Nos ancêtres lozériens
165 pages
Français

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Nos ancêtres lozériens , livre ebook

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Description

La chanson populaire, dans son sens traditionnel est celle qui a été faite par le peuple, pour le peuple. Sans entrer dans des définitions complexes, c’est celle que l’on jouait dans nos anciennes fêtes populaires à la fin du XIXe et dans la première moitié du XXe siècle.

 


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 décembre 2012
Nombre de lectures 78
EAN13 9782365729918
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Des hommes et des femmes dont les rapports semblent parfois manquer d’harmonie

Quand on interroge les proverbes, dictons et expressions générales de la langue gévaudanaise, on se rend compte que les femmes occupaient une place de premier choix dans les préoccupations de nos anciens.
Disons, tout de suite, que l’image que ces phrases nous proposent de la femme, à cette époque, n’est pas très flatteuse pour elle et, encore moins , pour les hommes.
Nos chers Gévaudanais semblaient bien avoir, en effet, quelques problèmes avec le sexe féminin. Bon nombre des fameux proverbes en question condamnent sans appel la femme, en font un être dangereux et malfaisant, sinon maléfique. Qu’on en juge !

Femnos sons bices , Femmes sans vices,
Curat sons caprices, Curé sans caprices ,
E mounió fidèlo Et meunier fidèle,
Aquó’s tres miracles al cièl ! Ce sont trois miracles au ciel !

Ou :
Lous coutilhous fòu manja forços brajos.
Les cotillons ruinent plus d’un pantalon !

Mais plus grave :
L’aigo gasto lou bi, L’eau abîme le vin,
Lou charri lou chamí, Le char le chemin, La femno l’ome : La femme l’homme !

Ou encore :
Tres toupís al fioc, es la fèsto
Trois pots sur le feu, c’est la fête ;
Tres femnos a l’oustá, es la pèsto !
Trois femmes dans la maison, c’est la peste !

Aux yeux des hommes affolés, elle devient même un être diabolique :
Ount i o de chis, i o de nièiros ; Là où il y a des chiens, il y a des puces ;
Ount i o de po, i o de rats ; Là où il y a du pain, il y a des rats ;
Ount i o de femnos, i o lou diaple ! Là où il y a des femmes, il y a le diable!

La seule arme possible contre elle, c’est la fuite :
Aigo, fum, meschanto femno e fioc
L’eau, la fumée, les méchantes femmes et le feu
Fòu fugi l’ome de tout lioc !
Font fuir l’homme de tout lieu !

Mais qu’est-ce qui pouvait bien rendre les femmes de jadis si dangereuses ?
Pas de doute, c’était d’abord leur pouvoir sans limite :
Las femnos sou pas des maçous Les femmes ne sont pas des maçons
Mès fòu e desfòu lous oustás ! Mais elles font et défont les maisons !

Un pouvoir pareil à celui des dieux :
Ço que femno bo Ce que femme veut
Dieu ou bo ! Dieu le veut !

Un pouvoir qu’elles ne cessaient de réclamer et d’exercer :
Touto femno en touto sesou Toute femme en toute saison
Bo gouberna ! Veut gouverner !

Le résultat était pourtant fort inquiétant :
Jamai oustá o bien anat, Jamais maison n’a bien marché,
Quond los femnos òu goubernat ! Quand les femmes ont gouverné !

Ou dans un langage plus imagé :
Tout bai má, Tout va mal,
Quond la galino fai lou jal ! Quand la poule joue le coq !

Pareilles à des sorcières, elles étaient capables de pousser les hommes aux pires excentricités et à les faire se couvrir de ridicule :
Uno femno farió Une femme ferait
Pissa tres omes al cop Uriner en même temps trois hommes
Dinc uno cougourlo. Dans une gourde !

Cette femme, avide de pouvoir et toute puissante, elle était, de plus, instable, changeante :
Temps, femno e fourtuno Temps, femme et fortune
Birou coumo la luno. Changent comme la lune !

Légère :
Plours de femno, plèjo d’estieu Pleurs de femme, pluie d’été
Durou pas grond brieu . Ne durent pas longtemps !

Et :
Paraulos de femno, Paroles de femme,
Bessinos d’ase. Pets d’âne.

Volage, infidèle :
Femno fenestrièiro, Femme à l’affût derrière la fenêtre,
Be de frountièiro Propriété frontalière
Sou pas de bon garda ! Ne sont pas faciles à conserver !

Menteuse :
Chabal que broncho pas, Cheval qui ne bronche pas,
Mulo que penno pas, Mule qui rue pas,
Femno que mentis pas, Femme qui ne ment pas,
N’en cerques pas. N’en cherche pas.

Elle était enfin, et ce n’était pas le moins grave, dépensière :
Femno morto Femme morte
Argent porto ; Argent apporte ;
Femno bibo Femme en vie
Argent tiro ! Argent exige !

Même si elle savait bien cacher son jeu :
Femno que noun monjo dabons bous Femme qui ne mange pas devant vous
Darriós monjo per dous! Derrière mange pour deux !

Cette dangerosité était multipliée, puissance quatre, quand les femmes étaient à plusieurs. Alors le sort des hommes était absolument intenable. Vous ne voulez pas le croire ? Lisez et relisez :
Tres toupis al fioc, es la fèsto

Trois pots sur le feu, c’est la fête ;
Tres femnos a l’oustá, es la pèsto !
Trois femmes dans la maison, c’est la peste !

Ou :
Uno filho, brabo filho ; Une fille, belle fille ;
Dos filhos, proussos filhos ; Deux filles, assez de filles ;
Tres filhos, trochos filhos ; Trois filles, trop de filles ;
Quatre filhos e la maire, Quatre filles et la mère,
Cinq diaples contro lou paire ! Cinq diables contre le père !

Ou encore :
Un tres femnat Quelqu’un qui a trois femmes
Es mièch damnat . Est à moitié condamné !

Que restait-il alors à l’homme, le malheureux ? L’alcool ? Le cynisme ?
C’est bien ce que semble dire l’invitation à boire, bien connue, qui suit :
A la sandat de nostros femnos, A la santé de nos femmes,
De nostros ègos De nos juments
E de lous que las montou. Et de ceux qui les montent !

Ou celle-ci, moins provocatrice mais tout aussi désespérée :
A má de cur, oli de soucho ! A maladie de cœur, jus de la vigne !

Le paradoxe, et c’est bien ce qui faisait le malheur de nos ancêtres, c’était que cette femme, avec tous ses défauts, tous ses pouvoirs et sa nature diabolique, apparaissait absolument indispensable à l’homme, à son bonheur et à sa réussite :
Un oustá sons femno Une maison sans femme
Es coumo uno campono sons batal. Est comme une cloche sans battant !

Ou si vous préférez :
Un oustá sons femno Une maison sans femme
Co’s un lum sons mecho ! C’est une mèche sans flamme!

Ou même :
Brabo femno dins l’oustá Belle femme dans la maison
Ba mai que bório amé chabá ! Vaut mieux que ferme avec cheptel !

Ou encore :
Femno bièlho e po dur Femme âgée et pain rassis :
Tenou l’oustá segur . La maison est à l’abri !

La femme était seule capable d’assagir les hommes :
Boudètz apaisa un fol ? Vous voulez calmer un fou ?
Penjatz- li uno femno al col ! Pendez-lui une femme au cou !

Et :
Lou maridatge rond satge . Le mariage rend sage !

Sans elle, l’homme n’était pas heureux, ne parvenait pas à s’épanouir:
L’ome souguet es coumo un parel de cisèus
L’homme seul est comme une paire de ciseaux
Qu’auriòu pas que uno lamo Qui n’aurait qu’une lame !

Ne voilà-t-il pas un beau proverbe ? Précision de l’observation, puissance de l’imagination et sens de la formulation, rien n’y manque.
Ba mai peta en coumpanhió Il vaut mieux péter en compagnie
Que de creba souguet ! Que crever seul !

Ici, le registre, il est vrai, n’est pas tout à fait le même !
Femno joubo, mouèno al lièch. Femme jeune, moine dans le lit.
(Le moine étant un appareil qui chauffait le lit avant qu’on se couche) !

Mieux même : elle portait le devenir de l’univers :
Fusto drecho e femno de rebèrs Ferme
(poutre verticale qui porte la charpente) dressée
Pourtariòu l’unibèrs ! Et femme sur le dos Porteraient l’univers !

Qu’il le voulût ou non, l’homme était piégé : il ne pouvait pas échapper au mariage (à cette époque, en effet, pas de femme ni surtout de descendant sans union officielle, devant monsieur le maire et, plus encore, monsieur le curé). Du choix de la future, tout allait donc dépendre et pas de droit à l’erreur : le divorce n’existait pas ou était exclu.
Le mariage était bien un acte pour le meilleur ou… pour le pire, hélas !
Un ome má maridat Un homme mal marié
Li baurrió mai èstre penjat ! Il vaudrait mieux qu’il se fût pendu !

Ou
Ome má maridat Homme mal marié
Baurrió mai que se fouguèsse ennejat ! Il vaudrait mieux qu’il se fût noyé !
L’un n’était guère plus alléchant que l’autre ! Et on mesure le bien fondé du conseil suivant :
Quond un ome se bo marida Quand un homme veut se marier,
« Garo ! » li cha crida . Il faut lui crier : « Attention !»

Oui, l’homme devait être très prudent. Il devait bien s’informer :
Femno e touèlo Femme et toile
Se chausissou pas a la chandèlo . Ne se c

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