Reconstruction d
162 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Reconstruction d'Haïti

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
162 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

La « Reconstruction d'Haïti », suite au séisme du 12 janvier 2010 s'est « institutionnalisée » par la création de la Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH). Plus d'un an après, la situation de l'Homme haïtien n'a pas changé, malgré des promesses très éloquentes. L'auteur apporte des éléments qui permettent de comprendre les facettes multiples de l'extrême pauvreté en Haïti, à partir d'une approche fondée sur les droits de l'Homme.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2011
Nombre de lectures 27
EAN13 9782296470965
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La Reconstruction d’Haïti
L’extrême pauvreté : un enjeu fondamental
Jean Gédéon
La Reconstruction d’Haïti
L’extrême pauvreté : un enjeu fondamental
Préface de Patrick de FONTBRESSIN
Postface de Michel FORST
L’Harmattan
© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-56343-8
EAN : 9782296563438
Dédicaces
Cet ouvrage est dédié :
À ma fille, Gedley Jean ;
À mes parents et à mes frères et sœurs ;
À la jeunesse haïtienne qui a besoin d’une nouvelle ère d’espoir ;
À tous ceux et à toutes celles qui luttent pour que la grande majorité de la population haïtienne puisse toucher le « chèque de la dignité humaine » postulé par la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) qui se veut la grande Charte des hommes, des femmes et des enfants sans considération aucune.
Remerciements
Mes premiers mots de remerciements s’adressent au Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), en raison de sa contribution combien honorable à la réalisation de l’ouvrage.
Mes gratitudes s’expriment aussi à l’égard de Maître Patrick Defontbressin, M. Michel Forst et Mme Lisberte Culitty, ancienne représentante du Haut commissariat aux droits de l’homme (HCDH) en Haïti.
Je ne saurais ne pas être reconnaissant également envers Jean Michel Pierre Amos et Pierre Énocque François.
Je remercie, enfin, les amis de la presse haïtienne et toutes les institutions partenaires du CARDH, qu’elles soient de la société civile ou de la coopération internationale. Car, leur appui a largement contribué à la réalisation de ce travail.
Liste des abréviations
ACAT Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture
ACDI Agence Canadienne de Développement International
CARDH Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme
CNSA Conseil National de la Sécurité Alimentaire
DUDH Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
EPPLS Entreprise Publique de Promotion et de Logements Sociaux
FAES Fonds d’Assistance Économique et Sociale
ECOSOC Conseil Économique et Social
FAO Fonds des Nations Unies Pour l’Agriculture
GARR Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Refugiés
HCDH Haut Commissariat aux Droits de l’Homme
IDEF Institut international de droit d’expression et d’inspiration françaises
ONU Organisation des Nations Unies
OEA Organisation des États Américains
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONG Organisation Non Gouvernementale
ONA Office National d’Assurance Vieillesse
OFATMA Office d’Assurance et d’Accident du Travail Maladie et Maternité
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
PAS Programmes d’Ajustement Structurel
PIDSEC Pacte International relatif aux Droits Sociaux, Economiques et Culturels
PIDSP Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PME Petites et Moyennes Entreprises
UE Union Européenne
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture
ULCC Unité de Lutte contre la Corruption
USAID Agence Américaine de Développement International
Préface
La préface de l’ouvrage de Monsieur Gédéon JEAN ne saurait constituer une appréciation universitaire, à peine de revêtir un caractère indécent :
On ne répond pas à la douleur d’un peuple par la théorie. On y remédie par l’action.
Or, très précisément, à partir des principes auxquels les sociétés démocratiques sont attachées pour que prévale cette « prééminence du droit » indispensable à l’effectivité du respect de la dignité humaine, aux termes d’un descriptif de l’extrême pauvreté, Monsieur JEAN nous entraîne vers l’insupportable réalité à laquelle son peuple est quotidiennement confronté ;
Une véritable radioscopie d’une « extrême pauvreté » permanente sur une terre où, en quelques instants, semblent s’être confondus toutes les plaies du monde, nous ramène au premier des combats qu’il convient aux États et aux hommes de se livrer : le combat contre l’intolérable misère.
La description des « indicateurs » de ce fléau en Haïti laisse sans voix, hormis celle de l’indignation, et les regards se portent vers l’inhumanité persistante d’une condition, en dépit des actions de la communauté internationale.
L’auteur de cette préface est personnellement d’autant plus sensible au problème traité avec émotion par Monsieur Gédéon JEAN, membre particulièrement actif de l’Institut international de droit d’expression et d’inspiration françaises (IDEF), que ses attaches à une île voisine où sont enterrés ses ancêtres, est le terrain d’une importante colonie d’émigrés haïtiens, dont il connaît le désarroi.
Sans que l’on puisse tirer une conclusion d’une catas trophe, facteur d’une conjonction d’éléments qui ne sont toujours pas maîtrisés, les pages de Monsieur JEAN invitent à se souvenir que l’avenir d’une société démocratique ne saurait se construire dans un monde qui se résignerait à accepter qu’il y ait deux catégories d’hommes « les pauvres et les autres », selon la formule de Marc SANGNIER….

Patrick de FONTBRESSIN
Maître de Conférences à l’Université de Paris XI
Avocat à la Cour de Paris
Introduction générale
Les actions multiples et multiformes de la coopération internationale 1 montrent qu’elle devient de plus en plus un acteur important, voire incontournable de la vie politique, économique et sociale d’Haïti.
Cependant, les enjeux devraient, pour le moins, être identifiés, particulièrement l’extrême pauvreté qui constitue un accroc à tout processus de développement durable 2 et une violation flagrante de la dignité humaine.
Ce besoin devient encore aujourd’hui plus évident. En effet, après le puissant séisme du 12 janvier 2010 qui avait profondément troublé et choqué la conscience de toute l’humanité, en faisant des dégâts impensables du point de vue des ressources humaines et matérielles 3 , il y a eu, à l’échelle mondiale, une mobilisation sans précédent en vue d’aider le pays à se relever.
C’est pourquoi les chefs d’État et de gouvernement se sont réunis le 31 mars 2010 au siège des Nations Unies, à New York, dans la perspective de lancer la « Reconstruction d’Haïti ».
Cette rencontre, qualifiée d’historique et décisive par beaucoup d’analystes, s’est rapidement « institutionnalisée » par la création de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) 4 , coprésidée par l’ancien président américain, M. William Jefferson Clinton, qui est aussi l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour Haïti et le président du nouveau Conseil consultatif présidentiel pour le développement économique et l’investissement, officialisé le 08 septembre 2011. On pourrait parler de « Momentum Clinton ».
Mais, la reconstruction effective d’Haïti est- elle concevable si la situation d’extrême pauvreté qui y prédomine n’est pas préalablement identifiée comme l’enjeu principal et transversal par rapport à toutes les démarches post 12 janvier 2010 ?
Haïti est le pays le plus pauvre de tout son hémisphère avec plus de la moitié de sa population vivant sous le poids de l’extrême pauvreté. Pourtant, non seulement elle est membre des Institutions de Bretton Woods 5 , mais elle a été partie prenante à la formation même de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui trouve toute sa raison d’être dans la conviction d’une humanité dans laquelle l’être humain se doit d’être « libéré de la misère de la peur ».
Se pencher sur la problématique de l’extrême pauvreté comme un accroc à la reconstruction du pays se veut encore plus crucial, quand on aborde la question avec des lunettes axées essentiellement sur les droits de l’homme 6 . Et, c’est surtout dans cette approche que notre travail s’inscrit.
En effet : les services et les biens de santé tant sur le plan qualitatif que quantitatif sont quasiment inaccessibles à la grande majorité de la population 7 , les infrastructures sanitaires de l’État sont extrêmement faibles 8 , c’est ce qui explique l’épidémie de Choléra a fait des milliers de morts en moins de six (6) mois, sur le plan d’accès effectif à l’alimentation, la réalité n’a pas changé, car la grande majorité de la population 9 n’a pas accès à une alimentation suffisante, en ce qui a trait au droit à un logement décent, il suffit de regarder la situation dégradante et infrahumaine des milliers d’Haïtiens se trouvant sous des tentes et dans les camps au cœur de la capitale plus d’un ans après le janvier pour s’en faire une idée 10 . De plus, les conditions de logement étaient toujours très précaires 11 avant même la catastrophe.

Pour ce qui concerne l’éducation, la réalité reste encore préoccupante, encore que des efforts se fassent notamment au niveau fondamental. Le chômage, de son côté, touche plus de 70% de la population qui, d’ailleurs, ne bénéficient d’aucune protection sociale. Et, même dans la catégorie de ceux qui sont considérés comme des « salariés », nombreux sont des « chômeurs déguisés » 12 et ils ne sont pas protégés par une couverture sociale et efficace.
Voici donc brièvement des vecteurs qui permettent de comprendre à quel niveau la situation globale d’Haïti est très alarmante. Nous pouvons comprendre à quel point elle est fondée sur la discrimination, l’inégalité et l’exclusion sociale et de graves violations systématiques de la dignité humaine qui se veut le fondement de tout l’édifice des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Et, ce qui est surtout surprenant et criant, c’est que cette réalité devient, dans une large mesure, acceptable, voire la « norme sociale ». Autrement dit, il y a quelque part un « verrouillage ».
Or, Haïti a largement contribué à promouvoir les valeurs humaines universellement reconnues. C’est pourquoi, elle vient d’être déclarée « patrimoine commun de l’humanité » par l’UNESCO.
Nous pourrions ainsi admettre que le cataclysme du 12 janvier a effectivement fait des dégâts, mais il aurait surtout permis d’exposer tant sur le plan national qu’international cette réalité révoltante qui prévaut dans le pays depuis des années.
A ce constat, il faudrait d’abord comprendre qu’une telle situation n’est nullement favorable à reconstruire réellement Haïti. En effet, l’extrême pauvreté enlève toutes les possibilités pour que le citoyen haïtien puisse avoir les moyens de développer ses capacités et ses potentialités et saisir les opportunités en vue de parvenir à un développement durable 13 qui se révèle incontournable à la reconstruction effective du pays.
L’autre aspect fondamental est que cette situation est l’un des indicateurs de la mauvaise gouvernance politique, économique et sociale qui prédomine dans le pays depuis plusieurs décennies. Et, aucun changement réel de paradigmes n’est jusqu’ici effectué.
Il est donc évident qu’Haïti ne pourra pas, dans ces conditions, emboîter le pas vers sa reconstruction véritable. Autrement dit, la reconstruction d’Haïti paraît, sans doute, impensable si l’extrême pauvreté, dans ses compartiments divers, n’est pas préalablement identifiée comme un obstacle majeur dans la perspective de l’obstruer.


C’est dans ce but précis que cet ouvrage entend attirer l’opinion nationale et internationale, notamment les « principaux protagonistes».
Les éléments de réflexion sur l’extrême pauvreté dans le cadre de notre travail s’organisent à partir de trois (3) axes fondamentaux. D’abord, elle est analysée en fonction d’une approche fondée sur les droits de l’homme (I). Dans cette première étape, nous essayons, plus précisément, de définir l’extrême pauvreté en se basant sur les normes d’universalité, d’indivisibilité et d’interdépendance des droits de l’homme. En deuxième lieu, nous nous préoccupons d’étudier l’extrême pauvreté par rapport aux principes de bonne gouvernance (II). Enfin, l’étude essaye de mettre en évidence le niveau d’extrême pauvreté en Haïti et d’expliquer comment cette réalité ne permet pas sa reconstruction effective (III).



1 Les actions de la coopération internationale en Haïti pourraient être analysées dans une perspective multidimensionnelle. D’abord, elles peuvent être inscrites dans une vision purement humaniste par rapport au phénomène de la globalisation. Elles peuvent, ensuite, être abordées dans le cadre d’une approche géopolitique en fonction des intérêts divergents des acteurs. Enfin, les démarches de la communauté internationale peuvent s’expliquer par rapport au droit international des droits de l’homme. En effet, la formation des Nations Unies répond à une nécessité urgente et historique d’avoir un « nouvel ordre mondial » respectueux et soucieux de la dignité et des valeurs de l’être humain et des droits de l’homme.
2 Déclaration et le programme d’action de Vienne de 1993
3 Selon les estimations scientifiques, soutenues par le séismologue Éric Calet, le séisme du 12 janvier 2010 doit faire environ un demi (1/2) million de morts et plus d’un (1) million de déplacés et de sans abris.
4 Selon l’article 14 de la « loi d’urgence », le mandat de la CIRH consiste à « mettre en œuvre le Plan de Développement pour Haïti ».
5 L’expression « Institutions de Bretton Woods » fait référence à la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International (FMI) créés par les accords de Bretton Woods de 1944.
6 L’extrême pauvreté, dans le cadre de notre travail, n’est pas inscrite dans une approche monétaire, c’est-à-dire en se basant sur le revenu de la personne. Il s’agit de préférence d’une démarche fondée sur les droits de l’homme selon la définition du Comité des droits sociaux, économiques et culturels.
7 Dans le « Rapport national sur le développement humain », le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) souligne qu’Haïti dispose de « 2,5 médecins, 1 infirmière et 2,5 auxiliaires de santé pour 10.000 habitants ».
8 La « Carte de pauvreté d’Haïti », de son côté, explique que « sur cent trente trois (133) communes, seulement vingt six (26) bénéficient d’un accès moins faible en matière de santé. Le reste se trouve dans la catégorie d’extrême faible.
9 D’après l’USAID, l’Homme haïtien consomme moins de 20 % de calories et 30 % de protéines que le taux recommandé par l’ONU. D’autant plus que le taux de chômage qui installe son hégémonie en Haïti (plus de 70%) ne lui permettrait pas d’accéder à une nourriture saine et suffisante.
10 Le cataclysme du 12 janvier 2010 a fait plus d’un (1) million de personnes vivant sous des tentes et dans des camps.
11 Le PNUD, dans « l’Enquête sur les Conditions de Vie en Haïti », 2005, fait remarquer que la grande majorité de la population habite des taudis, des ajoupas...
12 L’expression « chômeurs déguisés » est utilisée pour des gens qui sont considérés comme des travailleurs, pourtant leur salaire ne leur permet pas d’assurer leur survie.
13 Voir la Déclaration des Nations Unies sur le droit au développement.
Première partie : Extrême pauvreté, approche fondée sur les droits de l’homme
La problématique de la pauvreté et de l’extrême pauvreté peut être abordée avec des lunettes différentes, suivant la préoccupation de l’auteur ou de l’institution par rapport à l’orientation qu’il ou qu’elle compte donner à son travail. La banque mondiale, par exemple, établit un seuil de pauvreté suivant le revenu de la personne 14 . En 2000, on estimait que la moitié de la population mondiale vit dans la pauvreté, en ce sens qu’elle dispose de deux (2) dollars par jour 15 .
Par ailleurs, la question peut aussi être étudiée par rapport à l’espace géographique. A cette approche, on utilise un postulat pour les pays dits « riches » et un autre pour les pays pauvres. Le taux de pauvreté aux États Unis, en raison des conséquences de la récession, par exemple, est passé de12, 5 % en 2007 à 13, 2% en 2008. En d’autres termes, on estimait à cette époque à 39,8 millions le nombre d’Américains qui vivaient sous le seuil de pauvreté en disposant d’un revenu de « 22, 025 dollars, soit 15,090 euros, par an pour une famille de quatre (4) personnes » 16 .
Une étude relative à la pauvreté et à l’extrême pauvreté peut, enfin, être circonscrite dans une perspective fondée sur les droits de l’homme. Ainsi, le Comité des droits sociaux, économiques et culturels souligne que la pauvreté s’explique par le fait qu’une personne est confrontée à une situation qui ne lui permet pas de « jouir d’un niveau de vie suffisant et des autres droits de l’homme ». Et, l’extrême pauvreté s’interprète notamment par la persistance de cette réalité.
Notre travail portant sur l’analyse de l’extrême pauvreté comme un enjeu par rapport aux démarches post 12 janvier 2010 s’inscrit dans la lignée de la démarche du Comité.
Cette première partie, pour ainsi dire, se propose de définir l’extrême pauvreté et d’analyser ses relations avec les normes d’universalité, d’indivisibilité et d’interdépendance des droits de l’homme.
14 Selon la Banque mondiale, la pauvreté s’explique par le fait qu’une personne dispose de 2 dollars par jours. L’extrême pauvreté, pour sa part tient à une situation dans laquelle une personne dispose d’un revenu de moins de deux (2) dollars par jours.
15 Anan Kofi, « Nous les peuples le rôle des Nations Unies aux 21 e siècle »,2000.
16 Les critères retenus pour tracer la ligne rouge sont de 10,830 dollars de revenus (8,244 euros) par an - ou 902 dollars par mois pour un individu seul et de 22 050 dollars (16 784 euros) par an, soit 1837 dollars par mois pour une famille.
Chapitre 1 : Décryptage de l’extrême pauvreté
Comme la partie introductive l’explique, notre première préoccupation consiste à analyser la portée ou le contenu de la pauvreté et de l’extrême pauvreté à partir d’une démarche axée sur les droits de l’homme et non sur le revenu.
Le but principal est de favoriser une meilleure compréhension de l’orientation que cet ouvrage compte donner à ses éléments d’analyses touchant au phénomène de l’extrême pauvreté.
Ainsi, ce chapitre essaie de décrypter le contenu de la pauvreté, en se référant à la définition du Comité des droits sociaux, économiques et culturels. Par ailleurs, il met en évidence les circonstances qui expliquent l’extrême pauvreté.
1.1. De la pauvreté
Dans cette première section, nous présentons la pauvreté d’après la définition du Comité d’une part et, d’autre part, nous mettons l’accent particulièrement sur les composantes du droit à un niveau de vie suffisant qui constitue le pilier principal sur lequel repose la démarche du dit Comité.
1.1.1. Approche selon le Comité des droits sociaux, économiques et culturels
Le Comité des droits sociaux, économiques et culturels, organe de contrôle du Pacte international relatif aux droits sociaux, économiques et culturels (PIDSEC) 17 , présente la pauvreté comme étant une situation dans laquelle une personne est privée de manière durable ou chronique des ressources, des moyens et du pouvoir nécessaires pour jouir d’un niveau de vie suffisant et des autres droits de l’homme (…) 18 .
Cette définition met en évidence le fait par un individu d’être en proie à une situation persistante qui ne lui permet pas de bénéficier d’un niveau de vie suffisant.
Le Comité, par ailleurs, lie la pauvreté à une situation qui ne favorise pas la jouissance des autres droits de l’homme.
Ici, il veut surtout souligner les conséquences de l’irrespect d’un niveau de vie suffisant sur les autres générations des droits de l’homme 19 , notamment les droits civils et politiques (principes d’indivisibilité et d’interdépendance des droits de l’homme). Il s’agit d’une approche transversale.
Mais, l’élément fondamental qui nous tient à cœur et qui nous permet de mieux saisir la portée de sa définition est d’approfondir le contenu de ce droit à un niveau de vie suffisant.
1.1.2. Analyse du contenu du droit à un niveau de vie suffisant
L’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) permet de décrypter ce niveau de vie suffisant. En effet, il postule : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer son bien être et celui de sa famille, notamment pour l’ alimentation , le logement , l’ habillemen t, les soins médicaux ainsi que les services sociaux nécessaires (…) ».
Se référant aux prescrits du dit article, on y retient cinq (5) éléments fondamentaux qui constitueraient le contenu du droit à un niveau de vie suffisant.
Le droit à l’alimentation
Le droit à l’alimentation n’est pas synonyme d’un simple accès à la nourriture. Celle-ci se doit d’être adéquate et suffisante tant sur le plan qualitatif que quantitatif.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents