Le Français en Afrique
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Description

Patrimoine partagé par de nombreuses nations africaines, la langue française, surtout depuis les indépendances, reste un puissant atout. Outil d'émergence pour les jeunes États africains, d'usage dans les milieux administratifs, langue de la politique et des médias, le français peut être étudié historiquement. Ses usages en Afrique contemporaine sont ici mis en avant, et tout ce qu'il permet comme diversité socioculturelle est pris en compte. Un hommage à Ambroise Queffélec, éminent universitaire, spécialiste du français d'Afrique.


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Publié par
Date de parution 01 septembre 2016
Nombre de lectures 80
EAN13 9782140016929
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Sous la direction de LadislasNZESSEetM. DASSI
LE FRANÇAIS EN AFRIQUE
Évaluation de sa portée patrimoniale
Hommage à Ambroise Queffélec
Le français en Afrique
Comité scientifique Pr. André THIBAULT, Université Paris IV-Sorbonne Pr. Peter BLUMENTHAL, Université de Cologne Pr. Pierre FANDIO, Université de Buea Pr. DASSI, Université de Yaoundé I Pr. Claude POIRIER, Université Laval-Québec
Pr. Rodolphine Sylvie WAMBA, ENS-Université de Yaoundé I Pr. Ladislas NZESSÉ, Université de Dschang Pr. Clément DILI PALAÏ, Université de Maroua Pr. Germain Moïse ÉBA’A, Université de Yaoundé I Pr. Pellé ALDJIA OUTALEB, Université de Tizi-Ouzou (Algérie) Pr. Jean-Martial KOUAME KOIA, Université de Cocody-Abidjan
Sous la direction de Ladislas NZESSE ETM.DASSI
Le français en Afrique
Évaluation de sa portée patrimoniale Hommage à Ambroise Queffélec Préface de M. Dassi
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06118-4 EAN : 9782343061184
SOMMAIRE
PRÉFACE ............................................................................................................7 « Non merci je vais me débrouiller autrement »-Le refus en situation d’offre dans les interactions verbales au Cameroun Bernard MULO FARENKIA.............................................................................11 De la question morphosémantique des anthroponymes ouest-camerounais en tant que socioculturèmes M. DASSI ..........................................................................................................29 Du sémantisme à la morphosyntaxe du français courant en Afrique : des pratiques scripturales socioculturalisées à la question de l’identité africaine Simplice Aimé KENGNI ...................................................................................49 Quelles implications d’une didactique interlinguistique sur la construction verbale en français des apprenants ivoiriens au CM2 du projet école intégrée (PEI) ? Happy Rosalie LOLO MONNEY......................................................................71 Hybridation linguistique et appropriation du français en milieu urbain : une lecture de « Au kwatt », chroniques du journalMosaïques Martine FANDIO NDAWOUO.........................................................................87 Le mélange des langues dansLes Naufragés de l’intelligencede Jean-Marie ADIAFFI : une esthétique de la néoglottophagie ? Arsène BLÉ Kain .............................................................................................101 Problèmes de morphosyntaxe normative en francographie africaine (camerounaise) : vers un calque traductionnel ? ! Une analyse des structures du syntagme verbal et de la phrase interrogative dans Temps de chiend’Alain Patrice Nganang Solange MEDJO ÉLIMBI................................................................................115 Le français et l’université algérienne Lamia BOUKHANNOUCHE..........................................................................129 La place du français dans une université de tradition anglo-saxonne : le cas de l’Université de Buea au Cameroun Augustin Emmanuel Ébongue et Adeline Simo-Souop ...................................141 Les emprunts du français aux langues camerounaises : typologie, intégration et enjeux Ladislas NZESSÉ.............................................................................................159
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Les usages du français dans le contexte sociolinguistique ivoirien Alain Laurent Abia ABOA ..............................................................................181 Langue française et référentialité négro-africaine Pierrette FUMBA BIDJOCKA ........................................................................193 « Je suis un Eurafricain ». Le français à la croisée des peuples. Cas d’écrivains camerounais Richard B TSOGANG FOSSI .........................................................................213 Quelques observations sur l’éducation formelle en contexte multilingue Achille FOSSI ..................................................................................................243 L’emprunt LexicalLe cas des termes de couleur français à l’arabe marocainMounir BOURRAY .........................................................................................261 Le français des écrivaines francophones subsahariennes et magrhébines: entre eshétique et subversion (Calixte BEYALA et Malika MOKEDDEM) Emmanuel THOFFOGUEU.............................................................................273 Le français en Algérie: planification et représentations linguistiques Aldjia OUALEB-PELLÉ .................................................................................289 La publicité dans le discours politique : le rôle des structures disloquées lors du débat télévisé Gbagbo-Ouattara en Côte-D’Ivoire Achille FOSSI ..................................................................................................305
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PRÉFACE Et Ambroise Jean-Marc Queffélec vint… un esprit adamantin… ! ... Puis vint ce jour où, intellectuellement, de hauts esprits reconnaissants voulurent sublimer et panthéoniser le héros à jamais vivant… Leur parturition accoucha de la présenteÉvaluation de la portée patrimoniale du français en Afrique.Ce respectueux geste scientifique est une volonté pleinement assumée … qui n’en exècre aucune autre, dût-il y en avoir une myriade. Il s’agit, pour l’équipe qui s’exprime ainsi, de relever un défi en éreintant tout monolithisme et tout nombrilisme ascientifiques. D’où l’appel à contribution en ligne qui permit de moissonner des propositions d’articles diverses et même ondoyantes, mais nimbant la visée thématique ciblée. Oui ! Il s’agit bien d’un hommage mérité à un ouvrier hors pair de la francophonie, en particulier, et des sciences du langage, en général : Ambroise Jean-Marc Queffélec. En hypothèse d’école, le présent collectif pose la langue française comme un patrimoine africain. À ce titre, elle constitue un legs aux générations africaines francophones actuelles et futures. D’aucuns aimeraient bien savoir comment l’identification de la portée patrimoniale du français laisse sourdre la question de ses différents niveaux d’impact. En adoptant le français comme langue de gestion de la vie sociale dans tous ses aspects (pratiquement ! ?), les pays africains francophones en ont fait, toutes proportions gardées, un outil dont l’importance est aujourd’hui incommensurable. Il est des niveaux d’appréhension de la vie sociale africaine marqués par le français : les niveaux anthropologique, sociologique, psychologique, philosophique ou même psychique soulignent la puissante osmose entre la vie de l’Africain francophone et le français ; les niveaux idéologique, scientifique, technique et technologique relèvent des transferts (ré)évaluables en contexte ; les niveaux socioculturel et spirituel paraissent moins poreux, mais tout aussi affectés. L’influence neurologique et même psychique de la langue et de la culture françaises en Afrique francophone a construit une identité hybride qui féconde et assure des parturitions linguistiques bigarrées – parfois difficiles à appréhender. C’est dans cet ordre d’idées qu’au-delà de l’actuelle et poignante problématique de l’épithètefrançaiseau substantif adjointe langue, le présent collectif a pour rampe de lancement quatre postulats majeurs : 1°/ Le français véhicule une vision du monde qui détermine les attitudes de ses (éventuels) usagers ; 2°/ Les fonctions et le statut du français dans un pays conditionnent son impact sur l’individu ou sur le peuple (à plus ou moins long terme) ;
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3°/ Utilisé comme langue de scolarisation, d’administration, de formation et de communication sociale, le français a transformé le paysage linguistique et socioculturel de la plupart des pays africains francophones ;
4°/ Un principe linguistique et socioculturel deconcessionde continue s’élaborer et de s’accentuer entre les langues et cultures naturelles des pays francophones et le français. Ses conséquences sont incalculables à court terme.
Les précédents postulats majeurs ont été inspirés des grandes étapes d’évolution de la langue française dans la quasi-totalité des pays francophones d’Afrique (noire). Notre connaissance du contexte ici évoqué nous permet d’en auréoler quatre étapes fondamentales.
1°/ Avant les années 1960. C’est la période coloniale, avec la fascination d’un français dit hexagonal, et vers lequel doivent tendre tous les Africains francophones, de manière quasi servile. Ce français est une langue aseptisée et en pleine implantation – qui ne peut pas encore véritablement prétendre au titre de patrimoine africain.
2°/ Des années 60 vers les années 90. La langue française est déjà solidement implantée en Afrique (noire) francophone. Pleinement rentrée dans les mœurs, dans la formation des citoyen(ne)s et la gestion de la société, elle est de plus en plus perçue comme une nécessité, donc, en réalité, comme une propriété africaine assumée. Moyen d’expression largement privilégié de la littérature africaine – perçue comme le réceptacle d’une identité africaine plurielle et incessible – le français tente de véhiculer autant que possible l’être, le penser et l’agir (africains). Puisque la carapace ne se sépare jamais du reste de la tortue vivante, le français – langue vivante multicolore et véhicule socioculturel - s’est progressivement constitué en patrimoine africain.
3°/ Des années 90 aux années 2000. En très forte appropriation en Afrique francophone, le français est aussi marqué par le vent d’Est dit vent des libertés (retrouvées) ou des démocraties. La coercition grammaticale dépersonnalisante connaît un net recul. Et l’on ne saurait oublier que, depuis quelques années, le français s’est tellement africanisé que des projets tels que l’Inventaire des particularités du français en Afrique noire (IFA), l’Inventaire des particularités du français au Cameroun (IFACAM), le français en Afrique (Revue de l’observatoire du français contemporain en Afrique noire, fondée par Suzanne Lafage), le Dictionnaire francophone universel, ont été perçus comme de vibrants témoignages d’une dynamique linguistique inexorable. L’on ne saurait non plus oublier la présence, sur Internet, d’une Base de données lexicographique panfrancophone (BDLP). Tous ces outils de visibilité de l’ancrage du français en Afrique (noire) ont, d’une manière ou d’une autre, porté des estampilles d’Ambroise Queffélec. Beaucoup de puristes ont même pensé et argué que cette évolution (normale !) de la langue française révélait une crise linguistique désastreuse. À ce sujet, quelques croisades frileuses ainsi
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que des réformes hardies furent observées, qui tentèrent de maîtriser cet être vivant, ce caméléon, qu’est le français (normal). 4°/ Des années 2000 à nos jours. Encore plus grande est la permissivité de la langue française devenue plus conquérante, plus tolérante, plus dynamique et plus vivante. La question de l’avenir de cette langue se pose avec de plus en plus d’acuité, au grand désarroi des conservateurs autant fixistes que nostalgiques. De très nombreuses et pertinentes questions relatives à sa normativité se posent et amènent à questionner l’usage à travers des paramètres qui se veulent majeurs (en situation d’écologie linguistique). Ces paramètres sont essentiellement diachroniques, diatopiques, diastratiques, diaphasiques, dialogiques et/ou diasystémiques. La dynamique de la langue française en appropriation effrénée gagne donc du terrain au détriment de l’immobilisme et de la sclérose qui lithographient la science ; cela aussi à la faveur du grand retour aux sources socioculturelles, pour nourrir une littérature à ancrage africain maximal. Découle du précédent état historicisant une réflexion de plus en plus diversifiée sur la question de la normativité du français. C’est dans cette perspective que des gens ont pu opposer norme standard et norme endogène. Sans y entrer en profondeur, il serait bien facile de constater qu’aucun des types ainsi nominés n’est aisément circonscriptible – et rigoureusement. Les plus futés posent en jalons de réflexion et de recherche les « français régionaux » ainsi déduits et approximativement circonscrits. Malheureusement, à l’intérieur d’un « français régional » peuvent encore se laisser distinguer des variétés de niveau(x) inférieur(s), tant le bornage et les frontières manquent de netteté et d’étanchéité. En matière de circonscription linguistique, la territorialisation n’est pas toujours bonne conseillère. L’on s’accorde néanmoins sur un fait : la langue française internationale est sans frontières ; elle rassemble le plus grand nombre de ses locuteurs. Autrefois, on l’eût qualifié, à juste titre, de français de l’instituteur ou de la scolarisation : le français le plus neutre. C’est donc le français de gestion de lares publica, le français des grandes communications et des échanges à haute échelle. Ce français de décloisonnement continue de donner, de nos jours, un sens noble à la francophonie (africaine).
Ces considérations sur la normativité catalysent une compréhension légitimable des attitudes des Africains francophones face à la langue française. La question de l’affect (populaire) rentre donc en jeu pour nous permettre d’envisager trois cas de figure majeurs susceptibles de bâtir l’appréciation de la portée patrimoniale du français en Afrique (francophone).
1°/ Le français considéré comme dépourvu de portée patrimoniale. Les États tardivement admis à la francophonie semblent le plus manifestement illustrer cette tendance. Sur un tout autre plan, du fait d’un sentiment outrancièrement nationaliste de rejet et/ou à cause d’autres mobiles (possibles), des locuteurs
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