Simon Werner a disparu...
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Description

Mars 1992 dans une petite ville de la région parisienne. Lors d’une soirée bien arrosée, des adolescents découvrent dans la forêt un corps apparemment sans vie, enfoui dans les broussailles. Quinze jours plus tôt, au lycée Léon Blum, un élève de Terminale C, Simon Werner, manque à l’appel. Des traces de son sang sont retrouvées dans une salle de classe. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre ? Toutes les hypothèses sont envisagées par ses camarades. Quelques jours plus tard, une élève de la même classe est notée absente sans que ses parents sachent où elle est. Une jeune fille apparemment sans histoire et sans lien direct avec Simon. Le lendemain, un troisième élève, toujours de la même classe, disparaît à son tour…

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 24
EAN13 9791022000031
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

SIMON WERNER A DISPARU

Scénario : Fabrice Gobert Réalisation : Fabrice Gobert
Version : 11 - septembre 2009

© Presses Électroniques de France, 2013
1. DOMAINE MARIE CURIE. RUES. EXT NUIT

Le domaine Marie Curie est situé en bordure d’une grande forêt. Il est composé de petits pavillons tous identiques.
Il fait presque nuit. Une jeune fille marche sur le trottoir. Elle a 17 ans, s’appelle ALICE et s’est arrangée pour être la plus jolie possible.
Une voiture, qui roule un peu trop vite, l’éblouit; elle roule pleins phares et la radio à fond. C’est un samedi soir.

Au numéro 16 de la rue Pasteur, Alice sonne. De l’intérieur proviennent des cris, des rires et de la musique. JÉRÉMIE, un garçon de son âge, vient lui ouvrir. Il se déplace à l’aide de béquilles. Il a l’air content de la voir. Elle lui sourit un peu.

ALICE
Salut.

JÉRÉMIE
Salut. Entre.
2. MAISON JÉRÉMIE. ENTRÉE + SALON. INT NUIT

Jérémie laisse entrer Alice mais avec ses béquilles, ce n’est pas très facile. Ils avancent dans le couloir. La maison est plongée dans une quasi-obscurité et la musique («Love like Blood» de Killing Joke) est à fond. Des garçons et des filles dansent, un verre à la main. Un jeune garçon vient taper sur l’épaule de Jérémie et lui glisse quelque chose à l’oreille. C’est FRÉDÉRIC. Le jeune homme porte une chemise ridicule et arbore un magnifique œil au beurre noir.

FRÉDÉRIC
Alors elle est venue ? C’est bon pour toi ça. Bon, au fait, y a une fille qui est en train de gerber dans la chambre de tes parents.

JÉRÉMIE
Putain…

Jérémie se dirige vers la chambre. Frédéric prend une bière sur une table puis rejoint le salon où quelques personnes (Surtout des garçons) s’excitent en dansant un pogo. Frédéric suit Alice du regard. Il s’apprête à aller lui parler lorsqu’un garçon le prend par l’épaule. C’est LUC. Il porte un T-shirt de groupe de rock et a l’air tout excité.

LUC
T’aurais pas… une sorte… de capote en fait ?

Frédéric prend un paquet de préservatifs dans sa poche. Il en donne un à Luc.

FRÉDÉRIC
Vas-y. De toute façon, je pense pas que je les utilise tous ce soir. Ça roule bien avec Clara?

Frédéric regarde vers une jeune fille, CLARA, en conversation avec Alice.

FRÉDÉRIC
Je suis dégoûté, je l’ai chauffée toute la soirée et c’est toi qui vas te la taper.

Luc fait un petit sourire humiliant, cache le préservatif dans sa poche et retrouve sa conquête, Clara. Elle a l’air un peu ivre.

LUC
Tu veux pas aller dans un endroit plus calme ?

CLARA
Quoi ?

Luc est obligé de parler fort pour se faire comprendre.

LUC
Tu veux pas aller à l’étage ?

CLARA
Oh là, là je me sens pas bien. On va faire un tour dehors? J’ai la tête qui tourne.

LUC
Euh… d’accord. Enfin il pèle un peu mais si tu veux.

Clara et Luc sortent de la maison.
3. DOMAINE MARIE CURIE. CHEMIN. EXT NUIT

Clara et Luc sont dans un chemin qui part du domaine Marie Curie et qui mène à la forêt. Clara n’a pas l’air bien.

LUC
Ça… ça va ?

CLARA
J’ai la gerbe…

LUC
(Un peu dégoûté)
Tu veux pas qu’on rentre ?

CLARA
Non, il faut que je marche…

LUC
OK. Bon.

Ils continuent donc à avancer.

CLARA
T’as qu’à me parler.

LUC
Euh… tu veux que je te parle de quoi ?

CLARA
Je sais pas, de ton groupe.

LUC
Euh... on a splité en fait.

CLARA
Ah bon c’est dommage…

LUC
Non, c’était nul ce qu’on faisait. On était d’accord sur rien. On avait même pas été foutu de trouver un nom.

Luc et Clara continuent de marcher vers la forêt.
4. DOMAINE MARIE CURIE. FORÊT. EXT NUIT

Clara et Luc marchent à présent dans un sentier qui s’enfonce dans la forêt. Clara respire fort pour lutter contre l’effet de l’alcool. Luc ne sait pas trop quoi faire. Clara s’arrête.

CLARA
Ça te choque si je fais pipi ?

LUC
Euh… non.

Clara s’éloigne un peu et s’exécute.

CLARA
(Off)
Tu peux chanter un truc ? Ça me bloque le silence.


LUC
(Un peu surpris)
D’accord.

Luc commence à chanter (Plutôt bien d’ailleurs). Mais il est soudain interrompu par un cri suraigu de Clara. La jeune fille, paniquée, se réfugie dans les bras de Luc.

LUC
Qu’est-ce qu’il se passe ?

CLARA
Y a… y a quelqu’un… allongé dans les broussailles.

LUC
Vivant ?

CLARA
Je sais pas… je crois pas.

Luc, un peu effrayé, s’approche. Il tente de distinguer quelque chose au milieu des broussailles. Il cherche un peu quand soudain, il aperçoit une main. Il lâche un «putain» et se recule immédiatement…
CARTON: «JÉRÉMIE»
5. DOMAINE MARIE CURIE. RUE. MAISON JÉRÉMIE. EXT JOUR

Jérémie sort de chez lui (C’est la maison où est organisée la fête de la séquence 1).
Il est accompagné de Frédéric. Jérémie n’a pas de béquilles, il porte un sac de sport et a l’air pressé. Frédéric n’a pas d’œil au beurre noir. Il tient une cassette VHS. Les deux garçons poursuivent une conversation enflammée tout en marchant.

JÉRÉMIE
Alors pourquoi le type il reconnaît pas l’endroit ?

FRÉDÉRIC
Bah parce que c’est un flash back.

JÉRÉMIE
Je suis désolé, c’est pas évident du tout.

FRÉDÉRIC
Bien sûr que si c’est évident.

JÉRÉMIE
Non.

FRÉDÉRIC
Tu vois bien qu’entre les deux séquences y a des trucs qui ont changé. Donc c’est un flash back.

JÉRÉMIE
Et les flash forward tu connais ? Peut-être que ça se passe plus tard.

FRÉDÉRIC
Oui mais là dans le film, tu sens bien qu’on revient en arrière. Y a des éléments qui te l’indiquent.

JÉRÉMIE
Ouais enfin je vois pas pourquoi le réalisateur met pas un carton avec écrit «Un mois plus tôt» ou je sais pas.

FRÉDÉRIC
Parce que… parce que c’est lourdingue !

JÉRÉMIE
Bon je me casse, je suis à la bourre. Salut.


FRÉDÉRIC
Attends, c’est encore moi qui doit ramener le film au vidéo club?

Jérémie s’éloigne en accélérant le pas, sans même répondre.
SYNTHE: «30 SEPTEMBRE 1992»
6. DOMAINE MARIE CURIE. RUE. EXT JOUR

Jérémie est dans une rue du domaine. Des enfants circulent en vélo. Un homme qui arrose son jardin le salue.
Quelques mètres devant lui, sur le trottoir, marche un élève de sa classe. C’est SIMON. Il marche tranquillement et Jérémie parvient rapidement à son niveau.

JÉRÉMIE
Salut.

SIMON
Salut.

Les deux garçons ne sont pas spécialement amis. Jérémie, pressé, accélère mais Simon l’interpelle.

SIMON
Vous avez entraînement de foot ce soir ?

JÉRÉMIE
Oui. Pourquoi ?

SIMON
(Souriant, mystérieuse)
Pour savoir…

Jérémie n’insiste pas et accélère à nouveau.
7. DOMAINE MARIE CURIE. CHEMIN. EXT JOUR

Jérémie s’engage dans un chemin qui part du domaine Marie Curie et qui longe une forêt assez dense.
Soudain, Jérémie croit entendre un bruit provenant de la forêt. Il s’arrête, écoute quelques secondes et continue son chemin. Un peu stressé (Le chemin est isolé), Jérémie se retourne régulièrement pour voir si personne ne le suit.
Il accélère le pas tout en continuant à se retourner mais soudain… au détour d’un virage, il percute un homme.
L’homme a l’air un peu étrange. Jérémie, pas rassuré, balbutie une excuse et s’éloigne rapidement.
8. STADE DE FOOTBALL. EXT SOIR

Jérémie pénètre dans le stade et croise les joueurs de son équipe qui sortent du vestiaire en tenue d’entraînement. Ils se foutent un peu de lui.

UN DES FOOTBALLEURS
Alors Hulk, tu t’es calmé ?

Jérémie ne répond pas et entre dans le vestiaire. La nuit est en train de tomber.
9. STADE DE FOOTBALL. VESTIAIRES. INT SOIR

Jérémie s’installe et commence à se déshabiller dans le vestiaire à présent vide.
Un homme entre deux âges entre. Il porte un survêtement synthétique mais ressemble plus à un professeur de français qu’à un entraîneur de football. Il parle d’une voix douce et un peu molle. C’est l’entraîneur, Yves.

YVES
Encore en retard, Jérémie…

Yves s’assoit à quelques mètres de Jérémie qui enlève son caleçon, met un slip puis son short. L’entraîneur le regarde avec douceur.

YVES
(Compréhensif)
Tu veux qu’on reparle de l’autre jour ?

JÉRÉMIE
Non…

YVES
(Souriant)
Bon. Comme tu veux. Dépêche-toi. On t’attend.
10. STADE. TERRAIN STABILISE. EXT NUIT.

L’entraînement a commencé avec un petit match. D’un côté, les «chasubles verts», de l’autre, les «chasubles jaunes». Le match se déroule avec une intensité manifeste. Les contacts sont nombreux entre les joueurs. Sur la touche, Yves observe. Soudain il siffle et s’adresse à un joueur.

YVES
Karim, j’ai l’impression que tu n’y es pas là.

Karim fronce les sourcils.

KARIM
Si…
YVES
Tu penses à quoi là ? Maintenant…

KARIM
(Étonné par la question)
Je sais pas…

YVES
Et bien c’est ça qui ne va pas. Tu ne peux pas ne penser à rien quand tu joues au football. Le football n’est pas un sport d’instinct. C’est un sport de réflexion. Pense juste, tu joueras juste. Allez, on reprend.

Le jeu reprend. Jérémie récupère la balle, tente un dribble, mais met le pied sur le ballon et tombe. Son tibia, placé en porte-à-faux avec le ballon, se casse d’un seul coup. Jérémie hurle de douleur tandis que ses coéquipiers se moquent de lui (Il est tombé tout seul) sans s’apercevoir de la gravité de la blessure.
CARTON: «7 jours plus tard»
11. LYCÉE. GRILLE. EXT JOUR

La voiture de Mme Legrand s’arrête devant le lycée Léon Blum situé à proximité d’un ensemble de maisons mitoyennes. La mère de Jérémie descend de la voiture et aide son fils à en sortir. Il a une sorte de gros pansement sur le pied qui remonte le long du tibia. Il utilise des béquilles.
La sonnerie retentit et les élèves pénètrent lentement dans l’enceinte du lycée.
JEAN-BAPTISTE RABIER, 17 ans, sort alors d’une maison située dans l’enceinte du lycée. Il aperçoit Jérémie, et vient à sa rencontre, une tartine à la main.

RABIER
Salut Legrand. Bonjour Madame Legrand.

Rabier accompagne toutes ses phrases d’un petit rictus agaçant. Il affiche un look plutôt ringard.

MADAME LEGRAND
Bonjour.
(À Jérémie)
Bon courage mon chéri. Je passe te prendre à six heures et demie ce soir.


Mme Legrand monte dans sa voiture et démarre.

RABIER
Elle est bonne ta mère.

JÉRÉMIE
Ta gueule Rabier.


Puis Jérémie avance dans l’allée qui mène au lycée, suivi de près par Rabier.

RABIER
T’as pas de plâtre ?

JÉRÉMIE
Non c’était pas la peine. Ils ont juste mis une plaque, pour ressouder le tibia.

RABIER
Et tu t’es fait ça tout seul il paraît?

JÉRÉMIE
Et oui. Tout seul.


RABIER
Comme un con.

JÉRÉMIE
Ta gueule Rabier.

RABIER
Et au fait pourquoi ils t’appellent Hulk au foot ?


Jérémie ne répond pas et s’arrête. Rabier comprend le message.

RABIER
Bon, à tout alors.


Jérémie ne répond pas et le laisse s’éloigner.
12. LYCÉE. HALL + COULOIR C2. INT JOUR

Jérémie avance cahin-caha dans les couloirs du lycée. Cela lui parait interminable.

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