La traductologie arabe
210 pages
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Description

Depuis plusieurs années, la traduction dans le monde arabe est au coeur d'une véritable stratégie de développement politique, culturel et économique. On peut en juger par le nombre de formations universitaires, de programmes éducatifs, de prix et de récompenses, de colloques internationaux et de manifestations scientifiques. Voici un état des lieux de la réflexion traductologique, ainsi qu'un aperçu des nouvelles orientations professionnelles et didactiques visant une contribution à une meilleure compréhension des enjeux actuels de la traduction dans le monde arabe.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2017
Nombre de lectures 46
EAN13 9782140029578
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Guidère
La traductologie arabe Théoƌie, pƌaIƋue, eŶseigŶeŵeŶt
MathieuGuidère
La traductologie arabe
Collection Traductologie Directeur : Mathieu Guidère La collectionTraductologiepublie des ouvrages qui traitent des questions de la traduction et de l’interprétation dans une perspective multilingue, interculturelle et intersémiotique. Elle s’intéresse à toutes les problématiques qui concernent les traducteurs dans l’exercice de leur métier et les spécialistes du langage dans l’analyse des traductions. Elle est ouverte à toutes les approches théoriques et méthodologiques, appliquées à tous types de textes traduits. Elle se donne un double objectif : d’une part, promouvoir des recherches actuelles menées sur la traduction écrite, orale et audiovisuelle ; d’autre part, publier des chercheurs innovants dont les travaux mériteraient une plus large diffusion. Les études traductologiques sont ici envisagées dans leur acception la plus large, celle qui motive les recherches interdisciplinaires suscep-tibles d’éclairer la complexité d’un domaine au contact des langues et en mutation constante. Dans tous les cas, il s’agit de révéler la richesse et la diversité des approches actuelles des phénomènes liés à la traduction et à l’interprétation dans un monde globalisé et interconnecté. La collectionTraductologieest dotée d’un comité scientifique et d’un comité éditorial qui examinent de façon anonyme les travaux soumis. La publication des travaux acceptés n’est soumise à aucune contribution financière des auteurs. Déjà parusFranjié Lynne,Guerre et traduction, 2016. Guillaume Astrid,Idéologie et traductologie, 2016. Guidère Mathieu,Traductologie et géopolitique, 2015.
Mathieu GUIDÈRE
La traductologie arabe
Théorie, pratique, enseignement
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-11272-5 EAN : 9782343112725
INTRODUCTION
L’engouement pour la traduction dans le monde arabe ne fait plus de doute. Jamais il n’y a eu autant d’intérêt pour cette discipline, si l’on en juge par le nombre de formations universitaires, de programmes éducatifs, de prix et récompenses, de conférences et de manifestations touchant à la traduction. Depuis quelques décennies, celle-ci est en effet au cœur d’une véritable stratégie de développement tout à la fois culturelle, économique et sociale. Certes, la traduction est rarement envisagée pour elle-même en tant que forme de progrès intellectuel et humain, mais elle n’en demeure pas moins au centre des préoccupations politiques et stratégiques. Dans certains pays arabes, les politiques linguistiques se confon-dent avec des politiques de traduction qui placent « l’ara-bisation » sous toutes ses formes, au cœur de programmes de développement nationaux. Dans ces pays, « arabiser », ce n’est pas seulement renforcer la diffusion et la maîtrise de la langue arabe, c’est aussi soutenir les efforts de traduction à partir des principales langues étrangères vers l’arabe. L’arabisation de l’enseignement procède également de cette logique de promotion de la langue officielle en tant que langue de culture et de savoir.
Si le postulat de base de cet intérêt politique pour la traduction est celui d’un « rattrapage » des nations les plus développées en « volant le feu sacré » de la science, le contexte géopolitique et social des pays arabes ne manque pas de créer un décalage entre les ambitions affichées et les problèmes réels rencontrés sur le terrain. Il est impossible, en effet, de faire abstraction des multi-ples guerres et des conflits incessants qui secouent le monde arabe et musulman, empêchant un développement durable et serein.
Cela est d’autant plus vrai depuis les attentats du 11 septembre 2001 dont l’onde de choc s’est particulièrement répercutée sur le monde arabe, transformant le lien entre politique et traduction,
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avec une politisation accrue de cette dernière et une idéolo-gisation sans cesse grandissante des questions langagières et culturelles. Pour contrecarrer le prétendu « choc des civilisations » (Huntington, 1996) qui a pointé du doigt la civilisation arabo-musulmane, la traduction a été appelée à la rescousse pour promouvoir un « dialogue des cultures ». Face à la montée des extrémismes et des revendications identitaires, le traducteur est, en effet, appelé à contribuer au dialogue interreligieux et inter-culturel. À travers des choix de traduction judicieux, mais aussi la publication d’œuvres traduites, il est censé développer le sens du respect de l’autre, de la diversité et de la tolérance. Depuis 2001, le développement technologique et scientifique de la traduction est passé au second plan, derrière le développement humain qui englobe la culture, l’enseignement et l’éducation. La traduction arabe est désormais conçue, prioritairement, comme un vecteur de rapprochement interculturel et comme un outil de réconciliation visant à promouvoir le dialogue et l’intercom-préhension. Elle est un instrument stratégique au service de la paix visant à gagner les cœurs et les esprits.
Mais cette « mission civilisatrice » de la traduction est toujours confrontée aux nombreux défis de la réalité politique, sociale et économique des pays arabes. Elle pâtit également du retard des études traductologiques qui n’ont pas emboîté le pas aux change-ments intervenus dans la pratique quotidienne des traducteurs arabes. Certains continuent de disserter sur les vertus de la traduction comme si le monde était immuable alors que les sociétés arabes sont en ébullition et que les enjeux traductionnels ont acquis une dimension politique qui devient incontournable.
Pour une fois, les pratiques et les questionnements soulevés par la traduction dans le domaine arabe sont en avance sur les autres aires culturelles qui n’ont pas connu un bouleversement analogue au cours des dernières décennies. C’est pourquoi cet ouvrage entend donner un aperçu des nouvelles orientations traductolo-giques et didactiques, l’objectif étant de contribuer à une meilleure compréhension des enjeux actuels de la traduction pour la civilisation arabo-musulmane.
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APERÇU DE LA TRADUCTOLOGIE ARABE
La traductologie est une science en permanente évolution, notamment grâce à son adaptation à l’ère informatique. La langue arabe présente également des spécificités qui déterminent parfois les choix de traduction. Ainsi, il est utile de connaître les notions théoriques du débat traductologique arabe, l’importance du support et de son interprétation, sans oublier l’impact qu’a la culture sur la traduction dans un monde dominé par les outils de l’information et de la communication. Origine et développement de la traductologie arabe
Il n’est pas question de refaire ici l’histoire de la traduction dans 1 l’espace culturel arabe . Rappelons seulement qu’elle connaît son e âge d’or au IX siècle sous le règne du calife abbasside Al-Ma’moun (813-833) avec l’essor de la « Maison de la sagesse » 2 (Bayt al-Hikma) et de l’école de Hunayn Ibn Ishâq .
Il faut ensuite attendre l’époque de laNahda (Renaissance), au e 3 XIX siècle , pour voir se développer un mouvement de tradu-ction d’importance équivalente. Ce n’est que dans la deuxième e moitié du XX siècle que la traduction arabe s’affirme comme une discipline universitaire autonome et comme un champ d’intervention politique à part entière, avec des programmes et des prix de traduction d’envergure internationale.
1 Voir à ce sujet Richard J., « Les Arabes et la traduction : petite déconstruction d’une idée reçue »,La pensée de midi2 / 2007 (N°21), p. 177-184. 2 Salama-Carr, M. (1990),La traduction à l’époque abbasside, Paris, Didier. 3 L’école de langues(madrasat al-alsun) est créée par Rifâ’a al-Tahtâwi, en 1835, et le Bureau de traduction (maktab at-tarjama) est ouvert au Caire à son instigation en 1841.
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