite – souvent simplement pour être gaspillée – et d’adopter des systèmes de production et de consommation alimentaires véritablement durables qui cessent de détériorer l’environnement, d’accélérer le processus de changement climatique et de saper les conditions de vie des personnes vivant en milieu rural. Nous devons garder en bon état les ressources naturelles nécessaires à la production de nourriture afin que les générations futures puissent pourvoir à leurs besoins alimentaires. Heureusement, il existe des précédents favorables de systèmes plus durables sur lesquels il est possible bâtir.

Depuis septembre 2011, lorsque ce livre fut publié pour la première fois, plusieurs des idées que nous promouvions ont commencé à être reprises. Nous avions alors montré le livre à beaucoup de personnes travaillant dans des gouvernements (que ce soit des fonctionnaires ou des parlementaires), des institutions internationales et des ONG, mais nous ne pouvons cependant pas affirmer que le progrès que nous observons soit lié d’une manière ou d’une autre au fait qu’ils aient lu nos propositions ! Quelle qu’en soit la raison, il est toutefois encourageant que la pensée sur l’éradication de la faim et les systèmes alimentaires durables semble progresser dans la bonne direction.

Ainsi, en juin 2012, à la Conférence des Nations unies sur le développement durable, dite Rio+20, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a lancé son ambitieux projet Le Défi Faim Zéro 1 . Six mois plus tard, le Conseil de la FAO adoptait l’objectif stratégique d’éradication de la faim, de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition à la place de son objectif antérieur de simplement réduire la faim 2 . Et en janvier 2013, plus de 100 ONG basées au Royaume-Uni lancèrent conjointement la campagne IF pour éradiquer la faim et pour le développement de la petite agriculture ; cette campagne cherchait à renforcer la détermination du premier ministre du Royaume-Uni David Cameron pendant sa présidence du G-8 en Juin 2013 3 .

Nous avons cependant remarqué, au cours de ces dernières années, un énorme décalage entre les engagements pris par les chefs d’État pour agir en vue de réduire la faim – que ce soit lors des Sommets mondiaux de l’alimentation ou aux Sommets du G-8 ou du G-20 – et ce qu’ils font réellement. Ce n’est pas vraiment étonnant dans la mesure où il n’y a aucun mécanisme international qui les force à tenir leurs engagements. Le grand danger est que cette tendance aux promesses non tenues se répète et que les espoirs renouvelés de ceux qui ont désespérément faim soient à nouveau brisés.

Nous espérons qu’après avoir lu ce que nous avons à dire, vous verrez qu’à travers vos propres actions vous pouvez aider à faire avancer les choses. Si, ensemble, nous pouvions faire entendre le simple message qu’il est tout à fait normal pour tout gouvernement de s’assurer que ses citoyens soient tous libérés de la faim et de la malnutrition, ce serait un grand pas en avant. Les gouvernements qui manquent à ce devoir causent inutilement la mort prématurée de certains de leurs citoyens et devraient être tenus comme responsables de leur négligence.
1 Défi Faim Zéro : http://un-foodsecurity.org/sites/default/files/FR_ZeroHungerChallenge.pdf
2 Cadre Stratégique Révisé : http://www.fao.org/docrep/meeting/027/mg015f.pdf
3 http://www.bond.org.uk/if
Remerciements
Un grand merci à notre ami et mentor, José Graziano da Silva, Directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, pour avoir écrit la préface.

Nous voulons de même remercier un groupe de personnes qui partagent les mêmes vues que les nôtres pour avoir aimablement élaboré de petits documents de référence dans leurs domaines d’expertise et sur lesquels nous nous sommes appuyés pour écrire ce livre. Ces documents sont disponibles en espagnol sur http://findelhambre.es/noticias/?page_id=1442 .

Nous sommes très reconnaissants pour l’aide apportée à l’élaboration du livre par Ana Afonso, Percy Bono, Francisco Bueno, Tom et Rebecca MacMillan, Beatriz Pecker, Marta Pedrajas, Kate Singleton, Monica Tarancon, Patricia Tendi, Elisabetta Tollapi et Elena Trueba. Nous souhaitons remercier Harriet Ellis pour la conception de la couverture.

Nous remercions aussi de tout cœur Fernando Pizarro, un bon professionnel et cher ami qui a travaillé étroitement avec nous sur l’ébauche mais qui est malheureusement décédé avant la publication de notre livre.

Enfin, nous voulons remercier chaleureusement Materne Maetz et son fils Mathias. Materne nous a encouragé à poursuivre la publication de ce livre en français et Mathias l’a traduit de l’anglais et s’est chargé de sa mise en forme finale.
Préface
de

José Graziano da Silva,

Directeur général de la FAO

Dans ce livre, Ignacio et Andrew se sont concentrés sur l’éradication de la faim et sur l’évolution vers des systèmes de production et de consommation alimentaires durables. Cela me ravit car ce sont des questions auxquelles j’ai consacré une grande partie de ma carrière, d’abord au Brésil, et plus récemment au niveau international. Maintenant que je suis à la tête de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (OAA/FAO), elles sont devenues les deux premières priorités sur lesquelles elle centrera son travail dans les années à venir.

Plutôt que d’écrire une toute nouvelle préface spécialement pour ce livre, j’ai demandé aux auteurs de me laisser reproduire un article récemment publié dans lequel j’ai tenté d’exprimer mes idées sur comment aborder l’éradication de la faim. J’estime que cela constituera une bonne entrée en matière pour bien des propositions faites dans ce livre. Cet article, intitulé La fin de la faim et de la malnutrition , fut publié par Project Syndicate en janvier 2013 4 .

Voici ce que j’ai écrit :

Parfois certaines choses peuvent avoir un impact fondamental sur l’humanité tout en passant inaperçues. C’est ce qui se passa à Rome en décembre. Le Conseil de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture décida que le but de la FAO ne devrait plus être de réduire la faim mais de l’éradiquer, ainsi que l’insécurité alimentaire et la malnutrition. L’étape suivante sera de confirmer ce changement à la conférence de la FAO, à laquelle tous ses pays membres participeront. De même, les détracteurs diront que fixer un tel objectif sans aucune date précise à laquelle l’atteindre est complètement insignifiant. Certains prétendront que l’idée même d’éradiquer la faim est une absurdité, car nous manquons de moyens pour le faire.

Ces 12 dernières années, les Objectifs du millénaire pour le développement dont le but est de réduire de moitié la faim d’ici 2015 jouent un rôle moteur dans la réduction de la faim. La proportion de gens affamés dans les pays en développement a chuté considérablement – de 23,2 pour cent en 1990-92 à 14,9 pour cent aujourd’hui. Cependant, cette baisse est davantage due à l’augmentation de la population qu’à une diminution, légère, du nombre de gens souffrant de la faim (d’environ 980 à 852 millions aujourd’hui).

L’objectif de réduire la faim de moitié n’a que très peu d’attrait politique, car il condamne implicitement l’autre moitié exclue à vivre à la périphérie de la société, exposée aux maladies et à une mort prématurée. Par contre, la stratégie brésilienne Faim Zéro , a montré que le fait de fixer l’objectif concret d’éradiquer totalement la faim est un puissant moyen de stimuler les ministères du gouvernement à prendre des mesures coordonnées de grande envergure, et de mobiliser la société tout entière face à une des plus grandes injustices de notre temps.

Il sera certainement difficile – mais non impossible – de répondre à la demande mondiale alimentaire croissante tout en le faisant de façon durable. De la nourriture supplémentaire devra être produite par le biais de technologies ne détériorant pas les ressources naturelles, dont les générations futures auront besoin, ne contribuant pas à la détérioration du climat, qui accable de façon significative les producteurs, et qui n’accélèrent pas la désintégration d’un tissu social rural précaire.

Mais ce défi n’est pas aussi insurmontable qu’il ne paraît. Le taux de croissance de la population sera beaucoup moins important que lors des cinquante dernières années, et il reste beaucoup de marge pour réduire les grandes quantités de nourriture gaspillées de nos jours. De plus, ses revenus augmentant, la population pourrait être plus facilement persuadée d’adopter un régime alimentaire plus respectueux de l’environnement que ceux en vigueur dans les pays développés. Le multiple fardeau de la malnutrition – la faim coexistant avec l’obésité, le diabète et d’autres maladies liées à la surconsommation – montre l’importance croissante d’un rééquilibrage du régime alimentaire mondial.

Il n’y a rien de nouveau dans l’engagement d’éradiquer la faim. D’ailleurs la FAO fut créée en 1945 avec l’objectif d’instaurer un monde dans lequel vivre à l’abri du besoin, qui, pour reprendre les propos de ses fondateurs, « veut dire la maîtrise de la faim et la satisfaction des besoins ordinaires d’une vie décente et digne ».

À cause de la crainte répandue, durant les années d’après-guerre, d’une pénurie mondiale alimentaire croissante, la FAO et la communauté internationale toute entière se sont essentiellement focalisées sur la production alimentaire – une focalisation qui est restée sensiblement la même au cours des décennies suivantes. Les investissements effectués ont rapporté de bons rendements : malgré une stupéfiante croissance de la population, de 2,5 milliards en 1945 à 7 milliards aujourd’hui, la disponibilité de nourriture par personne a augmenté de plus de 40 pour cent.

Le problème est que la faim persiste toujours à grande échelle ; nous devons donc nous concentrer à présent sur la garantie d’un accès universel à la nourriture. Cela devrait être une priorité pour tout gouvernement et un objectif reconnu par tous les citoyens.

Afin de briser le cercle vicieux de la faim et de la malnutrition, il faudrait complémenter l’effort sur l’agriculture et le développement rural (plus de 70 pour cent des populations victimes d’insécurité alimentaire vivent dans les zones rurales des pays en voie de développement) par des investissements dans d’autres projets sociaux et productifs, y compris de modestes mais régulières aides financières reversées aux familles pauvres. Avec des politiques adéquates en place, la demande additionnelle alimentaire créée par ces aides, par des projets visant à améliorer les repas scolaires et par l’offre de suppléments alimentaires aux mères et à leurs enfants, pourraient donner l’occasion aux petits agriculteurs d’accroître leur production et d’améliorer leurs conditions de vie.

En juin dernier, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a lancé le Défi Faim Zéro lors de la conférence pour le développement durable à Rio (Rio+20). La FAO a accepté ce défi, et vise officiellement l’éradication de la faim. C’est en toute confiance que j’envisage une augmentation progressive du nombre de gouvernements membres qui s’engageront à éliminer la faim le plus rapidement possible de leur territoire – et aussi à aider les autres pays à atteindre le même but.

Il n’est jamais inopportun de se fixer l’objectif de lutter contre la faim dans le monde, une fois pour toute. Le moment est venu.
4 Graziano da Silva, José, La fin de la faim et de la malnutrition ; http://www.project-syndicate.org/commentary/the-fao-s-goal-to-eradicate-hunder-by-jos--graciano-da-silva/french
Chapitre 1 En finir avec la faim maintenant ou la laisser persister ?
Un choix qui s’impose à nous tous
L’air, la nourriture et l’eau sont les éléments les plus essentiels à la vie. La plupart d’entre nous les tenons tous les trois pour acquis. En effet, beaucoup de personnes en sont venues à considérer d’autres choses tout aussi vitales pour une vie normale, telles que des vêtements convenables et un logement décent, et peut-être même une voiture et un téléphone portable.

Mais ce n’est pas là la réalité quotidienne de tous.

Au cours de ces trente dernières années, les politiques économiques suivies par les gouvernements ont amené la population mondiale à acheter 600 millions de voitures et 5 milliards de téléphones portables, mais elles ont aussi créé des conditions dans lesquelles 800 à 1000 millions d’êtres humains manquent de nourriture et d’eau potable. La simple ampleur de ces chiffres est impressionnante. Il est difficile de vraiment saisir leur sens, à moins d’essayer de penser à ce que la faim – c’est-à-dire ne même pas savoir d’où viendra notre prochain repas – signifierait pour nous dans notre propre famille, pour nos parents et nos enfants, et pour tous nos amis et leurs familles, ainsi de suite, jusqu’à ce que l’on atteigne un millier de millions de personnes.

Pour certaines personnes, il n’y a rien de pire que de se faire voler sa voiture ou son téléphone portable. Mais, s’agissant de la faim chronique, des centaines de millions de personnes se voient littéralement dépossédées d’une partie de leur vie jour après jour. Nous devons nous demander, pourquoi nous fermons les yeux sur cette tragédie humaine qui se déroule sur une telle échelle dans le monde entier ? Pourquoi, lorsque 33 mineurs chiliens bloqués sous terre sont sauvés, semble-t-il que le monde entier pousse un immense soupir de soulagement ? Mais quand nous essayons de parler à nos amis et à nos proches de ce nombre énorme de personnes prises au piège de la faim et des différentes solutions pour les sauver, nous avons le sentiment que beaucoup d’entre eux préfèreraient ne pas en entendre parler.

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