Parlons Shina
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Description

Appartenant à la famille des langues indoeuropéennes, le shina est parlé dans les régions montagneuses de la Haute vallée de l'Indus, autour de Gilgit. Les locuteurs, évalués au nombre de 550000, habitent principalement le Pakistan, et l'Inde pour 25000 d'entre eux. Voici abordées la géographie, l'histoire, la culture et la tradition de ce peuple.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2012
Nombre de lectures 81
EAN13 9782296484696
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Parlons shina
Parlons…
Collection dirigée par Michel Malherbe


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Karim Khan Saka
Parlons shina


Nord Pakistan



L’Harmattan
Du même auteur

Parlons wakhi , L’Harmattan, 2010
Journal Wakhi express




© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-96471-6
EAN : 9782296964716
En hommage :
à ma mère, Jacqueline Lissogoroff ,
à ma femme Paree
et à mes trois enfants Kamil , Komal
et Kiran
qui sont ma raison d’être
Introduction
L’Histoire nous enseigne que la grande plaine du Nord située entre le Sud de la Russie et de l’Asie Centrale a été le centre d’intérêt des différents peuples qui combattirent entre eux pour le pouvoir. Au cours des grandes invasions menées par les Aryens, les Mongols, les Huns, les Scythes, les Parthes, les Chinois, les Tibétains et les Grecs, certaines peuplades vivant dans cette grande plaine du Nord essayèrent de fuir et de trouver refuge ailleurs. Lorsque l’on étudie l’Histoire des langues, on voit bien que la langue indo-européenne domine sur une grande partie du monde. Ainsi la plupart des langues comme le français, l’espagnol, le portugais, l’italien, l’allemand, l’anglais, le grec, le farsi, le shina, le kashmiri, l’ourdou, le punjabi, le marathi, le bengali, le khowar, le sindhi, le baloutchi, le wakhi, le pashto, le kohistani et le kalash font partie de la grande famille indo-européenne. Certains des peuples qui parlent ces langues sont en Europe, d’autres en Iran et en Afghanistan, et d’autres encore plus loin en Asie. Vers 1500 ans avant J.C., une de ces peuplades qui était puissante et forte traversa l’Hindou Kouch et s’installa en Inde sous le nom d’Aryens, ce qui signifie « Supérieurs ». A cette époque, en Inde, vivaient déjà les Dravidiens à qui les Aryens donnèrent à leur arrivée les noms suivants : malich signifiant « impur », raksha « diable » et dasu « esclave ».
Avant que les Aryens ne partent en Inde, ils vivaient en Iran, où la langue indo-européenne a formé la langue indo-iranienne. Les peuples restés en Iran parlent le farsi (persan moderne). Ceux qui se sont installés en Afghanistan parlent le dari, le tadjik et le pashto. Parmi eux, les Wakhis installés dans le Pamir parlent la forme originale du farsi. En plus des Aryens, un groupe s’installa dans l’extrême Nord de l’Inde, parlant le pishacha, qui a donné une base linguistique à la langue kashmiri et naissance au shina. Par le Dr. Masood Hussain, on sait que cette langue (parakarit) du Pishacha est aujourd’hui parlée dans les régions du Punjab et du Cachemire (Kashmir). A l’époque, les gens pensaient que les pishaches mangeaient de la viande crue et que leur langue était une langue mystérieuse de fantômes. Les Pishaches envahirent le Cachemire et s’installèrent sur l’Indus, au Kohistan, à Darel, à Tangir, à Chilas, à Kishan-Ganga et autour de Guraiz qui était le centre du Dardistan ; le Dardistan est référencé dans le livre de l’Histoire de l’Inde « Raj-Taranguni » sous le nom de Dard-Dissa ; Sir Enstein l’appelait Dard-Puri et Dr. Litanz le nommait Dardistan.


Men of Dardistan,
GUTENBERG EBOOK LIPPINCOTT'S, VOL. 22, 1878

Environ 100 ans après J.C., l’écrivain Darochi avait distingué quatre langues parlées dans ces régions : le maharashtari, le pishacha, le magdhi, le shorsini. Les populations vivant à Gilgit, Skardu, Hunza, Chilas, Astor, Darel et Tanguir étaient appelés les « Dard » par les anciens Kashmiris ; ce nom vient du mot « Wardra » qui veut dire « les habitants des montagnes ». C’est pour cette raison que les langues parlées dans ces régions s’appellent les langues dardiques. Les Pishaches durent affronter de grosses difficultés pour survivre à cause de l’environnement montagneux difficile. C’était un peuple de guerriers cruels et connus pour leur capacité et leur force au combat.
A l’époque où ils attaquèrent Gilgit, y vivait une tribu du nom de Bruzaha, et leur langue le bruzai commençait seulement à se former ; elle est devenue aujourd’hui la langue bourouchaski. Au moment de l’invasion de Gilgit par les Pishaches, les Bruzaha s’enfuirent dans la vallée de Hunza, où ils s’installèrent. Les Pishaches firent alors de Gilgit leur centre en l’appelant « Gulgita ». Plus tard, ils choisirent un gouverneur dard. Dans son livre, le professeur Karl Jettmar a écrit que Mekra Simha était le gouverneur de la région, où il était connu sous les titres de Premier Ministre, Chef des Chefs, Chef des guerriers et Chef des éléphants. A cette époque, le royaume de Gilgit s’appelait Balor et était contrôlé par les « Patola Shahi » ou « Palola Shahi ».


Carte géographique de la région de Gilgit

Gilgit – Aperçu géographique
Dans l’histoire, la région de Gilgit a été connue sous les différents noms suivants : Dardissa, Dardistan, Baruzha, Gulgita, Balor, Baloristan ou bien « la terre des Pishacha ».
A la création du Pakistan en 1947, cette région a été appelée « Nord du Pakistan » et petit à petit elle est devenue « Gilgit Baltistan » avec un statut temporaire de cinquième province du Pakistan. Elle est composée de six districts et sa superficie est de 72.496km 2 . La région de Gilgit est entourée au Nord par la Chine et l’Afghanistan, au Sud par le Khyber Pakhtunkhwa, à l’Est par le Cachemire et l’Inde et à l’Ouest par le Sud du Pakistan. Le fleuve Indus, véritable ligne de vie du Pakistan, est sorti des gigantesques glaciers des trois chaînes montagneuses de la région de Gilgit, là où les chaînes montagneuses du Karakorum, de l’Hindou Kouch et de l’Himalaya se rencontrent. Le Karakorum, au Nord-Ouest de Gilgit, commence à la frontière afghane et touche le Nord du Ladakh jusqu’à la rivière « Shyokh ». Il s’étend sur 480 kms. Dans le Karakorum se trouvent plus de 300 hauts sommets parmi lesquels le K2 (8611m) qui est le deuxième sommet du monde après l’Everest. Le Karakorum est considéré comme la mère des glaciers où se trouve tout un monde de petits et grands glaciers parmi lesquels celui de Siachine d’une longueur de 75km qui est très connu. Outre ce dernier, les glaciers du Batoura, du Braldu, de l’Hispar, du Khurdapine, de Malanguti et de Mustagh sont des glaciers importants. Au Sud du Karakorum, près de Bonji, commence la chaîne de l’Himalaya qui a une longueur de 2 400km jusqu’à l’Est de l’Assam en Inde. Dans la partie de l’Himalaya, Gilgit - Diamar, se trouve le fameux Nanga Parbat (8126m) aussi connu par les alpinistes sous le nom de « killer mountain ».


Carte du Karakorum et de Gilgit Baltistan

De Bonji jusqu'à Chitral, à la frontière afghane, se trouve la chaîne montagneuse de l’Hindou Kouch où les sommets moyens de l'Hindou-Raj sont aussi très connus. Le Trich-Mir (7700m) est le plus haut sommet de cette chaîne. La ville de Gilgit, les vallées de Yaseen, d'Ishkoman, de Punial et de Gupis font partie des vallées les plus peuplées de l'Hindou Kouch. Cette chaîne est aussi frontalière avec la quatrième grande chaîne montagneuse du monde, le Pamir. Dans toutes ces chaînes montagneuses se trouvent des cols (pass) que les gens utilisaient à l'époque des rajas, pour faire le commerce avec les peuples des autres pays. Parmi les cols du Karakorum celui de Siachine était très connu pour le commerce entre le Cachemire et l'Inde. La vallée de Shimshal, ancienne route de la soie, était empruntée par les caravanes qui faisaient le commerce entre la vallée de Hunza et le Turkestan en Chine. Les fameux cols du Kilik, Mintika et du Kunjurab qui se trouvent aussi sur l'ancienne route de la soie permettaient de faire le commerce entre le Khutan, le Yarkan et le Pamir. Dans l’Hindou Kouch, le col du Karambar relie la vallée d'Ishkoman avec le Wakhan et le Pamir. A une certaine époque les vallées de Yaseen, Darkut, Thui ont été utilisées pour le commerce avec les villes de Badakshan, Samarkand, Boukhara, Tachkent, Balakh et l'Iran. La vallée de Gupis est reliée à Chitral par le col de Shandur. A l'époque de la route de la soie, les gens de Skardu Baltistan utilisaient le Mustargh pass pour accéder à la ville de Yarqand dans le Turkestan chinois. Un autre chemin traversait la vallée de Chorbat et se dirigeait vers Leh anciennement dénommée Laya, capitale du Ladakh, pour rejoindre Shimla, Dharamsala et Chamba. Par le Babusar pass les gens de Chilas sont en contact avec ceux de Hazara (Naran - Kaghan). A l'époque du bouddhisme, ce col était connu sous le nom de "porte de la civilisation Gandhara". Les gens de Chilas voyageaient aussi par les vallées de Nayat et Boner pour accéder à la vallée de Kishan Ganga en Inde. Ainsi on peut dire que Gilgit était bien le centre commercial d'où partaient de ses vallées toutes les caravanes pour rejoindre le Tibet, la Chine, l'Afghanistan, l'Iran, le Ladakh, la Russie ainsi que bien d'autres pays.
L’importance de la KKH (Karakorum High Way)
La KKH, route du Karakorum ou Karakorum High Way est une route stratégique construite par les armées pakistanaise et chinoise de 1966 à 1978 à travers le massif montagneux du Karakorum. C’est également la plus haute route asphaltée du monde: elle relie la Chine au Pakistan, en franchissant des hauts cols, en particulier le col du Khunjerab (altitude : 4693 mètres) à Gojal dans la haute vallée de Hunza.


La Karakorum High Way

La KKH est aussi connue comme la route de l’amitié pour les Chinois et les Pakistanais. Construite conjointement par la Chine et le Pakistan, et achevée en 1978, elle a couté la vie à 810 Pakistanais et 82 Chinois, morts le plus souvent lors de chutes de pierres ou de glissements de terrain. La KKH a une longueur de 1.300 kilomètres, sa construction a pris presque vingt années. Elle emprunte l’un des itinéraires de la route de la soie ; passant par le Nord du Pakistan, Gilgit et Hunza, elle relie le Turkestan chinois (Xinjiang) avec le Pakistan. Cette liaison a permis un important développement de la région de Gilgit; depuis l’ouverture de cette route, les gens ont commencé à créer des petits commerces. Considérée comme la huitième merveille du monde, peut-être pas pour tout le monde mais pour les gens de Gilgit, cette route restera toujours une merveille car c’est grâce à elle que Gilgit s’est ouvert au reste du monde.
Gilgit à travers l’histoire
En 1822, le raja Abbas Khan, dernier raja de la famille de Tura Khan, fut tué. A sa mort, la région de Gilgit devint très instable, sous l’influence des envahisseurs et à cause de la situation politique interne. Les Sikhs du Punjab, après avoir pris le contrôle du Cachemire en 1819 et celui du Ladakh en 1833, prirent celui du Baltistan en 1839.
Vers 1841, le frère du raja de Gilgit, qui était alors Shah Sikandar, partit chercher de l’aide auprès des Sikhs basés à Astore, pour sauver son frère le raja contre les envahisseurs qui attaquaient son royaume. Convaincus, les Sikhs envoyèrent avec le frère du raja une armée de 1000 soldats pour combattre les envahisseurs. En 1842, à l’endroit de Baseen, les Sikhs se battirent contre l’armée de Gohar Aman et, ils gagnèrent le combat contre ce dernier, qui prit le chemin du Nord pour s’enfuir. Après cette victoire, les Sikhs rentrèrent pour la première fois dans la vallée de Gilgit. Une fois établis sur place, ils décidèrent à la mort de Shah Sikandar, de rester et de contrôler euxmêmes la région. Cette arrivée des Sikhs à Gilgit a été un cauchemar pour plusieurs générations qui devinrent leurs esclaves. En 1846, une guerre entre les Sikhs et les Anglais se déroula au Punjab, où les Sikhs furent vaincus. A la suite de cette défaite, les Anglais et les Sikhs signèrent un accord selon lequel le maharaja Dileep Singh, dirigeant de Lahore, devait donner 150 millions de roupies aux Anglais. Trouvant cette somme trop élevée, le raja décida de donner aux Anglais, à la place de l’argent, des terres qui comprenaient une grande partie de plaines ainsi que la partie montagneuse du Cachemire et les montagnes adjacentes. A leur tour, les Anglais ayant besoin d’argent signèrent avec les Dogras, le 16 mars 1846, un accord connu sous le nom de « Accord d’Amritsar », dans lequel ils vendaient au raja des Dogras, Sirdar Gulab Singh, la région du Cachemire, y compris les populations, contre une somme de 7.5 millions de roupies. Bien que la région de Gilgit ne fasse pas partie de cet accord, petit à petit les Dogras envahirent Gilgit. Le raja Gohar Aman, qui s’était refugié dans la vallée de Ghizer, essaya plusieurs fois de battre les Dogras pour les chasser de Gilgit. En 1852, il détruisit trois armées importantes des Dogras, et enfin, en 1857, il vainquit les Dogras et reprit le contrôle de Gilgit. Vaincus, les Dogras se replièrent dans les gorges de l’Indus à Bunji. En 1860, à la mort de Gohar Aman, les Sikhs redoublèrent de force et rentrèrent à nouveau à Gilgit. Voulant venger la mort de leurs soldats tués par Gohar Aman, ils prirent en otage la population de Midori Kot Yaseen et la massacrèrent; 1400 personnes furent tuées parmi lesquelles se trouvaient des femmes et des enfants.
En 1877, avec la permission du raja des Dogras, les Anglais établirent leur quartier général à Gilgit et gouvernèrent la région avec les Dogras. En 1889, ils prirent de plus en plus le contrôle de la région car ils savaient que la région avait une très grande importance stratégique. C’est en 1947 que le partage de l’Inde mit fin au pouvoir des Anglais dans toutes ces régions. Mais malgré les divisions des deux pays, le Cachemire est toujours resté un noyau de conflit. Une moitié du Cachemire a été saisie par l’Inde et l’autre moitié a été prise par le Pakistan, mais les Cachemiris luttent toujours pour leur indépendance. Gilgit Baltistan, qui n’a aucun lien géographique avec le Cachemire, a actuellement un statut temporaire au sein du Pakistan. Ainsi, lors des élections présidentielles du Pakistan, la région de Gilgit n’a pas le droit de vote, et elle n’a pas de représentant au Parlement du pays. Par contre, le Pakistan donne aux habitants de Gilgit Baltistan une carte d’identité et un passeport pour voyager, faire le commerce ou bien étudier dans d’autres villes. Ainsi le sort et l’avenir de la population de Gilgit Baltistan n’est toujours pas réglé par le Pakistan.
Première Partie
Description de la langue shina
L’histoire de la langue shina
Le pishachi (pisaca) parakrit qui a donné une base linguistique à la langue kashmiri a aussi donné naissance à la langue shina et aujourd'hui dans le Kohistan de l'Indus, à Darel, Tangir, Chilas, Astore, Gurez, Gilgit et Punial on parle le shina. Le shina provient de la langue pishacha qui est une branche de la langue pali de la famille des langues indo-européennes. Le pishacha est une langue d'où sont issues les langues suivantes :
1) les langues kafirs : le bashgali, le kalasha, le goar bati et le bashti.
2) le khowar ou le chitrali.
3) le shina proprement dit et ses sept dialectes.
Le shina est parlé dans les régions montagneuses de la haute vallée de l’Indus. La zone couverte couvre près de 800km d’Est en Ouest et 300km du Nord au Sud. Le nombre de locuteurs du shina est évalué à environ 550.000 personnes dont la très grande majorité est au Pakistan. Comme toutes les langues de pays montagneux, le shina compte plusieurs dialectes, le plus important étant celui de Gilgit.
De la voie orale à la voie écrite
Bien que le shina soit une langue importante il n'a pas pu obtenir la même place que les autres langues de la famille pishacha. Le kashmiri qui est sorti du shina est beaucoup plus développé, avec une écriture et une grammaire normalisée. Le khowar ou la langue chitrali de la même origine que le shina possède une écriture et est enseigné depuis longtemps.
A l'époque de la colonisation, les Anglais (de 1904 à 1947) ont essayé d'apprendre, de lire et d'écrire le shina. Frédéric Drew, qui a écrit un livre en 1875, a passé 10 ans dans la région et a bien expliqué la géographie, les langues, les origines et la religion du Cachemire, du Jamu, du Ladakh, du Baltistan et du Dardistan.
Les écrivains et les linguistes qui ont travaillé sur le shina sont: MM. Grayerson, Littens, Biddulph, Lorimer et Graham Belly: Les livres de Grayerson " linguistic survey of India " et " The pishacha languages of north-western India ", le livre de Graham Belly " Grammar of the shina language ", le livre de Biddulph " Tribes of Hindukush ", le livre du colonel Lorimer " Gilgiti phonetics " et le livre du Dr. Littens " Languages and races of Dardistan " sont les principales références sur le shina.
En 1894, le premier Indien, Mr. Achar Singh, a essayé d'écrire le shina avec l'alphabet ourdou. En 1961, pour la première fois un livre " Gilgit et la langue shina " a été publié par le Dr. M.S. Namoos dans lequel il décrit parfaitement l'origine de la langue, l'alphabet, la grammaire, les proverbes et la phonétique.
En 1965, le poète Khalifa Malang Jan a publié ses poésies sous le titre "Yormas Malang Jan" dans lesquels il parle de son amour pour Yormas Begum sa bien-aimée. A partir de 1970 on trouve de nombreux travaux effectués sur le shina. Mr. Usman Ali a publié une revue "Shah sawar" dans lequel il a donné une place au shina. En 1974, Mr. Amin Zia a publié l'ensemble de ses poèmes "San".
En 1977, Mr. Usman Ali a publié une autre revue "Quaid" dans laquelle le shina a commencé à plaire aux lecteurs. La même année une réunion a été organisée par le "Northern Areas Social and Culture Association" dans laquelle un alphabet shina a été choisi officiellement. En 1978 Amin Zia a publié un second livre " Sowino Morye " mais malgré le choix officiel d'un alphabet shina tout le monde ne l'a pas accepté. En juin 1982, le collège de Gilgit a publié sa revue "Baloristan" dans laquelle il parlait des problèmes linguistique, poétique et littéraire du shina. A cette époque deux livres de Mr. Ghulam Unasir Pirthak " Jawahir-e-Chilasi " et " Zadisafar " ont été publiés.
Malgré les désaccords des différents écrivains et poètes sur l'alphabet shina, celui du Dr. M.S. Namoos est considéré comme l'alphabet officiel du shina. Celui-ci est composé de caractères pris dans les langues suivantes :
Parmi les 56 caractères qui composent l'alphabet shina on trouve 29 caractères de l’arabe, 4 caractères du persan, 15 de l’ hindi et 8 caractères créés spécialement pour le shina.

Caractères arabes :


Caractères hindis, persans et autres :

A ce jour le shina n'a pas encore été écrit dans un alphabet latin accessible aux lecteurs occidentaux et anglo-saxons. Afin de rendre accessible le shina à ces lecteurs occidentaux et anglo-saxons nous avons adopté un alphabet comprenant 41 caractères.

L'ALPHABET SHINA



Phonétique des alphabets :

A ašatu (ashatu) maigre
B bal (bal) garçon
C cak bo (tcak bo) arête
Č čunu (chunu) petit
Čh čhimo (chimo) poisson
Ċ ċhiṭo (tchitto) acide
D doni (doni) dent
Dh dhadar (dhadar) frissonner
Ḍ ḍhom (dhoum) forgeron
E eyno (eyno) miroir
F farišta (farishta) ange
G gulab (gulab) rose
Gh ghalat (ghalat) tort
H hayjok (hayjok) rire
I intizar thok (intizar thok) attendre
J jangal (jengal) forêt
Jh ajhi (ajhee) en haut
J ja (jaa) frère
K kitab (kitab) livre
Kh khiri (khiri) en bas
L layok (layok) trouver
M mišrok (mishrok) mélanger
N naṭi dok (nathi dok) danser
O ouŝṭéḍok (oushtedhok) prêter
P piyok (piyok) boire
Ph phatu (phatu) derrière
Q qači (qatchi) ciseaux
R rupai (rupaie) argent
S somo (somo) ami š šudar (shudar) enfant
Ŝ ŝumejok (tshumejok) fatigue
T taza (taza) frais
Th thulo (thulo) gros
Ṭ ṭiki (tiki) pain
Ṭh ṭhang thok (thang thok) pousser
U uyano bayok faire un régime
V vayok (vayok) venir
W wey (weye) eau
X Xuda (xhuda) Dieu
Y yayok (yayok) marcher
Z zak (zak) blessure
Grammaire shina
Šina zubanéy Graimar
Le groupe nominal
Les noms peuvent être masculins ou féminins.
Ils présentent deux cas : nominatif et oblique.

Exemple :
tu aik manuŗu han vous êtes une personne
Le nom d'une personne, d'un lieu ou d'un objet est aussi un nom.
Pour marquer l'appartenance à quelqu'un ou à quelque chose (marque du génitif), on rajoute "éy" après le nom du possesseur.

Exemples :
Alam éy Daftar le bureau d’Alam
ustad éy kursi la chaise du professeur
Le pronom
Le pronom est la partie la plus importante de la grammaire car il évite de répéter le nom dans une phrase.
Les pronoms personnels
Ils sont très variés en shina.

1) Déclinaison du pronom personnel




2) Déclinaison des pronoms possessifs
3) Deuxième forme de déclinaison du pronom possessif


Pronom personnel réfléchi
Ce pronom est la forme renforcée du pronom personnel.

Exemple :
mas aki anu kitab padégas
moi-même j'ai lu ce livre

Déclinaison du pronom personnel réfléchi :
mas aki moi-même
tus aki toi-même
bés aki nous-même(s)
sos aki vous-même(s)
ros aki/rés aki il ou elle-même

Les pronoms interrogatifs
Exemples :
ko qui ? (singulier)
késé kaj han qui a ?
kéy qui ? (pluriel)
kaino kuj han qui ont ?
ano ko han c’est qui ?
késéy han de qui ?
kon où ?
ro kon han il / elle est où ?
bé kon hanés d’où ? où sommes-nous ?
ri kon han où sont-ils / elles ?
tu kon han où es-tu ?
nu kon han où est ce que ?
ké lequel / laquelle ?
kaisé kaj han lequel / laquelle à ?
khas kar ko lequel/laquelle exactement?
nu ko han c’est lequel / laquelle ?
kéh pourquoi ?
jaikéy de quoi ?
Autres mots interrogatifs :
Pour marquer le caractère interrogatif d’une phrase, on rajoute dans cette phrase le mot jaik (quoi) :

Exemples :
jaik quoi
nu jaik han c’est quoi?
théy jaik hal hayn? comment ça va?/ comment allez-vous?
jaik qisméy han? de quel genre?
jaik qisméy ? quel genre de?
jaik fayda han? quel est l’intérêt?
jaik matlab han? quel est le travail?
Pour interroger sur la quantité de quelque chose, on commence la phrase par le mot kačak (combien) :

Exemples :
kačak ? combien ?
kačak ar? combien / quelle quantité ?
al kačak han? combien ça coûte / combien y a t-il?
kačak dour? jusqu’où? /à quelle distance ?
kačak sudaċu han? qu’est-ce qu'il est beau/bien?
kačak khaču han? qu’est-ce qui n'est pas bien ?
kačak féra? combien de fois ?
kačak jag? combien de personnes ?
ris aki ils ou elles-mêmes
Les pronoms indéfinis
har aik chacun(e)
muto d’autres
muté les autres
Les pronoms démonstratifs :
a) Formes simples
ano ce / celui / celle
o ça
ané ceux / celles

b) Formes composées
ano an han celui-ci / celle-ci
o al han celui-là / celle-là
ano ceci
al cela
ani han han ceux-ci / celles-ci
ay al han ceux-là / celles-là
L'adjectif
En shina, l'adjectif ne s'accorde pas en genre et en nombre avec le nom qu'il qualifie.

Exemple :
Fazal miŝṭo muša ék han raiséy aċhi nilo han
Fazal est un beau garçon avec des yeux verts
Le comparatif
a) Le comparatif de supériorité
Ce comparatif se traduit en shina par le suffixe " réséy jo zyada "

Exemple :
o qabil han magam Aqil réséy jo zyada qabil hani il est intelligent mais Aqil est plus intelligent que lui.

b) Le comparatif d'infériorité
Ce comparatif se marque en shina par le suffixe " kam "
Exemple :
o riyaziyé mahir han magam Zakiréṭ kam wayn
il est doué en mathématique et Zakir est moins doué que lui

c) Le comparatif d'égalité
Ce comparatif se marque en shina par le suffixe " réséy barabar "
Exemple :
Mahmood mišṭo khilaḍi han magam Kabir ga réséy barabar han
Mahmood est un beau sportif mais Kabir est aussi sportif que lui
Le superlatif
a) Le superlatif de supériorité
Ce superlatif se traduit en shina par le suffixe « puréy jo zyada »
Exemple :
Noshad puréy jo zyada taqatwar khiladi han
Noshad est le plus fort de tous les joueurs

b) Le superlatif d'infériorité
Ce superlatif se traduit en shina par le suffixe « puréy jo kam »
Exemple :
Noshad puréy jo kam taqatwar khiladi han
Noshad est le moins fort de tous les joueurs

c) Le superlatif absolu
Ce superlatif se forme en faisant précéder l'adjectif des adverbes de quantité:

Exemples :
budi très

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