Les français populaires africains
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Description

Instables et variables à souhait, les français populaires traînent le poids d'une culpabilité épistémologique forte. Ils se systémisent sous des formes diverses (franco-véhiculaires, franc-bâtards et franco-africains) dans les contextes de véhicularité, de compétitivité linguistique et de cristallisation identitaire. L'ouvrage revient également sur le rôle indéniable des politiques publiques dans l'émergence des français populaires africains.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2012
Nombre de lectures 65
EAN13 9782296490550
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LES FRANÇAIS POPULAIRES AFRICAINS
© L’Harmattan, 2012 57, rue de l’Écolepolytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296969773 EAN : 9782296969773
Camille Roger ABOLOU
LES FRANÇAIS POPULAIRES AFRICAINS Franco-véhiculaire, franc-bâtard, franco-africain Préface de Jérémie KOUADION’GUESSAN
À Chantal, Yann et Motherson
AVANT-PROPOS
Cet ouvrage est né du souci de marquer un « arrêt sur images » : un arrêt sur de nombreux études et travaux qui ont été consacrés aux français populaires africains. Malgré la quantité importante des publications depuis les années 1960 voire bien au-delà c’est-à-dire lors du contact « chaud » entre Européens et Africains, la prolifération des enjeux géopolitique et linguistique, des démarches méthodologiques et des praxis théoriques, aucun ouvrage ne fait le point des connaissances accumulées sur ces parlers. Pis, l’atmosphère délétère de nombreux colloques, séminaires, tables rondes et autres, caractérisant les bruissements intelligibles de la complexité d’un parler urbain, a plutôt engrangé des complicités intellectuelles « de chapelle » qui sont à rechercher, entre autres, dans une cécité voulue par la rigidité des positions et positionnements saussuriens. Alors que les usagers de ces variétés s’autoévaluent dans une altérité conquise dans les réseaux urbains. Cet état de fait a mis au grand jour des modes de raisonnement traditionaliste, moderniste et réformiste. Le mode traditionaliste, plus ancien, confiné dans les instituts de recherche et centres de linguistique appliquée voire les laboratoires, a privilégié les approches dictionnairiques et magnifié une linguistique française revisitée en Afrique noire francophone. Le mode moderniste, apparu dans les années 1980 et 1990, s’est empêtré dans des postures d’une linguistique d’Afrique tablant sur l’endogénéité des pratiques et représentations des Africains urbanisés par des enquêtesin situà grande échelle. Le mode réformiste, enclenché dans les années 2000, s’inscrit dans le renouvellement de ces deux modèles par le cautionnement du locuteur dans toute objectivation des parlers urbains, l’observation participante aidant. Ces trois modes se construisent et se durcissent comme des blocs homogènes, structurés, qui créent une série de tensions ou de conflits entre lesquels il s’agit de trouver de bons compromis. Tensions entre le locuteur et le chercheur, l’usager et l’aménagiste, l’autonomie et l’hétéronomie, l’identité et
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l’altérité, la francophonie et la créolophonie, la localité et la globalité, ou encore la recherche appliquée et la recherche fondamentale. Ces tensions nous ont conduits, sans faillir, à faire un état des recherches, un état des faits voire un état des savoirs adapté à la connaissance de ces variétés pour le grand public, aux formats des dispositifs et dispositions de la recherche pour les étudiants et chercheurs et à la prospective pour les politiques. La quasi-absence de synthèse des postures et des visées épistémologiques investies depuis l’avènement du concept de français populaire en terrain africain, le déploiement des outils conceptuels ici et là dans une cacophonie inhérente à l’instabilité d’une variété « turbulente » dans les grandes villes africaines, la formulation des hypothèses prise dans l’étau des discours, feutrés pour les africanistes, répugnants pour les grammairiens, tâtonnants pour les créolistes, ont constitué les besoins avérés de la rédaction de cet ouvrage, fruit d’une vingtaine d’années de recherche. Trois axes de lecture se déclinent aisément. En termes de connaissance et de méthodologie, bien qu’il existe des publications (ouvrages, actes de colloques, articles scientifiques et de presse, rapports d’enquête, etc.) sur des aspects particuliers de contact de langues, d’imaginaire et d’hybridologie linguistique, d’alternance codique, etc., on ne dispose guère d’ouvrage de présentation des faits de langue : le fonctionnement, la systémisation, la prévisibilité voire les conditions d’émergence des parlers populaires. La singularité des corpus a plutôt forgé toute une rhétorique sur les écueils de transcription, les handicaps méthodologiques, etc. qui a rendu illisibles la plupart des variétés populaires africaines. Révéler les pratiques langagières, entrevoir les biais méthodologiques sont, dans cet ouvrage, une démarche, non des moindres, permettant de traçabiliser les variétés populaires africaines. En termes de positionnements théoriques, cet ouvrage fait un point sur la mobilité des concepts déployés dans les contextualités historique, géographique et intellectuelle, le surgissement de nouvelles approches et l’encensement des théories pour circonscrire des parlers populaires, leurs locuteurs et leurs perceptions. Il s’agit d’un besoin pédagogique que cet ouvrage
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vient modestement combler. En termes de prospective et d’aide à la décision, cet ouvrage fraie des pistes aux politiques et décideurs, etc. sur la prévisibilité de ces parlers selon les environnements urbain, culturel et éducatif minés par des contingences politico-économiques et financières [crises économiques, informalisation des économies africaines, assistance économique des pays africains francophones par les institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale, etc.), etc.]. La particularité de la rédaction de cet ouvrage tient en deux aspects : d’une part, certains chapitres et paragraphes sont inspirés de notre thèse de doctorat nouveau régime «De la sociolinguistique à la syntaxe : la créolisation du français populaire d’Abidjan. Analyses, descriptions et évaluation» soutenue à l’Université de Paris V – Sorbonne et de nos publications dans les revues internationales diverses ; d’autre part, le souci de l’actualisation des connaissances, de généralisation des contextes urbains, économiques, culturels et politiques des pays africains francophones et du recul réflexif face un objet délicat, pernicieux qui ne tarde pas à fâcher les sensibilités en francophonies périphériques et heurter la raison linguistique en francophonie centrale. Que les étudiants, les chercheurs et les politiques y trouvent des repères de raisonnement et des raisons de repérage.
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