Le défi de changer les choses : Anthologie commentée des discours de Paul Gérin-Lajoie
426 pages
Français

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Le défi de changer les choses : Anthologie commentée des discours de Paul Gérin-Lajoie , livre ebook

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Description

«Le défi de changer les choses»… C’est ainsi que Paul Gérin-Lajoie, figure phare de la Révolution tranquille, résume son engagement public. Mais si c’était plus…Jeune avocat brillant, il veut contribuer à l’éveil du Québec d’après-guerre. Lettré, formé dans les grandes universités, ce citadin milite, puis se met au service d’une population rurale pour articuler ce rêve de façon concrète. Élu, il disposera des ressources qui lui permettront d’être porteur du changement souhaité. Et toujours, la parole est présente, expression de la foi en des façons meilleures de faire et de la capacité de convaincre. Cet ouvrage regroupe quelques-uns des discours les plus significatifs de Paul Gérin-Lajoie, illustrant les grands jalons de son action, entre 1948 et 1969: dans le monde de l’éducation. Là sera son plus grand combat, son engagement continu; par rapport à la place du Québec dans le Canada au moment où les positions d’un gouvernement fédéral centralisateur et d’un Québec autonomiste s’affrontent; en lien avec la vie politique et partisane dans une formation émergente; à la base de la définition de l’action internationale autonome d’un État fédéré, le Québec, et d’institutions multilatérales, aujourd’hui la Francophonie.
Plus qu’un florilège, cette anthologie est un fil d’Ariane permettant une meilleure compréhension de la Révolution tranquille – définie comme dans aucun autre ouvrage – et de l’un de ses acteurs les plus influents, véritable porteur d’innovation sociale.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 22 août 2019
Nombre de lectures 2
EAN13 9782760549937
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,1400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Collection dirigée par Patrice Dutil et Nelson Michaud

La collection Administration publique et gouvernance des Presses de l’Université du Québec propose des titres qui mettent en évidence les nouvelles voies de la recherche et de la réflexion universitaires et professionnelles sur les grandes questions et les défis de la gestion dans le secteur public. Les livres publiés portent sur tous les domaines de l’administration publique, allant de son histoire à ses tendances émergentes. La collection comprend des monographies, des collectifs ainsi que des œuvres sur la pratique de la gestion. Elle a pour objectif de porter un regard sur tous les ordres de gouvernement, leurs agences et leurs réseaux, et sur les entreprises publiques. Elle peut aussi comporter des ouvrages traitant de l’incidence qu’ont le secteur privé, les organismes non gouvernementaux et le contexte international sur le secteur public. Les résultats de travaux présentés dans cette collection sont en mesure de combler les besoins à la fois des praticiens et des analystes théoriciens, et ils sont d’intérêt autant pour les gestionnaires publics que pour les chercheurs, les enseignants et les étudiants dans le domaine.
Le défi de changer les choses
Anthologie commentée des discours de Paul Gérin-Lajoie
Nelson Michaud et Jean-François Simard
Préface de Matthias Rioux
Presses de l’Université du Québec Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2
Téléphone : 418 657-4399
Télécopieur : 418 657-2096
Courriel : puq@puq.ca
Internet : www.puq.ca



Révision François Mireault
Correction d’épreuves Luba Markovskaia
Conception graphique Julie Rivard
Mise en pages et adaptation numérique Studio C1C4
Image de couverture Photo GABY

ISBN 978-2-7605-4991-3 ISBN 978-2-7605-4992-0 (PDF) ISBN 978-2-7605-4993-7 (EPUB)

Dépôt légal : 3 e trimestre 2018 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada © 2018 – Presses de l’Université du Québec Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
Aux bâtisseurs de la Révolution tranquille et à celles et ceux qui ont accepté de la nourrir et d’en porter le flambeau
Préface /
Paul Gérin-Lajoie, le magnifique
En 1948, il rentre du Royaume-Uni avec un doctorat en droit constitutionnel obtenu avec brio à l’Université d’Oxford. Le jeune diplômé n’a pas 30 ans, il a fière allure et projette la physionomie d’un premier de classe. Les psychopédagogues auraient classé PGL dans la catégorie des « têtes bien pleines » ou mieux dans celle des « têtes bien faites ». Des attributs convenant parfaitement à un fils de bonne famille de la bourgeoisie canadienne-française des années 1950. Sous des apparences bourgeoises se cachait un démocrate épris de justice sociale.
Comment allait-il disposer des précieuses connaissances acquises en Angleterre ? Marcher sur les traces de son père était dans l’ordre des choses. Du reste, il pratiquera le droit à ses côtés pendant quelques années. Mais, d’aucuns voient l’intellectuel œuvrer comme professeur d’université ou dans un rôle d’expert-conseil au sein d’un organisme des Nations Unies. D’autres, cependant, l’envoient à Ottawa y occuper un poste de haut fonctionnaire ou de conseiller de l’État fédéral en matière constitutionnelle. En vérité, le destin appelait le militant influent ailleurs. Comme s’il avait voulu fixer lui-même le cours des évènements ; en 1959, PGL plonge dans la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ).
Témoin et acteur d’une époque où le Québec bougeait sous nos yeux, je relaterai succinctement ce que je connais le mieux de PGL, l’homme d’exception. Mettre en lumière ce que je crois être le plus signifiant et le plus révolutionnaire de son œuvre, soit la démocratisation d’un système scolaire et la doctrine Gérin-Lajoie , est, à mon avis, un devoir de mémoire.
Nommé ministre de la Jeunesse au sein du gouvernement Lesage, Paul Gérin-Lajoie dirige la plus grande aventure de la Révolution tranquille : réformer de fond en comble un système scolaire désuet. Le défi est colossal. Il ne se défile pas. PGL voit dans l’école publique gratuite pour tous le moyen de relever le niveau de vie des Québécois et de projeter le Québec dans la modernité. Le combat à livrer est manifestement structurel, mais fondamentalement, la réforme scolaire appelle à un changement de culture, voire de paradigme.
Enlever des mains de l’Église la responsabilité de l’éducation pour la confier à l’État est un geste révolutionnaire pour l’époque. Jusque-là, le Département de l’instruction publique (DIP) et ses deux comités (catholique et protestant) ont été amenés à exercer des responsabilités (de la plus haute importance) normalement dévolues à l’État. L’enseignement primaire et secondaire est dirigé depuis des décennies par les évêques du Québec. L’épiscopat catholique règne sans partage sur les écoles publiques, établissant les programmes d’enseignement et dictant à l’État la marche à suivre afin de garantir aux enfants un enseignement confessionnel conforme à la doctrine catholique. Le conservatisme religieux semble avoir figé le Québec dans le temps. En ce temps-là, l’enseignement secondaire catholique est presque totalement privé : les centaines de maisons d’enseignement et les collèges classiques appartiennent à des communautés religieuses. La plupart des universités ont leur administration propre et les plus importantes (Laval, de Montréal et de Sherbrooke) sont régies par des chartes pontificales. Toucher aux prérogatives d’une Église toute-puissante, habituée depuis toujours, et davantage sous le règne de l’Union nationale, de voir le chef du gouvernement s’agenouiller pour baiser la bague des révérendissimes en guise de remerciement pour services rendus, fut perçu par d’aucuns comme un crime de lèse-majesté. Même si un vent de changement souffle sur le Québec au début des années 1960, on imagine difficilement le gouvernement porter atteinte à l’œuvre souveraine et vénérée de l’Église auprès de la jeunesse québécoise. On n’enlève pas facilement les privilèges d’une institution qui a mission de veiller sur la patrie et au salut de ses enfants.
Les obstacles se dressent devant le ministre et son gouvernement. On retrouve sur la ligne de front les ténors de la droite traditionnelle portée par l’Union nationale et le poids du puissant lobby des Excellences, nos Seigneurs qui, du haut de leur trône pontifical, décrètent que l’intégrité du système scolaire confessionnel est menacée par des hommes politiques de peu de foi. Et à l’autre bout du spectre idéologique, la mouvance de la déconfessionnalisation du système scolaire. Bref, les communistes sont à nos portes. Devant cette déferlante sur la place publique, Paul Gérin-Lajoie amorce son mouvement d’opinion en procédant rondement et méthodiquement. Il cible judicieusement ses adversaires et les confronte avec rigueur. Il est sans ménagement pour les hommes d’Église. Sa prose est prompte, ferme et vigilante. Il se révèle un dialecticien redoutable. Pour affronter efficacement les plus audibles, trois documents d’importance viendront structurer et soutenir le discours gouvernemental sur les tenants et aboutissants de la réforme :
A. La Grande charte de l’éducation élaborée en 1961 et votée en 1962 reconnaît aux enfants du Québec le droit à une éducation gratuite de qualité, et la régionalisation complète de l’enseignement secondaire est à l’ordre du jour.
B. Puis, la Loi instituant une Commission royale d’enquête sur l’enseignement est sanctionnée à l’Assemblée législative le 24 mars 1961. La célèbre Commission est présidée par un homme d’Église, M gr Alphonse-Marie Parent, vice-recteur de l’Université Laval. Débute alors la plus vaste étude jamais réalisée au Québec en matière d’éducation. Le rapport en cinq tomes est le fruit d’une réflexion collective d’éminents commissaires et de nombreux experts. Il y a eu la tenue d’audiences publiques dans 8 villes pendant 41 jours durant lesquels 307 mémoires ont été soumis ; 47 institutions furent visitées et 125 personnes ont été reçues en audiences particulières. Une cinquantaine de chercheurs et de spécialistes ont préparé des études sur divers aspects du mandat confié à la Commission par le gouvernement. Le tome 1 du rapport envoie un signal puissant au clergé et au pouvoir étatique : les commissaires enquêteurs dénoncent la verticalité d’un système discriminatoire qui a permis le développement en parallèle d’un secteur public e

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