La vie sociale des sons du français
216 pages
Français

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La vie sociale des sons du français , livre ebook

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Description

En parcourant cet ouvrage, vous irez à la rencontre d'un aspect de la langue française dont l'existence est le plus souvent masquée par l'écrit et tout particulièrement par les règles orthographiques. Cette rencontre ô combien tangible vous réservera son lot de surprises : vous serez étonnés de constater à quel point la vie sociale des sons du français est harmonieusement structurée et dépouillée des chausse-trappes de l'écrit, une langue vivante originale à plus d'un titre.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2005
Nombre de lectures 372
EAN13 9782336284224
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

site : www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr e.mail: harmattan1@wanadoo.fr
© L’Harmattan, 2005
9782747598101
EAN : 9782747598101
Sommaire
Page de Copyright Page de titre Les sons du français : leur vie sociale secrète 1 LE CADRE SOCIAL 2 LES POSITIONS SOCIALES 3 LES SONS EN CONTACT Appuie derrière toujours... REPÈRES Index des notions BIBLIOGRAPHIE
La vie sociale des sons du français

François Wioland
Ma reconnaissance aux professeurs de français langue étrangère de partout dans le monde qui m’ont convaincu de présenter en public et non Plus en privé cette œuvre de conviction au service de l’enseignement de la langue française.
La mise en scène et les décors [croquis et vues de profil] sont de Jean-Claude GALDIN, Maître de Conférences de phonétique générale et expérimentale à l’université de Dakar de 1975 à 1986 et à l’université de Strasbourg de 1986 à 2001. Merci à lui.
Les sons du français : leur vie sociale secrète

De quoi s’agit-il?
Vous êtes invité à découvrir sous forme imagée l’existence d’un monde ignoré, celui des sons du français, qui tout comme nous, vivent en société selon des habitudes bien établies et étonnamment structurées.
Nous tenons à vous présenter les sons, non pas au garde-à-vous comme le sont les lettres de l’alphabet, par ordre alphabétique, mais dans leur cadre de vie habituel, pour vous permettre de partager leur existence quotidienne. Les différentes positions qu’ils occupent, à l’image des positions sociales que nous occupons nous-mêmes dans la société dans laquelle nous vivons, ainsi que les relations qu’ils entretiennent au contact les uns des autres, les obligent à modifier et à adapter leurs manières d’être.

Un monde ignoré qui suscite la suspicion
La phonétique est une science très ancienne qui s’intéresse en termes articulatoire, acoustique et perceptif aux sons des différentes langues parlées. Une première anecdote pour illustrer notre propos :

Anecdote 1
Au retour de missions à l’étranger, le douanier qui me demande ce que je suis allé faire et auquel je réponds : « De la phonétique », me somme d’ouvrir sur-le-champ ma valise. Il ne peut en effet imaginer un seul instant, et il faut le comprendre, que ce soit le vrai motif de mon déplacement et encore moins le seul.
Le terme « phonétique » est, en effet, à bannir, car il n’engendre que scepticisme et manque de considération. Lorsque vous l’évoquez, vous n’êtes pas pris au sérieux et l’on vous accorde tout au plus un rictus condescendant, si ce n’est une réaction de rejet.

Anecdote 2
Dans le cadre d’accords internationaux de collaboration scientifique obtenus suite à une sélection rigoureuse, nous dirigions un programme intitulé : « Français parlé : enseignement et recherche ». À Paris, lors de la première réunion des responsables français des programmes sélectionnés, l’un d’entre eux, spécialiste d’une science dite « dure », s’empressa de m ‘ aborder pour me signaler une erreur évidente dans l’intitulé de mon programme : « Français parlé? Français parlé ? Ce ne peut être que français écrit, n’est-cepas ? ». Je lui confirmai l’exactitude du titre. Il se prit la tête dans les mains, la secoua et s’en alla dire, à qui voulait l’entendre, que la sélection des programmes manquait de sérieux et qu’elle n’était plus ce qu’elle devrait être.
Un scientifique français perd de son objectivité à propos de sa langue, le français, et se permet un jugement qui se veut scientifique dans une matière qui n’est pas sa spécialité. Nous ne sommes pas spécialistes de la façon dont on articule une langue du seul fait de la parler, pas plus que nous ne sommes spécialistes de la respiration du simple fait que nous respirons !
Quant aux étudiants ou aux professeurs, qui ont eu des contacts avec cette matière, ils frémissent, le plus souvent, à la seule évocation du terme « phonétique ». Ne recouvre-t-il pas des réalités différentes : expiratoire, phonatoire, articulatoire, acoustique, perceptive, phonologique et autres qui s’imposent simultanément, telles les sept têtes de l’hydre ?
Ce rejet spontané, quasi unanime, de la phonétique se justifie à plus d’un titre :
• Tous les sons que nous percevons sont « interprétés par notre cerveau qui leur attribue une signification : tel bruit évoquera « une voiture », tel autre « les pas de l ’ être aimé », peu importe que ce soit vrai ou faux.
Si, par contre, nous ne sommes pas capable de donner une signification à un son, c’est l’angoisse, voire la panique qui peuvent s’emparer de nous. Le bruit du tonnerre n’était-il pas jadis la manifestation de la colère des dieux ? Le cerveau interprète, génère de la signification : en dehors du sens, pas de salut possible !
Or les sons des langues parlées ne signifient pas. Il paraît donc normal de ne pas s’y intéresser. C’est une suite de sons, appelée « mot », qui signifie, et ce mot ne peut être, pour les lettrés que nous sommes, que le mot du dictionnaire, un mot écrit.
• La façon dont je parle ma langue maternelle n’est absolument pas consciente. La restriction du rythme à la seule prosodie n’a-t-elle pas pour but, selon MESCHONNIC, de privilégier l’inconscient ? Toute tentative de mise à la conscience de réalités propres à l’oral a le plus souvent pour conséquence des réactions d’incompréhension, voire de révolte.
Combien de personnes qui ont été enregistrées lors de réunions familiales ou amicales sont surprises de la façon dont elles ont parlé quand elles réécoutent ce qu’elles ont dit. Elles ne sont pas ravies pour la plupart et avouent ne pas avoir « bien parlé », l’idéal étant, comme tout un chacun le sait, de s’exprimer comme un livre ! Or dans la majorité des situations de communication par oral ce n’est pas le cas.
• L’histoire de la langue française est une quête sans cesse renouvelée de la perfection qui tend à nous laisser croire que cet état une fois atteint, la langue doit être défendue pour ne pas dégénérer. Il convient donc d’empêcher le plus possible tout changement. L’orthographe peut nous donner l’illusion d’une langue fixée, pour ne pas dire figée, qui n’évoluerait pas, alors qu’en réalité, l’expression orale est à l’image de la vie qui évolue. Cette position participe d’un courant de pensée qui aimerait nous convaincre de l’immortalité en nous suggérant que c’est la vie qui passe, alors que c’est nous qui changeons et évoluons, tout comme la langue que nous parlons. Qui dit survie, dit évolution, c’est-à-dire adaptation.

Anecdote 3
Interroger de nos jours, comme cela m’a été rapporté, des apprenants de français mauritaniens sur la conjugaison – il est vrai limitée – du verbe « sourdre », sous prétexte que ce n’est pas inutile puisque l’eau y est rare, est-ce répondre à un réel besoin d’adaptation ?
Anecdote 4
N’avoir retenu de son apprentissage du français que l’énancé : « Je suis mouillé jusqu’aux os » comme cela m’a été rapporté par un collègue étranger, me fait penser au seul énoncé en anglais que je maîtrisais : « My tailor is ricb ». Si mon anglais est encore ce qu’il est à ce jour, ce doit être parce que je n’ai, encore aujourd’hui, pas de tailleur !

Qu’en est-il de l’écrit ?
Au temps des PTT, l’emploi des télégrammes dans le but de gagner du temps était relativement limité. Rien de comparable avec l’emploi actuel massif de « textos » sur téléphones portables, qui impose un nouveau langage « technoïde » comme le qualifie « Le dico des textos » publié en 2002 chez Robert LAFFONT. Nous vivons actuellement le passage d’une communication écrite spatiale différée, hors situation, à une communication soumise à des contraintes temporelles fortes, ce qui replace le code écrit dans une dimension évolutive, tout comme l’expression orale.
Ce nouvel usage va obliger l’expression écrite à s

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