Une baignoire de sang
161 pages
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Une baignoire de sang , livre ebook

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Description

Pourquoi Julie, jeune pigiste talentueuse, est-elle morte, les veines ouvertes, dans sa baignoire ? Et qui est donc Mina, cette ancienne enfant de la DDASS, devenue SDF, dont les proches disparaissent, les uns après les autres ? En désobéissant à ses chefs, qui lui ordonnent d’arrêter l’enquête, quels risques Gloria Basteret, lieutenant à la Crim’, fait-elle courir à ses enfants ? Dans ce roman social, Béatrice Hammer alterne avec brio les narrations et met en scène de magnifiques personnages féminins. Un texte intense et haletant, qui renouvelle les codes du polar.


« Une intrigue riche en rebondissements pour ce polar social. Alors, en cette période estivale, prêts pour un bain de secrets au soleil ? » La Fringale culturelle


« Un récit très fluide qu’on lit toujours avec plaisir. On se laisse embarquer jusqu’à la fin, autant pour connaître le résultat de l’enquête criminelle que par l’évolution des personnages auxquels le lecteur s’est attaché » La Page


« Vous en avez marre des enquêteurs borderlines, dépressifs et alcooliques ? Vous voulez une enquête qui sort du lot ? Une Baignoire de sang de Béatrice Hammer est fait pour vous ! L'autrice offre une histoire parfaite pour vos vacances d'été. La plume est fluide, le récit est prenant et les pages se tournent en un battement de cils. (...) Tomabooks, chroniqueur littéraire


« La plume est agréable, l'enquête est fluide et intéressante. Je ne m'attendais pas à cette fin, j'ai été agréablement surprise ! » The booktrotteuses


« Ce livre va au-delà d’une littérature de genre. Béatrice compose pour tous les publics, et en premier lieu, pour ceux qui – comme elle – adorent les personnages forts. » La monstrothèque


Romancière, scénariste et réalisatrice, Béatrice Hammer a publié une quinzaine d'ouvrages chez différents éditeurs, notamment le Mercure de France, les éditions du Rouergue, le Serpent à plumes et Arléa.


Les éditions d’Avallon ont republié ses romans Kivousavé (prix Goya, prix du premier roman de l’Université d’Artois, prix du Festival du premier roman de Chambéry, prix Tatoulu), Cannibale blues (sélection « Attention Talent » des libraires de la FNAC), Soleil glacé, Ce que je sais d’elle, Green.com, Lou et Lilas et Les Violons de Léna. Elles ont publié tout récemment un inédit : La petite chèvre qui rêvait de prix littéraires.


Plusieurs de ses nouvelles sont disponibles en format numérique aux éditions de la Combe (Camille, Toug, Blanche, Abélie, Matthias, Princesse et Salvadora), ainsi que ses ouvrages pour la jeunesse Le Fils de l'Océan, Cet hiver-là, et Comment j'ai rééduqué mes parents (enfin, surtout ma mère).

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 juillet 2022
Nombre de lectures 105
EAN13 9782384390441
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

COLLECTION NOIRE ET SUSPENSE
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Une première version de cet ouvrage
a été publiée en 2020 par les éditions Alter Real.
Cette nouvelle édition a été entièrement
revue et corrigée par l’auteur.
 
 
Éditeur : Les éditions d’Avallon
342 rue du boulidou
34980 Saint-Clément-de-Rivière
 
 
Distribution numérique : Immatériel
 
 
Couverture et composition du livre : les éditions d’Avallon
 
ISBN numérique : 9782384390441
2ème édition
 
Dépôt légal : juillet 2022
 
© 2022 Les éditions d’Avallon

Une Baignoire de sang
 
 
 
Du même auteur
en version numérique
Romans
À la lisière des vagues , les éditions d’Avallon, 2023 (inédit - existe aussi en format audio )
Les Fantômes du passé , les éditions d’Avallon, 2022, réédition le Serpent à plumes, 1999
La petite chèvre qui rêvait de prix littéraires , les éditions d’Avallon, 2022 (inédit – existe aussi en format audio )
Les Violons de Léna , les éditions d’Avallon, 2021, réédition Pocket, 2006
Lou et Lilas , les éditions d’Avallon, 2021, réédition Pétrelle, 2000
Kivousavé , les éditions d’Avallon 2021, réédition Critérion, 1995 et Rouergue, 2008 (Prix Goya du premier roman, prix du Festival du premier roman de Chambéry, prix du premier roman de l’Université d’Artois, prix Tatoulu)
Ce que je sais d’elle , les éditions d’Avallon 2021, réédition Arléa, 2006
Green.com , les éditions d’Avallon 2021, réédition A Contrario, 2004
Cannibale Blues , les éditions d’Avallon 2020, réédition Pétrelle, 1999
 
 
Nouvelles
 
Amours plurielles (recueil réunissant Camille, Matthias, Abélie, Blanche et Princesse), les éditions d’Avallon 2023
Camille , (prix des Inédits RFI – ACCT), les éditions de la Combe, 2021
Toug , nouvelle, les éditions de la Combe, 2021
Matthias , nouvelle, les éditions de la Combe, 2021
Abélie , novella, les éditions de la Combe, 2021
Blanche , nouvelle, les éditions de la Combe, 2021
Salvadora , nouvelle, les éditions de la Combe, 2021
Princesse , nouvelle, les éditions de la Combe, 202
 
 
Romans jeunesse
 
Comment j’ai rééduqué mes parents (enfin, surtout ma mère) , les éditions de la Combe, 2022, réédition de Comment je suis devenue grande , Rageot, 2008
Cet hiver-là , les éditions de la Combe, 2022, réédition Oskar jeunesse, 2008
Le Fils de l’océan , les éditions de la Combe, 2022, réédition Rageot, 2006
Superchouchoute , éditions Alice jeunesse, 2014
Miss Catastrophe , éditions Alice jeunesse, 2014
 
 
Théâtre
 
Aristides , les éditions d’Avallon, 2023, réédition de ETGSO, 2010
 
 
plus d’informations sur l’auteur :
https://linktr.ee/Beatrice_Hammer
 
 
Béatrice HAMMER
 
 
 
 
 
UNE BAIGNOIRE DE SANG
 
 
roman
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pour Armand, Héloïse et Thaïs
et à la mémoire de mon père.

 
 
 
 
 
1
 
 
Quel drôle de métier j’ai choisi, se disait Gloria Basteret tout en montant rapidement les quatre étages qui la séparaient de son prochain cadavre. Ne débouler dans la vie des gens que quand ils sont morts. Rencontrer leurs parents, leurs amis, apprendre à les connaître, reconstituer leur vie, s’attacher à leurs petits défauts, tout ça pour rien, à part une obscure idée de la justice qui est si rarement juste.
Le temps passant, c’était le genre de pensées qui envahissaient de plus en plus souvent l’esprit de la jeune femme.
 
Gloria avait choisi son métier à dix ans, l’été où elle avait découvert, dans la bibliothèque de sa grand-mère, Hercule Poirot, Miss Marple et le commissaire Maigret. Pendant longtemps, elle s’était sentie portée par la vocation précoce que ces livres avaient suscitée en elle. Mais maintenant, de plus en plus souvent, la foi semblait l’avoir abandonnée.
Non pas qu’elle fasse mal son métier. Mais débusquer les assassins ne lui semblait plus aussi romantique qu’elle l’avait longtemps pensé, et la douleur des proches des victimes sur qui elle enquêtait lui devenait insupportable. Elle n’était plus certaine que son travail permette de l’alléger, et ressentait de plus en plus douloureusement toute cette tristesse dans laquelle sa vie professionnelle baignait, la laissant impuissante.
C’était surtout depuis que son patron, Paul Arici, était parti à la retraite, que ces pensées s’emparaient d’elle. Avec lui, les choses les plus absurdes prenaient un sens. Quand le doute l’envahissait, elle allait lui parler, sans rien cacher des idées délétères qui la submergeaient. Il l’écoutait toujours avec une infinie attention, dodelinait de la tête, puis lui expliquait, citations à l’appui, pourquoi même son doute avait un sens.
Ces conversations l’avaient maintenue sur les rails les seize années pendant lesquelles ils avaient travaillé ensemble. Quand il était parti à la retraite, elle ne s’était d’abord rendu compte de rien : chaque fois que quelque chose lui semblait absurde, Gloria pensait à Arici. Elle le voyait hocher la tête, citer un philosophe, et se sentait rassérénée.
Mais l’illusion n’est pas la chose, et le souvenir, aussi vivace qu’il soit, ne peut tenir lieu de réalité. La pression s’était accumulée en elle sans qu’elle s’en aperçoive, et les pensées noires la submergeaient de plus en plus souvent, au point qu’elle se demandait s’il ne serait pas temps pour elle de changer de métier. Une question toute rhétorique, car Gloria élevait seule ses deux enfants, et n’aurait pas pu se passer ne serait-ce que quelques semaines de son salaire et de ses primes, lesquelles lui servaient, pour l’essentiel, à payer les baby-sitters dont elle faisait grand usage, n’ayant pas de famille susceptible de s’occuper à sa place de sa grande fille de douze ans et de son petit bout de six.
Gloria était arrivée devant la porte.
 
La jeune femme qui était allongée, les veines ouvertes, dans sa baignoire rouge sang, lui fit l’effet d’une sirène, avec ses longs cheveux baignant dans la soupe rouge et ses traits réguliers. Par une sorte de mimétisme, Gloria bloqua sa respiration pendant qu’elle observait le cadavre. Toujours se fier aux premières impressions , avait coutume de dire Arici.
Kalter, le médecin légiste qui s’était effacé pour la laisser passer, connaissait ses habitudes. Il restait silencieux, attendant qu’elle se tourne vers lui pour lui demander un premier avis. C’était un homme qui allait sur ses cinquante ans, cheveux blancs, belle gueule, et Gloria s’était toujours demandé comment un homme de ce genre avait pu choisir un métier pareil. Il n’avait rien de morbide, et son charme ne laissait pas Gloria indifférente, même si elle n’avait jamais eu l’occasion d’aller plus loin.
— Suicide ? demanda Gloria, avec l’ombre d’un doute.
— Possible, répondit Kalter.
Gloria ne savait pas ce qu’elle détestait le plus : les suicides ou les meurtres.
Ce qu’elle savait, c’est qu’elle supportait très mal de découvrir des cadavres en pleine possession de leurs moyens, des cadavres qui auraient dû avoir toute la vie devant eux. Qu’ils aient décidé eux-mêmes de mettre fin à leurs jours ou que quelqu’un ait pris la liberté de les envoyer ad patres , ils étaient morts avant l’heure, et un tel gâchis révoltait Gloria. Particulièrement quand il s’agissait d’une aussi jolie jeune femme que celle qui baignait à présent dans l’eau écarlate.
— On sait qui c’est ? demanda Gloria à Rachid, son adjoint qui était arrivé sur place un peu plus tôt qu’elle – il traversait Paris à une vitesse incroyable sur sa moto, ce qui risquait de lui jouer des tours un jour ou l’autre, lui répétait Gloria régulièrement.
— Julie Rivière, vingt-neuf ans. Journaliste. Elle faisait des piges pour le Lapin déchaîné , répondit le jeune homme dont la rondeur un peu enfantine et les gestes maladroits attendrissaient Gloria.
Gloria hocha la tête. Ça ne l’étonnait pas vraiment que la sirène soit du genre intello. Quelque chose d’intelligent se dégageait de ce visage, malgré son regard mort.
— On sait sur quoi elle travaillait ?
— J’ai trouvé ses dossiers, répondit Rachid. Sur son bureau.
Gloria le gratifia d’un petit sourire dubitatif.
— O.K., fit Rachid. Ce serait trop facile.
— Épluche-les tout de même. On trouvera peut-être des connexions, des liens dont l’assassin ne se doute pas, si assassin il y a. Et puis, ça nous donnera des infos sur Julie.
Gloria appelait toujours les cadavres par leur prénom. Il lui semblait que c’était le minimum qu’elle pouvait faire pour eux. Rachid, d’abord surpris par cette familiarité affectueuse, s’y était fait lui aussi. Travailler avec Gloria lui avait appris qu’on ne découvrait rien si on manquait le cœur des choses.
— Des parents ? Des amis ? poursuivit Gloria.
— Je vais chercher, s’empressa Rachid.
 
Gloria passa de la salle de bains à la chambre, puis à la cuisine et enfin au salon. L’appartement était vaste pour une personne seule, et tout indiquait que Julie ne le partageait avec personne, du moins de façon régulière.
La cuisine était en désordre, de la vaisselle sale débordait de l’évier. « La femme devient vraiment elle-même quand elle a des enfants », avait coutume de pontifier Arici. « C’est alors qu’elle se met à ranger sa cuisine, laver son linge, faire des courses à l’avance… Une femme qui n’a pas encore d’enfant, si elle vit seule, se comporte presque comme un homme ». Ayant dit cela, il dodelinait de la tête et esquissait un léger sourire derrière sa barbe. Il adorait provoquer Gloria, et celle-ci ne s’offusquait plus de ce qu’on aurait pu prendre pour de la misogynie. Elle se contentait de le reprendre sur la logique de son raisonnement : qui lui disait que les femmes devenaient « elles-mêmes » quand elles rentraient dans le rang ? Est-ce que ce n’était pas au contraire le moment où la pression sociale se faisait la plus violente, les forçant à se conformer à un modèle qui ne leur convenait pas ? Gloria savait de quoi elle parlait. Quand Violette était n

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