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Art, publics et cultures numériques : Flux d'images et vie des œuvres , livre ebook

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Description

Le numérique est désormais un incontournable dans le monde de l’art visuel et dans l’espace urbain. L’omniprésence et la constante circulation des images suscitent des questions relativement nouvelles quant à la fonction sociale de l’art, de la culture ainsi que de la diffusion de certaines pratiques et problématiques – celles des Premiers peuples, par exemple. Par ailleurs les publics de l’art, exposés à toutes ces images et interagissant avec elles, endossent également des rôles inédits.
Cet ouvrage rassemble des autrices et des auteurs provenant de divers domaines, qui analysent les pratiques professionnelles et amateures en portant leur regard sur la circulation des œuvres d’art numériques, sur leur visibilité, leur notoriété et leur (sur)vie. Deux artistes contribuent à ce recueil, montrant comment peuvent se concrétiser les relations entre l’art et les cultures numériques.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 mai 2023
Nombre de lectures 0
EAN13 9782760648319
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0900€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Art, publics et cultures numériques
Flux d’images et vie des œuvres
Sous la direction de Suzanne Paquet et Alexandrine Théorêt
Les Presses de l’Université de Montréal

Autres titres de la collection
Alain Paiement. Bleu de bleu
Christine Bernier (dir.)
Écrans motiles
Sylvain Campeau
Le devenir-femme des historiens de l’art. Michael Fried et Georges Didi-Huberman
Katrie Chagnon
Stratégies figuratives dans l’art juif I et II
I. Étude de trois haggadot sépharades du XIV e siècle
II. Autour de Moïse
Olga Hazan
Oser sa voix. La galerie Roger Bellemare (1971-2021)
Laurier Lacroix
Edmund Alleyn. Biographie
Gilles Lapointe
François-Marc Gagnon et l’art au Québec. Hommage et parcours
Gilles Lapointe et Louise Vigneault (dir.)





Merci à Béatrice Denis pour son aide précieuse et sa vigilance ainsi qu’à Geneviève Giroux pour les traductions des textes de Mechtild Widrich, Lachlan MacDowall et Kylie Budge.

Mise en pages: Yolande Martel Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Titre: Art, publics et cultures numériques: flux d’images et vie des œuvres / Suzanne Paquet, Alexandrine Théorêt. Noms: Paquet, Suzanne, 1960- auteur. | Théorêt, Alexandrine, auteur. Collection: Collection «Art+.» Description: Mention de collection: Art+ | Comprend des références bibliographiques. Identifiants: Canadiana (livre imprimé) 20230054315 | Canadiana (livre numérique) 20230054323 | ISBN 9782760648296 | ISBN 9782760648302 (PDF) | ISBN 9782760648319 (EPUB) Vedettes-matière: RVM: Art et ordinateurs. | RVM: Art public. | RVM: Médias numériques et culture. Classification: LCC N72.C63 P37 2023 | CDD 702.85—dc23 Dépôt légal: 2 e trimestre 2023 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2023 www.pum.umontreal.ca Cet ouvrage a été publié grâce à une subvention de la Fédération des sciences humaines de concert avec le Prix d’auteurs pour l’édition savante, dont les fonds proviennent du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de son soutien financier la Société de ­développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).




INTRODUCTION
L’art, au regard des cultures numériques
Alexandrine Théorêt
E n 1973, dans son ouvrage le plus connu , la critique Lucy Lippard posait les bases d’une pensée de l’art conceptuel en déclarant: «le nouvel art dématérialisé […] fournit un moyen de faire sortir la structure du pouvoir [en art] hors de New York et de la diffuser à n’importe quel endroit où un artiste aurait envie d’être à ce moment-là 1 ». Quelques années plus tard, le numérique et ses technologies ont permis de pousser encore plus loin cette idée d’une dématérialisation des œuvres et d’accorder à l’art lui-même une certaine liberté, celle d’évoluer à l’extérieur des grands centres et des institutions artistiques. Dans les deux cas, la dématérialisation des œuvres d’art a eu, sous des formes et à des degrés différents, l’effet d’augmenter et de faciliter considérablement la mobilité des œuvres et leur circulation.
Devenu courant dans les années 1990, l’art sur le Net a apporté de nouvelles façons de concevoir la recherche et la création. Internet n’a pas uniquement été utilisé comme outil créatif ou comme support médiatique ou communicationnel: il a également permis de renouveler les modes de production et de circulation des œuvres, par la création, notamment, de nouveaux outils et méthodes de diffusion et d’exposition 2 . Qui plus est, Internet a contribué au renouvellement du marché de l’art, que ce soit par l’adaptation des plateformes préexistantes, comme les maisons de ventes aux enchères qui permettent de placer des mises en ligne et qui organisent même des ventes entièrement sur le Web, ou, plus récemment, par la création de nouvelles formes de certification d’unicité des œuvres – pensons notamment aux jetons cryptographiques NFT 3 .
Au cours des années 2000, l’essor du numérique a chamboulé les frontières entre les différents domaines artistiques auparavant distincts les uns des autres. Le mélange des disciplines – les arts plastiques, la littérature, les arts vivants, la musique et l’audiovisuel – engendré par les nouvelles technologies a eu pour résultat une hybridité des œuvres 4 . Ainsi, le schéma hiérarchique qui régit la production de l’art dit «traditionnel» s’est vu bousculé. En effet, dans de nombreux cas, le créateur singulier a disparu au profit de collaborations; la création se trouve désormais répartie sur plusieurs plans (scènes) et entre une variété d’acteurs 5 .
Fondé sur le constat d’une absolue interdépendance, à l’ère numérique, entre les choses et la circulation de leur image, le présent ouvrage propose de vérifier jusqu’à quel point ce phénomène de circulation est significatif pour la visibilité, la (sur)vie et la notoriété des œuvres d’art et des sites en analysant sa faculté d’activer des correspondances entre espace concret et cyberespace. Il s’agira également d’évaluer si cette réciprocité, qui trace une géographie inédite pour les œuvres d’arts, annonce une démocratisation ou une forme singulière de rapprochement entre art légitime et publics peu spécialisés. En interrogeant les pratiques des communautés d’artistes, d’amateurs et d’internautes, nous verrons en outre si celles-ci permettent ou facilitent l’éclosion d’un certain activisme artistique. Les interactions entre les différentes déclinaisons de l’espace public, lieux physiques et situés ou espace numérique, sont désormais abondantes et incontournables; à tel point que ces espaces doivent se comprendre comme le prolongement les uns des autres, comme les parties communicantes d’une même réalité. Suivant ce modèle, celui de la connexion et de la circulation, les liens entre l’art et les images (souvent photographiques) s’avèrent abondants et cruciaux. Grâce aux chaînes formées par l’action conjuguée des technologies numériques (les images autant que tout ce qui assure leur circulation) et du travail d’un certain nombre d’agents humains, n’importe quelle œuvre (même la plus mineure ou anonyme) ou n’importe quel site peut donner lieu à des c ascades d’images : l’objet (premier, original) conserve son individualité, mais en même temps, il est sans cesse «défini et redéfini par ses relations multiples 6 », ce qui peut susciter sa notoriété. En effet, les images s’enchaînent, conduisent les unes aux autres, en des flux constants et toujours renouvelés, et c’est par elles que le monde s’assemble, dans la «relation profonde et inextricable qu’entretient chaque image avec toutes les images déjà produites, la relation complexe de kidnapping, d’allusion, de destruction, de distance, de citation, de parodie et de lutte 7 ». Ainsi, des connexions se forment, par les images, entre œuvres et acteurs, sites et situations des œuvres, espace public urbain et cyberespace; tout cela composant des trajectoires qu’il importe d’examiner: «se demander ce qu’est une chose, c’est se demander quel chemin elle a parcouru hors d’elle-même 8 ».
Avec les textes contenus dans cet ouvrage, nous voulons ainsi observer les liens qui se créent entre les cultures numériques et l’art. Nous nous proposons d’explorer certaines fonctions du numérique, qu’il serve de support ou d’outil de diffusion des œuvres, qu’il soit espace public ou plateforme dédiée aux échanges ou à la création même. Nous ne prétendons, ni ne comptons, résoudre dans ce seul ouvrage tous les problèmes liés aux inter­actions entre art et numérique, mais souhaitons plutôt créer des ouvertures entre les deux champs d’études.
La diffusion en continu et en direct de l’information a accéléré de manière phénoménale l’émergence des débats, mais également celle des controverses et des protestations 9 . Avec la montée en popularité des technologies numériques, il devient de plus en plus pertinent d’étudier les trajectoires de propagation des idées, des mouvements, des concepts et même des grandes polémiques – de leur naissance à leur oubli, en passant par leur dissémination. Ainsi, les slogans, les mouvements politiques ou les mouvements de protestation peuvent être suivis, par exemple, à l’aide de mots-clics; les informations issues de diverses sources et présentées sous plusieurs formes peuvent être colligées, puis étudiées. L’arrivée des réseaux sociaux numériques, pour Dominique Boullier, transforme donc l’événement, qui devient désormais un «fait social 10 ». La multiplication des traces laissées en ligne, que ce soit par les commentaires, les articles ou même les clics, engendre un volume colossal de données et donne au public de nouvelles responsabilités. Le pouvoir de participation à l’œuvre d’art, notamment, s’en trouve décuplé; sa connaissance et sa reconnaissance, mais également les logiques de récupération, d’appropriation et de détournement sont toutes accélérées par Internet et ses réseaux sociaux. De même, le net art redéfinit et entremêle les catégories de producteur et de consommateur des œuvres; la coopération devient un élément central de la création et des projets artistiques; des communautés se forment et entrent en interaction.
Même si, à première vue, les nouvelles technologies numériques semblent pointer vers une accélération et une facilitation de la diffusion des informations, les divisions régionales ou au sein des communautés en ligne peuvent participer à la ségrégation des idées et nuire à la communication, notamment en ce qui concerne la migration et les crises migratoires. Christine Ross examine cette question à partir du long métrage vidéo One Day in the Life of Noah Piugattuk et des webdiffusions de Silakut (2019) du collectif Isuma, présentés lors de la 58 e édition de la Biennale de Venise. Cette sé

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