Intégration et coopération en Afrique
166 pages
Français

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Intégration et coopération en Afrique , livre ebook

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Description

Cet ouvrage examine l'intégration africaine à partir de théories générales élaborées dans le cadre de la construction européenne. L'auteur y expose les idées politiques et philosophiques purement africaines pouvant donner lieu à un début de théorisation et conclut que, malgré l'ingéniosité dont font preuve les Africains en matière d'intégration et de coopération, la nécessité d'une identité africaine s'impose, tout comme se pose le problème de la pensée africaine dans ce domaine.


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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2014
Nombre de lectures 58
EAN13 9782336362908
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0700€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
4e de couverture
Titre
Guy Mvelle






Intégration et coopération en Afrique
La difficile rencontre possible entre les théories et les faits
Copyright























© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-71301-4
Dédicace


A Mademoiselle Mvelle Mendo Francette Rita Ivana
Et à toute la grande famille Mvelle
Remerciements
Cet ouvrage est issu de la première partie d’un enseignement dispensé à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) et à la faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université de Yaoundé II au Cameroun. La chance que j’ai eue de monter ce cours, je la dois à mon grand frère et ami le Professeur Alain Didier Olinga. Il m’a confié cet enseignement sans inquiétude, en me donnant les orientations décisives sur lesquels il est fondé aujourd’hui. Sans lui je n’aurai sans doute jamais eu l’intuition de faire un travail allant au-delà de l’observation que je fais depuis quelques années sur l’Union africaine. En maintenant ce cours au sein du Département qu’il dirige à l’IRIC, tout en insistant que j’en sois « le titulaire perpétuel », le Professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyanding, confirmait ce choix par l’honnêteté intellectuelle.
Je suis par ailleurs redevable à tous mes étudiants qui m’ont toujours fait l’amitié de m’avouer que cet enseignement a été la clé, soit de la compréhension générale qu’ils ont de l’intégration africaine aujourd’hui, soit la source de leur réussite à un concours administratif, soit le cadre d’inspiration de leurs travaux de mémoires.
Que les uns et les autres soient ici infiniment remerciés, tout en sachant que les insuffisances persistantes de ce livre relèvent de ma seule responsabilité.
Introduction générale
L’intégration et la coopération sont deux variantes des relations internationales qui traduisent les différents degrés auxquels sont arrivés les acteurs internationaux dans leurs rapports mutuels. Ces deux concepts et la réalité qu’ils recouvrent montrent que les relations internationales ne sont pas seulement conflictuelles et menées par les souverainetés animées par leurs égoïsmes. Certes les États y gardent une place prépondérante et entendent défendre prioritairement leurs intérêts, mais ils ne sont plus capables individuellement de répondre aux besoins sans cesse croissants et complexes du corps social, et savent agir conjointement quand cela est nécessaire. C’est dans ce sens que l’on pense que l’État a dû s’ouvrir de plus en plus aux échanges avec l’extérieur, et donc s’est engagé dans une interdépendance croissante entraînant la restriction de son autonomie.
Le présent ouvrage sur l’intégration en Afrique intervient dans un contexte marqué par plusieurs faits. D’abord un dynamisme sans cesse croissant et des efforts renouvelés de l’Union africaine pour mettre en place des institutions et des organes ayant plus d’autonomie vis-à-vis des États membres, et plus d’efficacité par rapport aux problèmes de développement et de sécurité qui se posent aux peuples africains. Ensuite, on observe une forte rationalisation des efforts des regroupements régionaux et sous régionaux en vue d’une intégration plus avancée pouvant susciter la paix, la sécurité et un développement durable en Afrique. Enfin, on peut néanmoins noter une difficile évaluation des efforts réalisés en matière d’intégration, plus de cinquante ans après la création de la première organisation continentale, l’Organisation de l’unité africaine (OUA).
Mais si la coopération et l’intégration traduisent effectivement la manifestation d’une interdépendance entre États et entre peuples, elles se différencient justement par le degré de fusion auquel sont arrivés les différents acteurs dans leurs activités à un moment donné. D’où le débat ouvert sur la question de savoir ce qui prime en Afrique : la coopération ou l’intégration. L’intégration est plus poussée que la coopération, les deux devant être d’ailleurs rapprochées aux notions de régionalisme et de régionalisation 1 pour sans doute éviter l’ambigüité que l’on soulevait déjà il y a bien longtemps entre la notion de « régionalisme international » et celle « d’intégration régionale » 2 .
Pour Ernst Haas, l’intégration est un processus dans lequel les élites transfèrent « leurs loyautés, attentes et activités politiques vers un nouveau centre dont les institutions possèdent et revendiquent des compétences supérieures à celles des États nationaux préexistants » 3 . Cette définition qui est très politique et statocentrée a le mérite d’inscrire l’intégration dans un « processus ». Ce qui suppose une quête permanente, étape par étape, jamais définitivement ou difficilement atteinte, une dynamique dans laquelle s’inscrivent les unités politiques qui confèrent à une nouvelle structure une bonne partie des missions qui jadis leur appartenaient : droit de battre monnaie, diplomatie, défense, sécurité, justice… Le but est de réaliser ensemble des missions d’intérêt commun. Cette nouvelle structure fixe « des règles de conduite communes, susceptibles de consolider » les relations mutuelles et d’exercer une influence commune à l’extérieur 4 . Si la définition que donne Haas de l’intégration permet de saisir les principaux termes du débat, son caractère purement politique oblige à envisager une approche plus large de cette notion. Par ailleurs, le contexte dans lequel s’élabore cette définition empêche l’auteur lui-même de généraliser cette définition. On sait que dans l’approfondissement de son étude sur la CEE, le politologue américain est devenu sceptique sur les mérites du fonctionnalisme et sur la possibilité de considérer l’intégration européenne comme un modèle susceptible d’être étendu à d’autres États 5 . Bien plus, pour Michel Bergès : « Ernest Haas (…) s’intéressait de près à l’intégration européenne, mais il le faisait avec l’espoir que ce processus étonnant ferait disparaître la relation directe du citoyen à l’État, cause des désastres militaires d’origine nationaliste » 6 . En effet, Haas se posait une question essentielle, celle de savoir si l’intégration constatée en Europe n’est pas le fruit exceptionnel de circonstances historiques particulières, et d’un fond commun d’histoire millénaire. Bien plus, le mécanisme est-il transposable dans un autre milieu dénué de ces capacités particulières ? 7
Une conception plus large de l’intégration (conception sociologique) fait d’elle un « processus par lequel se tissent des liens multiples soit entre États, soit directement entre communautés nationales jusqu’à un seuil remettant en cause, au moins partiellement, le principe même de la souveraineté nationale » 8 . Plus qu’une approche statocentrée, cette définition identifie d’autres acteurs que les États comme catalyseurs de l’intégration, même si la puissance publique ne s’efface jamais définitivement du processus. Que l’on se situe dans une approche sociologique ou dans une vision plus statocentrée, l’intégration suggère une démarche d’interdépendance. C’est dans ce sens que Karl Deutsch, repris par Bertrand Badie, soutient que les États ne sont pas ces atomes qui agissent exclusivement en fonction d’une rivalité de puissance sans fin, mais aussi des unités interdépendantes, non seulement d’un système international, mais aussi de sous-systèmes d’intégration plus ou moins marquée, pouvant forger notamment des communautés de sécurité 9 .
À partir de ces éléments, des traits principaux de l’intégration au plan politico-institutionnel peuvent être identifiés. Il s’agit de l’attribution à la structure d’intégration des compétences dans des domaines qui sont traditionnellement considérés comme liés à la souveraineté de

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