Masculinité à Hollywood
224 pages
Français

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Masculinité à Hollywood , livre ebook

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Description

La masculinité à Hollywood a considérablement évolué en cinquante ans. Montgomery Clift, Paul Newman ou Will Smith sont analysés par des spécialistes de l'Amérique et du cinéma hollywoodien dans des études en rapport avec l'évolution des genres, de la culture et de la société. Ces travaux donnent à l'acteur une place prépondérance d'interprète, tout en passant au crible les scénarios, et démontrent une fois de plus l'intérêt de la recherche universitaire dans le domaine de la culture grand public.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2011
Nombre de lectures 85
EAN13 9782296459243
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

MasculinitéàHollywood,
deMarlonBrandoàWillSmithChampsvisuels
Collection dirigée par Pierre-Jean Benghozi,
Raphaëlle Moine, Bruno Péquignot et Guillaume Soulez
Une collection d'ouvrages qui traitent de façon interdisciplinaire des images, peinture,
photographie, B.D., télévision, cinéma (acteurs, auteurs, marché, metteurs en scène,
thèmes, techniques, publics etc.). Cette collection est ouverte à toutes les démarches
théoriques et méthodologiques appliquées aux questions spécifiques des usages
esthétiques et sociaux des techniques de l'image fixe ou animée, sans craindre la
confrontationdesidées,maisaussisansdogmatisme.
Dernièresparutions
Louis-Albert SERRUT, Jean-Luc Godard, cinéaste acousticien.Des emplois et usages
de la matière sonore dans sesœuvres cinématographiques,2011.
SarahLEPERCHEY, L’Esthétique de la maladresse au cinéma,2011.
Marguerite CHABROL, Alain KLEINBERGER, Le Cercle rouge : lectures croisées,
2011.
FrankLAFOND, Cauchemars italiens. Le cinéma fantastique, volume 1,2011.
FrankD, Cauchemars italiens. Le cinéma horrifique, volume 2,2011.
Laurent DESBOIS, La renaissance du cinéma brésilien (1970-2000), La complainte du
phoenix,2010.
Laurent DESBOIS, L’odyssée du cinéma brésilien (1940-1970), Les rêves d’Icare,
2010.
GuyGAUTHIER, Géographie sentimentaledu documentaire,2010.
StéphanieVARELA, La peinture animée. Essai sur Emile Reynaud (1844-1918),2010.
Eric SCHMULEVITCH, Ivan le Terrible de S. M. Eisenstein. Chronique d'un tournage
(1941-1946),2010.
David BUXTON, Les séries de télévision : forme, idéologie et mode de production,
2010.
CorinneVUILLAUME, Sorciers et sorcières à l'écran,2010.
EricBONNEFILLE, Raymond Bernard, fresques etminiatures,2010.
Marie-Jo PIERRON-MOINEL, Modernité et documentaires. Une mise en cause de la
représentation,2010.
CécileSORIN, Pratiques de la parodie etdu pastiche au cinéma,2010.
DanielWEYL, Souffle et matière,2010,
DelphineROBIC-DIAZ, L’Art de représenter un engagement personnel,2010.
FrédériqueCalcagno-Tristant, L’image dansla science,2010.
MargueriteCHABROL,AlainKLEINBERGER, Casque d’Or : lectures croisées,2010.
JeanFOUBERT, L’Artaudio-visuel de David Lynch,2009.
GenevièveCORNU, L’artn’est pas un langage. La rupture créative,2009.Sousladirectionde
NoëlledeChambrun
MasculinitéàHollywood,
deMarlonBrandoàWillSmith
Assistance à la réalisation :Élisabeth Blanchon
L’HarmattanCet ouvrage rassemble les communications et conférences présentées en 2006,
2007, et 2008, notamment dans le cadre de journées d’études sur la Masculinité
à Hollywood, à l’initiative du laboratoire ICT et de l’UFR EILA, de
l’UniversitéParis7DenisDiderot.
©L’HARMATTAN,2011
5-7,ruedel’École-Polytechnique;75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54412-3
EAN : 9782296544123Préface
ChristianViviani
Le cinéma américain des origines, puis le cinéma américain
classique ont développé une image masculine bipolaire. D’un côté une
idée d’homme,principalement urbaine, voire mondaine, conditionnée par
le physique et le comportement, qui gomme les particularismes ethniques
et culturelset tend presque vers l’abstraction: c’est Cary Grant ou Fred
Astaire, ni européen, ni américain, corps en apesanteur qui défient les
modèles esthétiques et sociaux, créatures mentales qui paraissent n’avoir
de vie qu’à l’écran. De l’autre, une idée d’Américain, plus terrienne, plus
lourde, qui continue de récuser les particularismes ethniques et culturels
trop affirmés, mais en sélectionne certains autres qui vont dans le sens de
la natureet du terroir: c’est l’ascendance irlandaise de James Cagney, ou
celle, fluctuante bien qu’américaine, d’un Gary Cooper (The Virginian,
The Texan, A Man from Wyoming, UneAventure de Buffalo Bill, Le
1Cavalier du désert ou d’un John Wayne (Le Retour du proscrit,
Sacramento, La Fièvre de l’or noir, La Femme du pionnier, Le Bagarreur
2du Kentucky ). Une bipolarité qui n’a pas empêché la librecirculation
d’un pôle à l’autre: ainsi CaryGrant arbore le stetson et une tenue
d’aventurier dans Seuls les anges ont des ailes (H. Hawks, 1939), alors
que Gary Cooper endosse avec élégance le costume croisé pour Lubitsch
– Sérénade à trois (1933), La Huitième Femme de Barbe Bleue (1938)–
ou Wilder, Ariane (1957). La route est longue qui va de l’américanité
1
Titres de quelques films interprétés par Gary Cooper entre 1930 et 1940 : The
Virginian (Victor Fleming, 1929) ; The Texan (John Cromwell, 1930) ; A Man from
Wyoming (Rowland V. Lee, 1930); Une aventure de Buffalo Bill (The Plainsman, Cecil
B. DeMille, 1936) ; Le Cavalierdu désert (The Westerner, WilliamWyler, 1940).
2
Titres de quelques films interprétés par John Wayne entre 1950 et 1949: Le Retour du
Proscrit (The Shepherd of the Hills, Henry Hathaway, 1941) ; Sacramento (In Old
California, William McGann, 1942); La Fièvre de l’or noir (Pittsburgh, Lewis Seiler,
1942) ; La Femme du pionnier (Dakota, Joseph Kane, 1945); Le Bagarreur du
Kentucky (The Fighting Kentuckyan, GeorgeWaggner,1949).
5stylisée de Cooper à l’ethnie affirmée de Robert De Niro, du corps
éclatant et de la légèreté ingambe de Douglas Fairbanks à la silhouette
voûtéeetauregardimplorantdeMontgomeryCliftoudePacino.
La muflerie souriante de Clark Gable, la frémissante intégrité de
James Stewart, l’érotisme androgyne de Rudolph Valentino ou de Tyrone
Power n’apparaissent dans les textes de cet ensemble qu’en filigrane ou
en référence. C’est l’après de cette masculinité sans état d’âme qui
fournit la matière des textes que vous allez lire: un parcours qui mène de
Paul Newman à Robert Redford, que Raphaelle Costa de Beauregard
étudie l’un après l’autre. Paul Newman réapparaît «fracassé» dans
l’univers moite et sudiste évoqué par Noëlle de Chambrun. Tandis que le
«petit» Tom Cruise, héritier des deux – il fut le partenaire de l’un, dans
La Couleur de l’argent (M. Scorsese, 1986), et l’interprète de l’autre,
dans Lions et agneaux (2007) – dessiné par Hélène Valmary, affiche,
dans une image moins lisse qu’il n’yparaît, une séduction qui ne repose
pas sur un dogme héroïque. Paul Newman qui sautille sur sa béquille
dans La Chatte sur un toit brûlant (R. Brooks, 1958), Robert Redford
endormi qui fait l’amour sans s’en rendre compte dans Nos plus belles
années (S. Pollack, 1973), Tom Cruise paraplégique dans Né un quatre
juillet (O. Stone, 1989) ou amputé d’un œil et d’un avant bras dans
Walkyrie (B. Singer, 2008): autant d’images de la masculinité qui
renvoientàla «statuemutilée»de TennesseeWilliams.
On aurait pensé qu’il aurait été difficile d’échapper au binôme
Marlon Brando - James Dean. Certes, les deux figures sont
incontournables, mais l’intérêt et l’habileté du présent ouvrage consiste à
bien entériner leur importance, en ne les sollicitant ni quand ni comme on
les attend. Noëlle de Chambrun n’a aucun mal à démontrer que la
survirilité apparente de Stanley Kowalski d’Un tramway nommé Désir
(E. Kazan, 1951) n’est qu’un leurre qui aboutit très naturellement à
l’impuissance du Major Penderton de Reflets dans unœil d’or (J. Huston,
1967). Christophe Damour oppose justement le tee-shirt (un artefact
récurrent dans plusieurs contributions) blanc et propre du malingre
Montgomery Clift d’Une place au soleil (G. Stevens, 1950) à celui,
moins net et taché de sueur, de Brando dans Un tramway nommé Désir,
yin et yang d’une masculinité nouvelle qui constitue le terrain
d’investigation des uns et des autres. Une «masculinité paradoxale»,
comme le dit à juste titre Gilles Menegaldo à propos de WoodyAllen,
avatar ultime de la remise en question radicale, synthétisée, à mes yeux,
dans le rôle historique de Clift, aussi important que celui de Brando:
Allen, dont on imagine bien, également, le torse maigrichon dans un
tee6shirt blanc, est-il au fond autre chose qu’une forme supplémentair

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