Formes & normes linguistiques
251 pages
Français

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Description

Cet ouvrage questionne les dimensions socio-langagières de l'espace urbanisé. Ouvert à plusieurs champs et théories disciplinaires, ce volume analyse les dénominations et désignations problématiques discriminantes de différents espaces de ville. Par la confrontation de situations en partie identiques mais toujours marquées par des discours sur l'altérité urbaine, il propose ainsi de rendre compte des dynamiques socio-langagières d'appropriation ou de rejet des espaces communs voire des espaces publics.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2009
Nombre de lectures 50
EAN13 9782296223943
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

1INTRODUCTION
DURABILITÉ ET SOCIOLINGUISTIQUE URBAINE .
PREMIERS ÉLÉMENTS DE DISCUSSION
Langues et développement durable urbain
Le volume que nousprésentons est issu d’une première idée: réunir,à la
2 3suite de la JISU d’Alger ,des contributions permettant de poursuivre le
débatquis’était alors engagé autour des faits relevant dességrégations
4urbaines et,enpartie, autour desquestions relatives à leur gestion. En
d’autrestermes, la question posée était (et demeure):enquoi les
5sociolinguistespeuvent-ils etont-ils légitimitéà intervenir sur dessituations
urbaines constatées, cellesoù les faits de ségrégations socialesse
comprennent, la plupart du temps etparles divers acteurs de l’urbanité,
commedesphénomènes de ségrégation(s) spatio-linguistique(s) construits
socialement comme nécessaires voire indispensables? Unedesréponses
possibleconsisteàexaminerladite question à l’aune despropositions
théoriquesissues de laconceptualisation du développement durable .
Pourquoi?parce que le discours y est central et qu’il constitueentant que
tel unedemande socialeexplicite, sinon du bien vivre, du moins du mieux
vivre;parce qu’il est l’expression d’un besoin néd’unecarence de l’offre où
ladimensionlangagière est prégnante: il s’agit autant de langues(Grin ,
1997) comme indicateurs de territorialisationquede miseenmots comme
praxis révélatrice desrapports sociaux reproduits ou transformés.
Si d’unpoint de vue immédiat, il s’agit de penserla place de la ville
durabledans nos réflexions disciplinaires, unsimpledétourparla littérature
1Thierry Bulot,enseignant-chercheur en sociolinguistique, PREFIcs EA 3207
Rennes2 / PRES Université Européennede Bretagne .
2Lacinquième Journée Internationalede Sociolinguistique Urbaine dont le titre
était Ségrégation spatio-linguistiquedynamiquessocio-langagières et habitat dit
populaire s’est tenueà l’universitéd’Algerles 05et 06 décembre 2007 .
3Lestextes de Claude Cortier, Vincent Veschambre, Médéric Gasquet-Cyrus et
Mylène Lebon-Eyquem ont initialement été publiés dans Bulot et Lounici(2007). Ils
ont été repris et amendésparleurs auteurs et auteures.
4Ilnous faut d’ailleursremercier Assia Lounici d’avoirpenséconjointement ce
projet éditorial etscientifique .
5Nousparlons bien ici d’interventionsociolinguistique,à l’instar(même s’il faut
le théoriserspécifiquement) desréflexions fondatricessurle thème menéesparla
sociologie (Felder, 2007) .8 Formes & normes sociolinguistiques
6du champ du développement durable fait apparaître qu’il convient
7davantagede penserlesraisons de l’absence deslangues desmodélisations
8relatives à ladurabilité urbaine . Dit autrement, la question deslanguesn’est
9pas absentede la réflexion collective surladurabilité mais est davantage
construite sur l’idée qu’ils’agit plus de ne pas ou plusperdre unpatrimoine
voirede le valoriser, quede mesurerles effets plusou moinspositifs de la
multiplicité dessituations plurilingues urbainespour ce qu’ellespermettent
de saisir la pluralité dessituations de relégation et d’exclusion. Cette
logique quasi-patrimonialeest posée comme uneévidence, comme
absolument recevable– en discours pourle moins – parl’ensemble des
acteurssociaux etplus généralement destechno-linguistes, toujours enclins à
percevoir,à faireaccroire que leslanguessont àdissocier de ce quiles
fonde: la qualificationtendue du liensocial; et,en effet, quipeut êtrecontre
lefait de préserver ladiversité linguistique– et, partant, ladiversité
culturelle– à l’instar de labiodiversitédes espèces? La réalité observable
est plusnuançabledans la mesure où les villes ne sont pas des espaces
anomiquesque les seulespratiques humaines font valoir. Ellesne sont pas
ceslieux producteurs de normesparleurseuleessence urbaine. Elles sont
fondamentalement l’un des «… moyens utiliséspar un organisme social
pour contrôler et maintenirsa structure» (Laborit, 1971: 27) quand,au
risquede lacaricature mais sans lesminimiser, leurs problèmes génériques
sont présentés comme toutsauf linguistiques: 1.lechômageetson lot de
marginalisation des groupes et desindividus, 2. l’étalement etladémixtion
sociale, 3.la saturation du traficetses effets délétères surla santédes
personnes, et 4. la surconsommation en énergie etson inégalité
déstructurantede répartition(d’après Duysen et Jumel, 2008: 129).
Problèmesquisont effectivement ceux de quasiment toutesles villesou,du
moins,des espaces urbainsperçus comme tels etsurlesquels lesthéoriciens
10ettechniciens du développement durable tentent d’agir. Mais alors quipeut
6Leconcept lui-même est multidimensionnel(Da Cunha, 2003: 18-23) et en
partie polémique. Nousle pensons minimalement comme unedesmodalités
politiques d’uneapprocheglottonomique (Bulot et Blanchet, 2008) .
7Conjointement lespratiques deslangues etles discourssurlesdites pratiques.
8Lecolloquede Ouagadougou (2004) est, par exemple, spécifiquement consacré
au développement durable;mais l’atelier A1intitulé« Diversitéculturelleet
linguistique »http://www.francophonie-durable.org/sommaire.html ne problématise
pasl’urbanité langagière pour autant .
9Voirpar exemple lacontribution de Feussi (2004)surla priseen comptedes
discours et desreprésentations .
10 Nous laissons de côté les discoursinstitutionnels pourne prendre en
considération,dans ce propos, que la praxis .Introduction. Durabilitéetsociolinguistique urbaine 9
être d’accord pourpréserver deslanguesnon seulement dans untel contexte
mais encore pour untel contexte? Leur part etleurimportance semblent
congrues et celad’autantplusqu’une idéologiedominante (Althusser, 1976)
de l’urbanité présente la villeexclusivement comme une ressource, comme
unlieu irénique (pour leslanguess’entend) d’où émergent lespratiques
innovantes et structurantes desidentités de toutesnatures.
Envisagée d’un point de vue sociolinguistique, la durabilité urbaine
conçued’abordcomme unprojet conciliant culture urbaineet culture
écologique, puis commeassociantla nécessitédu local et la prégnance du
global(pour ce point, voir Theys, 2002) aà se préoccuper de changerles
représentations surla/les langues de soi-même et des autres. Comme un
projetinvestissant la question urbainecorrélée à l’espace comme résultant de
pratiques culturelles et contraintes économiques enlien avec la mobilité
(Bochet et Da Cunha, 2003),elleconstitue, à notreavis, un aspect essentiel
d’une demande socialeadressée aux sociolinguistesqui,certainement, ont à
interrogerles différentes facettes d’une durabilité sociolinguistique relevant
de l’urbanisation. Comme une réflexionsurles besoins – langagiers et
linguistiques – despersonnes,dessujets sociaux et des communautés(cela
entermes de stratégies de légitimationidentitaire desterritoires), la
sociolinguistique urbaine n’a pas à s’épargner de prendre en charge une telle
démarche. L’unedesschématisations (simplifianteeu égardaux réflexions
théoriquessurl’objetlui-même) de ladurabilité (Figure 1) montreainsi qu’il
convient sans doute –et a minima– de questionner voiredefusionner les
questionnementssurl’écologie linguistique (Calvet, 1999), surlesrapports
entreéconomieetlangues(Grin, 2005), sur lesliens entre langues et espaces
11urbains(Bulot, 2008etl’ensemble destextes présentésici) .
Social
Vivable Equitable
Durable
Environnement
Viable Economie
Figure 1: Ladurabilitéau cœur des décisions (Duysen et Jumel, 2008: 108)
11 Globalement, on rejoint lesprincipesméthodologiquesposésparl’éthologie
compréhensivedes espaces urbains(Cosnier, 2001 : 24) .
910 Formes & normes sociolinguistiques
Formes etnormessociolinguistiques
L’objet decette introductionn’est pas,ensipeu de mots,de répondreà
12ce questionnement complexe mais de mettre enperspectivece volumeavec
cette interrogation. Chacun des chapitres évoqueainsi unpoint spécifique un
aspect essentiel de la modélisation de ladurabilité urbaineet,decefait,des
préconisations envisageablespourl’intervention. Ils’agit,en effet,de tenter
de lier voiredeconfronter,

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