La lumière Neutre
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Description

Ce livre est une réflexion pour proposer un nouveau regard sur notre approche de la représentation du vivant en utilisant les connaissances disponibles actuellement en neurosciences, biologie et physique qui nous conduisent à une nouvelle compréhension de la perception artistique. Concept nouveau, la lumière Neutre propose une recherche de la représentation du vivant avec de nouveaux outils provenant d'horizons variés et présentés tout au long de cette étude.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2009
Nombre de lectures 289
EAN13 9782336271804
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pour Comprendre
Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud
L’objectif de cette collection Pour Comprendre est de présenter en un nombre restreint de pages (176 à 192 pages) une question contemporaine qui relève des différents domaines de la vie sociale.
L’idée étant de donner une synthèse du sujet tout en offrant au lecteur les moyens d’aller plus loin, notamment par une bibliographie sélectionnée.
Cette collection est dirigée par un comité éditorial composé de professeurs d’université de différentes disciplines. Ils ont pour tâche de choisir les thèmes qui feront l’objet de ces publications et de solliciter les spécialistes susceptibles, dans un langage simple et clair, de faire des synthèses.
Le comité éditorial est composé de : Maguy Albet, Jean-Paul Chagnollaud, Dominique Château, Jacques Fontanel, Gérard Marcou, Pierre Muller, Bruno Péquinot, Denis Rolland.
Dernières parutions
Gérard PARDINI, Grands principes constitutionnels. Institutions publiques françaises , 2009.
Marc PENOUIL, Gabriel POULALION, Sociologie pour les sciences sociales , 2008.
Joël BALAZUT, Heidegger , 2008.
Aziz JELLAB, Initiation à la sociologie , 2008.
Jean BARDY, La philosophie dans les pas de Socrate , 2008.
Jean-Claude VAN DUYSEN et Stéphanie JUMEL, Le développement durable , 2008.
Olivier ABITEBOUL, Comprendre les textes philosophiques. Concepts en contexte , 2008.
André COLLET, France — Amérique ; Deux siècles d’histoire partagée ; XVII e - XVIII e siècle, 2007.
Lorraine et Sébastien TOURNYOL du CLOS, La délinquance des jeunes , 2007.
Claude MEYER, Une histoire des représentations mentales , 2007.
Claire COURATIER, Christian MIQUEL, Les études qualitatives : théorie, applications, méthodologie, pratique, 2007.
Christian MIQUEL, La pensée du rien , 2006.
La lumière Neutre
Une nouvelle approche du dessin et de la peinture apportée par les sciences du XXIe siècle

Xavier Bolot
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296079311
EAN : 9782296079311
Vous ne voyez pas qu’avec vos yeux
A l’ère du réseau, des sciences cognitives et des nanotechnologies, il est plus que jamais nécessaire de croiser les cultures scientifiques, philosophiques et artistiques pour renouveler notre perception du monde. C’est l’ambition de Xavier Bolot dans ce travail approfondi sur la lumière neutre, et je suis très heureux que l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Bourges ait pu accompagner une telle recherche. Apprendre à voir, et pas seulement avec les yeux, est en effet un enjeu central de la formation artistique.
Paul Devautour.
Directeur de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de Bourges.
Après avoir traité des “Perspectives réelles”, en s’appuyant sur une analyse fortement documentée, l’auteur aborde, dans le présent ouvrage, un problème autrement délicat : celui des perceptions multiples du vivant et des représentations possibles de ce dernier sur le papier.
L’approche développée est nouvelle dans le sens où la perception est traitée dans sa globalité, multi sensorielle.
L’auteur met à profit l’existence d’une somme immense de connaissances physiques, physico-chimiques, physiologiques, pour tenter d’unifier la perception dans un processus complexe.
Cet ouvrage présente l’indéniable qualité d’assembler en un seul court volume les descriptions quantitatives de tous les modes de perception dont jouit l’être humain.
Le cerveau n’est pas un instrument de mesure : tel est le message délivré ici.
En conséquence, il donne un caractère relatif à toute perception et à fortiori a toute représentation. Message à ne jamais oublier !
Jean-Pierre Cohen Addad.
Professeur émérite des Universités (Physique).
Université J. Fourier des Sciences de la Technologie et de la Santé.
Grenoble.
J’ai été un peu long à vous donner mon avis sur votre travail, mais je tenais à prendre le temps de le lire soigneusement.
Très bien d’avoir insisté sur les illusions d’optique qui permettent de comprendre le travail fait par le cerveau (il fait des hypothèses).
La couleur existe-t-elle ? Pas sans un cerveau qui la décode. On connaît la question : un arbre tombe dans la forêt, y a-t-il du son ? Non, sauf s’il y a un homme, un loup, un oiseau... pour fabriquer le son à partir de variations de pression. C’est tout le problème des qualia.
Bravo pour cet effort pour couvrir un champ aussi large, vous y avez réussi.
François Michel.
Directeur de Recherche au CNRS (Neuropsychologie).
Sous le titre “ La Lumière Neutre”, l’auteur arrive à combiner des thèmes scientifiques pour présenter leurs correspondances et leurs complémentarités.
Philosophes, physiciens, mathématiciens, physiologistes, psychologues, neuropsychologues, sociologues, anthropologues et artistes s’y rejoignent.
Il nous apporte les résultats d’une recherche approfondie, susceptible d’intéresser et de sensibiliser tous les professionnels de ces divers domaines.
Alain Carlier. Professeur agrégé honoraire de pharmacie clinique de l’Université Paris V.
Ce livre est trop intéressant et foisonnant (dans sa clarté) pour en bâcler la lecture.
Michèle Arnold.
Psychanalyste.
Sommaire
Pour Comprendre - Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud Dernières parutions Page de titre Page de Copyright Remerciements PREAMBULE - Une nouvelle approche de la perception du monde
1 Origine du livre - Avertissement Présentation de la situation 2 Où est la Nature ? 3 Objectif - Méthode - Lecteurs 4 Qu’est-ce que la Lumière Neutre ?
1ère PARTIE - Le trait en Lumière Neutre
Résumé : Quel trait pour représenter le vivant ? Chapitre 1 L’espace - temps Chapitre 2 Le contraste information, un produit du système œil cerveau Chapitre 3 L’évolution de l’œil et de la cognition Chapitre 4 Le mouvement information, Chapitre 5 La reconnaissance d’une forme Chapitre 6 Les illusions d’optique, vues par l’artiste Chapitre 7 L’intention d’agir Chapitre 8 L’échange Chapitre 9 L’artiste et son sujet, point de vue psychologique Conclusion de la 1ère partie
2ème PARTIE - La couleur en Lumière Neutre
Résumé : Quelles couleurs pour représenter le vivant ? Chapitre 1 Couleurs physiques et couleurs perçues Chapitre 2 Les couleurs calculées Chapitre 3 Les couleurs et l’émotion Chapitre 4 Les couleurs culturelles d‘aujourd’hui Chapitre 5 Les couleurs et l’histoire, Chapitre 6 Les couleurs et le langage Chapitre 7 Les couleurs vues par les animaux Chapitre 8 Les couleurs et la profondeur de l’espace Chapitre 9 Les couleurs vues par chaque individu à un instant donné
Conclusions de la 2ème partie Conclusions générales ANNEXES Pour aller plus loin TABLES DES ILLUSTRATIONS
Remerciements
Je remercie chaleureusement tous ceux qui m’ont aidé dans cette recherche en me relisant et en m’apportant leurs remarques et leurs commentaires.
Ces lecteurs amicaux peuvent être répartis en deux groupes.
Le premier groupe était constitué d’experts cités par ordre alphabétique : Jean-Chrysostome Bolot,
Ph.D. en informatique de l’Université de Maryland, Maine,
Ingénieur systèmes chez Sprint, Mountain Wiew, Californie,
Jean-Eudes Bolot, Ancien Chef de Clinique Assistant des Hôpitaux de Lyon,
Alain Carlier, Professeur agrégé honoraire de pharmacie clinique de l’Université Paris V,
Odile Maguet, médecin psychiatre, Bourges
Michèle Arnold, psychanalyste, Bourges.
François Michel, Directeur de Recherche au CNRS, Professeur de neuropsychologie, Université Lyon I,
Jean Renault, PhD, Université de Berkeley, Californie, Professeur de mathématiques, Université d’Orléans.
Jean-Pierre Cohen Addad, Professeur émérite de physique des Universités, J Fourier. Grenoble.
Le second groupe testait la facilité de lecture du livre :
Aurelie Constant, International Wine Academy di Roma, Directrice,
Archimedes Garcia, ingénieur électronicien à l’EADS,
Douglas Kinsinger, traducteur chez SAP, Frankfurt,
Eric Mengual, Directeur de la Faculté de Droit à Bourges,
Yves de La Martinière, Ingénieur informaticien chez IBM,
Christine Perrin, Conseillère à la Cour d’Appel de Versailles.
Ma reconnaissance va à Monsieur Paul Devautour, Directeur de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de Bourges, pour l’accueil qu’il m’a réservé et la logistique qu’il a mise à ma disposition sous forme de bibliothèque, locaux et matériels, ainsi qu’à Rebekah Start qui traduit à Chicago mon travail en américain.
PREAMBULE
Une nouvelle approche de la perception du monde
1 Origine du livre - Avertissement Présentation de la situation

11 Origine du livre
Je suis à la recherche de la traduction du vivant sur une feuille de papier.
Je n’ai jamais cessé de dessiner et peindre et je constate aujourd’hui un retour du dessin et de la forme en avant-scène, au gré des modes de l’art.
Je trouve le modèle vivant et le portrait irremplaçables comme école du dessin : les possibilités sont infinies et la moindre erreur est immédiatement décelable.
Mais au-delà des écoles, une évolution profonde des mentalités s’opère sous la pression du développement des techniques dans tous les domaines.
Devant les découvertes des secteurs de la physiologie, biologie, neurosciences, psychologie, astronomie, anthropologie, physique, mathématiques et informatique, avec leur cortège exponentiel d’interrogations nouvelles, nous sommes à la veille d’une nouvelle renaissance de notre vision de l’esprit de l’homme, comparable à celle vécue au XVIe siècle en Europe, lorsqu’il fallut admettre que c’est la Terre qui tourne autour du Soleil.
Nous connaîtrons plus tard d’autres renaissances, par exemple lorsque nous comprendrons la gravitation.
Les tabous tombent un à un, on ne met plus au bûcher Giordano Bruno qui annonçait l’existence d’autres planètes bleues dont nous avons aujourd’hui les éléments pour penser qu’il peut en exister parmi les millions d’autres planètes de notre galaxie.
Dans ce contexte, j’ai été frappé par un phénomène récurrent en animant des groupes de dessin de modèles vivants.
Il m’est arrivé souvent de constater que lorsqu’un modèle, même vu de dos, s’ennuie, l’intérêt tombe immédiatement et les crayons des dessinateurs s’arrêtent.
Nous étions entrés dans le trait, dans la grâce d’une courbe, dans l’expression d’un psychisme et l’enchantement s’arrêtait brutalement.
Ce phénomène était d’autant plus remarquable que chacun de mes collègues avait un trait très personnel, témoignant de leurs sensibilités diverses. Il existait, sans aucun doute, d’autres vecteurs de communication que ceux de l’optique.
Au-delà de la forme, un esprit venait du modèle vers l’artiste et inversement. Que signifie du reste le mot esprit ? Quelle était donc l’énergie communiquée qui pouvait avoir une telle puissance ? De quelle nature était-elle et par quels canaux se propageait-elle ?
Je n’avais pas l’intention de sombrer dans l’ésotérisme mais le fait était là, et il fallait l’approcher méthodiquement pour discerner ce nouveau chemin.
A la réflexion, la liste des expériences apparemment étranges mais courantes est inépuisable.
Ces expériences peuvent être de natures très différentes.
L’hypnose existe, les souffrances psychosomatiques aussi et non des moindres, la connaissance du fonctionnement de notre cerveau nous permet d’intervenir dans le traitement des crises d’épilepsie. J’ai moi-même trouvé des canalisations cachées dans le sol avec des baguettes de fer à béton pliées à angle droit et fait répéter cette expérience réussie à qui
voulait la vivre. Mon chien berger me prévenait de l’arrivée imminente de quelqu’un.
De même, comment rattrapons-nous une balle de tennis dont nous ne distinguons ni la couleur ni la forme ?
Comment suis-je arrivé à la boulangerie en pensant à autre chose ?
Nous sommes habitués à considérer dans notre culture occidentale que nous avons cinq sens bien distincts : la vue, l’ouie, l’odorat, le toucher et le goût.
Nous savons aujourd’hui en neurosciences que les organes de ces sens ne sont pas indépendants mais donnent souvent lieu à des perceptions multi sensorielles.
Certains transferts d’informations sont lents, d’autres rapides.
De plus, l’acupuncture nous indiquait déjà la complexité de nos réseaux nerveux et le yoga l’importance des flux et des transferts d’énergie.
L’éthologie, la physiologie animale et la paléontologie ont signalé d’étranges transformations des espèces.
L’inventaire de nos capteurs n’est ni achevé, ni reconnu.
La nature et le vivant ne cessent de nous surprendre.
Or il est remarquable de constater que, dans notre monde de la spécialisation, les différentes disciplines convergent autour des mêmes phénomènes.
C’est le cas de la philosophie et de la physique au sujet du mouvement, ou bien de la biologie, de la physique et des neurosciences à propos de la couleur, mais aussi celui de la philosophie et de l’informatique à propos de la perception de la forme, etc.
Les notions que nous évoquerons ne sont pas compliquées, ni mystérieuses, ni inconnues, ni nouvelles; nous les ignorons souvent simplement parce qu’elles sont taboues.
La loi du moindre effort n’en fait pas la promotion.
Le but de mon enquête est de tenter de rassembler autant de faits aujourd’hui familiers, d’horizons différents, qui puissent nous aider à mieux comprendre les multiples aspects de notre perception dans nos actions quotidiennes, nos efforts de communication et nos représentations artistiques à la recherche du vivant.

12 Avertissement
121 Ce livre n’est pas Un traité de dessin ou de peinture, car chaque artiste est libre, Un traité d’histoire de l’art ou de philosophie, Une encyclopédie des neurosciences, Un traité d’optique quantique ou classique, expliquant dans leur détail les phénomènes d’interactions de la lumière et de la matière générant les couleurs : diffraction, réfraction, diffusion, interférence, émission, etc. Un traité de chimie minérale ou organique traitant des pigments ou des colorants synthétiques.
Ce livre est une réflexion pour proposer un nouveau regard sur notre approche de la représentation du vivant en utilisant les connaissances disponibles actuellement en neurosciences, biologie et physique qui nous conduisent à une nouvelle compréhension de la perception artistique.
Nous avons fixé un objectif clair : représenter le vivant.
Seul un objectif peut en effet nous permettre d’aboutir à des conclusions simples qui nous semblent découler de notre perception naturelle, mais qui n’ont pour autant aucune force de vérité universelle, ce qui serait oublier la non communicabilité inhérente à l’expérience sensible.
122 La Lumière Neutre, que nous allons définir au cours de cet ouvrage, n’est pas la seule approche qui permette d’aboutir à la représentation du vivant. Ainsi, mettre en place le trait juste, qui est l’objet de la perspective, permet la capture des volumes du vivant, avant de savoir quel type de trait et quelles couleurs utiliser pour traduire le vivant.

13 Présentation de la situation
Au sujet du trait, du rapport lumière ombre, ou de la couleur, nous vivons sur des idées reçues qui ne tiennent pas compte des connaissances acquises au XXe siècle, dans de multiples domaines et qui constituent le substrat de notre culture en devenir.
Certains artistes ont eu la tentation de vivre dans un superbe isolement, convaincus de montrer la voie au monde.
Voulaient-ils faire part de leur ressenti, comme l’artiste Wassily Kandinski (1866-1944), professeur au Bauhaus, ils ne considéraient pas que tous les cerveaux sont différents et ne peuvent ressentir les mêmes choses.
Voulaient-ils tenir des discours conceptuels, ils oubliaient dans leurs propos que nos concepts reposent sur des images mécaniques simples, comme ceux de
Max Planck (1858-1947) ou d’Albert Einstein (1879-1955), et parce que nos décisions exprimables sont dichotomiques.
Voulaient-ils conquérir un monde abstrait, ils semblaient ignorer que le premier travail du cerveau est celui de détecter des formes et les émotions qui en découlent, comme à la vue des planches de taches d’encre écrasées, présentées par Hermann Rorschach (1884-1922) pour réaliser ses tests projectifs en hôpital psychiatrique.
Quelle est donc notre perception réelle des choses ?
Autrement dit, comment les percevons-nous, lorsque nous faisons abstraction de notre culture classique, moderne ou contemporaine ?
Comment représenter cette perception ?
Quelles réponses apporte l’approche de la Lumière Neutre  ?
Nous utiliserons de nombreux exemples pour tenter de répondre à ces questions : une culture proche de la nature, différente de celle d’aujourd’hui, peut nous aider à voir, en nous laissant guider par notre perception physiologique.
Elle nous ouvre les portes du vivant par une approche intuitive.
Elle permet à l’artiste une mise en œuvre décrispée de ses dessins et de ses peintures, sans être prisonnier de ses techniques.
Qu’appelle-t-on Lumière ? Où se situe la Nature ?
2 Où est la Nature ?
Physiciens et poètes : les trois mondes de la Réalité —
La perception visuelle d’une droite —
Le monde de la perception multi sensorielle.

21 Physiciens et poètes : les trois mondes de la réalité
Lorsque nous présentons un nouveau concept ou que nous explorons un terrain vierge, nous manquons de vocabulaire pour décrire les nouvelles terres découvertes.
L’explorateur doit alors créer un néologisme qu’il lui faudra expliquer ou bien utiliser des mots anciens avec un contenu nouveau qu’il lui faudra décrire.
J’ai choisi un vocabulaire le moins rébarbatif possible et donc pris l’option d’utiliser des mots anciens.
Si ces deux termes, Lumière et Neutre sont anciens, leur juxtaposition est iconoclaste et c’est heureux car sa naissance brandit une interrogation nouvelle.
L’innovation réclame un nouveau concept et un titre pour le nommer.
Pour reprendre l’image utilisée par l’astrophysicien Hubert Reeves, né à Montréal en 1932, un titre accompagne le chercheur tout au long de son parcours en découvrant ses nouvelles facettes.
C’est ce que nous ferons avec la Lumière Neutre dont nous approcherons le concept dans quelques pages et définirons à la fin de l’ouvrage.
Où se situe la Nature ?
Une réponse n’est pas chose facile car nos moyens d’appréhension des phénomènes sont limités. Qu’appelle-t-on le réel lorsqu’il y a plusieurs réalités, en particulier celle du monde physique, celle du monde perçu et celle du monde représenté ?
Prenons l’exemple du soleil : physiquement c’est une étoile, nous le percevons comme une source de lumière et de chaleur, les Egyptiens le représentaient comme un dieu à tête de faucon portant sur sa tête le disque solaire.
Remarquons que ces trois mondes sont autonomes, chacun ayant une existence éphémère.
Ainsi l’étoile soleil se réduit progressivement et deviendra un trou noir.
Notre perception de la chaleur dépend des individus et des circonstances.
Moïse a été représenté pour la dernière fois à la Renaissance par Michel-Ange avec des cornes, ce qui ne signifiait pas qu’il fut le diable.
Le Dieu de Moïse n’a pas été identifié par les physiciens, mais il a été perçu par les mystiques jusque dans leurs stigmates et représenté sous la forme d’un vieillard à grande barbe blanche.
Qu’en est-il de la musique ?
Il s’agit de vibrations pour le physicien Helmholtz et les médecins, elle est perçue comme une source d’émotions par les musiciens, elle est représentée par une partition par les compositeurs.
Qu’est-ce qu’une pièce de monnaie ?
Physiquement une rondelle d’alliage de cuivre, perçue comme le pouvoir d’acheter chez le boulanger, représentée en dessin par une ellipse, et plus rarement un segment de droite lorsqu’elle est vue de profil ou un cercle lorsqu’elle est vue de face.
Qu’est-ce que la lumière ?
Elle est pour le physicien, suivant les expériences à expliquer, soit de l’énergie solaire propagée en ligne droite, soit une onde périodique, soit une pluie de grains d’énergie.
Elle est perçue, lorsqu’elle est projetée à travers des trous faits dans un carton, soit comme des points, soit comme des anneaux, soit comme des taches aux contours flous.
Elle est représentée par les peintres à l’aide de zones de couleurs claires.
Remarquons que l’imagination poétique du physicien n’a rien à envier à celle de l’artiste et que toutes les représentations théoriques reposent sur des images enfantines.
Le théorème de Pythagore n’a qu’une démonstration visuelle faite de carrés.
Une onde périodique lumineuse ou électrique est représentée par une aiguille d’horloge.
L’artiste conscient est également confronté à ces trois mondes : physique, perçu et représenté.
Dans cette étude nous nous intéresserons à la réalité du monde perçu qui est celui à partir duquel nous nous faisons une idée de notre environnement .
Où est la nature ? En ce qui va nous concerner, les physiologistes ont autant de difficultés que les physiciens à la décrire, qu’il s’agisse du cerveau ou des trous noirs de l’espace cosmique.
Il nous faudra, entre ces trois mondes, nous faire une idée de la condition de l’artiste qui - perçoit son environnement à l’aide de multiples capteurs dont nous n’avons pas encore arrêté l’inventaire, - de façon consciente ou inconsciente, - à la poursuite du vivant.

22 La perception visuelle d’une droite
La vision optique d’une droite mérite de s’y arrêter car elle est exemplaire dans la révélation des trois réalités physique, perçue et représentée.

Dans le monde physique, la droite fut un concept inventé par l’homme qui traça des rues droites pour les villes aujourd’hui abandonnées des rives de l’Indus, il y a maintenant près de 5000 ans.
Dans le monde perçu, les Grecs constataient que deux droites parallèles convergent à l’horizon. Ceci n’empêchait pas leurs écoles de mathématiques d’utiliser le concept de droites parallèles, lesquelles par définition, ne se rejoignent jamais.
De plus, les Grecs savaient déjà que notre perception des droites est faite de courbes.
Dans le monde de la représentation, deux droites parallèles, par exemple deux colonnes verticales, étaient construites convergentes pour donner l’impression de leur verticalité. Ceci veut dire que les Grecs donnaient un angle à leurs colonnes pour corriger la perception physiologique de l’œil qui fait diverger les colonnes vers le ciel. Autrement dit la matérialisation d’un temple dépendait de l’ objectif de l’architecte qui voulait en l’occurrence donner une impression de solidité à ses temples.
Pour passer d’un monde à l’autre, existe à chaque fois une transformation, c’est-à-dire une explication accompagnée d’un outil servant de passerelle.
Du fait de la présence frontale de nos deux yeux, notre espace visuel est cylindrique.
Il en résulte qu’une droite dans l’espace physique sera perçue comme une ellipse et représentée sur une feuille par un arc trigonométrique.
Ceci est illustré par l’opération simple qui consiste à décalquer un paysage sur une plaque de verre, à la façon pratiquée par Léonard de Vinci.
Nous sommes donc bien, tout comme l’artiste, confrontés à trois mondes : Le monde physique, que nous cherchons à comprendre, qui est le monde poétique des physiciens, Le monde perçu, que nous cherchons à comprendre, qui est celui des neurosciences en phase de recherche, Le monde de la représentation, que nous cherchons à comprendre, qui est celui de nos projections analysées par les psychiatres.
Mais nous aborderons dans cet ouvrage différents modes de perception, c’est-à-dire de compréhension de notre environnement, tout en gardant le souci de la vision optique qui est l’un de nos outils quotidiens.
Nous resterons attachés à la perception physiologique, optique ou non, qui est notre perception naturelle.
C’est cette perception qui nous permettra de sortir des sentiers battus dans nos efforts de représentation du vivant.

23 Le monde de la perception multi sensorielle
Nous resterons dans cet ouvrage centrés sur la vision. Mais notre vision s’alimente auprès de nombreux capteurs.

Autoportrait les yeux fermés. Constance Le Goaer. Crayon. Collection privée.

Un joueur de football peut intercepter une balle sans la regarder.
Une cavalière peut courir à côté de son cheval en le regardant.
Un aveugle peut dessiner.
Les non voyants de l’établissement Jean Isoard de Montgeron jouent au basket et marquent des buts.
C’est la volonté d’agir qui permet à ces hommes de mobiliser les ressources non visuelles nécessaires à la pratique d’un sport.
Le cerveau d’un aveugle par accident se réorganise pour affecter certaines zones visuelles inutilisées à d’autres fonctions, en particulier celle de l’audition.
On observe un phénomène analogue chez les sourds pour lesquels certains espaces du traitement sonore sont libérés pour traiter les signaux visuels.

Partie de football entre équipes non voyantes. Fédération Française de Sport Handisport. © Photo Baheux.

Photo© Anne Savaris. Carine Paul (Bourges n°10) et Noémie Lemaire (Clermont-Ferrand n°13)
L’équipe de Bourges, championne de France et d’Europe, suit, comme celle de Clermont-Ferrand, un entraînement intensif avec des techniques de pointe.
Aucune des deux joueuses ne regarde le ballon, ni la joueuse adverse. La balle est contrôlée par le sens tactile de la joueuse n° 10.
De plus leurs yeux montrent qu’elles ne regardent pas dans la même direction : le n°10 regarde peut-être une partenaire, le n°13 observe les mouvements d’autres joueuses avec sa vision périphérique.
Les deux athlètes en plein effort semblent penser à autre chose qui ne se déroule pas dans l’instant saisi par la photo.
Elles « écoutent » leurs efforts musculaires et le déplacement des formes.
Elles semblent songeuses et pourtant l’objectif mobile sera intercepté.
En réalité elles tentent de prévoir la suite pour orienter leur action.
Leurs cerveaux sont de formidables machines à anticiper.

Les cahiers du cheval arabe. © Photo Yves Riou.
Cette jeune femme court pour accompagner son cheval qui trotte.
Elle ne semble rien voir de son chemin, ni la piste, ni la barrière.
Elle semble transportée dans la contemplation de son magnifique pur-sang
Elle l’admire, elle l’aime, il le sait.
De bonne composition, dans cette ambiance de confiance, le poulain est prêt à suivre sa partenaire longtemps.
Que capte la cavalière pour son guidage ?

Jeux Olympiques 2006 de Turin pour non voyants. Fédération Française Handisport ; © Photo Gilles Place.

Les non voyants, lancés à toute vitesse en ski, semblent utiliser les mêmes capteurs que la jeune cavalière ci-dessus.
3 Objectif - Méthode - Lecteurs

31 Objectif
Comment comprendre et représenter le vivant ?
Les techniques classiques artistiques n’avaient pas cet objectif comme priorité.
Le XIXe siècle approche cette discipline intuitivement avec de beaux succès.
Au XXe, Picasso, après avoir inventé le cubisme, s’en retire rapidement pour exprimer la sauvagerie de son époque, tandis que Klee, Miro, Modigliani, Matisse explorent le vivant suivant leur inspiration.
Vient le temps de la déconstruction et du discours conceptuel qui s’essouffle au bout d’une vague de 40 ans déjà, aujourd’hui.
Pendant ce temps, le cinéma traite le mouvement, mais il n’est qu’une succession de mises en page dont chacune va plus ou moins profondément marquer la mémoire du spectateur.
Face à ce nouvel outil d’expression, nous sentons à quel point le sensible peut difficilement s’exprimer par un discours qui fait appel aux constructions rationnelles du langage.
Ce livre, à la recherche du vivant, explore le travail de perception de notre cerveau confronté au monde physique pour le comprendre et communiquer avec lui.
Cet ouvrage a pour but de savoir s’il est envisageable, dans notre culture contemporaine scientifique et philosophique, d’exprimer l’énergie vitale sur une toile avec le trait et la couleur.
La notion de Lumière Neutre permet de répondre aujourd’hui à l’attente d’une maîtrise d’un dessin intuitif, vrai et vivant, par une meilleure compréhension de la nature.

32 Méthode
Nous rechercherons à travers différentes disciplines les éléments qui nous permettront de repenser aux concepts de lumière et d’énergie. Pour ce faire nous étudierons dans notre enquête en : physiologie, la nature du travail effectué par nos yeux et notre cerveau, biologie, l’évolution de l’espèce, physique et informatique, ce que nous savons de l’énergie, anthropologie, les composantes culturelles de la perception, philosophie, l’effort d’intégration des données dans une compréhension globale, psychiatrie, les rapports du peintre et de son sujet.
Le peintre doit se décrisper, ne pas faire « à la manière de », ne pas céder aux modes commerciales. Il doit repenser notre culture en s’abreuvant à toutes les sources pour développer sa force.
La force du vivant surgira alors naturellement.
Nous présenterons des illustrations, bien que la vision optique ne soit dans notre propos que l’un de nos moyens de communication.

33 Lecteurs
Le concept de la Lumière Neutre est nouveau.
Il propose en effet une recherche de la représentation du vivant à l’aide de nouveaux outils provenant d’horizons variés scientifiques ou philosophiques formulés au siècle dernier et présentés tout au long de cette étude.
Ce livre s’adresse donc à tous les amateurs d’art, quel que soit leur niveau, débutants, élèves des écoles, professeurs, professionnels.
Il intéresse aussi les philosophes de la phénoménologie de la perception puisque nous ne voyons pas qu’avec nos yeux.
Il intéressera aussi les physiciens accoutumés aux problèmes de l’espace-temps, les mathématiciens et les informaticiens confrontés aux problèmes du mouvement et du chaos, et les architectes dont on admirera le message de leurs immeubles.
Ce livre intéressera aussi les physiologistes, les psychologues, les neuropsychologues, les sociologues, les neurobiologistes, les psychiatres et les anthropologues qui verront une application nouvelle des savoirs qu’ils ont acquis et transmis.
Ce livre n’aurait pu être écrit sans l’éclairage de tous ces chercheurs.
Le lecteur étranger à ces professions découvrira des mondes nouveaux, sources indispensables à toute progression et créativité.
4 Qu’est-ce que la Lumière Neutre ?
Comment saisir le vivant ?
Première approche du concept de Lumière Neutre.
Avantages décisifs du concept.
En quoi le concept de Lumière Neutre est-il innovant ?

41 Comment saisir le vivant ?

Petit rappel des précurseurs.
Nous ne voyons pas qu’avec nos yeux, mais avec de multiples capteurs sensoriels qui nous permettent de comprendre l’image.
De plus, nous sélectionnons ce qui va nous permettre de déclencher notre action, notre cerveau étant une formidable machine à anticiper.
Au total, nous percevons d’abord la présence et l’énergie de notre environnement avant ses formes.
Tel peut être présenté l’état actuel des recherches publiées.
Pour sa part l’artiste dispose du trait et de la couleur pour exprimer sa culture propre, c’est-à-dire sa mémoire et par conséquent son affectivité.
Le sensible ne peut en effet s’expliquer par un raisonnement.
Ces deux fonctions appartiennent à de multiples zones interconnectées mais bien distinctes du cerveau.
Les artistes les plus divers l’ont déjà intuitivement ressenti.
Dans la conception classique de la représentation, le vivant se limitait à une posture hiératique, mais l’autoportrait très libre de Rembrandt, gravé sur quelques centimètres carrés seulement, est flamboyant de présence.
Au XIXe, les artistes ont innové en recherchant la lumière comme Monet, ou le mouvement comme Delacroix, ou encore l’éclatement de la couleur comme Seurat, Signac ou Cross.
Au XXe, Matisse voit surgir le vivant au travers des scènes ou des simples objets qu’il contemple. Picasso exprime son extrême sensibilité dans ses dessins et la violence de sa force dans ses peintures. Rothko fait vibrer de simples plages de couleurs.
Les exemples de précurseurs d’une lumière et de la vie au-delà du dessin ne manquent pas.
Comment circule donc la communication sensible ?
Nous tenterons la découverte de chemins d’approche.

Rembrandt, autoportrait, eau forte, 1630, 5x4,4 centimètres.

Monet, la cathédrale de Rouen, effet du matin, harmonie blanche, une des toiles de la série peinte entre 1892 et 1904.
A la recherche de la lumière.

Delacroix. 1835. Carnets. Etude d’un arabe à cheval. Plume. Voyage au Maroc.
Un trait multiple et ouvert.

Le cap Layet. 1904 .© Musée de Grenoble. Henri-Edmond Cross. La peinture éclatée en touches de couleurs.

Vase et feuillage. Matisse 1945.
« Je mets un bouquet sur la table, je voudrais que le tableau, une fois terminé, un jardinier puisse y reconnaître toutes les variétés de fleurs : mais je ne sais pas ce qui se passe en route, ça devient des jeunes ftlles qui dansent. »

42 Première approche du concept de Lumière Neutre
L’expression de Lumière Neutre est utilisée pour nous rappeler que l’énergie, le désordre (appelé entropie), l’information, la lumière et la matière ne font qu’un, et sont parties d’un tout.
Le vivant est donc, lui aussi, énergie.
(Pour ceux qui ne sont pas physiciens, voir l’annexe « L’énergie en physique expliquée à mes enfants »)
Cette idée, aujourd’hui courante, a déjà été abordée dans l’Antiquité par les philosophes grecs et le siècle dernier par les physiciens, en particulier par Hermann von Helmholtz, en 1847, dans son traité A propos de la conservation de l’énergie.
Elle nous interroge sur certains préceptes de notre culture artistique. C’est pourquoi nous ouvrons un débat cherchant à explorer les voies qui nous permettraient de répondre aux trois questions suivantes :
1- En amont de la façon dont notre cerveau perçoit les choses, quelle est la nature propre des phénomènes physiques ?
Comment appréhender directement l’intensité des manifestations physiques ?
2- Quels sont les filtres d’accès de notre perception ?
Aujourd’hui la physiologie fait de rapides progrès dans la connaissance du fonctionnement de notre cerveau et nous apporte des éléments nouveaux.
Tout se passe comme si notre cerveau avait deux fonctionnements, l’un rationnel, censurant l’autre, sensoriel et intuitif.
C’est pour cela que nous ne croyons pas ce que nous voyons et qu’il nous est plus facile de croire à ce que nous ne voyons pas. Ainsi, nous pensons volontiers, à tort, que les yeux ne sont pas au milieu du visage.
De plus notre perception résulte d’un système multi sensoriel complexe, fournissant des informations dynamiques traitées par notre organisme et notre cerveau en fonction de ses prédictions et de ses intentions d’action.
3- Comment pouvons-nous représenter notre perception avec les outils dont nous disposons en dessin, peinture, installations en trois dimensions ou cinéma ?
Qu’est-ce qui nous émeut tant à la vue d’une représentation ? L’artiste peut-il communiquer sa perception des couleurs et sa propre émotion ?
Nous rassemblerons, dans cet ouvrage, des éléments d’horizons divers, résultats des efforts de ce dernier siècle, pour tenter de répondre à ces questions.
Outre-Atlantique, Allen Hirsch s’intéresse au « cerveau noir », Betty Edwards au « cerveau droit » et Deborah Butterfield au « mouvement intériorisé ».
Nous approcherons successivement ce phénomène sous différents angles. La Lumière Neutre que nous abordons n’est pas une chose inerte mais un vecteur d’échange, un transfert d’énergie qui m’interpelle, dont nous croisons quotidiennement des exemples.
Nous tenterons au terme de ce travail, en conclusions générales, de donner une définition plus précise de cette réalité étrange.
La lumière à laquelle nous nous intéressons n’est donc pas la lumière classique de l’Académie avec ses ombres portées logiques.
Elle n’est pas non plus la lumière blanche des psycho-physiciens obtenue sur les étendues du Pôle Nord à partir d’une lumière parfaitement neutre, c’est-à-dire ni trop froide, ni trop chaude, avec un spectre solaire complet émis par un corps noir à une température de 6500° Kelvin.
L’importance fondamentale de la lumière dans la vie de chaque être vivant est connue en tant que première cause, physique et biologique, de la vie même.
La lumière en apportant son énergie au carbone, à l’azote et à l’oxygène permet la synthèse des acides aminés, élément de base des protéines. Nous interagissons avec elle de façon continue aussi bien au niveau physique que mental, en communication avec le monde qui nous entoure. Le paradoxe est que la lumière énergie est sans états d’âme et totalement neutre.

43 Avantages décisifs du concept
La culture de la Lumière Neutre - libère des préjugés culturels, - distancie le dessinateur et le peintre de ses techniques, - dépasse les débats
figuratif — abstrait, contemporain — ringard, conceptuel — ressenti, petit — grand format, 2d — 3d , et autres sentiers battus. - indique de nouvelles voies à l’esprit de découverte, d’invention, de création et de créativité, - fait surgir le vivant.
A chacun sa perception créatrice irremplaçable.
La Pietà de Michel-Ange et La Madone d’Edward Munch sont bien deux transfigurations de la même femme.

44 En quoi le concept de Lumière Neutre est-il innovant ?
D’abord par la façon d’aborder les questions artistiques sans craindre d’être iconoclaste, en utilisant l’état de l’art de ce début du XXIe siècle dans toutes les directions possibles philosophiques ou scientifiques.
Ensuite parce que ce concept permet d’avancer dans l’analyse de l’art en proposant trois réalités autonomes, celles de trois mondes que nous cherchons à comprendre : le monde poétique des physiciens, le monde perçu, de la psychologie et des neurosciences, le monde de la représentation des artistes.
Cette distinction permet de structurer les raisonnements et de renverser les inspirations injustifiées et convenues.
Ces trois mondes augmentent le malaise des fanatismes qui ne peuvent admettre un démantèlement de la réalité absolue qu’ils prônent comme un instrument de pouvoir.
C’est pourquoi furent excommuniés les acteurs de théâtre et ignorés les artistes non conformistes sous tous les régimes totalitaires.
Le trait du vivant doit être lui-même vivant, la couleur n’a qu’une importance toute relative pour traduire le vivant : jamais telles conclusions construites n’avaient été exprimées .
Nous verrons que cette intrusion de la réflexion artistique dans les neurosciences, apporte, par ses conclusions, une confirmation du rôle prédictif de notre cerveau.
Pour autant, en aucun cas, la création ou l’invention, dans tous les domaines, ne peuvent relever de l’application d’une théorie, d’une culture ou d’une mode, aussi séduisantes soient-elles.

Dessin de l’auteur, recherche du vivant, pierre noire sur papier.
1ère PARTIE
Le trait en Lumière Neutre
Résumé : Quel trait pour représenter le vivant ?
Examinons les caractéristiques du trait du vivant, c’est-à-dire successivement le contraste, le mouvement et l’échange.
Le contraste de luminosité ou de couleur nous permet de déterminer le contour des formes, le volume des objets, et la profondeur de l’espace.
Nous devons comprendre comment notre système œil cerveau perçoit l’environnement, c’est-à-dire, le construit et par conséquent le comprend. On peut voir et réagir justement mais inconsciemment, comme on peut, au contraire, voir consciemment, à condition de comprendre ce que l’on voit.
Le mouvement est une caractéristique du vivant qui est par nature en perpétuelle évolution.
Est-il possible de saisir le mouvement ?
L’échange est une condition nécessaire de l’évolution, car pour évoluer il faudra bien échanger de l’énergie et de l’information.
Quel aspect doit avoir une forme qui échange ?
Nous verrons que du trait seul surgissent la forme et l’âme, mais quel type de trait utiliser pour donner l’aspect du vivant ?
Nous donnons dans cette présentation un premier aperçu d’une approche énergétique de notre perception du monde physique en vue de sa représentation.
Ce problème délicat, aux multiples facettes, nous conduira par la suite dans une investigation d’une meilleure connaissance de notre condition humaine.
Nous développerons, dans les chapitres qui suivront, chacun des points évoqués dans cette présentation.

1 Le contraste
Par quel miracle notre cerveau reconnaît-il un volume à l’aide d’un trait?
Ce dessin ne comporte aucune ombre, mais nous distinguons parfaitement les volumes.

Dessin de l’auteur, feutre, 2lx27 cm.

En 1760, le physicien Lambert nous donnait l’un des principes de base de la photométrie : en milieu isotrope, la brillance d’un objet est la même dans toutes les directions.
Il en résulte sur une sphère un liseré interne, dans la zone de clair-obscur, d’abord brillant puis sombre. Le chapitre 5 de cette première partie sera consacré à la reconnaissance d’une forme.
Aujourd’hui, les neurosciences nous disent que les premières batteries de neurones, qui constituent les couches de sortie de la rétine de notre œil, transforment les contrastes de luminosité perçus en fronts d’ondes brutaux de façon à envoyer sur le nerf optique des informations numérisées.
Le cerveau identifie des segments de traits qui sont repérés, suivant leurs orientations, et les replace dans un ensemble mémorisé.
Le trait est alors utilisé pour identifier un volume dans l’espace.
L’orientation des plans est repérée grâce au mouvement et à la stéréoscopie de nos deux yeux.
Un volume sera identifié par assemblage de volumes élémentaires et comparé à une forme cataloguée.
Notre cerveau identifie, en priorité à partir du trait, la forme d’un volume, par exemple celui d’un prédateur.
Cette priorité est nécessaire à la survie de l’espèce.
La notion de zones colorées, et par conséquent de nuances d’ombres et de lumières, n’est construite par le cerveau que dans un deuxième temps, après les séquences conscientes ou inconscientes de décisions, ces décisions étant prises selon des critères induits par notre culture.
Nous en avons l’exemple par le vocabulaire des couleurs, variable suivant les cultures, comme c’est le cas en Bretagne ou en Australie à propos du bleu et du vert dont nous parlerons plus loin.
Ainsi du trait seul surgissent la figure et son âme.
L’ombre et la lumière ne sont souvent que le cache-misère d’un mauvais trait.
Mais à quelles conditions le trait peut-il alors représenter le vivant, c’est-à-dire le mouvement et l’échange  ?

Ce dessin ne contient aucune ombre. Dessin de l’auteur. Feutre.

2 Le mouvement
Le mouvement (dont la nature est celle d’une masse multipliée par une vitesse) et l’espace (dont la nature est celle d’une simple longueur) ne sont pas de natures comparables.
Or nous confondons souvent, et à tort, un mouvement avec sa trajectoire.
En 1889 le philosophe Henri Bergson le démontre dans son Essai sur les données immédiates de la conscience.
Ce résultat est confirmé en 1930 par le physicien Heisenberg, par son Principe d’incertitude qui nous dit qu’il est impossible de connaître simultanément la position d’un mobile et sa vitesse. Autrement dit :
la flèche qui vole vers sa cible n’est jamais en aucun point défini de son trajet.
En conséquence, les lances d’Ucello, dans la bataille de San Romano de 1456, ne peuvent représenter le mouvement, ni philosophiquement, ni physiquement, car elles ne sont qu’une collection d’immobilités.
L’impression de mouvement que nous avons des images cinématographiques résulte d’une reconstitution par notre cerveau et non de la perception d’un mouvement physique.
De même les trajectoires d’étoiles ci-contre, obtenues sur une photo à temps de pose long, n’en représentent pas le mouvement, lequel s’exprime dans l’espace-temps et non dans l’espace.
Il ne s’agit que du résultat de la projection d’un mouvement sur une pellicule plane.

Filé d’étoiles à l’équateur céleste laissé par le mouvement diurne au cours d’une pose. Photo Pierre Durand.

Néanmoins une telle photo a le mérite de ne plus représenter la forme de l’objet ni sa position.
En effet si l’objet immobile peut être positionné et cerné par un trait, au contraire, propulsé par une énergie, il laisse place au mouvement et perd sa forme.
Il s’avèrerait donc impossible de dessiner sur la surface d’une feuille une forme en mouvement.
Mais lors d’un combat avec un agresseur réel, percevons-nous le mouvement ? Avec quels sens ?
Les neurosciences nous disent que notre perception est multi sensorielle.
De plus, notre système de perception est multi localisé, à canaux de transferts et de traitements lents ou rapides.
Mais surtout, nous savons maintenant que notre cerveau perçoit en fonction de ses besoins, c’est-à-dire de l’action à mener.
Notre cerveau est une formidable machine à anticiper.
Il prend des décisions à partir d’un échantillonnage de renseignements et décide avant qu’il ne soit trop tard.
Nous tenterons donc seulement de représenter une mise en mouvement ou une respiration si nous voulons représenter une forme avant qu’elle n’ait disparu .

3 L’échange
L’échange, tout comme le mouvement, caractérise le vivant par le transfert d’énergie qui le fonde.
La physique nous apprend en effet que la lumière, la matière, l’énergie et l’information ne font qu’un, comme partie d’un tout, comme nous l’avons indiqué dans le préambule.
L’information est faite des messages que nous échangeons avec notre environnement qui nous permettent de communiquer et d’agir en consommant et en absorbant de l’énergie.
L’annexe 1, « L’énergie en physique expliquée à mes enfants », décrit cette situation.
Prenons l’exemple d’une maison abandonnée : elle tombe en ruine parce qu’elle n’est pas entretenue.
L’homme ne lui apporte plus d’information, c’est-à-dire d’énergie placée au bon endroit.
Au contraire les vents et les intempéries aléatoires la désagrègent.
Au final, le tas de poussière amorphe qui en restera, prêt à être dispersé, aura perdu toute l’information et toute l’énergie de la maison.
C’est pourquoi, les physiciens nous disent que tout système isolé meurt.
Affirmation célèbre appelée Second principe de la thermodynamique.
C’est pourquoi tous les systèmes ont besoin d’une maintenance.
C’est aussi pourquoi la théorie de l’information nous dit que seul un système en échange avec son environnement peut augmenter sa quantité d’information, donc diminuer sa quantité de désordre, c’est-à-dire augmenter son énergie potentielle.
C’est le cas de la maison qui sera reconstruite, de l’enfant qui sera nourri et instruit, de la ville commerçante qui se développera plus vite qu’un village perdu dans le désert.
Un corps vivant ne peut donc pas être étanche; il a besoin d’ouvertures et de parois à perméabilités variables pour assurer ses échanges.
Ainsi un trait continu et uniforme peut représenter une forme humaine pétrifiée, tandis qu’au contraire un objet au trait ouvert peut apparaître vivant.


Les croquis exposés tentent donc de représenter le vivant par des mises en mouvement ou des respirations à l’aide de traits ouverts et multiples.

Dessin de l’auteur. Sculpture en argile de Fanny Ferré. L’enfant déjeunant avec Bernard Palissy. Graphite sur papier.
Chapitre 1 L’espace - temps

11 Le gradient de texture de l’espace
Vous êtes déjà passé l’été le long d’un champ après les moissons.
Votre regard a été attiré par les meules de paille en attente d’être ramassées par un cultivateur.
La masse de ces grands rouleaux jaunes brillant au soleil couchant se détachait sur un sol brun et peut-être déjà verdissant.
Posées régulièrement à des distances égales, la ponctuation des ballots épouse les formes du terrain, permettant d’imaginer un grand damier, ou plus exactement le quadrillage d’une toile recouvrant le sol.
Lorsque l’on passe le long du champ, les tas de paille en ordre impeccable glissent les uns devant les autres. Rangés comme des soldats, les plus proches défilent à toute vitesse, tandis que les plus éloignés semblent immobiles.
Dans le mouvement, l’espace expose sa troisième dimension, la profondeur du champ apparaît, les ondulations du terrain défilent en se dévoilant.
Somptueuse texture de la nature.


Sur la toile évoquée, les carreaux les plus proches semblent immenses, tandis que leurs voisins semblent décroître graduellement de proche en proche.
Etrange gradient de texture qui se déforme à des vitesses différentes selon l’éloignement des objets pour nous donner la troisième dimension de l’espace.
Etrange processus de perception de nos sens pour jauger les distances, situer les objets les uns par rapport aux autres, grâce au mouvement.
Dürer donne ci-contre l’impression de volume, en dessinant dans les zones d’ombre des courbes de niveau, c’est-à-dire des parallèles ou des méridiens.
Sur une sphère, l’œil est conforté dans sa compréhension du volume par une loxodromie, c’est-à-dire un arc de grand cercle qui rejoint deux points de la surface de la sphère et qui a la propriété d’offrir la plus courte distance entre ces deux points. C’est le type de trajet suivi par les avions intercontinentaux.


Dans l’image ci-contre le volume de la poitrine est donné par les lacets du corsage. Chaque petit segment de droite est caractérisé par une orientation et une distance par rapport à ses voisins qui varient graduellement. En prolongeant les segments de lacet, le cerveau extrapole les courbes de niveau de la surface et se fait une idée du volume du corsage. Il s’agit du gradient (variation) de texture de la surface.

Ercole de Roberti XVe. Femme pleurant. Photo © The Walters Art Museum. Baltimore.

Bridget Shupp, huile sur toile, 60 x80 cm Collection privée.
Ici, Bridget Shupp donne la texture de surface du chemisier par des carreaux qui fonctionnent comme les courbes de niveau d’une carte topographique.

ACHYAP, acrylique et pastel sur papier collé sur fibre de verre, 190 x 150 cm.
Collection privée.
Achyap présente dans son tableau deux textures distinctes figurées par des carreaux qui permettent de distinguer les volumes du personnage de ceux du fond.
Elle réalise du même coup un contour illusoire, le cerveau de l’observateur traçant une ligne virtuelle autour de la figure.

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