Du vandalisme d oeuvres d art
289 pages
Français

Du vandalisme d'oeuvres d'art

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289 pages
Français

Description

Les atteintes portées intentionnellement à l'intégrité d'oeuvres d'art, lorsqu'elles se produisent dans des musées, sont porteuses d'enjeux spécifiques que cet ouvrage analyse. Aujourd'hui, elles sont généralement désignées par le terme de vandalisme, lequel véhicule des représentations qu'il s'agit d'interroger. Cette étude inédite prend appui sur l'analyse d'un corpus de cas de vandalisme perpétrés entre 1970 et 2014 sur des oeuvres exposées dans des musées d'art, en Europe et en Amérique du Nord. Dans une perspective sociologique, elle s'attache à examiner les ressorts de ces actes, mais aussi les diverses réactions qu'ils suscitent. L'analyse de la réception sociale du vandalisme constitue une voie d'accès privilégiée pour appréhender certains mécanismes de disqualification, y compris au sein du champ artistique. Certains de ces gestes sont en effet réalisés dans une optique de création ou de dialogue artistique : ils font ici l'objet d'une attention particulière en raison de ce qu'ils peuvent mettre en lumière du fonctionnement du milieu de l'art.
Prix scientifique L'Harmattan Série Doctorat

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Date de parution 02 février 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140170317
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Exrait

Anne Bessette
DU VANDALISME D’ŒUVRES D’ART
Destructions, dégradations et interventions dans les musées en Europe et en Amérique du Nord depuis 1970
Prix scientifique
Préfaces de JeanLouis Fabiani et François Mairesse
LAURÉATS/Série Doctorat Prix scientifique L’Harmattan
Lauréats - Prix scientifique L’Harmattan La collection Lauréats - Prix scientifique L’Harmattan publie chaque année les thèses et mémoires de master primés en sciences humaines et sociales, droit, littérature et critique littéraire. Dernières publications Johanna BENREDOUANE,La renonciation en droit de l’aide sociale. Recherche sur l’effectivité des droits sociaux, 2020. Catherine TCHENG BLAIRON,MOOC : engagement et apprentissage. L’ingénierie pédagogique au service de l’apprenance,2020. Nadège LANGBOUR,: lade jeunesse  Littérature construction du lecteur,2020.
Anne BESSETTE
DU VANDALISME DŒUVRES DARTDestructions, dégradations et interventions dans les musées en Europe et en Amérique du Nord depuis 1970
Préfacesde Jean-Louis Fabianiet François Mairesse
© L’Harmattan, 2021 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-21818-2 EAN : 9782343218182
À Ambre
Remerciements
Je tiens en premier lieu à exprimer ma gratitude à Bruno Pequignot pour sa capacité à donner de l’élan, son soutien et sa confiance tout au long du processus dont résulte ce livre.
Ensuite, mes remerciements vont à Alexandra Bensamoun, Sylvia Girel et Joëlle Le Marec, pour avoir accepté de consacrer du temps à mon travail et à sa critique, ainsi qu’à Jean-Louis Fabiani et François Mairesse qui m’ont en outre fait l’honneur de prendre part à cet ouvrage.
Je tiens aussi à remercier les personnes qui ont accepté d’échanger avec moi, de consacrer du temps à cette recherche, de me rencontrer pour un entretien. Ainsi que Karine Huet, pour m’avoir permis d’écrire dans des conditions idéales tout en me transmettant un peu de son énergie créative.
Je remercie également mes collègues et ami·e·s Jawad Bouadjadja, Laura Cappelle, Louise Déjeans, Guillaume Fournier, Marie Le Grandic, Morgane Maridet et Léa Mestdagh, pour nos moments enrichissants et motivants d’échange. Merci en particulier à Marie et à Léa pour leurs relectures avisées, et encore, pour les mêmes raisons, à Annabelle, à Delphine et à Guillaume. Plus généralement, je voudrais exprimer ma reconnaissance aux membres actuels du bureau du RT14 de l’AFS pour leur énergie positive et pour leur soutien au travers des méandres d’une vocation de sociologue, en particulier à Clément Combes, Emmanuelle Guittet, Tomas Legon, Alexandre Robert et Marie Sonnette.
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Je souhaite aussi remercier, pour leur accompagnement, leurs relectures et leurs conseils, Bénédicte, Jean-Michel et Marie-Aimée. Merci à ces mêmes personnes de m’avoir donné le goût des études, de la recherche et de la sociologie. Ce livre doit beaucoup à leurs remarques et à leurs encouragements. Je remercie enfin ma sœur Juliette de ne s’être jamais lassée d’échanger et de réfléchir avec moi, de me relire, de répondre à mes questions sur le milieu de l’art et des musées. Son exigence impitoyable et ses conseils toujours pertinents ont énormément apporté à ce travail.
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Préface
Connaissez-vous Dorothy Podber ? Si vous répondez par la négative, personne ne vous blâmera. Cette « performeuse » états-unienne n’a pas retenu l’attention des e historiens de l’art duXXsiècle. Elle avait demandé à Andy Warhol deshooter sa célèbre série de tableaux consacrés à Marilyn Monroe. Shooter, cela veut dire deux choses différentes en anglais : photographier et tirer au revolver. Venue pour faire des photos, elle s’est transformée en flingueuse et a touché en plein front une pile de quatre portraits. Les œuvres endommagées ont été vendues sous le titreShot Marilyns, et ont connu une considérable plus-value. Si l’on considère les portraits de Marilyn comme un chef-d’œuvre de l’art contemporain, on pourrait penser qu’ils ont été vandalisés et que Dorothy aurait mérité d’être poursuivie pour destruction de patrimoine. Il n’en a rien été. Pire encore pour l’artiste que prétendait être la jeune femme, son geste n’a pas été validé comme artistique : elle ne fut pas considérée comme la co-autrice desShot Marilyns, alors que son geste était à l’origine d’une nouvelle œuvre et d’un accroissement de la réputation artistique de Warhol.
Anne Bessette analyse finement cette affaire au sein d’une enquête sur le vandalisme dans l’art (p. 122-123), tirée d’une belle thèse dirigée par Bruno Péquignot. Contrairement à une vision patrimoniale simpliste, les atteintes aux œuvres d’art, qui vont du simple coup d’épingle à la destruction, ont des significations très différentes en fonction du contexte historique dans lequel
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elles apparaissent. Le vandalisme est un phénomène polymorphe. Ce livre offre un éclairage nouveau sur un ensemble de pratiques qui touchent aux formes de valorisation des œuvres culturelles : celles-ci échappent en partie aux règles qui président à la production et aux échanges de biens matériels ordinaires, en ce qu’elles incarnent une présence symbolique qui excède leur enveloppe physique. L’enquête d’Anne Bessette est en partie historique : la Révolution française voit se constituer la forme moderne de la notion de patrimoine, qui s’appuie, comme l’a souligné Mona Ozouf dans laFête révolutionnaire, sur un transfert de sacralité. L’art devient une réserve de sacré dans un monde sécularisé où la religion n’est plus la source des valeurs suprêmes. Si la volonté de créer des rituels républicains qui auraient été l’analogue des cérémonies religieuses n’a jamais été couronnée de succès, la sacralisation de l’art a été au contraire l’un des éléments constituants de la modernité sécularisée. Dans la postérité de Jürgen Habermas, on peut penser que la création du musée au moment des Lumières correspond au changement de statut des œuvres, qui cessent d’être des accessoires de la puissance privée pour devenir des points d’appui de la discussion esthétique au sein d’une sphère publique en voie de constitution. La Révolution accentue ce processus, en légiférant sur les biens nationaux, qui concrétisent l’esprit de la Nation en en exprimant le génie collectif. Dans la seconde e moitié duXXla notion de patrimoine a été siècle, dénationalisée au profit d’une validation universelle, sous les auspices de l’UNESCO, ce qui n’empêche pas que la forme nationale perdure sous d’autres formes. Valoriser, rappelle Anne Bessette en s’appuyant sur l’exemple de la Révolution française, c’est aussi dévalorisé. La période peut être caractérisée par une furieuse iconoclastie. Les inventeurs du patrimoine furent d’ardents destructeurs de biens religieux, royaux et aristocratiques.
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