Le crépuscule du modèle politique et administratif français
105 pages
Français

Le crépuscule du modèle politique et administratif français

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105 pages
Français

Description

Au sortir de la seconde guerre mondiale, l'Etat républicain a été redéfini dans un esprit d'union nationale et dans une perspective de reconstruction. Ce modèle très fortement centralisateur ne répond plus aux attentes des citoyens. A l'heure de la mondialisation et de l'intégration européenne, l'Etat devenu omnipotent au fil des décennies n'assure plus ses fonctions premières d'exemple à suivre, de stratège et de protection. Là où les pays neufs inventent le monde de demain, le nôtre s'abime en débats d'arrière garde. Va t-on sortir de cette impasse ? Où sont les dérives, les inutilités ? A quoi sert encore l'Etat ?

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Date de parution 20 novembre 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140163876
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Questions contemporaines
LE CRÉPUSCULE DU MODÈLE POLITIQUE ET ADMINISTRATIF FRANÇAIS
Questions contemporaines Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud, Bruno Péquignot et Xavier Richet Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Alexandre BAUMANN,Effondrement, burn-out et échec scolaire, 2020. Romain STEFFENONI,Antispécisme, l'animal moral,2020. Abdoulaye NGOM,Migration clandestine sénégalaise vers l’Europe. Enjeux, déterminants et perspectives, 2020. Charles PEREZ, Karina SOKOLOVA,Prison numérique. Mise en lumière de quelques nuances sombres de notre société numérique, 2020. René MUZALIWA MASIMANGO,La juridification du politique,2020.René MUZALIWA MASIMANGO,Enjeu des théories des crises politiques,2020. Jacques LANGLOIS,Du système libéralo-capitaliste moderne, 2020. Benjamin W. L. DERHY KURTZ,L’industrie télévisuelle revisitée. Typologie, relations sociales et notion(s) du succès, 2020. Jean-Yves CORNACHON,Libertés en péril, 2020. Philippe CONTE,La vraie révolution sera spirituelle. Comprendre pour agir, 2020. Alexandre BAUMANN,Les contenus scolaires, sources d’inégalités ? Une nouvelle piste pour les sciences de l’éducation, 2020. François AUGUSTE,La démocratie en pratiques. Demain commence aujourd’hui, 2020.
Régis Cristin
LE CRÉPUSCULE DU MODÈLE POLITIQUE ET ADMINISTRATIF FRANÇAIS
Du même auteur
Ce que former veut dire, EUE, 2000
Professionnaliser la formation des professeurs de FLE, EUE, 2001
Compostela, Amazon.fr, The Book Edition, 2020
© L’Harmattan, 20205-7, rue de l’École-Polytechnique75005 Pariswww.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-21425-2 EAN : 9782343214252
Des mondes imaginaires en guise d’introduction
Les mondes enchantés de notre enfance, puis de nos jeunes années ont fait place à l’esprit morose de notre temps au fur et à mesure que se délitaient les beaux idéaux généreux d’autrefois, les belles idéologies qui avaient avantageusement remplacé les religions qui elles aussi avaient failli.
Puis, la montée en puissance de pays lointains qui, de subalternes qu’ils étaient, veulent maintenant dicter leur loi au monde alors que c’était notre privilège exclusif, renforce encore cette impression de déclassement qui affecte tout l’occident et particulièrement notre pays.
Enfin, les voyages faciles montrent des réussites éblouissantes, des échecs douloureux là où on nous faisait croire à des jours heureux, et c’est encore tout un pan de nos croyances bien établies qui s’écroule. Alors on s’accroche encore un peu plus à ce qui reste de nos belles idées en fermant les yeux sur le monde qui marche pour se complaire dans un monde virtuel auquel on veut croire encore, bien que déclassé, dépassé, soumis à de nouveaux diktats mais on n’en démordra pas : il vaut mieux avoir tort tout seul que raison avec les autres. Alors l’ironie et la dérision remplacent l’humour, la méchanceté tient lieu de viatique, le repli sur soi prend le dessus. Le désespoir s’insinue dans les interstices du social, mais « le désespoir est la maladie, pas le remède, c’est là sa dialectique » et si ses effets sont visibles, ses causes sont à chercher au cœur de l’homme et dans les travées de la société.
« C’est l’imaginaire qui transporte l’homme dans l’infini mais en l’éloignant de lui-même et en le détournant ainsi de revenir à lui-même ». Il en est de l’homme comme de la société où cet espace infini de liberté est un enjeu, le pire pour un pouvoir s’il ne peut l’investir. Il n’est jamais bon en effet de laisser
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l’imagination prendre le pouvoir comme on a pu le rêver en d’autres temps et si la plage ne se trouve définitivement pas sous les pavés, les voies du pouvoir en actes sont rarement pavées de bonnes intentions.
Parce que l’imaginaire est liberté. Et celui qui contrôle l’imaginaire, contrôle la liberté. C’est pourquoi la communication a remplacé l’information, le spectacle permanent des réseaux et de la télévision a remplacé la culture et l’internet a remplacé la vie réelle.
La communication, au centre de toutes les attentions est devenue objet scientifique et les sciences de la communication ont pris une importance sans commune mesure avec ce qu’elles sont censées décrypter et elles démontrent par l’absurde l’omnipotence de ce qu’elles analysent. Les politiques d’aujourd’hui ne viennent pas de l’inventer mais le soin qui est pris à communiquer dépasse de loin désormais le contenu même de la communication : plus une seule intervention politique, une seule conférence qui ne soit préparée selon des critères dits scientifiques et décryptée selon les critères inverses, pour en connaître non pas les contenus mais pour voir et savoir si les messages sont passés et ont été entendus.
Ce monde de la communication remplace progressivement le monde imaginaire et tend à combler notre imagination. Cet imaginaire créé de toutes pièces pour notre bonheur ou plus probablement pour notre malheur n’est plus le fruit de notre imagination poétique, littéraire ou plus globalement personnelle mais il est celui des médias à l’œuvre qui tentent par tous les moyens de penser pour nous, de nous fabriquer un monde où nous n’ayons plus à nous confronter au réel mais seulement à consommer afin de laisser à d’autres le soin d’organiser notre vie.
Or plus on avance et plus ce qui nous est proposé est décalé par rapport aux attentes des populations et ce qui est proposé par les élites politiques des oppositions renvoie la plupart du temps à des idéologies et des mondes qui n’existent plus, qui ont tous failli, qui ne sont plus des modèles et qui ne font de toute façon
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plus rêver. Tout ce qui est dit et énoncé peut être sans difficulté contredit par la globalisation des échanges et la mondialisation, monde lui aussi fabriqué par les machines, virtuel donc mais qui est devenu la référence : comment se réapproprier le réel alors que tout ce qui compte est virtuel, comment se réapproprier sa propre vie, revenir à soi quand l’imaginaire est saturé, comment se réapproprier son imagination quand tout est préfabriqué, enveloppé, prédigéré et prêt à consommer ?
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