Pourquoi je suis SYNDICALISTE ?
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Description

Dans un contexte social de plus en plus tendu, où la tendance vise à remettre en cause tous ce qui a été construit en faveur du monde du travail, les syndicats apparaissent plus que jamais nécessaires. Nés de la volonté des travailleurs d’obtenir une reconnaissance après des générations d’hommes laborieux réduits en esclavage, après avoir été sans doute imaginés dans la perception collective, les acquis sociaux furent la concrétisation d’une action de longue haleine. Certes ils ne sont pas venus tous seuls ; depuis toujours, les combats sont intenses entre le patronat, qui se pense dépositaire des lois régissant la bonne marche de la machine économique, et les salariés qui, en réalité, sont ceux qui la font vraiment fonctionner. C’est à travers cette nécessité, en s’organisant collectivement, qu’ils cherchent eux-mêmes les droits, qu’a défaut on ne leur aurait jamais octroyés.Ainsi, depuis plus d’un siècle, l’action syndicale revêt un caractère essentiel de contre-pouvoir, seul rempart contre les attaques frontales du néo-libéralisme, dont l’objectif est de tout détruire, de mettre à bas les avancées sociales. Le syndicat partenaire privilégié assure, en tenant son rôle, un rempart contre la malveillance des possédants. C’est le syndicat qui est au premier plan de la défense des droits ainsi que des intérêts matériels, et moraux du monde salarial.Certes, vous le lirez dans les déclarations des leaders de quatre grandes centrales syndicales, (CGT / CFDT/ FO/CFTC) leurs positions, leurs visions de l’action, ainsi que leurs stratégies pour occuper le terrain, qui de toute évidence ne sont pas les mêmes. Cela relève d’une différence d’ordre culturel et historique et de la conception même des rapports de force. C’est ainsi qui se posera peut-être, dans la sociologie de la vie syndicale de demain la nécessité de retrouver une forme d’unité pour peser davantage. Tous ces acteurs ont pourtant un point commun : servir les travailleurs.Voilà pourquoi ils sont syndicalistes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 décembre 2009
Nombre de lectures 7
EAN13 9782359302134
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

POURQUOI JE SUIS SYNDICALISTE
Photos de couverture :
Laurent Berger - Droits réservés - CFDT
Philippe Louis - Droits réservés - CFTC
Jean-Claude Mailly - Droits réservés - FO
Philippe Martinez - Droits réservés - CGT
Droits réservés
EAN : 9782359301946
©Les points sur les i
16 Boulevard Saint-Germain
75005 Paris
www.i-editions.com
SYNDICALISTE
CFDT Laurent Berger
CFTC Philippe Louis
CGT Philippe Martinez
FO Jean-Claude Mailly
Christian Grégoire
L’âge d’or du genre humain n’est point derrière nous, il est au-devant, il est dans la perfection de l’ordre social.
Saint-Simon
La première dette de l’État vis-à-vis de cette classe laborieuse, c’est la liberté ; non seulement la liberté du travail, mais toutes les libertés accessoires de la liberté du travail ; c’est la liberté de discuter le salaire ; c’est la liberté de s’associer pour discuter ce salaire ; c’est la liberté de s’unir et de se syndiquer sous toutes les formes.
Nous avons fait un pas de plus : de même que nous nous sommes de tout temps ralliés à la liberté de coalition, nous avons accepté comme un progrès, comme un gage d’apaisement social, plus sûr encore, la liberté des syndicats professionnels…
Extrait du discours de Jules Ferry - Président du Conseil à la chambre des Députés - 31 janvier 1884
Avant-propos
Même si l’époque est à une sorte de compromis généralisé, de nivellement des pensées et des valeurs, d’une espèce de résignation sous influence, et si la doxa médiatique s’acharne à minimiser la portée de l’histoire en déstructurant le présent, avec cette affirmation péremptoire selon laquelle il est illusoire de s’enfermer dans des luttes de classes que les tenants du politiquement correct pourraient qualifier de stériles voire de dépassées, et même si, ici et là, on affirme que tout a évolué dans les entreprises et dans la manière de les diriger, au fond, les choses n’ont pas changé pour autant dans le marché du travail, dans la politique des échanges, des rapports humains, et dans les relations entre les salariés et les patrons.
Il y a encore et toujours une volonté de subordination de ces derniers sur les premiers, et la doctrine libérale qu’ils défendent n’est pas faite pour arranger la situation. Pire même, ils prennent désormais la parole sans vergogne, brandissant cette doctrine comme une arme décisive pour venir à bout de tous les maux économiques et sociaux du pays, pour éliminer les scories qui, selon eux, polluent leur manière de travailler ; ces scories bien évidemment, ce sont toutes ces règles et ces lourdeurs administratives qu’on leur impose. Ils sont tellement tous convaincus que leur salut passe par un assouplissement des contraintes qu’ils sont prêts à pousser très loin toutes les propositions et toutes les idées visant à remettre en cause la norme actuelle. Ils sont notamment, très prompts à dénoncer cette absolue nécessité qui existe encore dans les textes, de maintenir un équilibre dans les rapports sociaux… Ils critiquent le rôle des syndicats. Et ils ne cachent qu’ils souhaiteraient volontiers s’en débarrasser.
Car bien évidemment, ils ne comprennent pas que c’est justement cet équilibre qui permet d’activer et de vivifier le corps social, d’en assurer son métabolisme. Un excès de déréglementation le conduirait très rapidement à la thrombose.
Mais pourtant leur obsession ne varie pas. Et quand bien même les observateurs politiques, les sociologues, et les représentants du monde du travail s’appliquent à démontrer et à argumenter sur la nécessité d’une force structurelle et organisée permettant de maintenir une action incontournable de défense des salariés, quand bien même les syndicats montent au créneau avec des raisonnements concrets, soulignant qu’il y aura toujours des limites bien définies dans ce qui peut être négociable et acceptable, et même quand les organisations syndicales tentent de se faire entendre et d’apporter leurs expertises et leur éclairage de la réalité, il n’empêche que le patronat et dans son sillage le gouvernement — à moins que ce ne soit l’inverse — n’ont qu’une seule rhétorique et deux mots à opposer : la réforme et la modernité. Sans connaître ou sans vouloir admettre apparemment le sens véritable de ces deux mots.
La réforme est une belle idée, construite sur la certitude que l’on peut toujours améliorer les situations quelles qu’elles soient. Mais la réforme ne s’inscrit pas simplement, selon sa vraie définition, dans un « changement de caractère profond, radical, à apporter à quelque chose », ce changement a surtout pour objectif d’améliorer le fonctionnement de l’objet de ladite réforme, que ce soit une loi, une institution, ou une société.
La véritable signification de la tendance à la réforme ne peut donc s’appliquer que dans le sens d’une amélioration des choses, dans le sens du progrès. Changer peut-être certains éléments et modifier certains textes, pourquoi pas, mais cela doit toujours se faire avec la volonté d’avancer, et cette nécessité de progressisme. Ce qui devrait être aussi le mot d’ordre prioritaire dans le concept même de cette modernité mise en avant de façon récurrente par ceux qui sont prêts à bousculer sans ménagement tous les rapports sociaux, en en changeant les codes et les règles. La modernité ne consiste pas à se couler dans le moule d’une certaine régression au motif que les conditions de travail ont évolué dans une économie mondialisée, au nom de la sacro-sainte compétitivité ; dans un discours libéral qui considère la concurrence comme une nécessité pour vitaliser l’économie, le paradoxe veut que l’on déplore les conditions dans lesquelles s’exerce cette concurrence. Alors pour avoir l’illusion d’exister, au lieu de remettre en cause ce système concurrentiel et de combattre les conséquences néfastes d’un modèle dont les ravages dramatiques ne sont plus à démontrer, et au lieu de travailler à la définition de règles acceptables dignes du XXI e siècle, ce qui pour le coup alors pourrait s’inscrire dans la modernité, on préfère tenter de se coller aux conditions d’exercices les plus basses et les moins socialement respectables ; autrement dit, ceux qui défendent la modernité s’appuient en réalité sur des propositions d’un autre temps, sur un retour en arrière. Et le pire — ce qui serait drôle d’ailleurs si ce n’était aussi significatif de la véritable déconnexion des décideurs et des élites de la réalité du terrain —c’est que ce sont eux qui accusent d’être archaïques les résistants du camp d’en face, tout simplement parce que ceux-ci veulent tenir bon dans leurs convictions, et s’appliquent à défendre les acquis et le progrès.
Ceux-là mêmes qui reprochent aux syndicats de manquer de souplesse d’esprit et de capacité d’adaptation ne commentent pas souvent le discours de ceux qui les représentent et qui défendent toujours la même ligne malgré les évidences.
Il y a vingt ans déjà, alors que se préparait un sommet mondial pour le développement social, l’Organisation internationale du travail apportait un démenti cinglant à toutes les considérations rabâchées à longueur d’antenne par les tenants de la liberté d’entreprendre. « La déréglementation des marchés du travail n’apporterait probablement pas de solution aux problèmes du chômage et de la pauvreté qui sévissent désormais dans la plupart des pays industrialisés… »
En Europe de l’ouest, circule fréquemment la thèse selon laquelle la rigidité du marché du travail est la principale explication des mauvais résultats en matière d’emploi. Les partisans de la déréglementation prennent souvent l’exemple des États-Unis, où le marché du travail est beaucoup moins réglementé et où le taux de chômage est, de fait, moins élevé que sur le vieux continent. L’OIT conteste cette approche, estimant que la performance du marché du travail s’est détériorée « dans tous les pays de l’OCDE et que cette détérioration a ignoré les différences entre les réglementations du marché du travail ». Elle s’est simplement manifestée de façon différente en fonction des pays : &

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