Créole Guadeloupéen
156 pages
Français

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Description


Description du livre



Attention, livre numérique hautement enrichi !

La Guadeloupe, ses habitants, ses plages et la Soufrière n’attendent que vous, en mode créole ! Avec plus de 2h de conversation audio, le créateur de la célèbre méthode Assimil a conçu pour vous le compagnon moderne et indispensable de votre voyage en Guadeloupe.

°Plus de 2h d’audio

°Initiation à la langue : 21 leçons de créole guadeloupéen

°Les phrases et les mots indispensables

°Toute la prononciation

°Toutes les situations du voyage






Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 mai 2014
Nombre de lectures 68
EAN13 9782700561043
Langue Français
Poids de l'ouvrage 52 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Créole Guadeloupéen
Sommaire Copyright Page de titre Avertissement Introduction Comment utiliser ce guide La partie “Initiation” La partie “Conversation” L’Archipel des îles de Guadeloupe, faits et chiffres Géographie Économie Un peu d’histoire Fin XV e - XVI e siècle XVII e et XVIII e siècles Début du XIX e siècle XIX e – début du XX e siècle XX e et XXI e siècles Langue et identité créoles Les origines lexicales du créole La grammaire créole L’orthographe créole Initiation 1 er jour Ki non a-w ? – Comment tu t’appelles ? 2 e jour Ola nou yé ? – Où sommes-nous ? 3 e jour Ki non a kotésit ? – Comment s’appelle ce quartier ? 4 e jour Ka ou ka fè ? – Que faites-vous ? 5 e jour Ki lè i yé ? – Quelle heure est-il ? 6 e jour Ka pou nou fè ? – Que faire ? 7 e jour Kijan chimen-la yé ? – Comment est la route ? 8 e jour O ou té pasé ? – Où étais-tu passé ? 9 e jour Kimoun i Wilyàm ? – Qui est William ? 10 e jour Ja ka ta – Il se fait tard 11 e jour Annou ay ! – Allons-y ! 12 e jour Lidé an-mwen té byen di-mwen… – Je savais bien que… 13 e jour An té ké vlé… – Je voudrais… 14 e jour Apwé yo sòti sinéma – Après qu’ils soient sortis du cinéma 15 e jour Douvanjou – Aux aurores 16 e jour Alèz kon Blèz – Heureux comme Blaise 17 e jour Gay jan péyi an-nou la bèl ! – Regarde comme notre pays est beau ! 18 e jour Nou kay bengné ! – Nous allons nous baigner ! 19 e jour Mi tan-mwen, mi ta-w ! – Voici le mien, voici le tien ! 20 e jour Labadijou ka kasé – Le crépuscule tombe 21 e jour An lari Lapwent – Dans une rue de Pointe-à-Pitre Les indispensables Yonn, dé, twa : compter en créole guadeloupéen Lire et prononcer le créole guadeloupéen Les consonnes Deux semi-consonnes (ou semi-voyelles) Les marqueurs de prédication Pour se repérer dans le temps Pour se repérer dans l’espace Les petits indispensables Des questions pour s’en sortir dans tous les cas Conversation Premiers contacts Salutations Pour prendre congé Souhaits Accords, désaccords Questions, réponses Remerciements Langues et compréhension Rencontre et présentation Se rencontrer Se présenter ou présenter quelqu’un Dire d’où l’on vient Dire son âge Famille Études et emploi Religion, traditions Le temps qu’il fait Sentiments et opinions Invitations, visites Un rendez-vous ? La drague et l’ amour Temps, dates, fêtes Dire l’heure Dire une date Vocabulaire du temps et des saisons Jours fériés et chômés Appels à l’ aide Urgences En cas de perte ou de vol Sur la route Voyager En avion En autocar En bateau Les deux-roues Location de voitures Circuler en voiture En ville Pour trouver son chemin Pour indiquer le chemin à quelqu’un À la poste Au téléphone Internet À la banque Chez le coiffeur Visite de musées et de sites Autres curiosités touristiques : entre nature et traditions À la montagne, à la plage, à la campagne, dans la mangrove La montagne Plage, piscine, sports de loisirs Sortir dans la mangrove Camper et camping La flore La faune Hébergement Réservations À la réception Vocabulaire du petit-déjeuner et des services En cas de petits problèmes Régler la note Nourriture Au restaurant Mets et produits Spécialités et plats traditionnels Façons de préparer et sauces Boissons alcoolisées Autres boissons Achats et souvenirs Magasins et services Livres, revues, journaux, musique… Blanchisserie, teinturerie Vêtements et chaussures Au bureau de tabac Photo Provisions Souvenirs Rendez-vous professionnels Fixer un rendez-vous L’entreprise Salons et expositions Santé Chez le médecin et aux urgences Symptômes Douleurs et parties du corps Santé de la femme Soins médicaux Chez le dentiste Chez l’opticien Pharmacie
Assimil 2014
EAN numérique : 9782700561043
ISBN papier : 978-2-7005-0605-1
Création graphique : Atwazart

Réalisation de l'ePub : Prismallia
Contrôle de l'ePub : Céladon éditions
Créole guadeloupéen

Hector Poullet




B.P. 25
94431 Chennevières-sur-Marne cedex
France
Avertissement


Cet ouvrage ne prétend pas remplacer un cours de langue, mais si vous investissez un peu de temps dans sa lecture et apprenez quelques phrases, vous pourrez très vite communiquer. Tout sera alors différent, vous vivrez une expérience nouvelle.

Un conseil  : ne cherchez pas la perfection ! Vos interlocuteurs vous pardonneront volontiers les petites fautes que vous pourriez commettre au début. Le plus important, c’est d’abandonner vos complexes et d’oser parler.
Introduction Comment utiliser ce guide La partie “Initiation” La partie “Conversation” L’Archipel des îles de Guadeloupe, faits et chiffres Géographie Économie Un peu d’histoire Fin XV e - XVI e siècle XVII e et XVIII e siècles Début du XIX e siècle XIX e – début du XX e siècle XX e et XXI e siècles Langue et identité créoles Les origines lexicales du créole La grammaire créole L’orthographe créole
Comment utiliser ce guide

La partie “Initiation”
Vous disposez d’une petite demi-heure quotidienne ? Vous avez trois semaines devant vous ? Commencez par la partie “Initiation”, 21 mini-leçons qui vous donnent sans complications inutiles les bases du créole guadeloupéen, celui dont vous aurez besoin pour comprendre vos interlocuteurs créolophones et vous adresser à eux :
- découvrez la leçon du jour et lisez les phrases créoles et le mot à mot ; cela vous permettra de vous imprégner des structures et des constructions de phrase en créole guadeloupéen ;
- lisez ensuite les brèves explications grammaticales : elles vous expliquent quelques mécanismes linguistiques que vous pourrez réutiliser avec facilité ;
- faites le petit exercice final, vérifiez que vous avez tout juste… et dès le lendemain, passez à la leçon suivante ! La régularité de votre apprentissage conditionne l’efficacité de notre méthodologie.

La partie “Conversation”
Pour être à l’aise dans toutes les situations courantes auxquelles vous serez confronté durant votre séjour, la partie “Conversation” de ce guide vous propose une batterie complète d’outils : du vocabulaire, bien sûr, mais aussi des structures de phrase variées que vous pourrez réutiliser en contexte. Vous le verrez, tous les mots créoles sont accompagnés de leur traduction. Même si vous n’avez aucune connaissance préalable du créole, ce kit de survie prêt à l’emploi fera de vous un voyageur à l’aise en toute situation.
L’Archipel des îles de Guadeloupe, faits et chiffres

La Guadeloupe se trouve, dans le mitan , au milieu d’un ensemble d’îles en forme d’arc, qui va de la pointe de la Floride au Nord au Venezuela au Sud, ensemble qu’on appelle communément les Antilles, ou encore La Caraïbe.
La Guadeloupe est un bannzil , une bande d’îles  : elle est constituée de cinq îles distinctes : la Basse-Terre et la Grande-Terre , reliées par deux ponts qui enjambent la Rivière Salée , sont les îles les plus importantes de ce sous-archipel qui compte aussi l’île de la Désirade , l’île de Marie-Galante , les îles des Saintes  : Terre de Haut et Terre de Bas . L’ensemble s’inscrit dans un cercle de moins de cent kilomètres de diamètre.

Superficie 1703 km 2 Population 405 000 habitants Îles environnantes
Au nord : Montserrat, Antigue
Au sud : Dominique, Martinique Chef-lieu administratif Basse-Terre (en Basse-Terre) Centre économique Pointe-à-Pitre (en Grande-Terre)
Fête de l’abolition
de l’esclavage 27 mai Langue officielle Le français Langue la plus parlée Le créole Religion majoritaire La religion catholique Statut Région/Département d’Outre-Mer Ressources L’agriculture et le tourisme

Géographie

La Grande-Terre au nord-est, et la Basse-Terre au sud-ouest, dessinent un papillon. Alors que la première d’origine sédimentaire, calcaire, est relativement plate ; la seconde d’origine magmatique, éruptive, volcanique, est montagneuse. Une chaîne de montagne, le massif de la Soufrière, la traverse du nord au sud, pour culminer au volcan toujours actif de la Soufrière à 1465 m.

La Désirade , telle une barque renversée, est constituée en grande partie d’un plateau sec, et d’une étroite bande côtière offrant de longues plages presque vierges. Jadis isolée, la Désirade a été le pays de la culture du coton, de l’élevage d’ovins et de caprins, mais également une île de pêcheurs. Depuis peu, la Désirade, se lance dans l’activité touristique.

Marie-Galante , surnommée la Grande Galette, et dont l’économie est essentiellement agricole, est restée traditionnellement le pays de la canne à sucre. Les plages de sable blanc s’y étendent à perte de vue. Avec ses nombreuses tours d’anciens moulins à vent, ses charrettes tirées par des bœufs et ses mares légendaires, toute l’île garde un aspect désuet qui ne manque pas de charme.

Les Saintes se composent de plusieurs îles dont deux habitées : Terre de Haut et Terre de Bas. La baie de Terre de Haut est classée parmi les plus belles au monde ; elle a été témoin des fureurs des guerres navales qui ont déchiré l’Angleterre et la France. Le Fort Napoléon y a été construit pour servir de relais aux troupes françaises en route vers le Mexique durant la guerre franco-mexicaine.

Économie

L’activité économique de la Guadeloupe est axée sur l’agriculture. Les plaines côtières de la Basse-Terre sont le domaine des bananeraies et de la culture de l’ananas, tandis que les plaines et plateaux de la Grande Terre sont occupés par des champs de canne à sucre et de melons. Si cannes à sucre et bananes sont héritières des anciennes sociétés de plantation, les cultures vivrières et maraîchères sont le fait de paysans possédant de petites parcelles de terrains et cultivant des jardins créoles où l’on trouve un savant mélange de légumes et de tubercules (ignames, patates douces, manioc, malangas, christophines, giraumons), des pois de toutes sortes, etc.

Quant au tourisme, d’implantation plus récente, il se partage entre grandes structures hôtelières le plus souvent en Grande-Terre, et gîtes ruraux, qu’on retrouve un peu partout sur le territoire y compris en Désirade, à Marie-Galante et aux Saintes.
Un peu d’histoire


Des vagues successives d’Amérindiens, surnommés précolombiens : Ciboneys, Taïnos, Arawaks, Caraïbes, venues le plus souvent d’Amazonie, ont occupé tout l’archipel lors du millénaire précédant l’arrivée de Christophe Colomb.

L’histoire de la Guadeloupe se déroule en 5 temps :

Fin XV e - XVI e siècle
Découverte de l’archipel, colonisation. Élimination des peuples indigènes. Traite négrière (importation de main d’œuvre forcée capturée en Afrique). Mise en esclavage des Africains. Notez qu’entre la découverte par Christophe Colomb de la Guadeloupe en 1493 et le début de la colonisation par les Français en 1635 il s’écoule pratiquement 150 ans pendant lesquels le peuple Kalina (mot déformé en Kaniba ) des Petites Antilles a su garder les envahisseurs à distance grâce à leur cannibalisme présumé.

XVII e et XVIII e siècles
Généralisation du Commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Antilles. Publication de codes noirs pour réglementer l’esclavage. Révoltes et marronnage (1) . Guerres navales entre nations européennes pour l’acquisition des terres de l’or brun (le sucre de canne).

Début du XIX e siècle
Interdiction de la Traite négrière. Bien plus tard, dans la 2 e moitié du XIX e siècle, abolition de l’esclavage. La Guadeloupe est l’unique île antillaise à avoir connu deux abolitions. La 1 re en 1794, était une conséquence de la Révolution française. La 2 nde en 1848 est liée à l’avènement de la seconde République française. Entre la 1 re abolition et le rétablissement de l’esclavage, l’archipel connut un épisode révolutionnaire, sans esclavage, qui dura 8 ans. Pendant cette période, de nombreux jeunes, anciens esclaves, furent enrôlés dans l’armée française et apprirent l’art de la guerre. Le rétablissement de l’esclavage par Napoléon I er en 1802 provoqua une révolte généralisée qui se transforma en guerre civile (l’ Épopée Delgrès … qui a probablement induit la Révolution haïtienne). Au cours de cette guerre, des femmes, dont l’illustre Mulâtresse Solitude , combattirent aux côtés des hommes. Les 10 000 hommes de l’armée napoléonienne, ne l’emportèrent que grâce à la confusion politique et à la trahison de certains généraux. L’esclavage ne fut définitivement aboli dans les colonies françaises qu’en 1848.

XIX e – début du XX e siècle
Néo-colonisation, immigration de travailleurs sous contrat venus d’Inde, de Chine, du Japon ou d’Afrique.

XX e et XXI e siècles

La Guadeloupe intègre la France par la loi d’Assimilation de 1946, votée par l’Assemblée Nationale française. Aujourd’hui la Guadeloupe est devenue, comme les autres DOM (Département d’Outre-Mer), une RUPE (Région Ultra Périphérique Européenne). Cependant, la nécessité d’une réforme institutionnelle passant par l’élaboration d’un nouveau statut, est toujours à l’ordre du jour.

Du fait de son histoire et de vagues de migration successives (Européens, Africains, Indiens, Chinois, Japonais, Levantins, fonctionnaires et résidents français de l’Hexagone, et, depuis peu, Dominiquais, Dominicains, Haïtiens), la Guadeloupe a tout d’un patchwork racial. Cependant, peut-être du fait d’une structure sociale archaïque rigide (issue de l’économie des plantations), la société créole reste encore relativement cloisonnée. Les problèmes ethniques sont toujours sous-jacents.
Langue et identité créoles

Le créole de la Guadeloupe est dit “créole à base lexicale française”. On le retrouve dans les îles de la Dominique, de la Martinique et de Sainte-Lucie ainsi qu’en Guyane, et, à quelques nuances près, en Haïti. Enfin, à cause de la forte émigration d’Antillais vers de grandes métropoles, on parle aujourd’hui ce créole aussi bien à Paris qu’à Londres, à Miami qu’à Montréal. Pendant longtemps le créole a été une langue minorée, réservée aux relations interpersonnelles, une sorte de code de connivence entre interlocuteurs censés se connaître. Depuis deux décennies, le créole a pris plus d’importance dans la sphère publique, il est étudié à l’école, parlé à la radio, et la population y trouve de plus en plus l’expression de son identité.

Les origines lexicales du créole
Le créole de la Guadeloupe est dit à base lexicale française : près de 80 % de son vocabulaire est d’origine française. Notez cependant que de nombreux termes d’origine française sont devenus de faux amis : dézòd pour bruit , boukan pour feu , etc. Par ailleurs, du fait de leur prononciation, ces termes sont à peine reconnaissables (du fait, soit de la nasalisation de certaines voyelles ( femme devient fanm ), soit d’apocopes ( vini pour venir , vè pour verre , fann pour fendre ) ; ou encore d’aphérèses ( tann pour entendre , sanblé pour rassembler ). Ensuite, certains mots créoles ont gardé un sens disparu en français ou ont évolué autrement, par exemple séré a gardé le sens de cacher , ranger et lenj celui de vêtement . Enfin de nombreux mots ont été agglutinés à l’article défini ou partitif qui les précédait ( légliz , église  ; loraj , orage  ; lésè , religieuse  ; dlo , eau  ; diven , vin …).
Il faut ajouter à ce lexique français présent dans le créole environ 20 % de vocables d’origines diverses. Ce sont eux qui rendent la phrase créole difficile à comprendre pour les francophones. Ils viennent du vocabulaire de la voile ( lagé pour larguer , libérer ) ou d’autres langues, européennes ( bway pour boy , garçon (anglais) ; tini pour tener , avoir (espagnol)), africaines ( gyenbo , roussette ) ; ou encore indiennes ( moltani , soupe ). À cela, il faut ajouter tous les termes désignant des objets usuels ( kwi , demi calebasse), des plantes ( konma , acomat ), ou des animaux ( gouti , agouti ), laissés par les Amérindiens y compris ceux parlant les langues tupi du Brésil.

La grammaire créole
Quelle que soit la base lexicale des termes créoles, c’est surtout la grammaire de la langue qui la différencie le plus des langues indo-européennes. Ainsi le groupe nominal n’a qu’un article défini singulier placé après le nom : chimen-la , le chemin  ; kaz-la , la maison  ; le verbe ne se conjugue pas, le temps, le mode et l’aspect se déterminent seulement par l’usage de marqueurs de prédication placés devant le verbe.

L’orthographe créole
Le créole a longtemps utilisé une graphie étymologisante (à partir de racines supposées françaises). De nos jours, il est transcrit par le biais d’une graphie phonétique (la langue s’écrit comme elle se prononce, voyez le tableau de prononciation dans les rabats). Chaque phonème a donc une seule représentation graphique et il n’existe pas de lettre muette. Notez cependant qu’un même phonème peut se prononcer de plusieurs façons en fonction de l’origine des Guadeloupéens avec qui vous échangez. Ainsi, le verbe prendre s’écrit et se prononce tantôt pran (en ville), tantôt pwan (à la campagne). Soyez à l’aise avec le créole : prononcez-le comme vous le lisez, vous impressionnerez vos hôtes.
Par ailleurs, pour que votre apprentissage se passe en douceur, nous vous proposons souvent une traduction mot à mot qui vous permet de comprendre l’ordre des mots et la syntaxe créoles. Bay adan ! , Allez-y !  ; Fouté fè ! , Foncez ! Kenbé kè ! / Kyenbé kyé ! , Bon courage !
Initiation 1 er jour Ki non a-w ? – Comment tu t’appelles ? 2 e jour Ola nou yé ? – Où sommes-nous ? 3 e jour Ki non a kotésit ? – Comment s’appelle ce quartier ? 4 e jour Ka ou ka fè ? – Que faites-vous ? 5 e jour Ki lè i yé ? – Quelle heure est-il ? 6 e jour Ka pou nou fè ? – Que faire ? 7 e jour Kijan chimen-la yé ? – Comment est la route ? 8 e jour O ou té pasé ? – Où étais-tu passé ? 9 e jour Kimoun i Wilyàm ? – Qui est William ? 10 e jour Ja ka ta – Il se fait tard 11 e jour Annou ay ! – Allons-y ! 12 e jour Lidé an-mwen té byen di-mwen… – Je savais bien que… 13 e jour An té ké vlé… – Je voudrais… 14 e jour Apwé yo sòti sinéma – Après qu’ils soient sortis du cinéma 15 e jour Douvanjou – Aux aurores 16 e jour Alèz kon Blèz – Heureux comme Blaise 17 e jour Gay jan péyi an-nou la bèl ! – Regarde comme notre pays est beau ! 18 e jour Nou kay bengné ! – Nous allons nous baigner ! 19 e jour Mi tan-mwen, mi ta-w ! – Voici le mien, voici le tien ! 20 e jour Labadijou ka kasé – Le crépuscule tombe 21 e jour An lari Lapwent – Dans une rue de Pointe-à-Pitre
1 er jour

Ki non a-w ?
Comment tu t’appelles ?

Byen bonjou ! Ou sé moun isit ? Ki non a-w ?
bien bonjour tu es gens ici quel nom à-toi
Bonjour ! Tu es d’ici ? Comment t’appelles-tu ?
Bonjou ! Wi, an sé moun isit, non an-mwen sé Kristin. É zòt ?
bonjour oui je suis gens ici nom à-moi est christine et vous
Bonjour ! Oui, je suis d’ici, je m’appelle Christine. Et vous ?
Bonjou Kristin ! Non an-mwen sé Kévin é mi Ana.
bonjour christine nom à-moi est kévin et voici anna
Bonjour Christine ! Je m’appelle Kévin et voici Anna.
Nou pa moun isit, nou sé moun Fwans.
nous pas gens ici nous sommes gens France
Nous ne sommes pas d’ici, nous sommes de France.

Notes de grammaire

Les pronoms sujets : ils se placent devant le verbe.

an / mwen je nou nous ou tu / vous (sing.) zò / zòt vous (plur.) i il / elle yo ils / elles

Le créole compte un seul pronom pour le masculin et le féminin ; il n’a pas de pronom pour le vouvoiement.

Les adjectifs possessifs : ils se placent après le nom : non an-mwen , mon nom  ; non a-w , ton nom . Voici leurs formes :

an-mwen mon, ma, mes an-nou notre, nos a-w ton, ta, tes a-zòt votre, vos a-y son, sa, ses a-yo leur, leurs

Le verbe “être”  : à la forme affirmative, il se traduit par sé quand il est suivi d’un nom commun ou propre : Non an-mwen sé Kévin , Je m’appelle Kévin (litt. “Mon nom, c’est Kévin”) ; An sé moun isit , Je suis d’ici . À la forme négative le verbe être n’est pas exprimé : Nou pa moun isit , Nous ne sommes pas d’ici .

L’interrogation  : elle n’est traduite ici que par l’intonation.

Les pronoms interrogatifs  : ki , seul, signifie quel .

Entraînement – Traduisez les phrases suivantes Comment t’appelles-tu ? Je ne suis pas d’ici. Zò / Zòt sé moun isit ?

Solutions Ki non a-w ? An / Mwen pa moun isit. Vous êtes d’ici ?
2 e jour

Ola nou yé ?
Où sommes-nous ?

Byen bonjou ! Tanprisouplé ki koté nou yé ?
bien bonjour t’en-prie-s’il-vous-plaît quel côté nous être
Bonjour ! S’il vous plaît, où sommes-nous ?
Bonjou ! Ka zòt ka chèché ?
bonjour quoi vous cherchez
Bonjour ! Que cherchez-vous ?
Nou ka chèché chimen Chit Karbé
nous cherchons chemin chute Carbet
Nous cherchons la route des Chutes du Carbet.
Awa, zòt pèd. Fo-zòt déviré asi gran chimen.
non vous perdus faut-vous retourner sur grand chemin
Vous vous êtes perdus. Il vous faut retourner sur la route nationale.

Notes de grammaire

Les pronoms interrogatifs  : ils se placent en début de phrase. Ola est la forme la plus courante pour poser une question sur le lieu mais où peut aussi se dire otila , o ( ola/otila/o nou yé ? , où sommes-nous ? ), ou encore ki koté/ola nou yé ? , où sommes-nous ? peut donc aussi se dire ki koté nou yé ?

Le verbe “être” (suite) : à la forme interrogative, il se traduit par yé en fin de phrase et ne change pas de forme selon les personnes qu’il désigne. Ainsi : Ki koté Jak yé ? Où est Jacques ?  ; Ola yo yé ? , Où sont-ils/elles ?

Exemple d'application dans la leçon du 3 e jour

Les noms de lieu  : selon la règle grammaticale, les noms de lieu ne sont pas précédés d’une préposition : Nous sommes à Capesterre se dit donc : nou Kapèstè . Cependant on entend parfois, surtout parmi les jeunes créolophones : Chimen dè Chit , Le Chemin des chutes  ; Nou a Kapèstè , Nous sommes à Capesterre .

Entraînement – Traduisez les phrases suivantes Où est la rivière ? Je cherche la route de Fond Cacao. Ki koté ou vlé ay ? O yo yé ? Yo pèd.

Solutions Ola rivyè-la yé ? An / Mwen ka chèché chimen Fon Kako. Où voulez-vous/veux-tu aller ? Où sont-ils/elles ? – Ils/Elles sont perdu(e)s.
3 e jour

Ki non a kotésit ?
Comment s’appelle ce quartier ?

Ki non a kotésit ?
quel nom à côté-ici
Comment s’appelle ce quartier ?
Kotésit sé Labityé
par-ici est l’Habituée
Par ici c’est l’Habituée.
Ès Labityé asi chimen a Grantétan ?
est-ce l’Habituée sur chemin de Grand-étang
Est-ce que l’Habituée est sur la route de Grand Étang ?
Wè, zòt asi bon chimen-la, ay tou dwèt.
oui vous sur bon le-chemin allez tout droit
Oui, vous êtes sur la bonne route, allez tout droit.

Notes de grammaire

Le complément du nom  : il est introduit par la préposition a  : non a kotésit , nom du quartier  ; chimen a Grantétan , route de Grand Etang .

La traduction de “C’est”, “Ce sont”  : ces deux expressions se rendent par un unique mot en créole, sé . Cela donne : kotésit sé Fonkako , par ici c’est Fonds Cacao .

Exemple d'application dans la leçon du 8 e jour .

Les questions en “est-ce que ?”  : dans les phrases interrogatives fermées (= interrogations auxquelles on répond par oui ou non ), est-ce que se traduit par ès et le verbe être , s’il existe dans la phrase, n’est pas exprimé : Ès ou pèd ? , Est-ce que vous êtes perdu ? Rappelez-vous ( voir jour 2 ) que lorsque le verbe être se trouve dans des phrases interrogatives ouvertes (= interrogations auxquelles de nombreuses réponses sont possibles), on le traduit par yé , placé en fin de phrase : Ola yo yé ? , Où sont-ils/elles ?

L’article défini singulier  : la est l’unique article défini singulier du créole guadeloupéen. Il est placé après le nom auquel il est relié par un trait d’union : chimen-la , la route  ; non-la , le nom .

Entraînement – Traduisez les phrases suivantes Comment s’appelle la route ? Est-ce que nous sommes sur le bon chemin ? Yo asi chimen a Labityé. Ki koté zòt yé ?

Solutions Ki non a chimen-la ? Ès nou asi bon chimen-la ? Ils/Elles sont sur la route de l’Habituée. Où êtes-vous ?
4 e jour

Ka ou ka fè ?
Que faites-vous ?

Èskizé-nou, Ana vlé mandé-w on biten.
excusez-nous Anna veut demander-toi une chose
Excusez-nous, Anna veut vous demander quelque chose.
Kibiten ou vlé mandé-mwen Ana ?
quelle-chose tu veux/vous voulez demander-moi Anna
Que voulez-vous me demander Anna ?
Poukisa nou ka vwè tout bèf maré bò chimen ?
pourquoi nous voyons toutes vaches attachées bord route
Pourquoi voyons-nous toutes ces vaches attachées au bord des routes ?
Pas onlo moun pa ni tè i ta-yo, kifè yo ka maré bèf a-yo asi tè a léta.
parce que beaucoup gens pas avoir terre il à-eux qui fait ils attachent vaches à-eux sur terre à l’État
Parce que beaucoup de gens ne possèdent pas de terres, alors ils attachent leurs vaches sur des terrains publics.

Notes de grammaire

L’expression du présent  : en créole les verbes ont une forme fixe, le temps, le mode et l’aspect s’expriment par des particules placées devant le verbe. Ainsi l’aspect inaccompli, qui correspond au présent français, s’exprime grâce à la particule ka  : yo ka maré , ils/elles attachent  ; nou ka vwè , nous voyons .

Notez que les verbes qui n’expriment pas une action ne sont pas précédés de ka . C’est le cas de vouloir  : Ana vlé , Anna veut  ; ou vlé , tu veux .

Les pronoms possessifs  : tan-mwen , le(s) mien(s)/la/les mienne(s) ; ta-w , le(s) tien(s)/la/les tienne(s)  ; ta-y , le(s) sien(s)/la/les sienne(s)  ; tan-nou , le/la/les nôtre(s) , ta-zòt , le/la/les vôtre(s) , ta-yo , le/la/les leur(s) .

Pronoms interrogatifs  : vous pouvez relever ici deux nouveaux pronoms interrogatifs. Il s’agit de ka/kibiten , que , et de poukisa , pourquoi .

Remarque lexicale  : bèf est un terme générique utilisé pour désigner les bovins en général. On peut également préciser fimèl-bèf , génisse  ; manman-bèf , vache  ; mal-bèf , taureau  ; tibèf , veau . Cette façon de désigner les animaux s’applique à presque toutes les espèces.

Entraînement – Traduisez les phrases suivantes Il voit quelque chose au bord de la route. Je veux aller à Capesterre. An pa ni tè an-mwen. Poukisa ni onlo moun kotésit ?

Solutions I ka vwè on biten bò chimen-la. An vlé ay Kapèstè. Je ne possède pas de terres. Pourquoi y a-t-il beaucoup de gens par ici ?
5 e jour

Ki lè i yé ?
Quelle heure est-il ?

Avan zòt pati, zòt pé di-mwen ki lè i yé ?
avant vous partir vous pouvoir dire-moi quelle heure il est
Avant de partir, pouvez-vous me dire l’heure ?
I twa zè-d-laprémidi. Ès nou ni tan rivé an sodo-la avan lannuit ?
il trois-heures-de-l’après-midi est-ce nous avoir temps arriver dans le-saut-d’eau avant nuit
Il est 15 h. Aurons-nous le temps d’arriver à la cascade avant la nuit ?
Fo zòt pòté mannèv avan lannuit-la baré-zòt. Sòlèy-la ka kouché bonnè.
faut vous porter manœuvre avant la-nuit barre-vous le-soleil couche bonne-heure
Il faut vous dépêcher avant que la nuit ne vous en empêche. Le soleil se couche tôt.
Mèsi, lè nou rivé asi gran chimen, ki dirèksyon pou nou pwan ?
merci quand nous arriver sur grand chemin quelle direction pour nous prendre
Merci, quand nous arrivons sur la route nationale, quelle direction prendre ?

Notes de grammaire

Détermination du nom  : le créole n’utilise pas de déterminant devant les noms génériques (comme ici, lorsque l’on parle de la nuit – il ne s’agit pas d’une nuit précise : avan lannuit , avant la nuit ) ni pour rendre l’indéfini pluriel français (comme ici dans la phrase ni bèf bò chimen , il y a des vaches au bord des routes ).

Traduction de l’infinitif français  : pour rendre l’infinitif, on utilise la formule pou + pronom + subjonctif, comme dans pou nou pwan (litt. “pour que nous prenions”), pour prendre . Notez qu’on omet de plus en plus le pronom de cette formule : on dit souvent pou pwan , pour prendre .

Donner l’heure  : pour donner l’heure (voyez les nombres dans la partie compter en créole guadeloupéen ), on précise toujours s’il s’agit du matin, de l’après-midi ou du soir : twa zè-d-laprémidi , quinze heures  ; névè-d-maten , neuf heures  ; onzè-d-swa , vingt-trois heures .

Indiquer une direction  : pour dire à quelqu’un d’aller à droite , vous avez le choix entre adwèt et a men dwèt  ; pour dire à gauche , vous pouvez dire agòch ou a men gòch .

Remarque orthographique  : nous vous le disions en introduction, le verbe prendre peut s’écrire pwan ou pran . Nous avons choisi de suivre la première de ces variantes.

Entraînement – Traduisez les phrases suivantes Il faut arriver avant la nuit. À droite, il y a une cascade. Fo-zòt déviré asi gran chimen-la. Solèy-la ka kouché, ki lè i yé ?

Solutions Fo rivé avan lannuit. Asi men dwèt, ni on sodo. Il faut que vous retourniez sur la route nationale. Le soleil se couche, quelle heure est-il ?
6 e jour

Ka pou nou fè ?
Que faire ?

Lè zòt/zò rivé asi gran chimen pwan asi men dwèt dirèksyon Bastè.
quand vous arrivez sur grand chemin prendre sur main droite direction Basse-Terre
Quand vous arrivez sur la nationale prenez à droite direction Basse-Terre.
Epi aprésa ka pou nou fè ?
Et-puis après-ça que pour nous faire
Et puis ensuite que faire ?
Rivé Sen Sovè, adan on twa-chimen, woupwan adwèt alamonté.
arriver Saint Sauveur dans un trois-chemins reprendre à droite à-la-montée
Arrivés à Saint-Sauveur, à l’intersection, prenez à nouveau à droite en montant.
Eben mèsi onpil. A ondòt solèy !
eh bien merci beaucoup à un-autre soleil
Eh bien merci beaucoup. Au revoir !

Notes de grammaire

Traduction de l’infinitif français (suite) : pour traduire l’infinitif de l’expression Que faire ? , le créole dit Ka pou nou fè ? (litt. “Que faut-il que nous fassions ?”) qui se réduit généralement à Ka pou fè ?

L’article indéfini  : cet article a une unique forme au singulier, on , un(e) . Comme en français, il se place devant le nom : on twachimen , une intersection  ; on katchimen , un carrefour .

La locution adverbiale ala  : lorsqu’elle s’attache au début d’un nom, d’un verbe ou d’un adjectif, la locution ala (litt. “à la”), fait de ces mots des gérondifs : alamonté , en montant  ; alavavit , en se dépêchant .

Remarques lexicales  :
– asi et si sont deux variantes d’une préposition que l’on peut traduire par sur , vers , en direction de  ;
– wou , lorsqu’il est placé devant un verbe prend le sens de à nouveau  : woupwan , prendre à nouveau/reprendre  ; woudi , répéter  ;
– twachimen peut aussi se dire katchimen si l’intersection est un carrefour .

Entraînement – Traduisez les phrases suivantes Prenez à droite puis à gauche. Que faire à l’intersection ? Pou nou pwan chimen-lasa fo nou déviré. Yo rivé adan on katchimen.

Solutions Pwan asi men dwèt épi asi men gòch. Ka pou nou fè an twachimen-la ? Pour prendre ce chemin il faut retourner. Ils/Elles sont arrivé(e)s à un carrefour.
7 e jour

Kijan chimen-la yé ?
Comment est la route ?

Mi nou adan twachimen-la. An ka kwè sé chimen-lasa pou nou pwan.
voici nous dans le trois-chemins je crois c’est ce-chemin pour nous prendre
Nous voici à l’intersection. Je crois que c’est cette route que nous devons prendre.
Wè sé sa menm. Chimen-la alamonté, i anlonbraj épi magré i ni onlo viraj, i bèl menm.
oui c’est ça même le-chemin à-la-montée il est ombragé et-puis malgré il a beaucoup virages il beau même
Oui c’est exactement ça. La route grimpe, elle est ombragée et bien qu’elle compte beaucoup de virages, elle est très belle.
Nou an mitan granbwa. Sé pyébwa-la ho menm.
nous au milieu forêt les-arbres hauts tellement
Nous sommes en pleine forêt, les arbres sont très grands.

Notes de grammaire

L’article défini pluriel  : sé… la est l’article défini pluriel créole. Il encadre le nom – notez que la s’accole au nom par le biais d’un trait d’union : sé pyébwa-la , les arbres .

L’adjectif démonstratif  : lasa se place après le nom, chimen-lasa , ce chemin / cette route  ; pyébwa-lasa , cet arbre . Au pluriel le nom est encadré par sé…lasa  : sé moun-lasa , ces gens .

Les pronoms interrogatifs (suite) : profitons de l’apparition de nouveaux pronoms interrogatifs pour vous donner à voir l’essentiel de ces pronoms créoles.

ki , quel(le)(s) ka/kibiten , que

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