Et si on les écoutait...reconstruire c est possible
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Description

On se rendra compte au fil de la lecture, du « bien pansé » de tous ces auteurs, de leur complémentarité, malgré l’origine différente, de leur construction et réflexion intellectuelle. Pris bout à bout, c’est une véritable révolution que l’on pourrait mener ensemble. Combattre le pseudo déclin, reconquérir notre « nous-même », réécrire un roman national tellement quémandé. 
Au fil du temps, à la suite de ces articles, de ces découvertes, il faut défendre l’éthique de l’engagement et la quête du sens, pour défendre la LIBERTE, le pouvoir de Dire NON, OSER enfin, et la passion de FAIRE. Défendre l’INNOVATION, avoir confiance dans les ressources du progrès, lutter contre « les chapelles du pessimisme », de l’incroyable inculture et du vide de sens du monde des élites, contre ceux qui ont déserté la morale. Avec la LIBERTE, restaurer la valeur fondamentale qu’est la RESPONSABILITE, individuelle et collective, de tous les jours. Tout ceci ayant disparu, noyé ou empétré dans la complexité d’une société de faux savoirs, de faux droits… Gouvernés par des « polichinelles », nous devons refuser de devenir des « pantins ». Il y a tant de chose à faire que nous aurons besoin de tous nos enfants pour réussir.
Jacques Chabal a notamment été Médecin généraliste à Le Cheylard, Maire de Le Cheylard, Président de Communauté de communes Val’Eyrieux, Membre d'une Association Nationale d'Elus Locaux (AdCF), Ancien Conseiller Général de l'Ardèche Social.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 juin 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782363156556
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Et si on les écoutait, reconstruire c est possible


Jacques Chabal

Jacques Chabal 2016
ISBN:978-2-35771-085-6
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Table des matières

INTRODUCTION
CHAPITRE 1 : Vingt-cinq ans de photographies de la France, comment en est-on arrivé là?Accouchement d'un nouveau monde?D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Où mène-t-on?Le délitement progressif de l'autorité de l'Etat, d'un Etat sans âme, sans règles, avec toutes ses volte-face, menace l'unité de la Nation et de la République, la tyrannie est en route.Quel modèle français?Quel modèle occidental?Quelles valeurs?
CHAPITRE 2DES DROITS ET DU DESORDRE : Des droits, des droits, des droits...Mais où sont passés les Devoirs?La politique actuelle se résume à la tactique.Depuis 2012, les lois dites "sociétales" affichent toujours le même principe: accorder de nouveaux droits...La loi vient toujours s'imposer dans la sphère intime et bouleverse l'ordre ancien au nom du progrès ou du sens (socialiste) de l'Histoire.
CHAPITRE 3RESSENTI, LUCIDITE, RACE ET DIVERSITE : Se retirer ou résisterChoisir entre aveuglement et luciditéPourquoi les qualités ont-elles disparu:élégance, courtoisie, générosité, loyauté, galanterie, bravoure
CHAPITRE 4UNION EUROPEENNE, OCCIDENT, ONU : Les peuples ont peur pour leur survie dans cette Europe "ouverte et molle"...dans une mondialisation sans nom, sans destin, sans gouvernement."Il serait grand temps que nous nous apercevions - enfin - qu'une nouvelle guerre de Religion a éclaté et, cette fois, à l'échelle planétaire."Thierry Desjardins (lauréat de l'Académie française, journaliste et reporter, directeur général adjoint du Figaro).Alors naufrage ou sursaut.
CHAPITRE 5AUTOMNE 2015 : Pour assurer la survie de la classe politique, un seul mot d'ordre "pas de vagues".Il sacrifie l'art de gouverner à la sauvegarde des postes...Sophie Coignard, Romain Gubert:(Ca tiendra bien jusqu'en 2017 chez Albin Michel)La France de demain risque de n'être plus qu'un agrégat de minorités gangrené par la radicalisation et la haine du pays.Le délitement progressif que nous subissons sape le premier fondement de notre République:son indivisibilité."Oui il y a des territoires perdus dans la République, ils sont de plus en plus nombreux...Mais il y a aussi une immensité de villages perdus."Les politiques croient pouvoir maintenant changer la nature humaine...Ce n'est pas leur rôle !
CHAPITRE 6REFORME OU REVOLUTION : Nous vivons actuellement la dissolution progressive de l'unité de notre pays.C'est l'obsession égalitaire qui mène à l'indifférenciation."Le pessimisme français est dû au déplacement de sa puissance et de son prestige" Umberto Eco, Revue des Deux Mondes, novembre 2015.L'identité française, c'est une langue, une histoire, un territoire...
CHAPITRE 7DES QUALITES,IL EN EXISTE ENCORE... : Logorrhée, verbiage...et répétitions, voici le quotidien de nos médias.A force de privilégier la diversité sur l'unité, l'intérêt des minorités au détriment de la majorité, nos dirigeants ont sapé l'idée d'une communauté de destin.Richard Millet: "Comme tout système totalitaire fut-il soft, celui du bien fonctionne par l'intimidation et la propagande, le dénommer est une tâche sans fin".
CHAPITRE 8QUELQUES VERITES ET PROPOSITIONS
CHAPITRE 9 : BIBLIOGRAPHIE
POSTFACE
Biographie
INTRODUCTION
 

 
Au fil du temps, des lectures, des réflexions, des sujets d’actualité… des échanges, de
l’écoute, de quelques réveils nocturnes, de quelques poussées d’anxiété… et quelques moments de solitude, voici quelques coups de coeur et quelques coups de tête. C’est pour moi une synthèse, une appropriation pour faire découvrir à tous, que tout est déjà pensé, écrit, de très belle manière par des auteurs de grande qualité. Des auteurs d’origines philosophiques, politiques, religieuses, raciales, historiques bien différentes. On se rendra compte au fil de la lecture, du « bien pensé » de tous ces auteurs, de leur complémentarité, malgré l’origine différente de leur construction intellectuelle. Pris bout à bout, c’est une véritable révolution que l’on pourrait mener ensemble. Combattre le pseudo déclin. Reconquérir notre « nous-mêmes », réécrire un roman national tellement quémandé. Des sujets ou articles vous étonneront, car ce qui m’importe, c’est de déplacer l’observateur (vous et moi-même) pour que nous puissions appréhender tout événement de la meilleure façon, en prenant de la hauteur, en choisissant le meilleur angle de vue, pour une meilleure objectivité et toujours resituer le problème dans son milieu et dans son temps. C’est pour cela que j’ai choisi de constater et retranscrire, m’effaçant personnellement pour alléger au mieux cet ouvrage. La mise en valeur et la synthèse me suffisaient. Des sujets vous étonneront dans ce livre politique (« le désordre », « la culpabilité »…), ils sont là pour réveiller la conscience collective, et comme toujours, ouvrir le débat. Vous mesurerez en parcourant ce livre, le nombre incalculable d’écrits, d’articles et d’ouvrages… de tous ces auteurs qui « prêchent dans le désert » depuis plus de vingt-cinq ans. Je n’ai que le mérite de les avoir lus, et de vous les transmettre, au-delà des clivages, et autant que faire se peut dans un langage simple. 12 Le débat s’ouvre, il est ouvert… Je l’ai voulu généreux, non outrancier, mais ferme devant la détérioration de la société. Tout est livré pour donner l’envie de voir et comprendre, de vouloir et d’oser autre chose… Loin de « tous pourris », loin de « il n’y a plus rien à faire », loin de « c’est bien bon »… J’espère que vous serez aussi gourmands que moi à la lecture de ces pages et articles, et surtout que vous en ferez bon usage pour l’avenir de nos enfants. Il vous appartiendra ensuite de poursuivre la démarche, de changer notre comportement vis-à-vis des événements, de sortir de ce politiquement correct et de redevenir enfin libres. Il me reste pour conclure à vous avouer une autre obsession, c’est de toujours essayer de trouver ou au moins ébaucher des solutions pour l’avenir. Voilà pourquoi j’y mets tout mon coeur. D’autres grands sujets auraient nécessité d’autres pages… Mais ce sera à vous de voir si suite il y a à donner.
Votre dévoué.
CHAPITRE 1
 
Vingt-cinq ans de photographies de la France, comment en est-on arrivé là? Accouchement d’un nouveau monde? D’où venons-nous? Qui sommes-nous? Où mène-t-on? Le délitement progressif de l’autorité de l’Etat, d’un Etat sans âme, sans règles, avec toutes ses volte-face, menace l’unité de la Nation et de la République, la tyrannie est en route. Quel modèle français? Quel modèle occidental? Quelles valeurs?  
 

Vingt-cinq ans de photographies de la France, comment en est-on arrivé là? Accouchement d’un nouveau monde? D’où venons-nous? Qui sommes-nous? Où mène-t-on? Le délitement progressif de l’autorité de l’Etat, d’un Etat sans âme, sans règles, avec toutes ses volte-face, menace l’unité de la Nation et de la République, la tyrannie est en route. Quel modèle français? Quel modèle occidental? Quelles valeurs?  

 
Une suite de réflexions puisées depuis plus de vingt ans déjà dans l’actualité… Une actualité débridée, versatile, le plus souvent sans raisonnement de fond, d’où la surprise de voir ressurgir dans ces chroniques les mêmes problèmes, les mêmes interrogations, les mêmes réflexions, les mêmes idées. Car rien n’est jamais débattu, jamais écouté, jamais entendu, jamais diagnostiqué, et donc problème, jamais réglé.
Pour moi le peuple est bon, il sent toute chose, sa conscience reste éveillée malgré les faux discours… Le citoyen est malheureusement de plus en plus docile (mais comment lui en vouloir !), sa versatilité n’est que le fruit d’un étourdissement, d’une vie en société déconnectée à tous points de vue de l’évolution de la société contemporaine.
Nos contemporains ont maintenant peur, sans vision d’avenir, même pour leurs propres enfants. Les tourments de la vie, de la nation, de la société qui rongent sont depuis trop longtemps dissimulés et ne leur permettent plus de retrouver le bon sens, celui qui conduisait de génération en génération, l’évolution de notre société.
Adieu les fils conducteurs, les valeurs, bonjour les souffrances individuelles.
Qui écoute dans notre société ? Il n’y a plus ni curé, ni pasteur à l’oreille bienveillante.
Les psychiatres et les psychologues ont tout repris à leur compte, ils soignent tout depuis les comportements, jusqu’aux phobies de société, bien loin de la réalité des malades, ceux qui nécessitent des soins.
Depuis que les sciences « molles » sont reconnues au même niveau que les sciences dites « dures », alors qu’elles ne sont qu’à l’état fœtal, elles dirigent nos sociétés au gré des vents souvent totalement différents de la réalité sous l’influence de quelques penseurs éphémères et idéologues.
Et voici les coups de cœur, les coups de langue, les constatations byzantines qui prennent le pas sur la force de notre nation. Dans un conditionnement moral et civique de plus en plus étriqué, le cynisme de certains de nos dirigeants est à la mesure du manque de profondeur de réflexion qu’attendent nos contemporains.
Ces chroniques, ces réflexions, dans une suite chronologique, Jusqu’à fin 2013.
 
 

SOMMAIRE
  La matrice et la « séquence occidentale » Les trois plus importantes révolutions mondiales Un monde bouleversé La France et les Français Voir le monde tel qu’il est Et chez nous ? Les politiciens La France silencieuse Immigration et désinformation Crise de civilisation Nouvelles règles démocratiques Les comportements humains Le débat L’État providence et sa descendance Les règles – les normes Les fractures Comprendre notre temps En guise de conclusion

 
 
RÉFLEXIONS PERSONNELLES AOÛT 2013
IL FAUT PASSER À L’ACTE
 

En cet été 2013, je fais un choix non exhaustif qui suit un chemin de connaissance et d’explications, plus qu’une logique universitaire ou « politicienne », car l’intérêt c’est de comprendre le monde actuel et de préparer le monde de demain. Rappelez-vous dans les années 1981, l’idéologie dominante prétendait « changer la vie ». Trente ans plus tard quel tableau :
 
Peuple et nation désabusés, perdus, notamment les plus faibles, les plus petits… Une identité française en miettes… Une économie à la traîne… une industrie délabrée… Il faut reconstruire, et cela ne se peut qu’avec un langage de vérité.
 
J’ai choisi dans cet opuscule les certitudes qui inquiètent par rapport aux mensonges qui rassurent.
 
Si la nation semble affaiblie, beaucoup s’accordent à dire, et j’en suis, le vrai problème c’est l’État.
 
La nation a envie de reprendre vie. C’est un État impotent, vous le verrez dans ces pages, démissionnaire dans sa politique éducative, inefficace dans sa politique de redistribution, défaillante dans sa politique économique. C’est lui le problème « et ses dirigeants ». Mais il n’y a pas d’État sans autorité. Il n’y a pas d’autorité sans hommes d’État. Alors courage et osons.
 
Les Français n’ont donc plus confiance en rien, ni en eux, ni dans la politique, ni dans les corps intermédiaires. Ils sont tristes, tendus, parfois agressifs… mélancoliques dans tous les sondages. Ils sont devenus un peuple parmi les plus défiants au monde.
 
Essayons de comprendre, car voici plus de 35 ans que droite et gauche se succèdent au pouvoir et ignorent la réalité. Par exemple, la lente érosion de la compétitivité française a longtemps été dissimulée par l’Union Européenne, nous protégeant des crises de change (l’euro a été utilisé par la France pour cette protection) et nous permettant de financer nos dépenses, bien supérieures à nos recettes.
 
Cette chute de compétitivité est une des causes du chômage et du déficit.

 

Pendant les « Trente Glorieuses », le problème se réglait avec dévaluation et inflation. Il ne nous est resté ensuite… que l’endettement, qui a permis à la France de tenir jusqu’à maintenant, au prix de déséquilibres budgétaires croissants. Il faut revenir à la réalité et retrouver le chemin des équilibres… dur et difficile pour tous. Pendant les « Trente Glorieuses », il s’était produit une succession d’évènements, qui non seulement ont anéanti la curiosité, l’ambition, la responsabilité mais plus tardivement la liberté de nos contemporains.
Notre France est donc devenue un petit monde clos, renvoyant l’avenir à plus tard. Mais aujourd’hui, c’est déjà demain et votre serviteur essaye d’expliquer l’ensemble des causes, des ruptures, des fractures auxquelles est soumise la France d’aujourd’hui. Il est difficile de commencer l’écriture d’un tel défi… Et pourtant, c’est un besoin irrépressible pour moi.
Pourquoi ? Par quoi commencer ? Alors je prends le risque de la synthèse pour tous, m’appuyant sur nombre de lectures, que ce soit livres ou articles (tous seront nommés en fin de cet ouvrage). L’économie, la philosophie, l’histoire, la politique… Tout a sa place pour comprendre. Sans vouloir bien sûr trop approfondir, ou entrer dans le détail.
 
Synthèse et ouverture du débat, c’est le fil conducteur de ce travail.
 
I. La matrice et la « séquence occidentale »
 
C’est de la matrice judéo-chrétienne qu’il faut partir, car c’est sans doute d’elle qu’il s’agit lorsque l’on voit les bouleversements, si rapides et anxiogènes, qui se vivent sous nos yeux.
 
La civilisation judéo-chrétienne, croisée avec la civilisation gréco-latine, a été la première et la seule à penser et à réaliser l’Universel. La première l’a pensé, la deuxième l’a mis en œuvre institutionnellement, juridiquement, ce faisant elle a laïcisé l’Universel.
N’oublions pas que l’Universel a résonné au plus profond des hommes de l’Europe et de la Méditerranée : il libère l’individu de la coutume de la communauté. Il crée le concept de personne unique. Il indique une sortie de ce qui écrase et enferme. Mais ensuite l’Occident qui s’est construit sur cette idée d’Universel s’en sert pour asseoir son hégémonie matérialiste : aujourd’hui tous les ados du monde portent des jeans parce que c’est cool et pratique, un portable greffé à l’oreille, parce que c’est cool et pratique, boivent du cola, parce que c’est cool et pratique, partagent un même objectif, gagner du « pognon », parce que c’est cool et pratique… Prenons garde que l’Universel qui est tellement naturel, même dévoyé, qu’il semble de soi, ne disparaisse…
 

Alors on se souviendrait de l’extraordinaire effort que l’Humanité a fait pour y accéder. Ce centre, cette civilisation tendrait dit-on à disparaître… ! Sans doute pas. Mais la « séquence occidentale », après quatre siècles d’hégémonie (politique, philosophique, scientifique, religieuse…), semble se terminer. Cette suprématie s’éteindrait ? ?
Les périphéries de ce centre (mais l’était-il vraiment ? Alors quid de la Chine !) prennent sans doute leur envol, sans doute (sûrement) plus rapidement que prévu. Nous le voyons bien depuis les années 1980–1990 notamment. Au sommet du G20 à Londres, en 2009, l’Occident fut incapable de maintenir une ligne face à Hu Jintao, l’homme fort de la Chine*.
* Voir article après le Corpus « 22 avril 2009, le jour où le monde a basculé ».
 
Par contre, avant de poursuivre le raisonnement, notons à quelle vitesse toutes ces modifications se font. Les BRIC (Brésil – Russie – Inde – Chine – et maintenant l’Afrique du Sud), par exemple, après les « Tigres de l’Est », se voient déjà dépassés, 10 à 15 ans seulement après leur apparition sur la scène internationale…! Il s’agirait maintenant d’une nouvelle orientation de la mondialisation, vers le sud et d’autres pays émergents… L’observateur éclairé voit défiler les bouleversements, évènements… changements devant ses yeux en 30 ans, autant que les anciens en deux ou trois siècles.
Il faut donc raison garder. La vitesse des informations ou plutôt de la communication… ne nous permet sans doute pas l’objectivité nécessaire à un diagnostic véritable et serein. Mais ceci montre à quel point, comme certains déjà le disaient il y a une vingtaine d’années, le monde devient bien multipolaire. Et il devrait le rester pour longtemps. Revenons à la fin de la « séquence occidentale »… qui ne l’oublions pas, avec le siècle des Lumières puis celui de l’industrialisation (et donc de l’Angleterre), le développement de la philosophie et de la science, a permis de mieux comprendre la nature mais aussi la nature humaine, comprendre certes et sans doute, dominer cette nature. Et il faut le souligner, mettre toutes ces découvertes intellectuelles et matérielles à disposition de tous. Ceci aussi est un remarquable miracle, réussi par l’Occident.
Tout cela associé à une prise de conscience générale des peuples (même si toutes les nations ou États ne sont pas encore au même niveau) : conscience politique, évolution vers plus d’autonomie… jusqu’à l’avènement de la démocratie et des droits de l’Homme.
 
Écoutons Régis Debray qui se lâche une fois de plus ( Le Point du 24/09/2015) : « Avez-vous noté le raccourcissement des cycles d’espérance en Occident ?
 
Le christianisme ? 20 siècles. Le scientisme ? 2 siècles. Le socialisme ? moins d’un siècle. L’Européisme ? un demi-siècle. Résultat, une première historique : la peur sans l’espoir…

 

La peur c’est son destin, mais l’anti destin qu’il a inventé pour tenir le coup (la résurrection des morts, la société sans classe, l’éternité par l’art ou autre tranquillisant), a disparu. Pour la première fois, il n’y a plus d’après, ni au ciel, ni sur terre… On croyait que l’évolution du niveau de vie nous débarrasserait du religieux. Erreur.
 
De l’Histoire comme accomplissement d’un grand dessein, comme émancipation de l’humanité en marche vers son salut, il faut faire son deuil. Et pourtant cette idée messianique, nous la tenions, tout libre penseur qu’on soit, du judéo- christianisme… Plus aucune grande promesse n’est crédible ».
 
II. Les trois plus importantes révolutions mondiales
 
Depuis quelques décennies, viennent maintenant se conjuguer trois révolutions. La mondialisation-globalisation : elle est de nature économique, marchande, de services, mais aussi un formidable développement touristique mondial, après avoir été une incroyable machine à programmer de la richesse au niveau mondial (le prix à payer, c’est le recul des « vieux pays », qui n’ont pas su se moderniser).
La génétique : le matériel génétique, mieux connu depuis la découverte de l’ADN, devient un matériel comme un autre. Avec des manipulations possibles… pour le bien (thérapeutique), pour le mal (chimère). Et enfin, l’internet, l’informatique, le numérique (que certains appellent le « 6 e continent ») qui permet de nous relier les uns aux autres par d’autres moyens… quasi instantanément (mais pour quelle vérité ?).
 
C’est une nouvelle anthropologie, une nouvelle manière de voir le monde, de concevoir l’être humain qui naît sous nos yeux. Ce sont des bouleversements majeurs : mutation anthropologique, mutations géopolitiques (éruption d’une diplomatie de l’immédiateté) mutation scientifique, mutation économique, mutation esthétique (peut-être la fin d’une conception de la création littéraire, artistique, culturelle héritée de la Renaissance et des Lumières, une autre expression de soi ?), mutations religieuses (la tradition se trouve sans cesse en butte aux contradictions de l’individualisme moderne).
 
III. Un monde bouleversé
 
Notre monde se trouve ainsi bouleversé, dans ses principes économiques, scientifiques, culturels, philosophiques. L’Orient dont les civilisations ont toujours suivi un chemin de sérénité individuelle, que l’on appelle chez nous sagesse ! ! , sera toujours différent de notre orientation occidentale empreinte de « salut » individuel et collectif (et maintenant tout simplement de matérialisme et d’hédonisme), se transformant rapidement en « individualisation ». La « mondialisation du religieux » se transforme également géographiquement : le tiers-monde porte avec plus de vigueur le christianisme, Dieu semble avoir changé de camp ; le centre perd sa croyance, il devient athée, la périphérie se fortifie religieusement. Le centre se voit donc confronté à l’athéisme mais aussi aux phénomènes de secte, à un islam que l’on voudrait humaniser… pour se retrouver dans un monde réconcilié, pacifié… comme le souhaitent certains (rêves ou réalités futures, utopie ?).
 

IV. La France, les Français
 
Le Français, le peuple de France, a toujours été, et le sera toujours, accueillant envers l’autre si la règle et ses lois, auxquelles il tient beaucoup, sont respectées. C’est simple, trop simple sans doute, mais c’est la réalité vécue (nous reviendrons sur la « fracture légale »).
La France a toujours été multiraciale, mais jamais polyethnique, ni multiculturelle… trop simple sans doute également pour les élites des palais nationaux et maintenant régionaux (et départementaux !). Nous, Français, ne serons jamais les instituteurs de toute la planète, avec notre forme de raisonnement… Alors que beaucoup de politiciens le pensent… et le voudraient. Comment peut-on méconnaître à ce point-là les civilisations qui composent notre monde !
La France est bouleversée également dans ces principes spirituels et religieux… Mais la réalité est là, trop souvent occultée dans notre pays, qui veut donner plus encore de conseils à tous, sans se les appliquer à lui-même ! Arrogance d’un pays, qui s’appauvrit intellectuellement par des « élites » devenues respectueuses de la « police de la pensée », et qui a finalement choisi de devenir une petite nation (Jacques Attali, à la suite des élections présidentielles 2012), laissant au passage son corps social en souffrance véritable, par le divorce affirmé entre les élites et lui. (Ne cherchons pas plus loin, l’abstentionnisme des élections, l’inflexion populiste, l’état psychologique pré-insurrectionnel, avec son corollaire de violence et de refuge dans l’individualisme, nous y reviendrons…)
Et pourtant, qu’il est agréable à voir et à écouter ce peuple, qui veut comme depuis la Révolution (les révolutions) travailler, faire des enfants, les éduquer, les instruire et leur transmettre patrimoine et valeurs… Mais cela doit être trop simple à comprendre et à transcrire en « lois simples et naturelles », au lieu de ces normes administratives, technocratiques, imaginées en bureau et qui sont bien loin de toutes ces réalités quotidiennes que vivent nos contemporains.

 

Et pourtant (et nous y reviendrons aussi), le Français, fier de ces lois, les respecte tout simplement. Encore faut-il qu’elles soient justes. Car le Français aime la justice en toute chose… Mais nous le voyons bien, il se lasse (les actes de « tricheries » se multiplient dans tous les milieux, une forme d’amoralité collective prend racine).
 
V. Voir le monde tel qu’il est
 
Voici donc un nouveau monde, certains parlent de « délabrement », non simplement, il bouge. Il a toujours bougé, mais il va si vite, qu’il a dépassé le raisonnement et la réflexion de nos politiciens, qui ne comprennent plus le scénario, se replient dans des idéologies dépassées et n’analysent pas la réalité des phénomènes, se retrouvent à aggraver plus encore qu’il le faudrait l’État providence, alourdissant non seulement la dette… (mais ça n’est qu’un problème de budget) mais surtout l’esprit des Français.
Et là, se conjuguent, pour le malheur de notre pays, le mal qui vient d’être décrit avec celui aggravant d’une sous-culture voire d’une inculture (qui semble plus près de la réalité, évoluant maintenant depuis presque 40 ans), véhiculée par les médias. Nous le voyons tous les jours, il s’agit d’un « ahurissant tintamarre de médiocrité… une communication toute au détriment de l’information, la vraie, de la culture, la vraie… L’émotion a envahi nos écrans, rien pour la profondeur de l’être, tout oublié le lendemain. Suit rapidement une autre qualité moderne : la dérision (sans commentaire). Voilà le monde tel qu’il est… Il est fait de ruptures, de nouveaux paradigmes. Il sera fait de nouvelles règles, nouvelles normes, nouvelles confrontations, nouveaux rapports… Ainsi va toujours le monde. C’est simple. Il n’est sans doute pas comme nous le voudrions mais il devrait nous inciter à nous transcender, à baigner dans cette modernité nouvelle à dompter (et nous en avons les moyens, économiques, scientifiques, philosophiques, religieux…).
Alors que la vérité c’est aussi le déclassement lent, mais régulier, de la France dans notre continent et dans le monde. C’est aussi l’avilissement de notre démocratie représentative quand les chantages de la rue aplatissent le Parlement et font plier le pouvoir.
C’est aussi l’indifférence morale d’une société toute entière… qui témoigne déjà de l’anarchie qui règne.
 
VI. Et chez nous ?
 
Voici quelques-unes de ces constatations et réflexions qui valent d’être dites. Elles reflètent également une réalité qui ne se fait pas jour dans l’image télévisuelle de notre société. Mais cette réalité-là, vécue, sentie, est celle qui vibre dans les veines de nos contemporains. Elle transgresse les classes ou couches sociales. Elle est de celles qui font bouger les lignes de notre société, même étouffées comme elles le sont actuellement… Vécues elles ressortiront, mais sous quelle(s) forme(s) ? (Insurrection, manifestations…)
 

C’est vrai que l’on ne vit pas trop mal en France… (surtout si le moral est bon, ce qui n’est pas gagné), mais on confond trop souvent aujourd’hui : bonheur et plaisir, bonheur et bien-être. Ces mots-là ne sont pas porteurs de même contentement ou puissance de comportement. Là aussi on affadit la réalité. Dommage.
Sans doute les citoyens sont-ils hantés par l’anxiété des déficits (qui sont enfin reconnus et mis en débat) ? Le sont-ils par la peur du déclassement, je n’y crois personnellement pas. Cette réalité-là n’est pas encore débattue, elle est pourtant porteuse de mauvaises nouvelles pour les budgets et donc la redistribution… et la richesse de tous.
Les politiciens qui cachent la réalité, les médias qui communiquent sur des détails… les Français ont donc moins de mémoire que de pressentiments. Ils vivent sans doute davantage les éventuels périls futurs que ceux auxquels ils ont échappé. Pouvons-nous leur en vouloir, mal informés comme ils le sont ?
La crise que nous vivons dévoile le fossé qui sépare le « pays précaire » (notamment industriel) du « pays protégé » (notamment fonctionnaire…). Nous vivons plusieurs états sociétaux en même temps (nous y reviendrons), (quel sera le révélateur d’un futur changement soft ou brutal ?) : pré-insurrectionnel dans les banlieues, malaise général, les gens ont trop peur pour tenter une révolution… quoique… ! Toujours pas de véritable révolte, au sens strict du terme, mais une colère qui s’amplifie.
Rien qui permette d’identifier ce que sera la prochaine crise et quelle forme elle prendra car domine malheureusement un état de « fatalisme » (qui vient suivre le relativisme occidental décrit depuis deux à trois décennies), voire une indifférence de plus en plus forte et inquiétante à la fois (elle accentue le phénomène d’individualisme et maintenant d’individualisation personnelle et communautaire).
 
« La société est trop fragmentée », comme l’explique Alain-Gérard Slama, pour exprimer autre chose que des protestations catégorielles. Pendant que l’administration, débordée (par ses propres normes aggravant les nombreuses lois bavardes…), souvent désabusée (le temps passe… il fait son œuvre), hantée par l’anxiété, parfois du déficit, souvent du respect des normes édictées, sans réel pouvoir politique, mais qui « surveille », oriente, affirme, choisit à la place des autres.
Et tout ceci permet d’affirmer aujourd’hui que l’on gère « beaucoup » de dossiers… mais à mon sens jamais (ou pas assez) de projets.

 

Le déficit de valeur et de référence s’aggrave, le moral est miné, nous sommes devenus le peuple, je l’ai déjà dit, le plus pessimiste d’Europe. Et l’on sent bien les valeurs revenir et reprendre le pas sur la dite « modernité soixante-huitarde » (avec le laisser-aller qu’on a vécu).
 
VII. Et les politiciens : ils sont loin du POLITIQUE
 
Ce sont des Élus qu’il nous faudrait à nouveau, le système représentatif est encore le plus juste. Mais les politiciens, simples techniciens politiques, ont tué les représentants du peuple.
 
Le monde politique se réfugie de plus en plus dans les apaisements, la flatterie, le pédagogisme, les excuses… jusqu’aux renoncements (qui nécessitent, bien sûr, mensonges… !). Les compromis se succèdent et sont pris pour des consensus ! ! !
Un état moderne et réaliste devrait préserver le travail (une valeur), la responsabilité, la sécurité (valeur de droite ?), la cohésion sociale (valeur de gauche ?) et reprendre la main sur l’immigration, avec volonté (partagée par les peuples de droite et de gauche…). Il devrait maîtriser (ou du moins essayer de maîtriser) les mutations, sinon au moins les gérer. Malheureusement « sur-administré l’État français est sous- administré » (Jean-François Revel). Revenir à un État réaliste et modeste (alors qu’il s’occupe de tout, nous allons le voir), voilà la sagesse.
« Là où la politique (politicienne) avance, la liberté recule », disait Pascal Salin, avec raison. Car l’État fait mal ce pour quoi il n’est pas fait… et c’est la voie qu’il poursuit actuellement. Par exemple, pourquoi n’est-il pas plus interventionniste dans les domaines régaliens, qu’il a délaissés (en a-t-il encore les moyens financiers… nous savons tous que non), et notamment le premier : la SÉCURITÉ des biens et des personnes. Oser dire non aux revendications des minorités quelles qu’elles soient (ethniques et religieuses souvent). Le communautarisme s’aggrave.
Tout ceci favorisé par la communication actuelle (réseaux sociaux), l’idéologie (non la frénésie) de la « transparence » évoluant parfois maintenant vers l’obscénité, elle devient le « bal des envieux » (D. Tillinac), l’envie, la jalousie devient l’enfer. La pudeur devrait se retrouver, alors qu’il n’est que grand déballage…), et la porosité croissante de la frontière entre le public et le privé abaisse encore la possibilité de l’État de se retrouver garant de la stabilité de la nation.
 
Que constatent les Français ? Que les grandes missions régaliennes ne sont plus assurées. Plus ils payent d’impôts, et moins ils en voient les fruits (services publics, école – enseignement, armée…).

 

Alors ne nous étonnons pas de voir s’aggraver le populisme (jusque dans nos collectivités territoriales), le « soviétisme » (de nos structures d’État), le clanisme (de nos partis politiques). L’apparition d’une nouvelle « oligarchie » parisienne, centralisatrice et prenant le pouvoir, de moins en moins éhontée, aux yeux de tous, même des politiciens, et qui maintenant s’étend dans toutes les strates de l’État (et collectivités territoriales).
 
En même temps, l’ascenseur social des années 1960–1970 n’est même plus en panne, il est mort.
 
VIII. La France silencieuse
 
La France silencieuse, jamais écoutée, qui boucle mal ses fins de mois (et qui va les boucler moins encore…), les « nouveaux pauvres » inventés dans les années 1983… vont être de plus en plus nombreux, et surtout dès demain, ils auront FAIM… La faim est mauvaise conseillère… Les taxes et impôts toucheront une grande partie de ceux qui ont peu.
Mais nous le savons tous… ils n’auront pas grand-chose, ou rien à perdre ! Alors ? Cette France silencieuse craint, encore, le déclassement social, elle voit les solidarités (longtemps et encore actuellement proclamées) s’essouffler… Le peuple voit ainsi l’abandon progressif de ce que lui apporte la nation.
Le peuple est inquiet, l’irritation populaire monte, le peuple ronge son frein (les mensonges deviendront de plus en plus inacceptables), la légitimité des partis, après celle des corps intermédiaires (syndicats…), est en cause. C’est une altération profonde de notre société qui, risquant de devenir inéluctable, laissera le peuple seul face à lui-même. Et vers qui alors tendra-t-il ?
La nation attend un clair projet de société apportant des réponses aux faillites de l’État providence et de la société multiculturelle. La qualité des rapports humains se dégrade avec des montées d’agressivité au sein des familles, des entreprises, des espaces publics (selon le rapport de Jean-Paul Delevoye, alors médiateur), car la population discerne un sentiment d’injustice, un ressentiment à l’égard de l’administration. Une banalisation de la violence… verbale et physique s’étale dans notre vie quotidienne (mais toujours cachée dans le petit écran). Il ne reste plus de sanctuaire : hôpitaux, églises, universités, commissariats, cabinets médicaux… « Les actes barbares » comme le disent certains, ont déjà cours… chez nous, régulièrement… Cachés malheureusement eux aussi par les médias.
 

IX. Immigration et désinformation
 
Le sujet le plus évacué, et le plus désinformé actuellement, est celui de l’immigration… Dès que le sujet est abordé publiquement, il est faussé par la « police de la pensée »… Cette domination de l’idéologie antiraciste n’est pas bonne pour les relations de la société française. « Le réel est congédié » dit Michèle Tribalat, elle a raison (il est d’ailleurs toujours interdit de mesurer les flux migratoires et leurs concentrations… dommage pour le débat et la vérité).
On peut fausser le débat, l’occulter, mais la réalité vécue quotidiennement par beaucoup est bien un réel handicap pour l’évolution de la nation. Qu’y a-t-il de mal à dire que l’immigration massive et indifférenciée, qui accélère la défrancisation et met en péril la protection sociale (conçue au contraire sur l’homogénéité et la solidarité de la nation) est une erreur pour la France et les Français ? Ouvrons au moins le débat ! Non, chut… l’évolution multiculturelle malmenée dans le monde entier semble chez nous la seule voie choisie par les responsables politiques. Pourquoi ?
 
Tout ceci majoré par le choix en 2004 par les responsables de l’Union Européenne d’une Europe ouverte et massivement multiculturelle, et par essence même, polyethnique… Pourquoi là non plus aucun débat avec les peuples d’Europe ? Qui malheureusement s’éloignent de l’idée même européenne.
 
Le laisser-aller et/ou l’idéologie ne semblent pas être les seules causes, s’y rajoute l’effacement non avoué, mais réel de la civilisation judéo-chrétienne et gréco- romaine. Pourquoi ? Ici non plus point de débat ?
 
X. Crise de civilisation
 
C’est une crise de civilisation vraie que nous vivons. De multiples fractures qui se font jour affaiblissent encore notre pacte républicain. La perte de liberté et de responsabilité (la fonction même est pénalisée) au profit d’un égalitarisme à la mode, aggrave cet affaiblissement et majore le manque de confiance et la peur de l’avenir.
La crise de l’État et de la République complique notre vie démocratique… Ce sont les structures qui sont en cause : minage des institutions, de la justice, de l’autorité de la loi, du système éducatif, de l’ordre public, de la crédibilité des élites… Aggravation de l’arbitraire (des juges), la légitimité de la loi est sapée au nom de la reconnaissance des droits ; les diplômes sont dévalués, la famille s’amoindrit. Certains, devant cette réalité, parlent même de « barbarie rampante », même exagéré on sent le terme compris par une partie de la population. Alors qu’on ne parle que d’incivilité… ! Trois décennies que régressent l’arbitrage et la sanction d’un État exténué. Les institutions refusent les réformes pour décider de la leur. Pendant ce temps-là, les législateurs accommodent leur loi aux évolutions de la société, ou parfois de quelques minorités, « lobbies agissant » seulement. Le rôle réel et essentiel du législateur et de l’exécutif est aux antipodes de cet État. Il doit conduire la nation, avec un projet clair débattu… Nous en sommes loin. Faudra-t-il alors changer tout le personnel politique ? (J’y crois.)

Loin d’inciter au courage et à la responsabilité, le pouvoir fait de l’assistance et du loisir les vaches sacrées de la modernité, en diminuant les libertés individuelles et des collectivités territoriales. Celles-ci passent maintenant le plus clair de leur temps à essayer de comprendre la règle et de faire entrer le dossier local (avant qu’il ne soit projet, dans les limites de ces mêmes règles…) afin qu’il ne soit pas retoqué ! Que de temps perdu !
Mais là où tout se complique encore et alourdit le cheminement des dossiers… c’est l’acceptation (et maintenant parfois bienveillante !) d’une partie des élus locaux, qui pensent avoir fait leur devoir et rempli leur fonction en respectant des règles « bureaucratiques » qui les éloignent de la réalité de la demande du citoyen et du territoire. La prospective a disparu.
Que de temps et d’argent perdus… Et la sanction tombera, ici aussi (on le voit déjà) : manque de confiance envers les élus locaux et difficultés de plus en plus importantes à monter des listes et à trouver des gens responsables parmi ces mêmes élus locaux (même chose pour le monde bénévole et les responsables d’associations…) ; sans en rajouter… Mais que vient faire ici aussi « une parité imaginée » comme un formidable élan de modernité et d’ouverture (logique et souhaitable aux femmes), qui aux yeux de tous les responsables montre ses limites. Ne serait-ce qu’en bloquant un certain nombre de sièges à de véritables responsables (femmes ou hommes).
L’idéologie politicienne est essentiellement basée sur le clientélisme. Le citoyen que l’on fait retomber en enfance attend tout du maternage de l’État, attend tout et même, maintenant, sans en prendre conscience. L’actif est sacrifié à l’assisté, le maître à l’élève, le mérite à l’ancienneté, la création à la protection, le risque à la précaution, la sanction à la prévention. Une sorte de « modèle français », bureaucratique, qui sert de repoussoir à beaucoup, dont l’Europe. Il ne nous mènera… qu’à la ruine.
Il faut revenir à une société de « l’a posteriori » plutôt que de « l’a priori »… où chacun prend ses responsabilités, ses risques. La sanction éventuelle n’arrivant qu’à la fin de l’action.

 

XI. Nouvelles règles démocratiques ?
 
Si l’on y rajoute que la démocratie au sens noble est tronquée maintenant, amputée ou, au contraire, a plusieurs bras… (mais laquelle sera dans l’avenir choisie ) ? La démocratie représentative (élus du peuple) est devenue participative, en intégrant dans des « comités locaux »… des mouvements, des associations, des individus, sans représentativité démocratique, portés par la seule légitimité des problèmes qui les intéressent.
Cette démocratie-là (qui devient occasionnellement à deux têtes – voir les élections des conseillers départementaux) en passant par une forme spéciale, celle du diktat des sondages, c’est-à-dire une démocratie d’opinion et de plus en plus émotionnelle : quelques phrases et photos suffisent aux « 20 heures » pour, sans réalités ou réflexions, amener le présentateur à affirmer ce qu’il ne connaît pas. Par ruse ou incompétence, ou les deux, la magie s’opère… La correction du lendemain ne servira à rien.
Sans oublier cet emballement incontrôlé des médias qui suivent les premières informations données. La raison se perd en route et atteint la vulnérabilité du citoyen. La démesure et la dérision d’ailleurs allant de pair, vous voyez où peut bien se cacher la réalité.
La démocratie devient ainsi romanesque, nous suivons, comme le dit Christian Salmon, les campagnes électorales et les joutes politiciennes comme des reality- shows permanents. Il faut des rebondissements, des coups de théâtre, du suspense mais jamais de la réflexion de fond.
Tout ceci est intrigant, et nous le savons tous, seul le mal est désirable. « Nous nous vautrons dans les feuilletons politiques, qui n’ont d’autres buts, que de nous tenir en haleine ». Le pouvoir disparaît, vive le mythe de la gouvernance, mais respect à ceux qui osent encore l’exercer pour les autres.
Claude Imbert l’écrivait souvent « les démocraties ont des lois pour garde-fous et le sens commun pour viatique… Mais les libertés conquises dans nos pays, courent à leur perte par des lois qu’elles transgressent, les lois qui les protègent et qui fondent l’État de Droit… ».
On peut ajouter que l’absolu du profit, l’absolu de la transparence, de la précaution sont les fourriers de la tyrannie (il faut oser le mot). Toutes les incertitudes et contradictions ou le manque de réalisme sont à la mesure du fossé qui se creuse entre les représentants de l’État et la société civile. L’évolution de notre société est telle qu’à la suite de l’État providence, il est impossible pour les élus d’écouter (sans pouvoir satisfaire) la demande exponentielle de protection, de sauvegarde des droits acquis. Du coup, l’État s’affaiblit en s’alourdissant.
L’égalité des droits, l’autonomie, la responsabilité devraient au contraire être de nouvelles conditions fondatrices d’une liberté citoyenne. Nous en sommes bien loin.

 

XII. Les comportements humains dans la société
 
Un mot d’explication des comportements dans notre société, où comment l’individu (ou le groupe, la communauté) peut-il fuir sa condition quotidienne ? Nous vivons dans une crise française profonde et nous verrons plus loin les fractures qui existent (et qui se multiplient).
Mais avant faisons le point, non sans avoir rappelé que pour sortir du quotidien, il existe deux possibilités importantes : SPORT et CULTURE. C’est important de rappeler cette idée toute simple mais perdue de vue. Une minorité importante et croissante rejette la société actuelle par mal-être, contestation (dans son fondement, dans ses buts)… etc.
L’explosion du « mal-être » est d’ailleurs pour moi une clé essentielle de l’évolution du comportement électoral : abstention massive et vote aux extrêmes.
 
Mais que reste-t-il au peuple, aux citoyens, aux personnes ? La violence et/ou la fuite, c’est tout simple. La violence « lucrative » : c’est-à-dire les crimes et délits, ou la violence dite « gratuite », c’est-à-dire la casse, la destruction… et parfois un mélange des deux (comme au Trocadéro !).
Pour ce qui concerne la fuite, deux façons également, la consommation d’excitants (alcool, drogues) ou de tranquillisants, antidépresseurs, ou l’admission en milieu psychiatrique (suicide, tentative de suicide…). Toutes ces personnes-là, ou ces groupes, se sentent oubliés, marginalisés, étouffés, exclus. Que leur reste-t-il ? La révolte ou la désespérance, dans un état de peur, d’anxiété chronique. Ils remettent ainsi en cause les systèmes économiques, sociaux, culturels… l’action politique (en tant que pouvoir d’action sur la vie collective). Ce sentiment, très marginal il y a trois décennies, devient maintenant dangereux (et souvent majoritaire) pour la démocratie. Car pour cette population, la politique est incapable d’agir sur la crise ou les crises de la société actuelle, et même je le crois (pour l’entendre souvent maintenant) de la comprendre.
Tout y passe : chômage, stress au travail, compétition, peur de l’avenir, anxiété face à la mondialisation, agression des pollutions, ravage de la solitude, écrasement de l’individu (notamment dans le gigantisme urbain), désarroi sans doute important résultant du vide spirituel.
Devant cet état de fait, mal connu et mal apprécié des politiciens, il faut une autre vision de la politique par les objectifs et par les valeurs. Pour changer les comportements, les gouvernements depuis 2012 en particulier, utilisent maintenant la fiscalité, non pour résoudre l’équation budgétaire mais bien pour modifier les comportements des Français (diesel, transports routiers, grosses cylindrées, soda, tabac, alcool…).

 

Sans oublier que la « virtualisation » de notre vie moderne est en train de rejeter le réel. Ce faisant elle annihile le sens de toute vie et sa liberté. L’appréhension du réel libère tandis que le virtuel enferme dans le mensonge. Il nous faut un développement centré sur les besoins de l’homme… un nouvel humanisme en quelque sorte.
Celui-ci doit se comprendre en fonction des évolutions du lien social en France depuis l’éclatement de la cellule familiale, la fragilisation des unions, la remise en cause des services publics, la baisse de la participation électorale, l’augmentation de la délinquance, les problèmes d’intégration… Ceci fragilise le lien social bien sûr mais ils sont la contrepartie de libertés nouvelles qui prolongent le processus d’individualisation (tolérance sexuelle, choix accru des relations sociales…). Tout ceci montre que c’est sans doute la préservation du lien civil qui est la plus délicate au vu de ces évolutions récentes en matière de civilité et de civisme. Ce sont donc bien les liens civils moins que les liens privés qui sont la suite des crises sociétales. L’individualisation correspondant à une culture du choix, chacun affirmant son autonomie, sa capacité d’orienter son action sans être contrôlé et contraint. La perte de prégnance du catholicisme sur les consciences, ce que l’on peut appeler le mouvement de sécularisation de la société, contribue fortement à cette affirmation de l’autonomie individuelle.
Le respect de cette autonomie et la demande de permissivité concernant la vie privée sont de plus en plus fortement affirmés. Chacun veut avoir la maîtrise de sa vie et de sa sexualité, sans juger le comportement des autres. C’est pourquoi : l’euthanasie, le divorce, l’avortement, l’homosexualité, pratiques autrefois socialement ostracisées, sont largement et de plus en plus considérées comme des pratiques légitimes. Alors que les écarts pour tout ce qui concerne le vivre ensemble et l’organisation sociale sont beaucoup moins tolérés.
Cette individualisation se lit également dans les valeurs politiques et religieuses qui sont de plus en plus des constructions bricolées. Les valeurs de gauche et de droite sont ainsi mélangées et les convictions politiques personnelles sont ainsi décalées par rapport au grand système constitué.
Nous le voyons cette individualisation se poursuit dans les domaines de la vie, qu’il s’agisse de la famille, du travail, de la religion, de la politique… La valorisation des choix individuels originaux se détache ainsi des conventions morales et sociales. Il s’agit en somme d’être original pour la construction de sa vie, des projets, de son couple. Les lois ne sont plus intangibles et sacrées, on prend ce que l’on veut et on crée son propre système de valeurs.
Cette individualisation concerne les valeurs, et non les individus, le risque semble donc moindre d’aboutir à une atomisation de la société. Il y a donc bien une différence entre individualisation (humanisme personnel) et individualisme (intérêts personnels). La demande de libertés privées est désormais assortie d’une demande forte de régulation publique.
N.B. : la société « infantilisante » et « maternante » à outrance, actuelle, veut éliminer à tout prix les différents échappatoires et interdits nécessaires à toute société. Il s’agit, par exemple, du tabac, de l’alcool, du chocolat, du Coca-Cola, du thé, du café… Ils permettent tous une transgression a minima de coût pour la société mais sont régulièrement décriés par les élites, et les « experts » (sans véritables études scientifiques médicales, ou études contradictoires).
 

XIII. Le débat
 
Il est urgent que le débat s’instaure, tous les débats, et que la liberté redevienne la première qualité républicaine (liberté de penser, de dire, d’agir… et non cette évolution vers une société de prêt-à-penser soviétisée), et double enfin l’égalité transformée en égalitarisme.
 
Plus le débat referait surface plus le mal français, décrit par Alain Peyrefitte (en 1976), fait et entretenu par quelques idéologues qui sapent ce qu’il reste de notre « société de confiance » (autre idée du même auteur), serait amélioré. Il faut restaurer une société de responsabilité face à cette « société à irresponsabilité illimitée » qui conduit notre pays à sa perte. Bientôt il ne restera plus chez nous qu’une société de divertissement, avec ses nouveaux pasteurs, chargés de faire avancer nos concitoyens vers le bonheur orienté et l’assistanat généralisé.
 
XIV. L’État providence et sa descendance
 
Et si nous parlions un peu de ce « cher » État providence. Il a été inventé à la sortie de la Seconde Guerre mondiale afin que chacun puisse trouver tout au long de sa vie la possibilité d’être aidé, si le besoin s’en faisait sentir (d’où la mise en place de l’assurance maladie, les allocations familiales… etc.). Belle et généreuse idée, d’autant que parallèlement la mise en route du système productif français engrange l’argent nécessaire à l’équilibre des comptes sociaux (« Les Trente Glorieuses… »). Au fur et à mesure du temps, ce fabuleux projet, cette fabuleuse machine s’est mise à dysfonctionner (hypertrophie des services, normes accrues, principes édictés en plus grand nombre, déséquilibre budgétaire, augmentation considérable des ayants droit, chute des recettes… etc.). L’incapacité des gouvernants de prévoir l’avenir, d’organiser les lignes budgétaires, d’équilibrer les comptes… mais au contraire d’y puiser sans cesse l’argent qui faisait défaut dans d’autres compétences régaliennes… par souci de clientélisme et d’ignorance prospective, a accentué ce dysfonctionnement.

 

Voici donc notre État providence devenu tour à tour : état d’assistance, de plus en plus pléthorique, redistributif au gré des gouvernants et de leur clientèle. Précautionneux (principe de précaution dans la Constitution), puis très rapidement suivi de normatif et d’hygiéniste… il est devenu, depuis quelques années, infantilisant (et donc de plus en plus déresponsabilisant), tous nos itinéraires sont fléchés « physiques et mentaux » et maintenant moralisateurs (morale décidée d’en haut).
 
Il faut abolir l’État providence, sclérosant toute évolution de notre société.
 
Et parallèlement les droits et les acquis sont toujours prioritaires par rapport aux devoirs… L’équilibre indispensable entre ces deux principes se fissurant, notre société évoluera forcément vers plus de disqualification, d’injustice et donc de repli sur soi.
 
Les dépenses sociales sont à un niveau record en France. Cet acharnement à materner les Français, comme des enfants, annihile l’esprit et affaiblit la volonté. Trop d’aide sociale c’est déresponsabiliser et démotiver ceux qui payent impôts et taxes. Cela crée un handicap à l’épargne, à l’investissement, à l’initiative, au travail.
 
C’est cet état d’esprit et ce long processus qui, comme le dit Guy Sorman, « ont asphyxié la croissance économique… et même en Europe ». Il faut revenir sur ces acquis. L’obligation d’économiser va obliger à renoncer à une partie de la société de loisirs, bref tout ce qui fait le socle de beaucoup de programmes de partis politiques.
Avec toutes les métastases de cet imposant et important « État providence », vous le voyez l’arbitraire est de retour (clientélisme encore, loin du général) et parallèlement l’évolution négative se poursuit dans toutes les couches de la société. Le privé, l’individu replié sur lui-même, ne s’occupera maintenant que de lui… au diable les codes (de la route, civisme…), le savoir-vivre, le savoir-être, les savoir- faire… la galanterie.
Au-delà de cet état de fait et de scepticisme à l’égard de tout pouvoir (le savoir à l’école, le diagnostic du médecin…), c’est l’autorité qui est en crise, bientôt suivie par le non-respect de la hiérarchie. Chacun pour soi… pas de problème dans un cercle privé, restreint, mais dans la société ! Quelle chienlit si chacun fait ce qu’il veut.
L’hédonisme, apparu dans les années 1968 mais inscrit bien avant dans l’évolution de la civilisation, se fait jour et devient majeur depuis deux décennies au moins. Mais celui-ci est aggravé depuis une décennie au moins par le « relativisme »… tout dans « l’à-peu-près », « pas vraiment juste – pas vraiment faux »…
Et vous entendez comme moi, à longueur de journée le « c’est bien bon »…devenu pluriquotidien… Perdus la responsabilité, le travail bien fait… Voilà comment un comportement de cette nature vient vous polluer jusque chez vous, quand il faut faire quelques menus travaux quels qu’ils soient…! Le résultat n’est plus jamais de totale qualité… Alors imaginez dans l’ensemble de la société et dans la sphère étatique. Et puis, un des plus grands jeux de notre époque, c’est aussi celui de la « patate chaude »… À l’autre, le problème, à l’autre, la faute… sans commentaire.
 

XV. Les règles, les normes
 
Et rajoutez à tout ce qui vient d’être dit, un nombre incalculable de lois votées dans nos deux assemblées (Assemblée Nationale et Sénat). Souvent des lois du « 20 heures » (signifiant et voulant régler un problème mis en avant au cours d’un « JT »), et toujours des « lois bavardes » (Pierre Mazeaud), sans aucune consistance réelle, dont le préambule est souvent plus long que le texte lui-même… Des lois prête-noms pour quelques politiciens en quête de notoriété, vous voyez le désastre. Heureusement, un nombre non négligeable de lois n’ont jamais de décret d’application et de ce fait ne sont pas appliquées.
Les lobbies sont nombreux et importants dans toute société, ils essayent d’user et d’abuser l’évolution de la société à travers la publicité, les médias, leur communication propre… jusqu’au gouvernement qui subit lui aussi, comme le parlement ses influences.
Rajoutons encore à cela

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