Le corps hors norme dans la photographie contemporaine
238 pages
Français

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Le corps hors norme dans la photographie contemporaine , livre ebook

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Description

La figure du corps hors norme est l'héritière contemporaine des monstres, freaks et autres curiosités humaines qui furent au fil des siècles monstrés à la foule et auscultés par la Science. A l'instar de son sujet, la représentation photographique contemporaine se caractérise, face à l'iconographie produite à partir de la seconde partie du XIXe siècle, par des gestes de continuité et de rupture, de répétition et de variation, de disparition et de création; c'est cet enjeu esthétique qui permet d'appréhender pleinement l'espace critique et réflexif qu'elle occupe aujourd'hui aux côtés du corps hors norme.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2015
Nombre de lectures 92
EAN13 9782336391670
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
4e de couverture
Ce livre est le 59 ème livre de la Collection Eidos
Ce livre est le 59 ème livre de la

dirigée par
Michel Costantini & François Soulages

Comité scientifique international de lecture
Argentine (Silvia Solas, Univ. de La Plata), Belgique (Claude Javeau, Univ. Libre de Bruxelles), Brésil (Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia, Salvador), Bulgarie (Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid, Sofia), Chili (Rodrigo Zuniga, Univ. du Chili, Santiago), Corée du Sud (Jin-Eun Seo (Daegu Arts University, Séoul), Espagne (Pilar Garcia, Univ. Sevilla), France (Michel Costantini & François Soulages, Univ. Paris 8), Géorgie (Marine Vekua, Univ. de Tbilissi), Grèce (Panayotis Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina), Japon (Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo), Hongrie (Anikó Ádam, Univ. Catholique Pázmány Péter, Egyetem), Russie (Tamara Gella, Univ. d’Orel), Slovaquie (Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica), Taïwan (Stéphanie Tsai, Unv. Centrale de Taiwan, Taïpei)

Série Photographie
2 François Soulages (dir.), Photographie & contemporain
8 Catherine Couanet, Sexualités & Photographie
9 Panayotis Papadimitropoulos, Le sujet photographique
10 Anne-Lise Large, La brûlure du visible. Photographie & écriture
15 Michel Jamet, Photos manquées
16 Michel Jamet, Photos réussies
19 Marc Tamisier, Sur la photographie contemporaine
20 Marc Tamisier, Texte, art et photographie. La théorisation de la photographie
21 François Soulages & Julien Verhaeghe (dir.), Photographie, médias & capitalisme
22 Franck Leblanc, L’image numérisée du visage
23 Hortense Soichet, Photographie & mobilité
24 Benjamin Deroche, Paysages transitoires. Photographie & urbanité
25 Philippe Bazin, Face à faces
26 Philippe Bazin, Photographies & Photographes
27 Christiane Vollaire (dir.), Ecrits sur images. Sur Philippe Bazin
32 Catherine Rebois, De l’expérience en art à la re-connaissance
33 Catherine Rebois, De l’expérience à l’identité photographique
34 Benoit Blanchard, Art contemporain, le paradoxe de la photographie
45 Marcel Fortini, L’esthétique des ruines dans la photographie de guerre
47 Caroline Blanvillain, Photographie et schizophrénie
53 Rosane de Andrade, Photographie & exotisme. Regards sur le corps brésilien
54 Raquel Fonseca, Portrait & photogénie. Photographie & chirurgie esthétique
59 Zoé Forget, Le corps hors norme dans la photographie contemporaine

Série Artiste
50 Marc Giloux, Anon. Le sujet improbable, notations, etc.
52 Alain Snyers, Le récit d’une œuvre 1975-2015

Suite des livres publiés dans la Collection Eidos à la fin du livre

Publié avec le concours de
Titre
Zoé Forget






Le corps hors norme dans
la photographie contemporaine

Plasticité(s)
Du même auteur
HEY ! TATTOO , Anne & Julien, Zoé Forget, Roubaix, Ankama, 2014.
Copyright

© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

EAN Epub : 978-2-336-74178-9
Préface
La photographie montre, elle donne à voir, elle rend visible . Ce que Zoé Forget se propose de penser, c’est que, pour rendre visible, la photographie s’inscrit dans une esthétique de la rupture de la norme, dans une esthétique de l’écart, de la différence : c’est le sens de l’idée forte selon laquelle la photo est hors norme. En lisant Foucault, Canguilhem et Goffman, Zoé Forget fait apparaître deux logiques permettant de repenser la lecture des œuvres d’art. La première est ce que l’on peut appeler l’esthétique du hors norme : en imaginant une forme de distanciation par rapport aux œuvres, cette esthétique permet d’échapper à la contrainte de la norme qui fonde la « forme tableau ». Il s’agit d’une esthétique de la distanciation, faisant entrer dans le monde de l’art la distanciation, fondée par Brecht et relue par Barthes, qui fonde l’esthétique théâtrale de l’identité. La deuxième logique, qui donne une sorte de fil conducteur au lecteur, est ce que l’on peut appeler l’éthique de la représentation. Le concept de plasticité fonde une forme de corps hors norme, qui engage une réflexion critique sur l’esthétique photographique en instituant une médiation iconique particulière du corps.
Un second thème du livre de Zoé Forget est l’opposition entre la figure du monstre et la sublimation du corps et de l’identité. Quand l’auteur évoque le « devenir-monstre contemporain », elle situe la figure du monstre dans la logique plus globale de la distanciation, en imaginant une entreprise esthétique de création du monstre, qui donne à cette figure un espace et un temps qui lui sont propres et qui donne à l’artiste et au lecteur un chemin lui permettant d’échapper à la contrainte du monde réel. L’esthétique du monstre s’inscrit dans l’esthétique du refus et du détournement, qu’il s’agisse de l’esthétique de la distanciation du corps représenté ou de l’esthétique du détournement des objets que la photographie nous donne à voir.
C’est sur ce point que Zoé Forget propose d’établir une relation entre le champ de la psychiatrie et celui de l’esthétique. À la fois en situant l’évolution de l’esthétique dans le champ des études naissant à propos de l’hystérie et en élaborant une forme de « coupure épistémologique » sur la psychiatrie qui est en cours dans les années trente, Zoé Forget noue un lien, aujourd’hui , entre l’esthétique du numérique, dont le projet est la synthèse d’une multiplicité des formes et des représentations, et les réflexions contemporaines sur l’identité. Ce lien est nourri en particulier par l’esthétique des autoportraits.
C’est pourquoi un quatrième thème du livre de Zoé Forget est l’élaboration d’une approche nouvelle de l’identité, fondée sur ce que l’on peut appeler une dialectique de l’identification et de la distanciation. En effet, le propre de la figure du monstre est que l’identification à elle est impossible et qu’en ce sens, elle fonde une médiation particulière de la communication et de l’esthétique. Dans cette figure que Zoé Forget nomme celle du regard insoluble , on peut fonder l’esthétique du monstre sur la logique d’un regard non spéculaire. Zoé Forget rapproche, notamment, cette identification impossible, cette figure que l’on pourrait appeler un impératif de la distanciation , de l’ironie et de la posture de l’humour, qui constituent, selon elle, des logiques esthétiques particulières de la figure du monstre. La mise en scène esthétique de la figure du monstre est le cinquième thème du livre de Zoé Forget : elle montre comment un espace du spectacle et de la spectacularité caractérise la représentation du corps hors normes. Le spectacle de la « femme à barbe » ou la mise en scène de la frontalité dans la structuration imposée du regard sur le corps sont deux exemples, parmi d’autres, qui permettent d’apprécier l’importance du thème de la mise en scène photographique du hors norme. En lisant ce livre, on est amené à se demander si l’image parle . Zoé Forget fait apparaître, au contraire, comme en réponse, ou en écho inversé, la spécificité du langage de l’image et de l’écrit, qui se situent dans un champ différent de celui de la parole. Dans la photographie du corps, c’est le corps, et non l’image, qui semble parler, et encore peut-on sans doute mettre en question cette parole, car, en réalité, le corps, sans y parler, s’y donne à voir , et non à entendre. Finalement, tandis que la difformité fait du corps autre un objet esthétique, les mouvements donnent à voir le corps qui se déplace, qui se donne à voir dans une plasticité qui vient sublimer la distance.
Enfin, Zoé Forget nous rappelle que l’esthétique est liée au politique : elle n’est pas neutre, elle est toujours pleinement engagée, donnant une dimension politique à l’esthétique du hors norme. En évoquant la façon dont le corps hors norme interpelle , comme elle l’écrit, le spectateur de la représentation , Zoé Forget montre les significations politiques de la figure du corps hors norme. C’est ainsi qu’il convient de lire la figure de la souffrance dan

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