L
72 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

L'Architecture des nations étrangères - Étude sur les principales constructions du parc à l'Exposition universelle de Paris (1867)

-

72 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

L’importance exceptionnelle des constructions que l’Égypte avait fait élever dans le parc du Champ-de-Mars, le goût qui avait présidé à leur agencement, les richesses artistiques ou archéologiques qu’elles renfermaient, assuraient sans contredit à cette nation l’un des rangs les plus distingués et la première place parmi les nations orientales.Six mille mètres carrés lui avaient été concédés par la Commission impériale, et elle offrait, ainsi que le fait si judicieusement remarquer M.Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782346134311
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

À propos de Collection XIX
Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIX e , les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Alfred-Nicolas Normand
L'Architecture des nations étrangères
Étude sur les principales constructions du parc à l'Exposition universelle de Paris (1867)
Quelques lignes suffiront, je pense, pour définir le but et la disposition du travail que je livre aujourd’hui à l’appréciation du public artiste.
Quelle qu’ait été la valeur des nombreuses critiques auxquelles a donné lieu l’Exposition universelle de 1867, elle n’en restera pas moins dans l’histoire un fait immense, une solennité qui marquera, d’une manière remarquable, le XIX e siècle et le règne de Napoléon III.
Constituée sur une échelle immense, on n’avait jamais rien vu d’aussi important jusqu’à nos jours, et il n’est guère possible de prévoir l’époque qui permettra d’assister de nouveau à pareil spectacle ; car chacun fit alors des efforts, des dépenses, qu’il paraît difficile de voir se renouveler, dans une aussi large mesure, à toutes les périodes quinquennales ou même décennales.
Peut-être eût-il été plus prudent de circonscrire, dès l’origine, le programme que les organisateurs s’étaient tracé, pour lui permettre, dans l’avenir, de nouveaux développements. Car les arts et l’industrie trouvent toujours de grands enseignements dans les expositions, surtout dans celles dites universelles. Elles permettent un échange d’idées et de procédés entre tous les peuples ; elles les mettent à même d’apprécier, aussi exactement que possible, l’état général du progrès artistique et industriel, leur inspirent des perfectionnements, et les placent sur la voie du progrès.
Je n’énoncerai pas ici les merveilles de l’Exposition de 1867. Trop peu de temps s’est écoulé depuis qu’elle a cessé, pour qu’elles ne soient pas encore présentes à la mémoire de tous.
J’appellerai seulement l’attention sur l’une des innovations qui, en 1867, caractérisaient l’Exposition. Le lecteur, sans doute, a déjà deviné que je veux parler du Parc immense qui entourait le bâtiment central. C’était, en effet, le grand caractère distinctif de la lutte internationale de 1867 sur les expositions précédentes, le complément nécessaire de l’ensemble, le spectacle sans égal, que, selon toutes les probabilités, les générations futures n’auront jamais l’occasion de voir.
L’étendue considérable du Champ-de-Mars, les sommes immenses qui furent consacrées aux travaux, avaient permis de donner à ce parc des dispositions et une décoration aussi remarquables que réussies.
Jusqu’alors l’architecture ne s’était jamais trouvé représentée dans les expositions que par des dessins ; quelquefois, mais rarement, par de petits modèles en relief. Pour la première fois elle figurait, en 1867, avec des constructions, véritables spécimens des temples, des palais, des maisons, des écoles, des fermes de chacun des pays dont ils étaient originaires. C’était là l’une des innovations les plus heureuses, car elle donnait l’expression de toutes les formes connues de la construction.
Un grand sentiment artistique distinguait, sinon la totalité, au moins la grande majorité de ces constructions ; et cependant personne, que je sache, n’a essayé de faire ressortir ce côté important de l’Exposition, de le sauver d’un oubli que le temps amène trop vite et trop complet. Car aujourd’hui, chacun le sait, tous ces types, reflets de la civilisation, des mœurs d’habitants souvent aussi éloignés de nous que peu connus encore, sont morcelés, dispersés de toutes parts. Un véritable souffle de destruction a passé sur le Champ-de-Mars, naguère si animé ; la plaine est redevenue ce qu’elle était ; le silence et la solitude ont remplacé l’animation et la vie. Dura lex, sed lex.
Rappeler à la mémoire de ceux qui les ont vus, porter à la connaissance de ceux qui n’ont pu en jouir, les types les plus remarquables de ces constructions, en faire ressortir, dans une représentation fidèle, les détails les plus intéressants, tant au point de vue artistique qu’à celui des procédés de construction employés, tel a été mon but.
Car, pour me servir d’une expression qu’émettait l’un de nos savants professeurs, M. Wolowski, dans une conférence, et tirée d’une inscription placée par le roi Louis de Bavière sous des peintures à fresque de son palais :

Tout change et disparaît comme une vaine image ; L’art seul qui charme l’homme et grandit ses vertus
Témoigne encore de son passage Quand il n’est plus.
De nombreuses difficultés ont été à surmonter, de grands efforts ont dû être faits pour l’exécution du programme que je m’étais tracé. Le désir d’être utile à mes confrères dans les arts, l’espoir qu’ils accueilleront favorablement le travail que j’ai entrepris, m’ont seuls donné la force d’atteindre le but.
Messieurs les Commissaires étrangers, près l’Exposition, m’ont prêté un trop unanime et trop précieux concours, à une époque surtout où tout le monde ne pensait point que les expositions fussent faites en vue du plus grand profit des masses, pour que je ne regarde point comme une dette à payer, de leur adresser ici le témoignage de toute ma reconnaissance et l’expression d’une bien sincère gratitude pour l’intérêt et l’aide qu’ils ont bien voulu m’accorder. J’adresserai aussi, en terminant, les mêmes remercîments à mes confrères, architectes à Paris, MM. Bénard, Chapon, Drevet, qui, eux aussi, ont bien voulu me faciliter l’exécution de mon travail par la communication des plans qui avaient servi à l’exécution des travaux qu’ils ont dirigés avec tant de talent.
Il ne me reste plus, pour terminer, qu’à indiquer l’ordre que j’ai adopté.
Deux parties bien distinctes divisaient l’ensemble des constructions étrangères. L’une comprenait les nations orientales, qui, pour la première fois sortant de leur isolement, sollicitaient aujourd’hui notre admiration, après avoir longtemps dédaigné notre jugement. L’autre réunissait toutes celles où le bois était l’élément principal de la construction. Des types nombreux, variés et fort remarquables composaient cette série.
Enfin, des caractères généraux identiques, et bien distinctifs des autres, formaient un troisième groupe. Mais il est, sinon impossible, au moins bien difficile, en raison de la nature même des objets qui le composaient, de lui appliquer une expression technique : tels étaient les édifices élevés par la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Prusse.
Tel est l’ordre que j’ai suivi et qui m’a servi à la classification des planches qui composent ce recueil.

Paris, juillet 1869.
L’ARCHITECTURE DES NATIONS ÉTRANGÈRES
A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS, EN 1867
L’importance exceptionnelle des constructions que l’Égypte avait fait élever dans le parc du Champ-de-Mars, le goût qui avait présidé à leur agencement, les richesses artistiques ou archéologiques qu’elles renfermaient, assuraient sans contredit à cette nation l’un des rangs les plus distingués et la première place parmi les nations orientales.
Six mille mètres carrés lui avaient été concédés par la Commission impériale, et elle offrait, ainsi que le fait si judicieusement remarquer M. Ch. Edmond, commissaire général de l’Exposition vice-royale, dans son livre sur l’Égypte : « aux yeux éblouis du monde entier, en miniature et comme condensée en un si petit espace, toute l’Egypte, brillante, splendide, révélant les grandeurs de son passé, les riches promesses de son présent, et laissant à l’opinion publique elle-même le soin d’en tirer des conclusions pour l’avenir ( 1 ). »
Élevées sous la direction de M. Drevet, architecte à Paris, ces constructions comprenaient quatre édifices : un temple, un Selamlik, un Okel, une écurie à chameaux. Placés à peu de distance l’un de l’autre, ils résumaient en quelque sorte toute la vie orientale et nous initiaient aux diverses phases de cette architecture si grandiose dans sa période ancienne, si charmante, si pleine de grâce et de bon goût dans sa seconde période, celle de la domination arabe, dont l’Égypte possède encore des restes nombreux si variés et si beaux.
Rien au monde n’est plus propre à produire une impression grandiose que la vue des anciens monuments de l’Égypte. L’immensité des proportions générales, la justesse d’échelle des détails rehaussés d’une riche et harmonieuse coloration, le site, l’atmosphère qui les environne, la puissance des ruines encore existantes, tout enfin produit sur les sens une impression unique, que les monuments de la Grèce, avec leur admirable pureté, sont seuls capables de contrebalancer.
Champollion, dont la science et le nom sont inséparables des monuments de l’Égypte antique, avait coutume de dire, lorsqu’il visitait les ruines de Thèbes, que les Égyptiens concevaient en hommes de cent pieds de haut, et que l’imagination, qui en Europe s’élance bien au-dessus de nos portiques, s’arrête et tombe impuissante aux pieds des 140 colonnes de la grande salle hypostyle de Karnak.
Et cependant ces anciens monuments n’apparaissent au voyageur heureux, auquel le temps et la fortune en permettent la visite, qu’à l’état de

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents