Le Sens du devoir
209 pages
Français

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Description

Quand Lise Payette se vit confier dans les années 1970 le difficile mandat de réformer, en tant que ministre, l’assurance automobile au Québec, elle devint rapidement, de son propre témoignage, incollable sur la question. Confrontée à l’aliénation et à la mauvaise foi de l’Assemblée nationale durant cette même période, elle n’éprouva aucune réticence à critiquer publiquement l’atmosphère du Salon bleu, au risque de se gagner quelques inimitiés au sein de ses collègues d’alors. Longtemps, par la suite, dut-elle essuyer les conséquences de sa franchise d’alors; mais cela allait devenir la marque de son fort caractère. Jamais elle n’accepta de se taire pour épargner les douces sensibilités de ses détracteurs, surtout lorsqu’il y avait péril en la demeure.
Scénariste, chroniqueuse, animatrice, politicienne : Lise Payette n’a jamais été connue pour mâcher ses mots. En l’espace de cent chroniques (ou presque), on retrouve ici toute la verve avec laquelle elle a su, dans les pages du Devoir, s’emparer du crachoir pour dénoncer les puissants et faire valoir les droits de tant de minorités : les femmes, les peu nantis, le « petit peuple » et, bien sûr, son Québécois chéri, citoyen d’un pays à venir…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 septembre 2016
Nombre de lectures 6
EAN13 9782764433362
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0032€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

De la même auteure
Manifeste des femmes – Pour passer de la colère au pouvoir , Québec Amérique, 2015.
Des femmes d’honneur (tomes 1, 2 et 3), Libre Expression, 1997 à 1999. Réédition coll. Biographie, Québec Amérique, 2015.
Le Mal du pays , Lux Éditeur, 2012.
• Prix Pierre-Vadeboncœur
Le Chemin de l’égalité , Fides, 1996.
La Bonne Aventure , Québec Amérique, 1986.
Le Pouvoir ? Connais pas ! , Québec Amérique, 1981 (réédité en 2010 par Athéna Éditions).
Témoins de notre temps , Éditions du Jour, 1971.
Recettes pour un homme libre , Éditions du Jour, 1969.


Projet dirigé par Éric St-Pierre

Conception graphique : Nathalie Caron
Mise en pages : Pige communication
Révision linguistique : Éric St-Pierre et Sabrina Raymond
En couverture : © Maryna Pleshkun / shutterstock.com
Conversion en ePub : Marylène Plante-Germain

Québec Amérique
329, rue de la Commune Ouest, 3 e étage
Montréal (Québec) H2Y 2E1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d’édition.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien. L’an dernier, le Conseil a investi 157 millions de dollars pour mettre de l’art dans la vie des Canadiennes et des Canadiens de tout le pays.
Nous tenons également à remercier la SODEC pour son appui financier. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.



Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Payette, Lise
Le sens du devoir : chroniques
(Dossiers et documents)
Édition originale : 1987.
ISBN 978-2-7644-3334-8 (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-3335-5 (PDF)
ISBN 978-2-7644-3336-2 (ePub)
1. Payette, Lise – Pensée politique et sociale. 2. Québec (Province) – Politique et gouvernement – 21e siècle. 3. Québec (Province) – Conditions sociales – 21e siècle. I. Duceppe, Gilles. II. Titre. III. Collection : Dossiers et documents (Éditions Québec Amérique).
FC2927.2.P39 2016 971.4’05 C2016-941447-7

Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2016
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives du Canada, 2016

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés

© Éditions Québec Amérique inc., 2016.
quebec-amerique.com



Préface – L’insoumise
Probablement inspirée par sa grand-mère, Marie-Louise, Lise Payette a toujours été insoumise. Ce fut le cas comme animatrice à la radio et à la télévision, tout comme en politique et comme chroniqueuse.
Elle dut parfois pour cela assumer en apparence certaines contradictions, comme écrire dans le quotidien Le Devoir , journal fondé par Henri Bourassa qui était, rappelons-le, un farouche adversaire du droit de vote pour les femmes. Le Devoir a bien évidemment évolué depuis sa fondation ! Le plus souvent toutefois elle affronta ces réalités en les dénonçant avec fougue et détermination.
C’est encore ce qu’elle fait en publiant toutes les chroniques écrites pendant neuf ans dans Le Devoir . Ses chroniques furent toutes publiées, sauf la dernière, car la direction du quotidien s’y opposa.
Lise Payette refusa de plier l’échine en se rappelant la devise du journal : « Fais ce que dois ». Ce fut d’autant plus vrai pour elle, car elle ne doit rien à personne !
Durant neuf années, Lise Payette fut donc une femme du Devoir . Elle ne l’est plus, mais elle demeure une femme de devoir.
Pour elle, le devoir de tout citoyen et de toute citoyenne c’est de dénoncer l’inacceptable et de proposer des solutions afin de rendre meilleure notre société. Cela passe bien sûr par l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les nations et entre les pays.
Mener le combat pour la liberté, pour l’égalité, c’est aussi accepter que l’on puisse se tromper, que l’on puisse faire des erreurs et que, même lorsque l’on a raison, certains ne soient pas d’accord. Lise Payette a donc mené tous ces combats en bousculant certaines personnes, en osant, en provoquant. Elle reçut conséquemment des coups, c’est dans l’ordre des choses, mais jamais elle n’abdiqua.
J’ai toujours lu avec attention ce qu’a écrit cette femme inspirante. Elle m’a ouvert les yeux sur certaines réalités, m’a fait mieux comprendre les enjeux auxquels est confrontée notre société et la vision différente de la vie qu’ont souvent les femmes.
Je partage beaucoup de ses idées, mais je diffère d’opinion sur d’autres. Cela n’empêche pas le dialogue, au contraire, car c’est souvent par la confrontation des idées que nous clarifions les nôtres. La pire des choses qui puisse arriver en démocratie c’est le monolithisme. Il ne faut jamais transformer nos principes en dogmes.
Je relirai avec plaisir ses chroniques et lirai sa dernière, « l’inédite », en tentant de comprendre ce qui a tellement déplu à la direction du Devoir .
J’espère que Lise Payette continuera à mener le combat des idées afin de faire avancer notre société. Je lui dis aussi que je n’hésiterai pas à débattre avec elle si nous n’étions pas d’accord !
Je la remercie enfin pour tout ce qu’elle a fait pour le Québec.
Gilles Duceppe


Rompre le silence
Plus de 4 mois se sont passés depuis qu’on m’a montré la porte du Devoir . Je crois sincèrement que le directeur du Devoir aurait dû se charger lui-même de donner à ses lecteurs et lectrices les raisons de mon renvoi du journal qui m’avait accueillie chaque vendredi pendant 9 ans.
J’ai volontairement laissé à M. Myles tout l’espace médiatique et le temps voulu pour qu’il fasse connaître les raisons de sa décision, qu’il n’a pas cru bon de me communiquer ou de m’expliquer à moi. Par respect pour ceux et celles qui lisent Le Devoir , je crois qu’il aurait dû le faire plutôt que de se contenter d’annoncer qu’il mettait fin à ma chronique et me mettait à la porte par la même occasion.
Après tout ce temps, M. Myles, le nouveau directeur du journal, est toujours aussi muet. Pas un mot sur le pourquoi ou le comment. Rien. Un silence de plomb qui permet aux abonnés du Devoir de s’imaginer le pire à mon sujet. De quoi suis-je donc coupable pour mériter un tel traitement ?
Par respect pour ceux et celles qui m’ont fait confiance pendant 9 ans, j’ai décidé de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
J’ai toujours envoyé ma chronique du vendredi le mercredi précédent la parution, avant midi, autant que possible. Ce que j’ai fait le 27 avril 2016. Le titre de ma chronique était : « Docteur, êtes-vous malade ? » C’est cette chronique qui a tout déclenché.
Le jeudi 28 avril, dans la soirée, j’ai reçu un courriel signé par Mme Luce Julien, nouvelle rédactrice en chef, et par M. Brian Myles, nouveau directeur du Devoir . Le courriel m’informait de ce qui suit :
En l’absence de Marie-Andrée Chouinard qui est en congé de maladie aujourd’hui, nous avons pris le relais afin de lire votre chronique . Telle que rédigée, votre chronique comporte un risque de diffamation et recèle des omissions et imprécisions factuelles que Le Devoir ne peut accepter. Compte tenu de l’heure tardive à laquelle nous avons pris connaissance du dossier, nous avons pris la décision de ne pas publier votre chronique demain. Nous indiquerons pour le bénéfice des lecteurs et lectrices, que votre chronique fait relâche cette semaine de façon exceptionnelle.
J’ai répondu immédiatement à ce courriel. Voici le texte de mon envoi :
Je viens de lire le message qui m’informe que ma chronique ne paraîtra pas demain… Je m’en étonne. J’écris des chroniques depuis 2004 d’abord au Journal de Montréal et depuis 2007 au Devoir . Vous avouerez que ça fait un bail, 9 ans déjà. C’est la première fois que mes patrons prennent la décision que vous avez prise. C’est d’autant plus étonnant qu’il m’est arrivé, pas trop souvent je le concède, d’accepter d’apporter une petite correction ou deux dans un texte, sans en faire une histoire. Comme j’envoie toujours mon texte le mercredi, je crois que vous auriez eu le temps de le lire avant jeudi soir… je peux être rejointe au téléphone aussi. Je suis gênée pour vous qui devrez dire que je fais relâche cette semaine… Si vous cherchez un moyen de vous débarrasser de la chroniqueuse que je suis, vous n’avez qu’à le dire.
Le vendredi matin, dans ma copie du Devoir que je trouve à ma porte, on affirme que je fais relâche… ce qui est un mensonge, puisque ma chronique était déposée

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